• Que se passe-t-il dans la tête d'Hannibal Lecter et dans celle de Rambo ? D'où vient l'inquiétante aura de Tony Soprano ? Que cache le sourire de Dexter ou le rire du Joker ?

    Christophe Debien, psychiatre hospitalier et co-auteur de la chaîne youtube Psylab, révèle les troubles psychiatriques : dépression, schizophrénie, bipolaires..., des héros et anti-héros du cinéma et des séries télévisées.

    Les illustrations de l'artiste Ben Fligans nous replonge dans les scènes cultes de Shining, The Voices ou Maniac.

    Vous allez comprendre pourquoi vous adorez certains personnages fortement perturbés...

  • " Vivre et mourir dignement, c'est notre voeu à tous. Mais comment accorder cette dignité dans un pays où la vieillesse et la mort font peur et sont si mal accompagnées ?
    Dans son rapport " Penser solidairement la fin de vie " qu'il vient de remettre à l'Elysée, Didier Sicard s'est mis résolument du côté des personnes malades en fin de vie, globalement insatisfaites des conditions du mourir dans notre pays. Il a cherché une voie - une voie à la française, dit-il - pour répondre à leur angoisse, sans pour autant toucher à l'interdit de donner la mort, barrière infranchissable à ses yeux dans une société démocratique. Car il ne s'agit pas, en permettant aux uns d'avoir la mort douce qu'ils désirent, de mettre en danger ceux qui attendent autre chose de la société : une vie plus digne jusqu'au bout !
    Il est donc opposé à toute législation sur l'euthanasie. C'est un point fort de son rapport. Mais il ne peut se contenter non plus du statuquo. On meurt mal en France aujourd'hui. C'est donc que quelque chose ne va pas.
    Bien qu'il préconise de ne pas légiférer dans l'urgence, François Hollande a décidé de le faire ; il l'avait promis, il le fait. Nous aurons donc une loi sur la fin de vie en juin, laquelle ?
    Après avoir accompagné pendant dix ans des personnes en fin de vie, comme psychologue clinicienne au sein de la première unité française de soins palliatifs, avoir écrit de nombreux ouvrages inspirés de cette expérience, dont La Mort intime, avoir mis ma réflexion pendant cinq ans au service du Ministère de la santé, je suis aujourd'hui à l'écoute des générations du 3e et du 4e âge. Dans les séminaires que j'anime, nous abordons évidemment la question du mourir. L'inquiétude est palpable. Elle vient d'un paradoxe. D'un côté, dans un monde qui s'est fondé sur des valeurs d'autonomie, le désir de maîtriser les conditions de sa fin de vie est manifeste. Le seniors refusent de se voir voler leur mort par les médecins. Mais d'un autre côté, lorsqu'ils se projettent dans leur grande vieillesse, s'imaginant fragiles, ils craignent plus que tout d'être considérés comme les rebuts de la société, de terminer leur existence dans des lieux inhumains, et perçoivent avec une acuité étonnante les dangers d'une loi qui permettrait aux médecins de donner la mort ou les pressions qui pourraient être faites sur eux pour qu'ils se la donnent eux-mêmes. Ils tiennent à ce que la loi protège leur vulnérabilité à venir, en maintenant dans le code pénal l'interdit de tuer. Ce paradoxe doit être pris en compte dans la loi à venir.
    Je souhaite, en m'exprimant dans ce livre, faire entendre leur voix, leurs inquiétudes, et contribuer par mon expérience et ma réflexion au débat qui s'annonce. " Marie de Hennezel

  • Aujourd'hui, l'hypnose est une pratique reconnue pour traiter et soulager des patients. Elle est souvent pratiquée en cabinet, dans un endroit calme et confortable. Quel que soit son exercice, tout soignant peut avoir à gérer des situations inattendues, quand « tout s'accélère ». Comment utiliser l'hypnose même dans le contexte de l'urgence? Agir vite en utilisant des techniques rapides, loin de l'image de relaxation parfois faussement véhiculée sur l'hypnose, mais loin aussi du sensationnel relayé dans les médias et toujours dans le respect du patient.
    Ce livre pratique est écrit par des soignants pour des soignants, soit déjà formés à l'hypnose, soit intéressés par cette pratique et souhaitant se former.
    Chaque chapitre s'intéresse à un contexte et ses enjeux (urgences, médecine générale, psychiatrie, soins infirmiers, anesthésie, obstétrique, odontologie...), à une technique utilisée par un praticien et est illustrée par de nombreux cas concrets.

