• Paru en 1762, le Contrat social, en affirmant le principe de souveraineté du peuple, a constitué un tournant décisif pour la modernité et s'est imposé comme un des textes majeurs de la philosophie politique. Il a aussi acquis le statut de monument, plus célèbre que connu, plus révéré - ou honni - qu'interrogé. Retrouver, dans les formules fameuses et les pages d'anthologie, le mouvement de la réflexion et les questions vives qui nourrissent une oeuvre beaucoup plus problématique qu'affirmative, c'est découvrir une pensée qui se tient au plus près des préoccupations d'aujourd'hui : comment intégrer les intérêts de tous dans la détermination de l'intérêt commun ? Comment lutter contre la pente de tout gouvernement à déposséder les citoyens de la souveraineté ? Comment former en chacun ce sentiment d'obligation sans lequel le lien social se défait ?
    © Flammarion, Paris, 2001, pour la présente édition.
    Édition revue et mise à jour en 2012.
    Couverture : Virginie Berthemet © Flammarion

  • Le destin de Jean Valjean, forçat échappé du bagne, est bouleversé par sa rencontre avec Fantine. Mourante et sans le sou, celle-ci lui demande de prendre soin de Cosette, sa fille confiée aux Thénardier. Ce couple d'aubergistes, malhonnête et sans scrupules, exploitent la fillette jusqu'à ce que Jean Valjean tienne sa promesse et l'adopte. Cosette devient alors sa raison de vivre. Mais son passé le rattrape et l'inspecteur Javert le traque...

  • Edition enrichie de Roger Borderie comportant une préface, des notes préparatoires et un dossier sur le roman.
    L'Angleterre a connu, cent quarante ans avant la France, une révolution, un parlement régicide, une république et une restauration fertile en règlements de comptes. Victor Hugo a choisi ce dernier épisode pour brosser un tableau épique de l'aristocratie anglaise à travers la destinée extraordinaire de Gwynplaine, l'Homme qui Rit.
    À la fois roman d'aventures, exposé historique et social, drame injouable et poème visionnaire, ce roman est le plus fou de tous les romans de Hugo. C'est aussi le plus riche de toutes les obsessions de son auteur. On a cru pouvoir, à son propos, citer Freud et le surréalisme.
    Le bateau pris dans la tempête, la vision du pendu servant de vigie, la cabane-théâtre des saltimbanques, les tirades philosophiques d'Ursus, les machinations du traître Barkilphedro, la chirurgie monstrueuse d'Hardquanonne, le portrait de la princesse perverse, l'or des palais et le scandale à la Chambre des lords sont, plus que des morceaux de bravoure, des morceaux d'anthologie.

  • Claude Gueux
    Victor Hugo
    Suivi de Le Dernier jour d'un Condamné et de deux Discours de Victor Hugo : "Plaidoyer contre la peine de mort" et "Détruire la misère"
    Texte intégral. Cet ouvrage a fait l'objet d'un véritable travail en vue d'une édition numérique. Un travail typographique le rend facile et agréable à lire.
    Claude Gueux est un bref roman de Victor Hugo paru en 1834 et dénonçant la peine de mort. L'histoire est en partie fondée sur des faits réels.
    Victor Hugo achève la dernière préface du Dernier Jour d'un condamné en 1832. Quand il découvre dans la Gazette des tribunaux du 19 mars 1832, le compte rendu du procès d'un certain Claude Gueux condamné à mort pour meurtre, il y découvre comme un écho de son plaidoyer contre la peine de mort et décide alors d'en faire un roman. Il retranscrit donc la vie de Claude Gueux dès son entrée dans la prison jusqu'à son exécution en passant par les motifs de son crime et son procès. Suit ensuite une longue réflexion de Victor Hugo sur les rôles et les devoirs de la société face au criminel.
    « Mais pourquoi cet homme a-t-il volé ? Pourquoi cet homme a-t-il tué ? » sont les questions que Claude Gueux pose au tribunal. Victor Hugo répond :
    « Le peuple a faim, le peuple a froid. La misère le pousse au crime ou au vice, selon le sexe. »
    Selon Victor Hugo, le peuple est malade mais la société n'utilise pas les bons remèdes et il conclut
    « Cette tête de l'homme du peuple, cultivez-la, défrichez-la, arrosez-la, fécondez-la, éclairez-la, moralisez-la, utilisez-la ; vous n'aurez pas besoin de la couper. » Source Wikipédia
    Retrouvez l'ensemble de nos collections sur http://www.culturecommune.com/

