Autrement

  • On a tous en mémoire un professeur qui a marqué notre vie d´écolier : une personnalité d´exception, un poète, un tyran... Pour le jeune Philippe Claudel, « un prof, c´était vieux, ça naissait vieux et ça n´avait pas d´existence hors de la salle de classe », jusqu´à cette rentrée de terminale où une jeune professeur de philosophie aux yeux presque mauves vient bousculer ses idées reçues... Pour l´élève de cinquième Magyd Cherfi , c´est grâce à Monsieur Castin, inflexible sur les fautes de prononciation et les subjonctifs imparfaits, qu´il est « devenu quelqu´un », le premier de la cité à passer en seconde, puis le chanteur aux phrases ciselées.
    Quatorze personnes, connues ou moins connues, anciens cancres ou premiers de la classe, sont invitées à se souvenir d´un de leurs professeurs. Ces récits courts, tantôt drôles, tantôt doux-amers et parfois cruels, reconstituent le film de l´école, le film de la vie.

  • Les mots de tête

    Dominique Resch

    « Prof n'est pas un vrai métier. C'est une discipline sportive. Une épreuve d'endurance. Un marathon où le plus teigneux gagne à la fin. »
    Chaque jour, je retrouve Tonio, Nadir, Jérémy et les autres. Chaque jour, dans ce lycée des quartiers Nord de Marseille, je m'apprête à vivre l'inattendu : les rencontres OM/PSG qui rythment la vie et le moral de la classe, les samoussas préparés par Hafoussouate qui réveillent mes papilles, l'arrivée du nouveau surveillant en béton armé qui chancelle au bout d'une semaine, Tonio qui perturbe allègrement la répétition de Cyrano de Bergerac, et cette course à vélo où les élèves foncent à folle allure dans un décor de cinéma...
    En une vingtaine de séquences étonnantes, drôles et plus vraies que nature, l'auteur dévoile son goût passionné pour l'enseignement grâce à un regard à la fois lucide et attendri.

  • Le triangle rose est devenu l'étendard de la communauté homosexuelle dans les années 1970.
    À Berlin, Paris, Amsterdam ou New York, il est brandi lors de manifestations afin de se souvenir, de commémorer les martyrs du groupe, et de défendre les droits d'une nouvelle génération de militants nés après la guerre. Revendiquer la reconnaissance des homosexuels en tant que victimes du nazisme a longtemps été mal accueilli, tant par les autorités nationales que par certains anciens déportés. Les homosexuels entraient en concurrence avec d'autres groupes de victimes tels que les juifs ou les politiques...
    Mais l'émergence de la voix des Tsiganes et les témoignages de rescapés homosexuels ont modifié les choses... Il fallait le travail des historiens et la distance de deux générations pour analyser cette épineuse question. A Berlin, Paris, et Amsterdam, Régis Schlagdenhauffen a travaillé sur les archives de la déportation, il a assisté aux commémorations, enquêté sur la construction des monuments, leur financement et leur conception ; il a rencontré d'anciens déportés, les acteurs politiques tout comme les militants associatifs d'hier et d'aujourd'hui.

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