  • Dans un livre court, une centaine de pages, et très personnel, David Servan-Schreiber fait le bilan de son long combat contre le cancer, plusieurs fois victorieux et semé de rechutes. Avec lucidité, et de façon lumineuse, il parle de la douleur, de la peur et du courage face au mal, mais aussi de l'espoir, de la force de vivre, et de ses rêves d'avenir. Écrit par un homme que la maladie atteint mais ne brise pas, ce témoignage poignant évoque la mémoire de Jean-Dominique Bauby et de son Scaphandre dans la manière qu'il a de nous faire aimer la vie en regardant la mort en face.

  • La psychanalyse est née dans l´esprit d´un homme, Sigmund Freud. Retracer l´histoire de la psychanalyse c´est ainsi d´abord faire celle de la découverte freudienne, en comprendre les tâtonnements, les confusions, les erreurs, les succès. C´est montrer aussi qu´il s´agit de l´oeuvre d´un homme profondément immergé dans la culture de son temps et qu´elle reste pourtant la matière sur laquelle tous les psychanalystes après lui ont travaillé et travaillent encore. Mais la psychanalyse est à présent plus que centenaire et cet ouvrage nous invite à en suivre aussi les principaux développements théoriques, pratiques comme institutionnels depuis sa naissance jusqu´à nos jours.

  • Au cours des trente dernières années, le taux d'incidence du cancer a augmenté de 40 % (déduction faite du facteur de vieillissement de la population). Durant cette période, la progression des leucémies et des tumeurs cérébrales chez l'enfant a été d'environ 2 % par an. Et on constate une évolution similaire pour les maladies neurologiques (Parkinson et Alzheimer) et auto-immunes, ou pour les dysfonctionnements de la reproduction. Comment expliquer cette inquiétante épidémie, qui frappe particulièrement les pays dits « développés » ?

    C'est à cette question que répond Marie-Monique Robin dans ce nouveau livre choc, fruit d'une enquête de deux ans en Amérique du Nord, en Asie et en Europe. S'appuyant sur de nombreuses études scientifiques, mais aussi sur les témoignages de chercheurs et de représentants des agences de réglementation, elle montre que la cause principale de l'épidémie est d'origine environnementale : elle est due aux dizaines de milliers de molécules chimiques qui ont envahi notre quotidien et notre alimentation depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    Pour cela, l'auteure retrace le mode de production des aliments, depuis le champ du paysan (pesticides) jusqu'à notre assiette (additifs et plastiques alimentaires). Elle décortique le système d'évaluation et d'homologation des produits chimiques, à travers les exemples des pesticides, de l'aspartame ou du bisphénol A, et montre qu'il est totalement défaillant et inadapté. Surtout, elle raconte les pressions et les manipulations de l'industrie chimique pour maintenir sur le marché des produits hautement toxiques.

  • Je suis médecin généraliste. Remplaçante.Pas depuis très longtemps ; j'ai encore un oeil très neuf sur tout ce que le monde médical me jette à la figure.Mais quand même, depuis douze ans (entre la fac, l'hôpital et le cabinet), j'ai eu le temps de voir un paquet de choses absurdes, terrifiantes, émouvantes, révoltantes, rigolotes. J'ai eu le temps de dire un paquet de conneries, et d'en faire quelques-unes. J'ai eu le temps de mettre de côté un paquet d'histoires à raconter.J'ai eu envie de les écrire, d'abord pour ne pas oublier ce qui me scandalisait à l'époque de l'hôpital, pour ne pas me laisser aller à m'habituer. Puis pour vomir ma frousse de me voir parfois si impuissante. Puis pour partager avec les gens que j'ai rencontrés, les fragments de victoires, les bouts de vie savourés.Je les livre sans fard et sans romance, bruts, dans le désordre, comme je les ai vécus et comme ils me reviennent.

  • Le terme d'autisme dérivé du grec autos - « soi-même » - a été utilisé pour la première fois en 1911 par le psychiatre suisse Bleuler pour décrire, chez les patients schizophrènes, la rupture d'avec la réalité et le retrait sur le monde intérieur. En 1943, ...