  • Arrivederci amore

    Massimo Carlotto

    Giorgio, ex-militant d'extrême gauche, a trahi tous ses anciens camarades pour échapper à la prison et profite de son charme pour séduire les femmes et les voler.
    Il découvre le goût du crime en essayant de se refaire une virginité politique qui lui permette de rentrer dans la bonne société nantie.
    « Excitant, fortissime, cet amore se boit comme une grappa, goût amer mais diablement bon. [...] Ce sale type, on adore le détester. » - Brigitte Hernandez, Le Point

  • Louis Althusser fut, en tout état de cause, un éminent lecteur, acharné, perspicace et soucieux de tirer au clair sa pratique. On s'en convaincra aisément sur la foi de cette lecture exemplaire qu'il fit autour du chapitre I, VI du Contrat Social, extraite d'un cours qu'il professa en 1965-1966 et publiée en 1967 dans le N°8 des Cahiers pour l'analyse. Mais cette pratique, chez lui, ne laisse pas d'être double : elle s'efforce, d'un côté, de renouer, nonobstant la «solitude» à laquelle est vouée toute pensée qui touche un tant soit peu au réel, avec «des hommes qui ont tenté le plus grand effort de lucidité qui soit», de l'autre, considérant la philosophie comme un «champ de bataille», elle entend mener la lutte sur ce terrain et débusquer les fauteurs d'illusions, sans ménager polémique ni sarcasme.


  • Tout pour créer et gérer son association

    Complet et accessible, ce guide pratique constitue un outil de travail aussi bien pour les dirigeants (président, trésorier, secrétaire) que pour les professionnels chargés de les accompagner (fonctionn

  • Souad a bercé mon enfance et m'a vu grandir. Pourtant, quand ma mère m'a appris que ma nounou partait à la retraite, j'ai réalisé que je ne connaissais pas son histoire. Alors, nous nous sommes assis à la table de la cuisine et elle m'a raconté.

    L'arrivée en France. L'urgence de trouver un « boulot facile » sans diplôme. La longueur des transports. Les soucis de santé. Comme elle, des centaines de milliers de femmes, souvent immigrées, gardent les enfants et font le ménage de familles françaises, souvent très riches. L'État subventionne massivement ces emplois mais ferme les yeux sur leur précarité. Face à l'alliance État-patronat, une poignée de travailleuses domestiques mènent, à armes inégales, une lutte acharnée pour améliorer leur condition.

    Ce livre donne la parole à ces femmes de l'ombre. À l'heure des crises migratoires et de la mondialisation malheureuse, il est urgent que nous les écoutions. Leur destin se trouve au croisement de toutes les grandes questions qui agitent notre siècle. Il est aussi le nôtre.


  • Non, le manager n'est pas un psy. Mais il a tout intérêt à savoir exercer son "sens clinique" : pour mieux comprendre les comportements de ses collaborateurs, mieux gérer les problèmes de communication, les conflits de personnes, les cas de h

  • Ce volume est le deuxième d'une série d'ouvrages portant sur « Statuts, écritures et pratiques sociales dans les sociétés de la Méditerranée occidentale à la fin du Moyen Âge (XIIe-XVe siècle) », visant à étudier les statuts communaux dans une optique d'histoire sociale, non pas comme une source « normative » mais comme une source de la pratique, de leur matérialité et de leur forme d'écriture aux pratiques sociales en passant par les conditions de leur production et de conservation, leur inscription dans un paysage documentaire communal, leur structure et leur contenu. Cet ouvrage, plus spécifiquement, se donne pour but de replacer la matière statutaire de l'Italie (Sienne, Ferrare, Gênes, Rimini, Milan, Orvieto, Pérouse, Todi, Pise, Lucques, la Sicile et Candie vénitienne) et du Midi de la France (Agen, Marseille, Avignon, Rodez et Comtat Venaissin) au sein d'un ensemble de documents produits par les autorités communales, par d'autres institutions présentes dans la commune ou par une autorité supérieure (seigneur laïc ou ecclésiastique, prince, roi ou pape) exerçant son dominium. Il s'agit donc d'éclairer le statut dans son paysage documentaire pour mesurer les circulations documentaires en repérant et en analysant tout les points de contact entre les statuts et les autres documents. Du niveau le plus haut ou le plus large (comtal, provincial ou royal) au plus restreint (groupements professionnels) en passant par l'échelon communal, les différentes strates normatives se superposent et se complètent mais peuvent également entrer en concurrence, nous dévoiler des tensions entre les divers niveaux de réglementation, chacun de ceux-ci espérant marquer son emprise, dominer un espace ou un secteur d'activité. Statuer peut, en ce sens, apparaître comme un enjeu social de toute première importance.


