• Il pleuvait à torrents et personne, vraiment personne, n'était prêt à ouvrir sa porte, et surtout pas à ces individus. Oui, il y avait des Blancs parmi eux-les humanitaires qui les accompagnaient-mais ils étaient tout aussi étranges que les autres malheureux, mal fagotés et mal en point. Que venaient-ils faire, ces envahisseurs, dans notre petit village où il n'y avait plus de maire, plus d'école, où les trains ne passaient plus et où même nos enfants ne voulaient plus venir? Nous nous demandions comment les affronter, où les abriter puisqu'il le fallait. Eux aussi, les migrants, avaient l'air déboussolés. C'était pour ce coin perdu de Sardaigne, ce petit village délaissé, qu'ils avaient traversé, au péril de leur vie, la Méditerranée? C'était ça, l'Europe?

  • Depuis plusieurs décennies, la Sardaigne est le théâtre de meurtres rituels sauvages. Enveloppés de silence, les corps de jeunes filles retrouvés sur les sites ancestraux de l'île n'ont jamais été réclamés. Lorsque les inspectrices Mara Rais et Eva Croce se trouvent mutées au département des "crimes non élucidés" de la police de Cagliari, l'ombre des disparues s'immisce dans leur quotidien. Bientôt, la découverte d'une nouvelle victime les place au centre d'une enquête qui a tout d'une malédiction. De fausses pistes en révélations, Eva et Mara sont confrontées aux pires atrocités, tandis que dans les montagnes de Barbagia, une étrange famille de paysans semble détenir la clé de l'énigme.

  • Sardes depuis le Paléolithique supérieur, les Sevilla-Mendoza ignorent la normalité. Un père entiche? de voyages lointains, une mère perdue devant la vie, une tante plongée dans des amours sans lendemain, un frère sourd a? tout sauf a? son piano. Celle qui décrit l'étrange et attachante ambiance familiale, avec une impassible candeur, est une adolescente engluée dans une liaison inavouable... Une liaison qu'elle cache a? sa famille, ou? pourtant on parle d'amour et de sexe sans inhibitions. On y parle aussi de Dieu, dont on n'arrive pas a? décider s'il existe ou pas. Plutôt qu'a? Lui, autant s'en remettre a? la superstition pour affronter les dangers de l'existence. Celle-ci se déroule comme si on était dans la gueule d'un requin. Un requin qui vous enserre entre ses dents et vous empêche de vivre. On essaie d'en sortir quand il dort...

  • Mal de pierres

    Milena Agus

    En quête de l'amour idéal, l'héroïne tarde à trouver un mari. À trente ans, déjà considérée comme une vieille fille dans une Sardaigne qui connaît les affres de la Seconde Guerre mondiale, elle finit par épouser un homme taciturne, plus âgé qu'elle, parce que sa famille le lui impose. L'amour n'est pas au rendez-vous. Elle le rencontrera beaucoup plus tard, lorsqu'elle ira sur le Continent faire une cure thermale pour soigner son «mal de pierres», des calculs rénaux. Un rescapé de la guerre, qui souffre du même mal qu'elle, aura raison de son «mal d'amour». C'est à sa petite-fille qu'elle racontera quelques décennies plus tard ses émotions, ses cheminements, tout en laissant des zones d'ombre. Mais quelle est au juste la vérité ? Elle ne se recomposera que beaucoup plus tard, de façon inattendue, lorsque la dernière pièce du puzzle tombera entre les mains de la narratrice.

  • Terres promises

    Milena Agus

    La terre promise, tout le monde la cherche. Pour Raffaele, de retour en Sardaigne juste après la guerre, elle se situe sur le Continent. Mais une fois là-bas, Ester, sa jeune épouse, a le mal du pays, elle qui était pourtant si pressée d'en partir... Alors la famille y retourne. Leur fille, Felicita, s'adapte aux humeurs locales et s'initie avec la même conviction au communisme et au sexe. De ses amours naîtra un drôle de petit bonhomme, Gregorio. Au fil des ans et des rencontres, ils avanceront dans leurs vies imparfaites, croisant la route d'autres êtres en quête de bonheur. Pour tous, Felicita est l'indispensable pivot. Car à ses yeux les gentils ne sont pas des perdants et la terre promise est au coin de la rue. Une saga familiale décalée.