  • Paru en 1911 pour la première fois, ce roman magistral sur la folie anticipe, avec génie, les mouvements antipsychiatriques. Sa réédition critique offre un regard neuf sur la trajectoire d'un psychiatre atypique qui, refusant d'enfermer ses patients dans des catégories médicales, les soigne par la sexualité et la musique.
    Face à la crise de la psychiatrie actuelle, sa réédition a paru nécessaire à Jean Malaurie, directeur de collection, à l'ethnopsychiatre Tobie Nathan et à Anouck Cape.
    Les libérés sont les Mémoires d'un aliéniste révolutionnaire. Conscient de la misère de la psychiatrie dans les années 1900 qui ose livrer les fous à une science sourde et aveugle, Ricciotto Canudo nous fait vivre, dans une écriture très moderne, le quotidien d'un hôpital antipsychiatrique, annonçant avec des accents visionnaires les années 1960 dont il est le précurseur ignoré.
    Dans ce phalanstère libertaire, où la sexualité et la musique participent aux pratiques thérapeutiques, s'engage une lutte de pouvoir entre le médecin aliéniste et son patient qui s'achèvera dramatiquement. Nous - les soi-disant bien portants - sommes esclaves de nos préjugés.
    Paru en 1911 pour la première fois, ce roman magistral sur la folie anticipe, avec génie, les mouvements antipsychiatriques. Sa réédition critique offre un regard neuf sur la trajectoire d'un psychiatre atypique qui, refusant d'enfermer ses patients dans des catégories médicales, les soigne par la sexualité et la musique.
    Face à la crise de la psychiatrie actuelle, sa réédition a paru nécessaire à Jean Malaurie, directeur de collection, à l'ethnopsychiatre Tobie Nathan et à Anouck Cape.

  • La réalité clinique et institutionnelle, et ses difficultés actuelles, ont conduit les auteurs à relire plusieurs séminaires de Jean Oury, mais aussi à revisiter la catégorie de l'imaginaire à partir de l'élaboration de Cornelius Castoriadis. Là où Lacan mettait le symbolique, puis le Réel, au coeur de la problématique du sujet, Castoriadis place l'imaginaire radical - à entendre dans ses deux acceptions : à la racine du sujet, mais aussi dans son inscription dans les « productions imaginaires du social-historique » -, une manière pour lui de se détacher très tôt du structuralisme, de tout déterminisme, et de ce qu'il appelle « la pensée héritée ».

    À partir de cet ancrage théorique et politique, les auteurs explorent les pistes offertes par leur clinique des psychoses et des états limites, attentive à la narrativité, aux productions plastiques des patients, à leur accès à l'espace imaginaire... Ils insistent sur la nécessité actuelle de repenser leur pratique clinique et institutionnelle en prise avec une « nouvelle raison du monde » néolibérale qui engendre une vision réifiée des sujets en souffrance, et promeut un imaginaire comptable, marchand, où chacun se trouve mis en concurrence avec tous.

  • Dis-moi comment tu meurs, je te dirai qui tu es... et à quoi ressemblait ton temps.
    Médicale, littéraire, politique, sociale, artistique... une promenade passionnante dans l´histoire de France (et pas seulement).Délaissant momentanément les urgences de nos maux contemporains qui forment son quotidien, le Dr Pelloux se penche ici sur de curieux patients : quasi morts, et tous illustres. Et si leur agonie en disait plus sur l´époque que l´époque elle-même ? Partant de cette intuition, Patrick Pelloux s´est lancé dans une recherche inédite, à la fois médicale et historique : retracer, au plus près de la vérité clinique et du contexte politico-socioculturel, les derniers moments de ces personnalités qui ont fait l´Histoire. Le résultat en est trente chroniques - de Jésus à Churchill dans l´ordre chronologique -, écrites d´une plume aussi précise qu´un bistouri (pour la vérité des faits), mais également pleine de verve, d´empathie et, souvent, d´humour, voire d´une pointe d´ironie. On y croise des rois, bien sûr (Charles IX, Henri III, Henri IV, Louis XIV...), des révolutionnaires (Danton, Robespierre), des résistants (Jean Moulin), des savants (Marie Curie), mais aussi des soldats (à Waterloo ou le 6 juin 1944), des écrivains (La Fontaine, Voltaire, Balzac, Zola...), des saltimbanques (Molière, Fréhel, Laurel et Hardy), et même un canard (Satunin) et un faux philosophe (devinez son nom) ! À l'image de son titre emprunté à Molière, un livre très sérieux mais qui ne se prend pas au sérieux, dans lequel on se promène au gré des époques, des thèmes, des personnages, avec le plaisir rare d´apprendre en s´amusant.

