• Du contrat social

    Jean-Jacques Rousseau

    • J'ai lu
    • 6 Septembre 2017

    Comment se forment les sociétés ? Qu'est-ce qui détermine une organisation sociale juste ? Comment concilier les intérêts de chacun et l'intérêt général ?
    Rousseau recourt à l'hypothèse d'un état de nature pour tenter de répondre à ces interrogations fondamentales : une société naît toujours d'un pacte social, contracté par tous avec tous, par lequel chacun renonce à sa liberté naturelle pour gagner une liberté civile. Ce contrat social a pour principe fondateur la souveraineté du peuple.
    Paru en 1762, Du contrat social est un texte essentiel de la philosophie politique ; les questions qu'il soulève résonnent encore aujourd'hui.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Jean-Jacques Rousseau. Publié en 1755, le "Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes" est le second essai philosophique de Jean-Jacques Rousseau. Dans ce texte célèbre, sur lequel repose toute une partie de la littérature politique moderne, le philosophe établit les fondements de sa doctrine sur l'homme et la société en affirmant que tous les maux et les misères, causes de l'inégalité parmi les hommes, découlent uniquement de l'état social. Les contemporains de Rousseau virent dans cet ouvrage un réquisitoire implacable contre les institutions sociales et politiques de leur temps. Il contient en germe les éléments de la thèse que Rousseau soutiendra plus tard dans le "Contrat Social". Le "Discours sur les sciences et les arts", publié quant à lui en 1751, est l'occasion pour Rousseau d'exposer ses idées où apparaît déjà la base de toute son oeuvre future, à savoir: la nature avait fait l'homme bon, la société l'a fait méchant; l'homme était libre et heureux, la société le rend esclave et misérable; la tare de la société est l'inégalité. Plus l'état social est avancé, plus il est corrompu.

  • « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme ce sera moi. Moi, seul. Je sens mon coeur et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j'ai vus ; j'ose croire n'être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins je suis autre. Si la nature a bien ou mal fait de briser le moule dans lequel elle m'a jeté, c'est ce dont on ne peut juger qu'après m'avoir lu. »

  • Deux spécialistes du Douanier Rousseau sont conviés par un énigmatique collectionneur dans sa demeure de Bâle pour authentifier une oeuvre du peintre.
    Commence alors un véritable jeu de piste avec pour seul point de départ un récit anonyme en sept chapitres relatant les dernières années de la vie de l'artiste.
    Coupés du monde et partageant leur amour pour la peinture, Orie, jeune historienne de l'art japonaise, et Tom, assistant-conservateur au MoMA de New York, découvrent le mystère stupéfiant de la genèse d'un tableau célèbre - et les perturbantes zones d'ombre du monde de l'art.
    En connaisseuse passionnée de la peinture de Rousseau, l'auteur compose une enquête-puzzle autour de la figure émouvante d'un artiste totalement dévoué au rêve et à la vision qui l'habitent. Un roman qui ne s'adresse pas uniquement aux amateurs de peinture mais tout simplement aux amateurs de beauté, et de mystère.

    Historienne de l'art, conservatrice et romancière, Harada Maha est née en 1962 à Tôkyô.
    Son premier roman, Dans l'attente de bonnes nouvelles, s'est vu décerner le Japan Love Story Award, vendu à plus de 370 000 exemplaires, il est aussi adapté au cinéma. Elle reçoit en 2012 et le 25ème prix Yamamoto Shugorô pour La Toile du Paradis.

  • " Me voici donc seul sur la terre, n'ayant plus de frère, de prochain, d'ami, de société que moi-même. "
    À l'automne 1776, Rousseau, alors au crépuscule de sa vie, trouve refuge loin du " torrent du monde ", dans une bienheureuse solitude magnifiée par la beauté de la nature. Au gré de ses promenades, le philosophe marche à la rencontre de lui-même, dans une introspection lyrique, admirablement sensible : entre souvenirs et méditations, il y embrasse le plaisir de la mémoire et de l'écriture, dans la pure conscience d'exister.

