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    Fissuré

    Odéric Delachenal

    Odéric Delachenal a vécu en Haïti de 2008 à 2010. Il travaille pour la délégation catholique pour la coopération. Le 12 janvier 2010, à 16:53:10, il vit le grand séisme de Port-au-Prince. Cet après-midi-là, la capitale s'effondre avec lui. Alors, sans relâche, le jeune éducateur erre dans des décombres de fin du monde. Protéger, rassembler les enfants épars pour les mettre à l'abri. Courir la ville écrasée, en quête des siens. Soigner, secourir, fouiller les gravats, tirer des bâches sur les parkings-dortoirs. Il arpente la ville exsangue, à la recherche de ses amis, des enfants qu'il est « censé » protéger. Comment se détacher du pire quand, atteint au coeur, on est désemparé ? Comment continuer lorsqu'on rentre en France, « ce pays en paix », et qu'on s'immerge dans l'absurdité d'un travail social où on doit « trier » les enfants migrants auprès de la Protection de l'enfance ?
    L'auteur examine ici, avec une sincérité déchirante, les contradictions et les cicatrices de ceux qui rêvent d'aider, de changer le monde, et qui se rendent compte qu'ils sont à peine des minuscules pansements, hantés par la brutalité de leur insignifiance, de ce qu'ils ont vu et de ce qu'ils côtoient au quotidien. Comment refuser à ceux qui se noient quand ce sont les villes entières qui s'abîment... ? Dix ans après son expérience à Haïti, l'auteur lit Dany Laferrière et comprend qu'il y a des gens comme des maisons « qui sont profondément fissurés à l'intérieur et qui ne le savent pas encore... [ceux-ci] sont les plus inquiétants, le corps va continuer un moment, avant de tomber en morceaux un beau jour. Brutalement. Sans un cri ».
    Odéric Delachanel décide donc de témoigner, de mettre son cataclysme en mots avec une force narrative magistrale, de montrer l'envers du décor du costume du bon Samaritain, au nom des vivants comme des morts, au nom de ses amis haïtiens qui versaient tous les matins une goutte de café à terre pour tous ceux qui étaient partis.

  • À Port-au-Prince, la violence n'est jamais totale. Elle trouve son pendant dans une « douceur suraiguë », douceur qui submerge Francis, un journaliste français, un soir au Korosòl Resto-Bar, quand s'élève la voix cassée et profonde de la chanteuse, Brune.
    Le père de Brune, le juge Berthier, a été assassiné, coupable d'être resté intègre dans la ville où tout s'achète. À l'annonce de la mort de ce père qui lui a appris à « ne jamais souiller son regard », la raison de sa fille a manqué basculer. Six mois après cette disparition, tout son être refuse encore de consentir à la résignation.
    Son oncle Pierre n'a pas non plus renoncé à élucider ce crime toujours impuni. Après de longues années passées à l'étranger, où ses parents l'avaient envoyé très jeune - l'homosexualité n'était pas bien vue dans la petite bourgeoisie -, il vit reclus dans sa maison, heureux de rassembler ses amis autour de sa table les samedis.
    Aux côtés de Brune et de Pierre ; d'Ézéchiel, le poète prêt à tout pour échapper à son quartier misérable ; de Nerline, militante des droits des femmes ; de Waner, non-violent convaincu ; de Ronny l'Américain, chez lui en Haïti comme dans une seconde patrie, et de Francis, Yanick Lahens nous entraîne dans une intrigue haletante. Au rythme d'une écriture rapide, électrique, syncopée, comme nourrissant sa puissance des entrailles de la ville, elle dévoile peu à peu, avec une bouleversante tendresse, l'intimité de chacun. Tout en douceur, elle les accompagne vers l'inévitable déroute de leur condition d'êtres humains. Russell Banks l'affirme dans sa préface à l'édition américaine de Bain de lune : « Ce qui est indéniablement vrai des personnages de Lahens l'est indéniablement pour chacun d'entre nous. »

