• Édition de Michel Delon

    Ce dialogue, qui est presque un roman, Diderot l'écrit au sommet de son art, à près de soixante ans, et le revoit encore dix ans plus tard. Il met aux prises deux personnages seulement, "Moi", et le Neveu. Ce personnage se dédouble sans cesse : qu'est-ce qu'un homme qui prétend ne pas avoir de conscience, ne pas avoir d'unité, mais qui a en même temps une sensibilité esthétique, celle d'un musicien averti ? Diderot mêle la grosse plaisanterie, les motifs et les sujets les plus divers, la lutte contre les adversaires des philosophes, dans cette mise en scène d'une conversation sans fin. Le Neveu pose des questions importantes, et soudain, pour notre amusement, l'argumentation déraille. "Moi" est fasciné par ce bouffon sublime. Ainsi va cet enchaînement de numéros, de pantomimes, cette fausse pièce, ce faux roman, où l'auteur a mis, sous une allure burlesque, toute sa vie, tout son coeur et tout son esprit.

  • En 1902, écarté momentanément de la vie publique, Marcelin, de son exil parisien, évoque la mémoire de quelques-unes de figures illustres de la vie politique haïtienne de la fin du XIXe et les relations qu'il entretenait avec elles. De D. Delorme à F. Manigat, en passant par Brice, Monplaisir, les insurgés de Miragoâne ou S. Rameau, qu'ils soient libéraux ou nationaux - comme lui -, il les dépeint sans passion partisane. Ces portraits sont aussi l'occasion pour Marcelin de dénoncer l'arbitraire et le militarisme qui gangrenaient la société de son temps.

empty