  • Ce réquisitoire balaie d'un revers de main la démocratie telle qu'elle a cours. Et, ose-t-on ajouter, telle qu'elle a encore cours. Son argumentation repose sur des réflexions philosophiques qui traitent de l'organisation idéale de la collectivité en démocratie, notamment le Contrat social de Rousseau. La raison seule est garante de la justice, et non les passions, nécessairement marquées par l'individualité. Or, les partis, puisqu'ils divisent, sont animés par les passions en même temps qu'ils en fabriquent. Pour Weil, un parti comporte potentiellement, dans sa lutte pour le pouvoir, un caractère totalitaire. Ils défendent leurs intérêts propres au détriment du bien public. Il faut se garder comme de la lèpre de ce mal qui ronge les milieux politiques mais aussi la pensée tout entière. Contre les passions collectives, elle brandit l'arme de la raison individuelle.
    Rédigé en 1943, ce texte propose un système fondé sur l'affinité et la collaboration de tous, un hymne à la liberté individuelle capable de s'exprimer dans le cadre d'une collectivité.

  • Le Prince est une véritable aberration philosophico-littéraire. D'abord parce que ce n'est pas de la philosophie, à proprement parler. Celle qu'aiment les fabricants de concepts, les universitaires de haut vol ou les intellectuels à chemise blanche. En effet Machiavel rédige un « portrait de prince », genre littéraire de la Renaissance, où l'auteur adressait un certain nombre de conseils à un Prince dans un horizon verteux : le bien, l'honnête, le juste, la tempérance... autant de valeurs idéales auxquelles l'impétrant roi se devait de faire allégeance. Mais, à cette époque, ce n'est pas parce que c'est « littéraire » que c'est de la littérature au sens où nous l'entendons. Jadis, le mot désignait toute production écrite - litterae - en latin. Soyons clairs : au XXIe siècle ce livre se verrait évincé des grands éditeurs, rejeté par les distributeurs et méprisé des libraires. Sans parler des lecteurs, pour qui la dimension pratique de l'ouvrage serait un motif suffisant de dédain. Qui plus est à un roi. Imaginez un recueil de conseils retords et tordus, adressé à Chirac, Sarkozy, ou Hollande, les invitant à la cruauté, la malice, la force et le volonté de puissance... La dernière aberration, c'est que Machiavel semble, d'après la tradition, l'homme d'un seul livre. Le Prince... de Machiavel. Machiavel ou l'auteur du Prince. La périphrase semble quasi-homérique, une épithète de nature... et pourtant Machiavel est un polygraphe de talent. Poésies, théâtre, récits de voyage, réflexions sur l'histoire, histoires florentines, art de la guerre, rapport de diplomatie, critique littéraire. Rien ne semble lui avoir échappé. Cette réédition est une invite à découvrir Machiavel et son oeuvre et non Machiavel et son Prince. Enfin, ce qui donne une ultime valeur à cet inclassable traité, c'est qu'il réactive toute une philosophie qui ne sera jamais à la mode : celle des sophistes, celle des adversaires de Platon, celle des « prostitués du savoir », comme les nommera avec tendresse Xénophon. On peut comprendre les réactions vives : Il n'y a rien à sauver chez Machiavel. Tout n'est que feinte, ruse, manigance, combines, assassinats, complots ourdis ou déjoués. Force, violence, cruauté, intelligence... occasion et fortune, chance et hasard. Le monde de Callicès, la loi du plus fort. Des générations de philosophes ont voulu la slavation du penseur. Rousseau y vit un précurseur républicain, presque démocrate. On lui emboîta la pas. La mal était fait. L'humble vérité, la jouissive révélation, est que Machiavel est irrécupérable. Pour cette raison là, il est urgent de le lire. Ce texte reprend l'édition du traducteur Jean-Vincent Périès en 1825. Avis aux lecteurs à la bonne conscience : ne pas lire ce livre.