  • Sens dessus dessous

    Milena Agus

    Mr. Johnson, le monsieur du dessus, a toujours les lacets défaits et des vestes trouées. Pourtant, c'est un violoniste célèbre qui vit dans le plus bel appartement de l'immeuble, avec vue sur la mer. Anna, la voisine du dessous, partage un petit entresol obscur avec sa fille, taille ses robes dans de vieilles nappes et fait des ménages. Pourtant, elle cache dans ses tiroirs des dessous coquins et des rêves inavoués. Ces deux-là, plus tout jeunes, débordants de désirs inassouvis, étaient faits pour se rencontrer. Dans les escaliers, où montent et descendent des voisins occupés par une farouche quête du bonheur, se tricotent à tous les étages situations rocambolesques, amours compliquées, jalousies absurdes. Mais n'est-ce pas là la clef de voûte de toute vie?
    Observatrice indiscrète, pourfendeuse de la normalité, Milena Agus fait la chronique de ce microcosme dans lequel souffle un vent délicieusement frondeur.

  • Rome, 2014, fin de l'été. Alors qu'il lisait sur sa terrasse ensoleillée, le coeur de Giangiacomo - dit Gigi - s'est arrêté. Une mort rapide, sans douleur, comme il l'avait toujours souhaitée, se souvient sa fille Elvira, appelée en urgence.
    Quelques jours plus tard, la jeune femme tombe sur un manuscrit inachevé. Elle pense à la trame d'un film - Gigi était cinéaste -, mais découvre l'histoire d'amour que son père vivait depuis plus de quatre ans avec une journaliste belge, Clara. Le récit de Gigi correspond à sa partie d'un livre qu'ils avaient décidé d'écrire ensemble. Il la lui enverrait une fois terminée. Puis elle y répondrait.
    Depuis sa rencontre avec Clara, venue à Rome l'interviewer à l'occasion de la sortie de son film sur Gramsci, Gigi connaît une nouvelle jeunesse. Ses pages évoquent le surgissement inattendu de leur mature love, une expression devenue entre eux un code pour se joindre et qui désigne cet amour à l'âge mûr que tous deux vivent de façon parallèle. Clara est mariée, elle aussi, et mère de deux garçons. Le bonheur des retrouvailles, l'abandon des corps, les rires, les films vus et revus ensemble : telle est la matière précieuse de leur complicité. Clara et Gigi parlent beaucoup : il aime la faire rire avec d'invraisemblables anecdotes, elle veut tout savoir de son passé. La politique et la révolution sont au coeur du travail de Gigi, hanté par la mort de son père, tué en 1945 dans les rangs des partigiani.
    Clara écrira à son tour sa version de l'histoire. Les souvenirs des jours lumineux sur la Méditerranée, des désaccords aussi - ne considérait-elle pas le militantisme de Gigi comme un combat d'arrière-garde ? - la plongent dans un flot d'émotions. Elle entame alors un « journal d'absence » dans lequel elle s'adresse d'abord à Gigi puis, peu à peu, à Elvira. À la jeune fille au seuil de sa vie sentimentale, elle confie, avec pudeur et tendresse, la plénitude de cet amour caché qui coexistait si bien avec sa vie - pourtant heureuse - au grand jour.
    Pure bliss, gioia, joie, avait coutume de répéter Gigi. Une joie devenue le motif musical de cette attachante partition à quatre mains.

  • Maurizio a quitté son village sarde pour les beaux yeux d'une touriste francaise, et voila` que l'ideÅLe le prend de rentrer au pays pour ouvrir une librairie ! Aidé de Giacomo, son ami d'enfance, avec qui il a correspondu toutes ces années d'exil, Maurizio,
    « un homme sans histoire, sans bruit, dans un pays où l'on crie pour se dire bonjour »
    va devoir affronter la rancune tenace et la redoutable défiance de ses compatriotes.