  • Cet essai, publié en 1977 dans la collection « Liberté de l'Esprit » de Raymond Aron et longtemps introuvable en librairie, est la clef de voûte de sa trilogie (La Technique - Le Système technicien - Le Bluff technologique). Il est considéré comme son livre le plus abouti.



    La technique, pour Ellul, est le facteur déterminant de la société. Plus que le politique et l'économie. Elle n'est ni bonne ni mauvaise, mais ambivalente. Elle s'auto-accroît en suivant sa propre logique. Elle piétine la démocratie. Elle épuise les ressources naturelles. Elle uniformise les civilisations. Elle a des effets imprévisibles. Elle rend l'avenir impensable. Grâce à l'informatique, la Technique a changé de nature : elle forme, à l'intérieur de la société, un « système technicien ». L'informatique, en unifiant tous les sous-systèmes (téléphonique, aérien, de production et distribution d'énergie, etc.) lui a permis de devenir un tout organisé, lequel vit à l'intérieur de la société, le modèle, l'utilise, la transforme. Mais ce système, qui s'auto-engendre, est aveugle. Il ne sait pas où il va. Et il ne corrige pas ses propres erreurs.





    Un livre indispensable pour qui ne veut pas penser en rond.

  • Cet ouvrage porte sur l'expérience de l'hôpital psychiatrique du point de vue de ses soignants, en particulier infirmiers. Leur travail en première ligne face aux patients, auprès desquels ils représentent l'institution, constitue un observatoire pertinent des transformations de l'hôpital gestionnaire.

    À partir d'une enquête de terrain fournie de plus d'une année au sein de deux services de psychiatrie hospitalière, cet ouvrage ouvre les portes de l'hôpital psychiatrique public et suit le travail des équipes infirmières. Les scènes de la vie quotidienne ancrent le propos dans l'ordinaire des soins et des relations avec les patients atteints de troubles psychiques. Elles invitent le lecteur à réfléchir au renouveau de la violence de l'institution psychiatrique. Dans ce récit ethnographique, l'auteur décrit les tours de mains des soignants et met en lumière la manière dont ils peuvent poursuivre leur mission dans un contexte contraint en négociant des marges de manoeuvre pour résister à la violence gestionnaire.

  • Cet ouvrage répond à une nécessité contemporaine : à la dominance techno-scientiste de la médecine et au dogmatisme de nombre d'Écoles de psychanalyse, l'auteur oppose la subversion de la clinique psychanalytique.
    Jean-Richard Freymann reprend tous les tableaux cliniques à l'aune de la conflictualité du discours, pour essayer de rendre compte des enseignements de la pratique. En suivant l'ancienne nosographie, il saisit l'occasion d'un débat avec la psychiatrie d'aujourd'hui pour interroger les limites de nos classifications et ce qu'elles peuvent avoir de précaire.

    Chaque chapitre est organisé autour d'une question à partir de laquelle il revient aux fondamentaux en s'appuyant sur la clinique contemporaine. Il s'interroge sur la place de l'inconscient freudien aujourd'hui, malmenée par le discours dominant des DSM, et les conséquences que cela provoque méthodologiquement, culturellement, et dans la formation des nouveaux « cliniciens ».

  • Défendant des causes et vérités sans faille, les fanatismes religieux, idéologiques ou politiques font aujourd'hui retour en donnant lieu à de nouveaux types d'extrémismes. Dans leurs formes radicales, ils reposent sur des croyances et des idéaux instrumentalisés, au nom desquels des actes de violence sont parfois commis ? comme en témoigne leur dramatique récurrence ces dernières années.

    Cette montée en puissance des fanatismes nécessite d'être examinée dans ses conditions d'émergence et de diffusion (sociale et politique), dans ses soubassements et ressorts subjectifs ainsi que dans ses incidences sociopolitiques et psychopathologiques.