  • De la grammatologie

    Derrida Jacques

    « Les langues sont faites pour être parlées, l'écriture ne sert que de supplément à la parole... L'écriture n'est que la représentation de la parole, il est bizarre qu'on donne plus de soin à déterminer l'image que l'objet. » (Rousseau) Ce livre est donc voué à la bizarrerie. Mais c'est qu'à accorder tout son soin à l'écriture, il la soumet à une réévaluation radicale. Et les voies sont nécessairement extravagantes lorsqu'il importe d'excéder, pour en penser la possibilité, ce qui se donne pour la logique elle-même : celle qui doit déterminer les rapports de la parole et de l'écriture en se rassurant dans l'évidence du sens commun, dans les catégories de « représentation » ou d'« image », dans l'opposition du dedans et du dehors, du plus et du moins, de l'essence et de l'apparence, de l'originaire et du dérivé.
    Analysant les investissements dont notre culture a chargé le signe écrit, Jacques Derrida en démontre aussi les effets les plus actuels et parfois les plus inaperçus. Cela n'est possible que par un déplacement systématique des concepts : on ne saurait en effet répondre à la question « qu'est-ce que l'écriture ? » par un appel de style « phénoménologique » à quelque expérience sauvage, immédiate, spontanée. L'interprétation occidentale de l'écriture commande tous les champs de l'expérience, de la pratique et du savoir, et jusqu'à la forme ultime de la question (« qu'est-ce que ? ») qu'on croit pouvoir libérer de cette prise. L'histoire de cette interprétation n'est pas celle d'un préjugé déterminé, d'une erreur localisée, d'une limite accidentelle. Elle forme une structure finie mais nécessaire dans le mouvement qui se trouve ici reconnu sous le nom de différance.

    De la grammatologie est paru en 1967.

  • Ce grand livre posthume d'Allan Bloom part d'un constat anxieux : le lien humain se défait. Non par l'effet de quelque fatalité extérieure, mais simplement parce que nous le voulons ainsi : nous nous voulons de plus en plus des « individus libres et authentiques », eh bien, nous avons ce que vous voulons, nous avons, au lieu de l'amour ou de l'amitié, des « relations sexuelles » ou des « relations amicales ». Alors le projet d'Allan Bloom est de retrouver la complexité, les triomphes et les échecs - bref, la vérité - du lien humain, amoureux et amical. Comment ? En lui redonnant la parole, par une exploration merveilleusement ample et libre des grandes oeuvres de notre culture, où l'amour et l'amitié ont trouvé leurs expressions les plus splendides, les plus convaincantes - ou les plus troublantes. Rousseau, Shakespeare et Platon sont les trois grandes étapes de cette redécouverte où il nous est finalement montré comment, et en quel sens, la recherche commune et l'amour de la « sagesse » peuvent constituer la plus haute possibilité de l'âme et former le lien humain le plus fort parce que le plus véridique. C'est peu de dire que l'auteur porte légèrement sa science. Il se meut avec autorité et agilité dans l'immense étendue de notre empire intérieur. « C'est un assez beau roman que celui de la nature humaine », écrit quelque part Rousseau. C'est ce roman-là que nous propose Allan Bloom, et il est plus profondément intéressant et émouvant qu'aucun roman d'amour. Allan Bloom (1930-1992), philosophe, élève de Leo Strauss, fervent défenseur des textes classiques, fut très critique du système universitaire américain qu'il quitta en 1970 pour aller enseigner à l'étranger. Traducteur de Platon et de Rousseau, il a publié différents essais, le plus célèbre étant L'Âme désarmée.

  • Irrévérentes, provocatrices, les idées libertaires suscitent une fascination et ne laissent pas d'interroger les sociétés occidentales. Trop vite réduites à des enfantillages ou réprimées par les pouvoirs en place, elles offrent pourtant l'image, aujourd'hui plus cruciale que jamais, d'un ordre social débarrassé des systèmes de pouvoir et d'oppression.Bakounine, Lafargue, Rousseau, Zola, Nietzsche : cette anthologie réunit tenants de l'anarchisme, penseurs de l'égalitarisme et contradicteurs des totalitaristes. Écrits par des romanciers, des philosophes, des personnalités politiques : vingt-deux textes fondamentaux de la pensée anarchiste, à découvrir ou à redécouvrir.

  • De 1750 à 1830, l'Europe traverse une époque d'intenses bouleversements politiques et sociaux. Entre ces deux dates, la Révolution française éclate comme un coup de tonnerre qui met à l'ordre du jour l'émancipation historique de l'humanité. Elle constitue un événement total : pour la première fois, la liberté devient, à la place de Dieu ou de la nature, le principal objet de la pensée, puisque la souveraineté du peuple et l'autonomie deviennent les horizons de la philosophie.
    De Rousseau, qui élève la liberté au rang de toute légitimité, à Hegel et aux idéalistes allemands pour qui l'esprit est liberté, en passant par Kant qui consacre le droit inaliénable des peuples à disposer d'eux-mêmes et fait de la liberté l'absolu à l'échelle de la finitude humaine, cet ouvrage revient sur les théories qui ont marqué cette période et continuent d'influencer notre histoire démocratique.