  • Dans ce guide, l'Audit est vu et décrit comme un concept-clé, nouvel instrument universel formaté, d'aide générale au pilotage de toute entité organisée qui se sent dûment responsable de ses valeurs, de ses activités, de ses projets et des risques encourus à l'égard de ses parties intéressées dans cet espace mondial ouvert, « volatil, incertain, complexe et ambigu » (Vuca) qui se remodèle.

    Entre les trois principaux dispositifs actuels d'audit pratiqués en France que sont les démarches règlementaires d'audit de vérification (droit dur), les démarches volontaires d'audit d'évaluation (droit souple) et l'audit des systèmes de management ISO (droit intelligent), prend vie et se matérialise une « démarche générale d'audit » qui s'est observée et exprimée depuis 1980, principalement dans les domaines du social, de l'éthique et de la qualité, de la responsabilité sociétale, de la conduite du changement, des activités humanitaires, de l'aménagement durable...
    Le lecteur, soit qu'il doive solliciter l'aide d'une démarche d'audit, soit qu'il se trouve soumis à un audit d'évaluation ou de vérification, soit qu'il désire intégrer le cercle professionnel de l'audit, trouvera dans l'ouvrage un « couteau suisse » d'une « même démarche générale d'audit intelligente pour tous » grâce à des repères conceptuels suffisants, à quelques outils principaux et à des références sémantiques et bibliographiques utiles et nécessaires.
    L'audit, une même démarche intelligente pour tous par ses apports conceptuels et pratiques, apparaît comme un premier instrument d'auditique, discipline des sciences de gestion et du management.

  • Durant l'année 1902, les multiples informations provenant de Londres sur la misère noire qui y règne abondent et traversent l'Atlantique. Des informations parcellaires, contradictoires et si incroyables qu'un certain jeune écrivain américain nommé Jack London de juste 26 ans, décide de faire le voyage afin de s'immerger dans les bas fonds londoniens. Il réalise de l'intérieur, un terrible reportage sans concessions qu'il publie en 11 épisodes dans le Wilshire's magazine puis qui sera édité en livre, accompagné de 78 photographies faites par lui-même.C'est cette édition que nous vous proposons, dans la traduction de Louis Postif.


  • La complexité croissante de l'environnement induit une vision systémique des entreprises. Ces dernières sont ainsi placées au coeur d'interactions entre parties prenantes (salariés, investisseurs, opinion publique, etc.) aux objectifs divers, parfois contradictoires. Faire de la RSE (responsabilité sociale/sociétale des entreprises) un axe stratégique, donne les clés de compréhension de l'écosystème formé par les nombreuses parties prenantes.

    Cette approche est appliquée ici aux services et établissements sociaux et médico-sociaux qui font face à un environnement en pleine mutation : allongement de la durée de vie, introduction de technologies innovantes et coûteuses pour l'accompagnement et la prise en charge de publics fragiles, rationalisation des ressources financières, fort contrôle exercé par les tutelles, apparition d'investisseurs privés, exigences croissantes des usagers en matière de qualité ou d'éthique, etc.
    Pour mieux comprendre comment les dirigeants et leurs équipes peuvent répondre à la pression de leur environnement et des parties prenantes qui le composent, tout en faisant de la qualité de l'accompagnement et des soins leur préoccupation première, l'ouvrage propose de répondre aux questions suivantes :
    - quels sont les concepts et outils d'aide à la formalisation de la RSE, en particulier pour les organisations sociales et médico-sociales ?
    - quelles sont les parties prenantes des organisations sociales et médico-sociales et quelle peut être leur place dans la stratégie RSE ?
    - comment piloter la performance sociétale des organisations sociales et médico-sociales, avec quels outils et quels indicateurs ?

