Éditions de l`École des hautes études en sciences sociales

  • Les sciences sociales peuvent-elles décrire la vulnérabilité, l'incertitude, la solitude ? Pour répondre à cette question, Michel Naepels, assumant sa position d'auteur, adopte dans ce livre une approche pragmatique et s'interroge sur le rôle du chercheur et le statut du témoignage qu'il suscite, à partir d'enquêtes menées dans des zones de conflits et de troubles, et de lectures à la fois anthropologiques, philosophiques et littéraires. Au lecteur qui se demande quelle est la place de celui ou celle qui enquête dans des situations de détresse, cet essai propose une anthropologie politique renouvelée de la violence, de la prédation, du capitalisme. Il endosse un point de vue, celui de la vulnérabilité et de l'exposition à la violence, en prêtant attention aux subjectivités, aux émotions et aux pensées des personnes qui y sont confrontées. Il s'agit d'articuler l'exploitation de l'homme et de la nature avec la construction de soi, de penser dans le sensible, avec la douleur, malgré tout.

  • Se fondant sur une série d'enquêtes ethnographiques réalisées entre 2005 et 2010 auprès des réfugiés et rapatriés du bassin du Congo, cet ouvrage jette un éclairage inédit sur la prise en charge politique et sécuritaire de ces populations par les organisations nationales et internationales. Il rend compte de la diversité des expériences de l'exil et du retour à travers la reconstruction de parcours biographiques. Il montre que le moment du déplacement forcé est aussi une période d'apprentissage. Au-delà des souffrances endurées, se dessinent alors chez les réfugiés de véritables stratégies d'instrumentalisation, de contournement ou d'évitement des dispositifs mis en place par les organismes chargés de les prendre en charge. Il s'agit ainsi de restituer dans toute leur complexité les circulations migratoires au long du fleuve Congo qui résultent d'un jeu subtil entre le cadre formel du rapatriement et les pratiques effectives des acteurs.

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