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    Dans ce 4 e tome de la saga maritime française des Aventures de Gilles Belmonte, on croise Toussaint Louverture à Saint-Domingue, Joséphine de Beauharnais et, bien sûr, le Consul en personne.
    Octobre 1801. Un vent nouveau souffle sur l'Europe. Vainqueur des armées coalisées, conquérant de l'Égypte, Napoléon Bonaparte peut enfin entreprendre son oeuvre de modernisation. La marine, comme les colonies, sources inépuisables de profits, sont l'objet de ses attentions. Car, à Saint-Domingue, un ancien esclave, devenu gouverneur autoproclamé, n'a de cesse de s'affranchir de sa tutelle. À Brest, mais aussi Lorient, Rochefort, Cadix et Toulon, une vaste expédition se prépare sous l'égide des meilleurs amiraux français. Gilles Belmonte, que sa paternité et son amour pour Camille hantent, est en permission à Bordeaux lorsqu'il reçoit l'ordre de rallier l'
    Égalité. Entre le soulèvement d'une population opprimée, un règlement de comptes vieux de dix ans et les menées de la Perfide Albion, notre héros aura fort à faire pour accomplir la mission que lui a confiée Latouche-Tréville.
    Comme dans les précédents opus, rebondissements et personnages hauts en couleur jalonnent cette épopée, portée par son ton fluide et sa précision historique.
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    Pour les Trois couleurs : mention de l'Académie de marine 2016 / prix Écume de mer 2018
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    Le Trésor des Américains : prix Marine Bravo Zulu 2018
    À propos des Aventures de Gilles Belmonte " Nous tenons notre Forester ! " (Patrick Poivre d'Arvor - Vive les livres)
    " On ouvre les livres de Fabien Clauw comme on prend une place de cinéma. " (Sud-Ouest Dimanche)
    " Pour les lecteurs que son style absorbe littéralement, au point de les intégrer à l'équipage, l'expérience est toujours aussi vivifiante et impressionnante. À découvrir absolument ! (La Provence)
    " De l'aventure ! Et de la pêchue, excitante et exotique ! " (L'Express)

  • J'étais " imbibée " de littérature haïtienne quand je suis arrivée sur l'île la première fois. À Port-au-Prince, j'ai comme tout " re-connu ". Au gré des séjours, entre 2007 et 2014, j'ai observé, appris, senti, vécu des choses an pil (beaucoup) et qui se sont empilées. J'écris ici en passeuse impliquée pour ceux qui n'imaginent pas les richesses de cette ville, et peut-être aussi pour ce que nous (Occidentaux, pour résumer) avons oublié en terme d'humanité. J'écris pour saluer le courage, la dignité et cet art de s'élever au-dessus du bourbier quotidien en ayant recours à une pléiade de petits et grands dieux dont celui de la création me touche le plus directement. Ce livre associe des scènes données, des rencontres, des parcours. Je regarde Port-au-Prince, et parmi les fenêtres qui se sont ouvertes à moi: la quête de repères dans une ville meurtrie par le séisme; un passage saisissant au " club des jeunes du monde " de Carrefour via Gary Victor; un échange sur la condition homosexuelle dans la capitale avec le vidéaste Maksaens Denis; un portrait de la grande dame de la danse haïtienne, Viviane Gauthier,97 ans; une visite chez l'homme-cri, Frankétienne; des conversations avec les sculpteurs de la grand-rue; une incursion dans le monde paysan à travers les yeux de Yanick Lahens et Emmelie Prophète; le tour de la chambre de travail de Makenzy Orcel et des ateliers d'écriture de Lyonel Trouillot; la poésie chantée, de Georges Castera à James Noël; le théâtre courant les rues; les heures passées autour des tables où l'on refait le monde, un oeil sur les cafés-bordels où tant d'écrivains ont trouvé leurs muses... Chérir Port-au-Prince, avec un appel constant à lire les auteurs haïtiens, s'inscrit dans la vision d'un monde qui se mondialise aussi par la circulation des imaginaires: quel que soit le lieu, je m'attache à éclairer les visages et les enjeux de la création dans un paysage où la beauté a comme partout droit de cité.