  • Le livre est divisé en 34 récits comme autant d'histoires authentiques d'une Sardaigne engagée et colorée, entre personnages inquiétants et intrigues comiques. On y rencontre un chimpanzé, Gramsci, des cochons, une sorcière, la mafia locale, un philosophe... Serge Pey a le don d'envoûter son lecteur en réinventant un monde qu'il connaît parfaitement.
    Serge Pey vit entre le sud de la France et la Sardaigne. Auteur de nombreux livres, édités entre autres chez Flammarion, Fata Morgana, Zulma et au Castor Astral, il développe une oeuvre poétique engagée.
    « À travers ses textes, Serge Pey brise des miroirs dont les éclats se démultiplient à l'infini. » - Le Matricule des anges
    « La poésie et les performances de Serge Pey aux quatre coins du monde sont l'oeuvre d'un homme possédé par sa langue, presque en transe, et qui scnde ses phrases comme on affûte une lame. » - Page des libraires

  • M'hamed Hassine Fantar dirige le Centre des Etudes de la Civilisation Phénicienne Punique et des Antiquités Libyques auprès de l'Institut National du Patrimoine de Tunis, et enseigne l'histoire ancienne et l'archéologie à l'Université de Tunis. Il est l'auteur de nombreux ouvrages qui traitent des Phéniciens et de Carthage : Le Dieu de la mer chez les Phéniciens et les Puniques (Rome, 1977), Eschatologie phénicienne et punique (Tunis, MTE, 1970), L'Afrique du Nord dans l'Antiquité (en collaboration avec F. Decret, Paris, Payot, 1981) et Kerkouane, cité punique du Cap Bon (3 volumes, Tunis, INAA 1984-1986). Il est l'auteur aux éditions Alif de : Le Bardo, un palais, un musée (1989), Carthage, approche d'une civilisation (2 volumes, 1993) et Carthage, la cité punique (1995).


  • Avec ce récit, Giuseppe Masala nous livre un véritable "giallo" qui peut se targuer de rendre hommage au folklore régional italien sans oublier les périodes sombres de son Histoire. Et quand la Sardaigne se teinte de meurtre, l'intrigue n'en devient que plus captivante...

  • La région, l'ethnie et la minorité sont des réalités parfois explosives lorsqu'elles sont associées à des stratégies d'acteurs. Cet ouvrage collectif confronte ces catégories à travers le thème de l'affirmation identitaire et des effets politiques du phénomène. À l'aide de plusieurs exemples et d'approches différentes, il montre comment la mobilisation régionale et les minorités ethniques défient l'espace « statonational » au nom des particularismes, selon des modalités souvent analogues. Les dépendances françaises de la Caraïbe, la Bretagne, la Corse, le Pays basque espagnol ont en commun de revendiquer leurs spécificités. Les minorités caribéennes de France, de Grande Bretagne, des Pays-Bas et des États-Unis se transforment progressivement en groupes de pression, utilisant la citoyenneté comme ressource de l'affirmation identitaire. Outre les convergences entre la revendication régionaliste et la mobilisation ethnique qu'il met en évidence, ce livre présente l'intérêt de réunir des élus aux appartenances identitaire et institutionnelle multiples, des universitaires et des chercheurs de plusieurs disciplines.

  • Ce livre est important, au moins pour deux raisons. Pour la première fois, un acteur essentiel du nationalisme corse, en nous introduisant à un conflit chaque jour plus tragique, nous permet de comprendre cette situation et ses dérives. Par ailleurs - et surtout - la volonté de l'auteur de tout raconter de cette lutte est une tentative, peut-être désespérée, de créer « un effet de souffle » pour que cessent les luttes fratricides et les enfermements actuels. C'est évidemment d'abord cela qui nous a incités à l'éditer. L'auteur lui-même écrit : « Le mouvement corse ne représente plus une alternative pour le peuple corse. S'il veut la symboliser à nouveau, il lui faudra trouver la force et le courage politique de procéder à une introspection sans concession. » Ce journal d'un homme chaque jour en danger de mort veut être le déclic d'un apaisement. Gabriel Xavier Culioli, dans sa préface, souligne quant à lui que si « ce journal accable d'abord celui qui s'y plonge car, transcendant la volonté de l'auteur, il dresse un bilan du nationalisme corse qui donne froid dans le dos, » c'est aussi un livre nécessaire car « si la barbarie mafieuse triomphe là, elle se déchaînera en France en contaminant d'abord la côte méditerranéenne. Puis elle montera vers le nord... » Ce livre est de ceux dont la lecture crée un choc, un ébranlement violemment salutaire - sans doute avant qu'il ne soit trop tard.