  • La France d'Ancien Régime était celle de la « gaieté » et de l'« esprit ». Avec la Révolution, commence le temps du rire moderne : d'un rire franc, dévastateur, protéiforme, et faisant flèche de tout bois ( de l'ironie, de la parodie, de la satire, mais aussi des brindille du calembour ou de la bague). Ce rire naît des convulsions de la Révolution. Il sape l'autorité triste des rois de la Restauration. Il triomphe dans le Paris louis-philippard, pour le plus grand plaisir du Bourgeois qui ne se lasse jamais de sa propre caricature. Il constitue le plaisir ordinaire d'une bohème entrée en dissidence contre toutes le formes de sérieux. Il trouve sa consécration sous la Troisième République, avec le Chat noir et ses avatars fin du siècle. Phénomène de société, le rire moderne est au coeur des inventions esthétiques du xixe siècle. Il inspire les journalistes, les poètes, les artistes et le monde de la scène. Il envahit les formes mineures de création culturelle aussi bien que les grandes oeuvres du canon. En voici le premier panorama raissoné, issu du travail collectif de vingt-huit spécialistes, historiens de la littérature, des arts ou de la culture.


  • Dans les années 90, Michel Despax soulignait déjà l'intérêt de croiser, dans l'entreprise, questions sociales et approches environnementales. Cette thématique est aujourd'hui arrivée à une maturité certaine. Désormais requise par l'expansion du concept de développement durable, une analyse des enjeux et des difficultés auxquels sont confrontés les décideurs s'impose. Dans un contexte particulièrement changeant et complexe (loi du 1er août 2008 relative à la responsabilité environnementale, règlement Reach, Grenelle de l'environnement, montée en puissance des obligations de sécurité, etc.), cet ouvrage collectif est l'occasion de mettre en lumière la place des impératifs de sécurité, de santé et de durabilité dans l'entreprise : concept d'environnement de travail, prévention et gestion des risques, alerte et implication écologique des salariés et de leurs représentants, incidences de la responsabilité environnementale... L'objectif est de clarifier les incidences juridiques des notions de développement durable et de gestion globale des risques dans une perspective transversale intégrant droit du travail et droit de l'environnement. Une approche novatrice utile pour les juristes, les gestionnaires, les patriciens du Droit (avocats, DRH, partenaires sociaux...), les responsables de formation et, naturellement, les étudiants.

  • À la Fromentière, vivent les Lumineaux, vieille famille de métayers maraîchins depuis tant de générations qu'on ne sait plus les compter. Il y a d'abord Toussaint Lumineau, le père, attaché à la terre qu'il cultive par un amour viscéral. Courageux et fier, il a bien du mal avec ses enfants, à commencer par Mathurin, l'infirme, amoureux transis, mauvais à force de malheurs, puis François et Lionore, paresseux, éternels insatisfaits qui vont quitter la terre pour une vie qu'ils pensent meilleure à la ville. Mais le vieux Toussaint espère encore. Ne reste-t-il pas Driot, le beau chasseur d'Afrique qui doit revenir reprendre les rênes ? Mais Driot saura-t-il résister au chant des sirènes de l'Amérique ? Et qu'adviendra-t-il de la fraîche et généreuse Rousille qui a « donné son amitié » au valeureux Jean Nesmy, un « dannion », un Boquin, valet de surcroît, que le fier Toussaint a chassé ? L'intrigue se déroule sur fond d'abandon de la terre par ses propriétaires de l'aristocratie, et pendant l'implacable exode des fils de fermiers et métayers vendéens. René Bazin nous livre là un témoignage poignant de la vie paysanne à l'entrée du XXe siècle, dans ce merveilleux marais vendéen secret et mystérieux, qu'il sait si bien dépeindre.