    Les auteurs s'attachent à transmettre des repères conceptuels, éthiques et cliniques de la radicalisation pour penser ses modes de prévention et de traitement en institutions. Ils montrent que les figures actuelles et variées de l'extrémisme sont à la fois la conséquence et la réponse à ce qui fait désormais malaise dans la civilisation.

    Publié avec le soutien, notamment, de l'équipe d'accueil 4050, laboratoire « Recherches en psychopathologie : nouveaux symptômes et lien social » de l'université Rennes 2 et de l'Agence universitaire de la francophonie (AUF).

  • En découvrant les journaux intimes de sa grand-mère, Anne plonge au coeur d'un mystérieux sanatorium à l'époque nazie. Un roman bouleversant où la petite histoire rejoint la grande.À la mort de sa grand-mère, Anne Südhausen hérite d'un mystérieux médaillon en argent et découvre, cachés sous le lit, une dizaine de cahiers d'écolier à la couverture noire. Un journal intime que sa grand-mère Charlotte a rédigé en 1943, lors de son séjour au Bois des Ombres.
    En lisant ces carnets, Anne découvre un pan de la vie de sa grand-mère dont elle ignorait tout. Quel était ce Bois des Ombres, cette mystérieuse clinique autrichienne, dans laquelle sa grand-mère a vécu pendant la Seconde Guerre mondiale ? Quelles expériences psychiatriques, menées par les nazis, abritait-elle ? Qui était vraiment son énigmatique directeur ?
    Alors qu'elle n'a qu'une hâte, avancer chaque jour un peu plus dans la lecture de ce journal, Anne se rend compte que deux des carnets ont disparu...
    Un roman bouleversant où présent et passé s'enlacent, et où la petite histoire rejoint la grande.

  • Dans la pratique du soin et de l'accompagnement, les acteurs sont régulièrement confrontés à la question de l'intimité qui interpelle autant les professionnels que les personnes soignées ou accompagnées. En effet, le respect de l'intimité ne saurait se limiter à la seule observation de règles de bonnes pratiques, de recommandations institutionnelles ou encore de principes déontologiques. Il relève d'un questionnement permanent soulevé par les tensions éthiques du quotidien : comment concilier le respect de la pudeur de ce patient et la réalisation de sa toilette intime ? Quel impératif de sécurité pourrait justifier la surveillance vidéo de la chambre de cette résidente ? Quelles sont les informations sur la vie de cette personne strictement nécessaires à son accompagnement ? Comment prendre en compte la vie sexuelle et affective de cet adolescent en situation de handicap ? Comment respecter les secrets et la vie privée de cette personne vulnérable à l'aube du développement du dossier médical partagé, de l'e-santé, de la télémédecine ?

    À l'initiative de l'Espace de réflexion éthique des Pays de la Loire (EREPL), cet ouvrage interdisciplinaire éclaire sans tabou les enjeux éthiques de l'intimité, toujours susceptible d'être menacée à l'hôpital ou en institution.

  • Le retour de russie

    Iegor Gran

    Docteur Day est directeur d'hôpital psychiatrique. Sa spécialité : les fous qui se prennent pour des personnalités historiques. Il a guéri un Attila, il tente de soigner une Jeanne d'Arc, un de Gaulle, un Freud. On vient de lui confier un Napoléon. Bizarrerie supplémentaire, ce Napoléon est une jeune femme, ce qui ne s'est jamais vu dans les annales de la psychiatrie napoléonienne. Pauline B. est un Napoléon plus vrai que l'original - hautaine dans son attitude impériale, électrisante par son sens du commandement et lucide quant à ses erreurs historiques passées. Se méfiant des médicaments, n'hésitant pas à appliquer des méthodes iconoclastes, le docteur se demande si la meilleure manière de le guérir n'est pas de l'emmener faire un voyage thérapeutique en Russie. Est-ce la fascinante personnalité de cette patiente hors norme qui a déteint petit-à-petit sur le docteur Day ? S'y ajoutent les récits d'incroyables trésors pillés à Moscou en 1812. Il suffirait d'aller retrouver quelques caisses d'or pour faire la fortune de l'hôpital en proie à de bien pénibles contraintes budgétaires. Alors ils finissent par y aller, en Russie, où rien ne se passe comme prévu, bien entendu, car ce pays est un endroit maudit pour tous les Napoléon du monde. Gambadant dans un gothique effrayant dont seule la Russie a le secret, ce roman nous embarque dans une épopée à la frontière du fantastique et de la folie. Entre sorcières et bandits, ivrognes et simples d'esprit, charognards et chasseurs de trésors, entre morts vivants et vivants morts, le chemin pour retrouver la douce France est porté par le souffle exaltant de l'aventure.