  • Le Douanier Rousseau (Henri Rousseau) (Laval, 1844 - Paris, 1910) Les galeries marchandes à Paris fleurissant, on créa en 1884, le Salon des Indépendants. Cette exposition sans jury fut organisée pour ceux qui étaient ou se considéraient professionnels - alors très nombreux -, mais qui ne pouvaient satisfaire les critères des salons officiels. C´est lors d´un des Salons des Indépendants qu´ Henri Rousseau créa la surprise. Rousseau occupait un poste à l´octroi de Paris, à Vanves. A ses moments libres, il peignait des toiles, tantôt sur la commande de ses voisins, tantôt en guise de paiement pour de la nourriture. Chaque année, de 1886 à sa mort en 1901, il exposa ses toiles au Salon des Indépendants. Là, il se présentait sans savoir-faire professionnel, mais avec le fier sentiment d´être peintre et d´avoir le droit de rivaliser avec n´importe quelle autorité. Rousseau est un des premiers de sa génération à s´être rendu compte de l´arrivée d´une nouvelle époque de liberté dans l´art, y compris celle de pouvoir accéder au rang de peintre, et ce, indépendamment de la manière de peindre et du niveau de formation artistique.
    Les oeuvres du Douanier Rousseau aidèrent d´autres peintres, peut-être moins talentueux mais tout aussi originaux, à être remarqués et appréciés d´un public qui apprit à voir l´art d´une façon nouvelle. Avec lui, apparaît toute une série de découvertes. Désormais, qu´elles soient naïves ou primitives, les oeuvres d´art étaient partout et il y aurait toujours un regard d´artiste pour les révéler.

  • Le Voyage des grands hommes est une pure fantaisie du XVIIIe. François Vallejo a abandonné pour un temps les problèmes des couples du XXe et XXIe siècles, pour se fondre dans la langue étincelante d'humour, le libertinage, la liberté de pensée, l'intelligence du siècle des Lumières. Il s'est immiscé dans un trou de la biographie de trois hommes qui symbolisent le siècle, Rousseau, Diderot et Grimm, pour les rassembler au cours d'un voyage en Italie « sponsorisé » - si j'ose dire ? par Madame de l'Epinay, protectrice de Rousseau et maîtresse de Grimm.
    Pour ce faire, elle leur prête et sa voiture et son valet, le sieur Lambert, qui sera le chroniqueur du voyage des trois Grands Hommes. Et le lecteur de se délecter de dialogues, de situation, de portraits de personnages et de villes...

  • Liberté et propriété retrace l'histoire sociale de la pensée politique de la modernité. Sondant les grands moments politiques de cette période (la cité-État de la Renaissance, la Réforme, les empires espagnols et néerlandais, l'absolutisme français et la Révolution anglaise), Ellen Meiksins Wood pense ensemble la naissance de l'État moderne et la formation du capitalisme.

  • Jean-Jacques Rousseau, penseur nostalgique de la « pure nature » perdue et de la chute dans la société technique, était-il égaré dans le siècle des Lumières auquel il était foncièrement étranger ? Cette acception galvaudée d'une oeuvre qui ne peut en aucun cas être réduite à un tel cliché méritait d'être revue pied à pied. Certes, Rousseau comprend le caractère aussi déterminant qu'irréversible de la technique pour l'homme et les sociétés modernes, et il en mesure les conséquences dans tous les domaines où elle s'impose à l'individu, pour la vie morale comme en politique. Par là, d'ailleurs, il entrevoit et en dénonce de manière prophétique les risques et les dangers. Mais en même temps, l'auteur du Discours sur les sciences et les arts, de l'Émile et du Contrat social propose une philosophie qui vise à réconcilier l'homme avec ses machines, voire selon laquelle la technique permettrait à l'homme de s'accomplir au sein des sociétés humaines. C'est donc là un autre Rousseau qui est donné à lire : celui qui s'oppose à l'idéologie du progrès pour le progrès et du « tout technologique », qui affirme les valeurs morales de l'autonomie et de la liberté, qui définit, bien avant les révolutions scientifiques de l'époque moderne, un ambitieux programme écologique et éthique de « précaution » (H. Jonas). Rousseau n'est-il pas un penseur du « durable » pour le XXIe siècle ?