  • Ce guide s'adresse aux personnes souhaitant créer une association, ainsi qu'aux dirigeants et aux membres associatifs. Donnant de nombreux conseils pratiques, il décrit les démarches à engager pour monter, développer et faire vivre une association

  • Que n'a-t-on dit de l'emprise qu'exerce sur les médias français l'actuel Président de la République ? Ce serait grâce à des réseaux tissés de longue date parmi les patrons de presse et à de subtils jeux d'intimidation/séduction avec les journalistes que le candidat UMP, lors de la campagne présidentielle de 2007, serait parvenu à capter à son profit le jeu médiatique et, par ce biais, à persuader une majorité d'électeurs de le porter à la tête de l'État. La sociologie peut-elle nous aider à démêler ce que ces thèses comportent de vrai ? Elle en est capable assurément, si l'on considère la quantité impressionnante de connaissances qu'elle a accumulées, depuis une soixantaine d'années, au sujet des relations entre médias et pouvoir politique. Qu'il s'agisse des processus d'inscription de certains thèmes sur l'agenda médiatique, des effets qu'ont sur le vote la publication de sondages et les mises en scène médiatiques de l'actualité, ou encore, du rôle que Internet joue désormais dans les débats publics, de telles connaissances peuvent permettre aux citoyens de résister aux effets d'imposition propres aux discours médiatiques aussi bien qu'aux amalgames trompeurs que véhicule la critique des médias souvent caricaturale. Ce livre applique et explique ce que les sciences sociales nous apprennent de ces questions en reprenant le contenu d'un blog invité du monde.fr (www.lemonde.fr) dans lequel l'auteur analysa à chaud, d'un point de vue inspiré par la sociologie, le traitement médiatique de la campagne présidentielle.


  • Des repères pour gérer la diversité religieuse dans le service public et l'entreprise

    Comment gérer la diversité religieuse au quotidien ? Le DRH, le manager, le maire, le professeur, l'éducateur, le médecin... se trouvent souvent désempa

  • Ils étaient sur le trottoir de la place à l'encognure du Minage, la petite rue qui mène à la Halle, où l'on danse à toutes ces Saint-Martin. Bras dessus bras dessous, ils rentrèrent au grand bal, au bal commun à moitié vide, ouvriers et charretiers des fermes et villages voisins, la plupart en blouse et en casquette servantes, toute leur humble toilette étalée, aux chapeaux fleuris de gros rouge comme leur teint ; clercs et jeunes gens de la ville et quelques jeunes officiers en bourgeois, avec les couturières, les petites des magasins, beaucoup jolies, éveillées, heureuses de cette joie pimpante et facile des grisettes que la province conserve encore. Une dizaine de quadrilles isolés, quand tout à l'heure on ne pouvait point se remuer. Sur les bancs, des groupes également rares, rangés par villages, les garçons un bras à la taille de leur voisine, le menton sur leur épaule, les attirant, leur chauffant le cou de leurs propositions de départ, les braves filles au sang épais peu à peu s'apprêtant, luisant des yeux, des joues, des lèvres, acceptant de les suivre sans dire oui. Et les couples à la file quittant la salle, enlacés d'avance, tranquilles à leurs baisers comme si ç'avait été déjà autour d'eux la grande plaine déserte et la nuit. » Le Moulin Blant est de la veine de ces beaux romans sociaux qui nous décrivent la vie et les moeurs d'un terroir il y a cent ans. Les personnages et l'intrigue ne gâchent rien. Le Moulin Blant est de ces romans que l'on aime relire et qu'on apprécie encore mieux la seconde fois.


  • Dans « La ville noire » du bas, le fer est battu. C'est un royaume de fer et de feu, rude et noble, dont les armuriers, les couteliers et les serruriers en sont les maîtres ; sis au Trou-de-l'Enfer au carrefour d'un torrent. « Les cris aigres des outils et le sifflement de la fournaise ». Le haut de la ville s'en détache et présente son contraire, celui de la bourgeoisie, des patrons, des gens nantis, des « parvenus ». Opposition de l'un et de l'autre, certains ambitionnent d'en franchir la frontière et d'accéder au « haut », tel Étienne, d'autres au contraire, n'y ont connu que des déceptions et n'ont de désirs que de rester dans le « bas », telle Tonine, la belle-soeur de Louis.


    George Sand situe la ville noire dans le Massif Central, près de Clermont-Ferrand.