  • Inventée vers 1900, la schizophrénie est devenue en cent ans la plus grande pourvoyeuse d'hospitalisations psychiatriques, la source de nombreux faits divers, une figure dominante de la culture cinématographique, un objet désormais récurrent d'intérêt médiatique.
    L'historien, Hervé Guillemain s'est plongé dans les dossiers de milliers de patients. Écrire l'histoire du point de vue des cliniciens n'aurait apporté rien de neuf. La schizophrénie, cette maladie du siècle, a déjà une histoire. C'est bien celle des schizophrènes et de leur prise en charge médicale, politique et sociale qu'il convenait d'écrire avant que cette appellation, considérée par de nombreux médecins comme fragile, inopérante et stigmatisante, disparaisse des classifications mondiales.
    Il en ressort que l'un des premiers buts de cette " nouvelle maladie ", née sur les beaux restes de la mélancolie, fut de prévenir l'essor des psychoses juvéniles. Plus généralement, ce sont aussi bien des domestiques en difficulté, des migrants confrontés à la crise que des jeunes adultes aspirant à l'émancipation qui formèrent, sous l'égide de la science et de la pratique médicale, un nouveau sous-ensemble de population reconnaissable à ses postures, ses gestes, la résistance aux thérapies et son inadaptation au nouveau modèle sélectionniste scolaire, militaire ou professionnel.
    Il en ressort aussi que des années 1900 aux années 1970 ces sujets considérés comme incurables ont été soumis à une double peine : la représentation socialement négative accolée à leur souffrance s'est doublée d'une intensification de leur traitement et d'une dégradation alarmante de leurs conditions de vie.
    Pourquoi et comment une nouvelle maladie mentale naît-elle, évolue-t-elle, meurt-elle ? C'est à cette question qu'Hervé Guillemain répond en écoutant la voix de ceux qui furent à la fois les sujets et l'objet d'un épisode phénoménal.

  • Douze rencontres comme autant de nouvelles qui mettent en scène patients et soignants dans lieux de soins dits intermédiaires, groupes d'accueil, communautés thérapeutiques et centre de crise, créés à Villeurbanne par l'association Santé mentale et communautés.

    C'est parce qu'il s'engage en personne, avec sa créativité, sa spontanéité, mais aussi une réflexion sur soi-même, qu'un soignant en psychiatrie peut espérer soigner, c'est-à-dire accueillir et accompagner une souffrance psychique pour aider à l'élaborer et à l'atténuer, parfois à la surmonter. C'est parce qu'il voit dans celui qu'il rencontre le sujet de son histoire et non l'item substituable d'une population, qu'il peut espérer construire une relation d'aide. Cet ouvrage en est l'illustration littéraire, en même temps qu'un travail d'analyse approfondie de l'essence du soin psychique.

  • « Quand Marie comprit que son cancer ne lui laissait aucune chance, elle me dit qu´elle avait un dernier combat à mener : raconter son parcours afin qu´un jour une loi, en France, permette aux gens qui se trouvaient dans son cas de choisir leur mort. Elle entendait dénoncer certaines scandaleuses pratiques hospitalières et thérapeutiques, ainsi que l'inertie du gouvernement vis-à-vis de l'euthanasie, alors que la majorité des Français est en faveur d´une mort douce et dans la dignité.

    Elle se mit àécrire de manière compulsive, dans l´urgence, car elle ne pensait pas disposer d´autant de temps. Elle se réveillait en pleine nuit pour écrire. Le matin, elle était exténuée. Pourtant, à aucun moment, elle n´a pensé arrêter d´écrire ce livre, qui sera une obsession jusqu´à la fin.

    Certains jours, elle était en pleurs. Je lui disais : "Laisse un peu tomber, Marie, allons nous promener tous les deux." Quelque part, ce récit nous a enlevé des heures si rares, si comptées...» Bertrand Deroubaix, après la disparition de sa femme, a ajoutéà ce livre quelques réflexions et un dernier chapitre, le seul que Marie ne pouvait écrire.

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