  • Dans le Discours sur l'économie politique, Rousseau forme deux éléments essentiels de sa pensée politique: la notion de la volonté générale et la distinction entre souveraineté et gouvernement.
    Pourtant, la place centrale qui revient à cette oeuvre ne lui a pas été reconnue. D'abord publiée (en 1755) comme article de l'Encyclopédie, elle a longtemps été considérée comme marquée par l'influence de Diderot. Son objet, l'économie, semblait étranger aux préoccupations essentielles de Rousseau. Cette nouvelle édition, appuyée sur le brouillon manuscrit, éclaire la genèse du texte. Le commentaire proposé cherche à dégager l'unité et la spécificité de l'oeuvre : il analyse le processus d'invention de la volonté générale et l'émergence des problèmes décisifs liés à cette notion ; il restitue son sens à l'économie politique dans la pensée de Rousseau ; il situe son intervention, centrale parce que singulière, dans les débats de son temps.
    C'est sans doute ce qui fait aussi son intérêt présent : parce que l'administration des choses, à ses yeux, doit dépendre de celle des hommes, Rousseau lie les questions du patriotisme, de l'éducation publique à celles de la propriété ou de l'impôt. Il affirme clairement que l'économie doit être pensée sous la politique parce que l'égalité est la condition de la liberté.

  • La peine de mort est-elle moralement justifiable et juridiquement légitime ? Est-il possible de mettre en cause le fondement du droit souverain à condamner à mort ? À partir d'une analyse des différents modèles philosophico-politiques justifiant le pouvoir, et afin de problématiser le rapport entre le pouvoir souverain et la peine capitale, cet ouvrage tend à mettre en lumière la manière dont la source de légitimation du « pouvoir de donner la mort » a été défendue, tout au long des siècles, par la reconnaissance d'une base théologique à l'autorité. La tentative de déconstruire le lien entre théologie et politique et l'ouverture sur une vision normativiste du pouvoir constituent, au contraire, la base théorique de l'argumentation abolitionniste. À travers un travail théorique minutieux, mettant en lumière les insuffisances de la position favorable à la peine de mort ainsi que le concours d'éléments étrangers à la théorie du droit - tels que l'aspect rituello-sacrificiel - pour justifier l'exécution capitale, cette étude montre que si l'on place la dimension transcendante du pouvoir souverain avant l'identité morale de l'individu, alors la mise à mort du criminel peut être justifiée. Au contraire, une idée différente de la constitution du sujet impose de chercher un fondement ultime à l'inviolabilité de l'individu contre le pouvoir lui-même et donc de conclure à l'inadmissibilité morale de mettre à mort un homme, quel que soit le crime qu'il ait commis.

  • À l'heure où les idées démocratiques sont contestées dans plusieurs parties du monde, il n'est pas inutile de s'interroger sur la manière dont celles-ci se sont diffusées. Cette question, qui est sous-tendue par celle de la traduction des textes de la philosophie politique moderne, est un champ largement inexploré en Asie, notamment au sujet de Jean-Jacques Rousseau. Ce numéro entend explorer la circulation des textes politiques du Citoyen de Genève dans une Asie comprise au sens le plus large, comprenant aussi bien la Chine et le Japon que les mondes arabe et turc, en passant par le Vietnam.
    Dans tous les cas, l'objectif a été d'analyser la présence des textes politiques de Rousseau non pas comme le produit d'une réception, dans lequel la traduction serait un phénomène évident et mécanique, où les Asiatiques ne joueraient aucun rôle, mais bien comme celui d'une circulation, dans laquelle les intéressés prennent l'initiative et utilisent les textes dans des buts que le décalage entre texte original et traduction contribue à révéler. Ainsi, la circulation des textes politiques de Rousseau s'inscrit dans le phénomène de "transfert culturel", avec l'objectif de démocratisation.