    Revu, relu et corrigé par l'éditeur.
    Format professionnel © ink book éditions

  • Pour Sade (1740-1814), l'homme a le droit de posséder autrui pour en jouir et satisfaire ses désirs?; les humains sont réduits à des objets, à des organes sexuels et, comme tout objet, ils sont interchangeables, par conséquent, anonymes, sans individualité propre. Ils sont instrumentalisés pour que le dominant puisse assouvir ses fantasmes d'asservissement. Sade annonce l'avènement de la société produc-tiviste avec son organisation, ses représentations, ses symboles, ses différentes formes de rationalisation, c'est-à-dire une économie politique de la production corporelle, favorable à l'objectivation des femmes et à leur soumission sexuelle, piliers de la modernité capitaliste. La recherche de normalisation (forme des corps, vêtements, imposition des codes de la pornographie, industrialisation, dans certains pays, de la prostitution, etc.) renforce non seulement la domination masculine, mais également celle du capitalisme.
    « C'est la valeur qui fait l'homme », soutient Roswitha Scholz. Le capitalisme, c'est-à-dire le règne de la loi de la valeur, a donc un sexe. La société bourgeoise se fonde sur une dissociation entre la sphère de la production et celle de la reproduction (sphère publique versus sphère privée), tout au profit des hommes comme sexe dominant et du Capital. Le sadisme social concentre certains des éléments constitutifs de la marchandise : aliénation, réification, dépossession et servitude, sur la base d'une violence sexuée qui rend pérenne les rapports de domination et de soumission.
    S'inscrivant dans le cadre de la Théorie critique de la valeur (Wertkritik), Gérard Briche, Ronan David, Anselm Jappe, Robert Kurz, Nicolas Oblin, Roswitha Scholz et Johannes Vogele explorent les mécanismes actuels des dominations et proposent des pistes de réflexion, d'interrogations et d'analyses sortant des sentiers battus.

  • Ce volume est le troisième d'une série d'ouvrages portant sur « Statuts, écritures et pratiques sociales dans les sociétés de la Méditerranée occidentale à la fin du Moyen Âge (xiie-xve siècle) », visant à étudier les statuts communaux dans une optique d'histoire sociale, non pas comme une source « normative » mais comme une source de la pratique, de leur matérialité et de leur forme d'écriture aux pratiques sociales en passant par les conditions de leur production et de conservation, leur inscription dans un paysage documentaire communal, leur structure et leur contenu. Cet ouvrage s'intéresse plus spécifiquement aux statuts « vus de l'intérieur », c'est-à-dire à l'analyse de leur organisation interne : la structure adoptée, le plan choisi et les thèmes abordés. L'éclairage porte sur les grandes villes de Toscane, de Romagne, d'Ombrie, de Vénétie ou du sud de la France (Marseille, Avignon), sur des communautés urbaines de dimension moyenne (Arezzo ou Bergame) et des petites villes : L'Aquila dans les Abruzzes, Ascoli, Cingoli, Matelica et Esanatoglia dans les Marches ou Libourne, Tarascon, Arles, Alès, Lunel ou Uzès dans la France méridionale. Les statuts et les coutumes présentent le plus souvent un découpage thématique et un classement en livres, rubriques et chapitres destinés à organiser la vie en commun de la population (institutions, justice, vie économique de la commune) et qui offrent un outil de gouvernement efficace à l'oligarchie urbaine. Ils prennent en charge le poids des évolutions de la fin du Moyen Âge en matière de droit, de langue, de régime politique, de mode de gouvernement et de pratiques sociales marquées par la passé, ancrées dans le présent et tournées vers l'avenir.


  • Claude Neuschwander brosse dans ce livre un tableau sans concession mais finalement optimiste, de la situation économique, morale et politique de la France.


    Il souligne deux dangers majeurs : la puissance de l'ultralibéralisme et celle du totalitarisme extrême, qui se développe en Europe et en France où il camoufle son kaki d'origine sous le bleu marine.


    Il leur oppose l'économie sociale de marché, qu'il défend depuis toujours, et il propose un retour à un militantisme engagé afin de rénover la République et de défendre la démocratie.


    Car les militants sont démobilisés par la faillite idéologique et morale des partis politiques et, en particulier, celle du PS. Or, il est urgent de donner la parole aux citoyens et de leur demander d'élaborer un projet politique conforme à leurs convictions.


    L'auteur propose donc de bâtir un réseau social qui fédère les indignés et mobilise l'enthousiasme des citoyens pour, ensemble, inventer leur avenir. Un réseau social d'un nouveau genre, à inventer par ceux-là mêmes qui choisiront d'y participer.


    La gauche retrouvera alors les valeurs qui la rendent éternelle. Elle saura les traduire dans un projet concret, ancré dans une volonté commune, celle des citoyens et des militants.

empty