  • L'ouvrage propose une réflexion critique à la fois sur la géographie et sur la région caribéenne comme elle a trop souvent été enseignée et décrite. Pour ce faire, cet espace est appréhendé à la fois dans sa globalité et dans le détail, au travers de nombreuses études de terrain menées par l'auteur durant les dix dernières années (Suriname, Haïti, Cuba, etc.). Le géographe Romain Cruse rejette ici d'emblée le mythe de la neutralité en sciences humaines, qui amène trop de chercheurs à décrire le monde qu'ils étudient du point de vue des classes moyennes occidentales. Fort des années passées dans les quartiers pauvres et les villages de pêcheurs de Trinidad, de la Dominique ou encore de la Jamaïque, il choisit volontairement d'adopter le regard des classes populaires caribéennes - regard à la fois inspiré des observations sur le terrain et fondé sur un travail de recherche minutieux dans les bibliothèques universitaires de la région. La Caraïbe ainsi décrite n'est donc ni un éden touristique, ni un modèle de libre-échange, ni une région de forte croissance économique. On découvre plutôt des sociétés profondément divisées selon des clivages ethniques et sociaux hérités du colonialisme, des bidonvilles abandonnés derrière des décors de carte postale, la manipulation des masses par les élites locales et les investisseurs étrangers, et un regard différent sur la condition caribéenne contemporaine. Une condition qui se nourrit d'un environnement particulier, d'une histoire singulière et de traits démographiques propres tels que la créolisation et le pluralisme.

  • Corps mêlés

    Marvin Victor

    « Depuis l'arrivée de Simon Madère à Port-au-Prince, trois ans après moi, à la fin des années 70, je n'avais eu d'autres nouvelles de lui que de simples bribes d'informations rapportées par des jeunes du village venus eux aussi à la capitale se casser les dents. »
    Ayant enfin retrouvé Simon, l'homme qu'elle a longtemps cherché dans le chaos de la capitale haïtienne, Ursula Fanon lui raconte - ou rêve qu'elle lui raconte - ce qu'ont été les années de sa vie loin de lui. Son récit, emporté par une violence lyrique, peint la beauté d'un monde qui n'en finit pas de renaître de ses décombres.


  • Vingt ans de la vie de Marilisse, l'appétissante cuisinière de Me Casséus Théramène, devenue blanchisseuse après son plaçage avec Joseph le cymbalier. Vingt années de labeur marquées par le départ du volage Joseph, et la résolution de Marilisse de donner malgré tout à sa fille Cléore l'éducation qui lui a fait a défaut. Hélas, Cléore épousera Philo, aussi paresseux que Joseph était coureur. Et c'est Marilisse, jeune grand-mère qui devra subvenir aux besoins du ménage.

  • « Fred Baptiste leur avait écrit quelques mois plus tôt pour "réunir en un seul bloc révolutionnaire toutes les forces vives de l'exil". "Il n'y a point de liberté sans révolution, affirmait-il. Il faut du sang pour améliorer le monde. Haïti peut et doit survivre, mais le gouvernement dictatorial duvaliériste ne peut et ne doit survivre en Haïti." Le sous-groupe armé de Jeune Haïti ouvrirait un second front dans la Grande-Anse afin de créer une brèche et de prêter main-forte à celui de Fred et de Rennel. De cette façon, ils feraient croire à une attaque multiple et forceraient le régime à déployer les ressources militaires du pays à deux endroits à la fois.
    *
    Vers la fin du mois de juillet, Jeune Haïti rassembla les treize volontaires pour la prochaine expédition. Répondant à l'appel, Henri suspendit ses activités en cours pour partir rejoindre ses amis volontaires en Floride sans rien dire à son oncle Gaston et à sa tante Marie-Rose et sans avertir l'Université. Il rangea soigneusement sa chambre et profita d'une sortie de ses hôtes pour filer à l'Anglaise. »

    Inspirée d'une histoire vraie, cette courageuse et téméraire aventure de treize jeunes Haïtiens qui tentèrent, au cours de l'été 1964, de renverser le régime dictatorial de Papa Doc est enfin tirée de l'oubli par Gabriel Osson, qui avait déjà signé un poignant récit sur la domesticité des enfants à Haïti, Hubert, le restavèk (David, 2017).