  • Ce numéro réunit les contributions de chercheur-e-s travaillant sur les pratiques ludiques passées et contemporaines, notamment dans les arts du spectacle.
    De l'Antiquité (choeur tragique grec, comédie romaine) aux pratiques performatives les plus contemporaines (Rimini Protokoll, Grand Magasin, Royal de Luxe, Jeanne Candel, Joël Pommerat), en passant par le XVIIIe siècle (spectacles d'auto-parodies), le théâtre indien (Kiyam), les pratiques spectaculaires berbères et les jeux poétiques sardes, les auteurs-e-s examinent leurs objets d'étude au prisme du ludisme, ce moyen de "réenchanter" le théâtre, réhabilité depuis peu par les historiens du théâtre et repris comme outil d'analyse par les observateurs des spectacles contemporains.
    Les gestes et les voix ont pour but de susciter des émotions chez les spectateurs. En effet, bien loin de chercher à les édifier par la transmission d'un message, ces propositions scéniques impliquent fortement le public et le font participer au jeu.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Etude sociologique sur la collusion mafia-banditisme en Sardaigne.

  • Attesté dans maintes sociétés, passées ou présentes, le serment survit à la mort des dieux. Tout en étant encore fortement lié aux rapports que l'homme entretient avec les puissances, il maintient son existence dans l'État laïque, en dépit du processus de désacralisation et de sécularisation. On a, depuis longtemps, observé que le serment remplit, dans la vie sociale et juridique, des ordres de fonction distincts : il préside à la constitution de fraternités, de corps professionnels ou politiques (serment institutionnel), il consacre des engagements entre individus (serment promissoire), il dévoile, prouve ou conforte la vérité en justice (serment probatoire). La permanence et l'universalité du phénomène, l'évolution et la diversité de ses formes, la variété et la multiplicité de ses fonctions dans l'espace et dans le temps, nécessitent une approche comparative et globale au carrefour du religieux, de l'éthique, du politique et du juridique.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Un Carthaginois ressuscité de nos jours dans sa patrie trouverait dans une ville de la Tunisie moderne les mêmes ruelles étroites et tortueuses, avec des maisons simples blanchies à la chaux, couvertes de terrasses ou de coupoles, comme il était habitué à les contempler. C'est dire assez la profondeur de l'empreinte dont la vieille Carthage a marqué les hommes d'Afrique. Elle n'eut pourtant pas le rayonnement magnifique et barbare que lui imagina Flaubert. Carthage était avant tout une cité de marchands prosaïques. Elle ne dut sa puissance qu'à l'habileté de ses négociants, à d'adroits politiciens ou économistes qui savaient travailler pour la prospérité immédiate du pays. Les artisans mêmes ne mettent leur habileté qu'au service d'esthétiques empruntées au hasard de relations commerciales sur les rives du Nil, de l'Euphrate ou de l'Égée. On a beaucoup parlé des moeurs licencieuses des Carthaginois, des lupanars sacrés, ou des abominables autodafés qui voyaient l'immolation de centaines de nouveau-nés. En réalité, les Carthaginois n'étaient ni meilleurs ni plus mauvais que les Grecs ou les Romains. Les Carthaginois aimaient le confort. Leurs maisons étaient dotées de salles de bain. Les citadins aimaient la pâtisserie et le bon vin. C'est ce que nous révèlent parmi mille détails et anecdotes G. et Charles-Picard dans cet ouvrage, le premier qui mette à la portée du grand public l'histoire quotidienne de Carthage.

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