  • Préalable à toute histoire du sujet que l'on prétendrait mener sur la longue durée, la présente enquête part d'un fait textuel : l'invention de la substantivation « le moi » par Pascal, qui lui-même prend acte de l'expression cartésienne inédite d'ego ille. Le moi n'est pas un donné premier et intemporel, mais résulte du doute porté à son point extrême - c'est pourquoi l'Antiquité et le Moyen Âge l'ont ignoré. Aussi notre enquête ne s'inscrit-elle pas dans la continuité des études sur les commentaires du De Anima. Elle ne se confond pas davantage avec celles des origines de la subjectivité puisque, avant même d'être déterminé comme sujet, c'est-à-dire comme fondement, le moi est obtenu par le travail de ce que Husserl appelle réduction phénoménologique. Le moi n'est donc identifiable ni à l'âme, ni à l'entendement, ni à la conscience, ni à l'individu, ni à la personne, ni même au soi. Et ce n'est qu'en le distinguant de tous ces avatars que l'on pourra répondre à l'interrogation de Husserl : « Que peut-on entreprendre, dans une perspective philosophique, avec l'ego ? » Ce livre analyse ce qui permet l'invention du moi, aussitôt occultée par l'individu de Leibniz ou le soi de Locke, et met en lumière ce qu'elle inaugure : car la première question posée au moi, par Pascal comme par Descartes, n'est pas celle de savoir ce qu'il est mais celle, existentielle, de savoir qui il est.

  • Ce livre offre une synthèse du développement de la pédagogie au fil des siècles et des dernières recherches en didactique. A partir de ces deux éléments, l'auteur propose une réflexion sur ce que peut être un enseignement religieux dans différents contextes de sécularisation (la "laïcité à la française" ou les concordats germanique ou suisse, etc.). Aujourd'hui, face à des situations de radicalisation religieuse, une réflexion sur la pédagogie religieuse est nécessaire pour assurer des connaissances en termes de religion(s) et pour développer des capacités au dialogue et au respect. Ce premier tome est un parcours conçu comme une invitation à approfondir les concepts liés à la pédagogie religieuse, à l'art d'enseigner le fait religieux. Le second tome sera la mise en oeuvre de ces concepts à travers différentes pratiques enseignantes.

  • L'essentiel pour un être humain n'est pas d'exister mais de mieux être, et ce, en collaboration avec son prochain, avec lequel il vit. La vie se déploie ainsi comme une communion, un vivre-ensemble, possibles uniquement en projetant la paix au coeur des relations mutuelles. Comment construire cette paix ? A la lumière des écrits de John Locke, Thomas Hobbes, Jean-Jacques Rousseau, Karl Marx, Axel Honneth et Jürgen Habermas, cet essai tend à répondre à cette question.
    En pensant la vie sociale en termes de contrat, de lutte ou encore de consensus rationnel, ces philosophes apportent un éclairage sur la quête de liens sociaux durables et efficaces, pour un «vivre-ensemble» harmonieux et pacifique.

  • Le rêve des naturels

    Marie Gaulis

    Rêverie, méditation, réflexion ou fiction, il s'agit de l'exposé d'une tristesse anthropologique, du constat d'un paradis perdu, du rêve d'un état encore sauvage. Rousseau n'est pas loin, mais la narratrice est bien une femme du XXIe siècle, lucide, curieuse et joueuse, vivant dans le monde hybride d'aujourd'hui. A travers marches, rencontres et lectures, elle évoque les Aborigènes d'Australie, ces Naturels dont le mode de vie millénaire a basculé au moment de leur rencontre avec les Européens.
    Attentive à tout, au paysage qui l'entoure, à la brutalité de la nature comme à l'agitation de la ville, aux pulsations de son corps comme aux échappées de son imagination, la narratrice développe un état de réceptivité qui se creuse et s'affine, permettant à la fois d'exprimer ses propres rêves d'une sauvagerie perdue et d'accepter l'imperfection du monde dans lequel elle vit.

  • Avant le XVIIe siècle, l´école française n´occupait qu´une modeste place dans la peinture européenne. C´est seulement à partir de cette date que les peintres anonymes cédèrent la place à toute une pléiade de noms devenus célèbres : Nicolas Poussin, Georges de la Tour, Claude Le Lorrain, les frères Le Nain...Aux XVIIIe et XIXe siècles, la peinture française est à son apogée. Les musées du monde entier conservent aujourd´hui les toiles de Watteau, David, Ingres, Delacroix, Rousseau, Monet, Renoir. Cet ouvrage offre à l´amateur d´art, pour chaque genre, (natures mortes, portraits, paysages...) une étude complète et illustrée sur l´évolution de la peinture française pendant cinq siècles.

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