  • Léo adore l'Oloffson. Il existe ici toute la magie des Caraïbes. L'hôtel respire le vaudou. Quasiment invisible de la route, voilà qu'il vous saute au visage quand vous pénétrez dans sa cour intérieure. Subitement, vous n'êtes plus dans ce Port-au-Prince envahi par la circulation, la pollution et le bruit. Vous vous retrouvez au-delà de ce monde, dans un autre temps que rien ne semble perturber. Le tremblement de terre n'a eu aucun effet ici. L'Oloffson a survécu. Le bois donne à l'hôtel une chaleur et un charme peu commun où chacun de vos pas réveille le parquet patiné par les années comme si l'on marchait sur les traces de fantômes oubliés. Graham Green et James Jones se recueillaient souvent à cet endroit et il est aisé à Léo de les imaginer rédigeant une infime partie de leur oeuvre. Bien plus tard, au début des années quatre-vingt, le monde du show-business s'appropria le site. Mick Jagger s'y réfugiait entre deux tournées ou entre deux albums. Jackie Onassis aimait y déguster un rhum-sour sur la terrasse de la suite numéro 11, la plus prestigieuse. L'Oloffson sera certainement l'endroit qu'il regrettera le plus en Haïti. Il a adoré Pignon et la tranquillité du village pourtant touché par l'épidémie de choléra. Il a aimé son aventure avec Sylvie. Mais à lui seul, l'hôtel dégage toute la couleur des Caraïbes. Il vous imprègne de son règne séculaire jusqu'au plus profond de votre âme. Léo ne parvient pas à exprimer son ressenti vis-à-vis de ce lieu magique. Parfois, les mots ne suffisent pas à décrire l'indescriptible état des choses. Certains expatriés n'y perçoivent ici que les vestiges d'une époque révolue. Ils préfèrent de loin le luxe plus moderne de l'hôtel Ibolélé perché au plus haut des collines de la ville. Rien que pour le panorama, l'Ibolélé vaut le détour. Mais s'y attarder, Léo n'en comprend pas l'intérêt. C'est à l'Oloffson qu'il parvient à oublier ces tracas de la semaine. Il sait qu'à l'avenir, c'est de l'Oloffson qu'il gardera les meilleurs souvenirs de Port-au-Prince. En dehors du fait que c'est ici qu'il a tenu pour la première fois Lucie dans ses bras, l'hôtel a surtout agi comme un sanctuaire lui apportant calme et sérénité dans le tumulte de sa mission.


  • L'hiver approche. Après six mois passés en région parisienne, Sylvie, rapatriée sanitaire, n'a qu'une hâte : retourner en Haïti. Enock Dupernier, abandonné par sa fille dans une maison de retraite du Jura, à deux pas du Fort de Joux où mourut Toussaint Louverture, nourrit le même espoir. Au pied des Pyrénées, l'étudiant Aldrin, qui recueille les souvenir d'un vieil écrivain, finit par comprendre que sa place est au pays natal. Tous les trois se retrouveront à Saint Jacques où l'on découvrira quels liens les unissent. Pour leur malheur ou bonheur, ils y croiseront Cacadiable, Dos Corossol, Ti Louloune et le redoutable Toni « blanc-manant ».


  • Dans ce récit, que d'aucuns rattachent au genre littéraire de l'audience, Louis-Joseph Janvier brosse, de manière volontairement partisane, un panorama de l'histoire d'Haïti de l'Indépendance à la Présidence de Lysius Salomon. En donnant la parole à Joseph Louis Bon Dos, un Piquet, c'est-à-dire un de ces paysans insoumis et prompts à la révolte du Sud de l'île, il fait entendre la voix des paysans sans terre en butte, génération après génération, à la politique d'exploitation et de manipulation menée par les classes dirigeantes.

  • En 1902, écarté momentanément de la vie publique, Marcelin, de son exil parisien, évoque la mémoire de quelques-unes de figures illustres de la vie politique haïtienne de la fin du XIXe et les relations qu'il entretenait avec elles. De D. Delorme à F. Manigat, en passant par Brice, Monplaisir, les insurgés de Miragoâne ou S. Rameau, qu'ils soient libéraux ou nationaux - comme lui -, il les dépeint sans passion partisane. Ces portraits sont aussi l'occasion pour Marcelin de dénoncer l'arbitraire et le militarisme qui gangrenaient la société de son temps.

  • Haïti, première décennie du troisième millénaire.
    Célestina, femme pilier de son quartier populaire, en pince un peu pour son employé et locataire, Charlemagne Exumé. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que le jeune informaticien a reçu bien malgré lui des pouvoirs étranges dont il ne sait que faire. Certes, il y a du travail pour un super-héros tropical : manigances du président Messidor : manigances du président Messidor, réussite grimpante du caïd Nickelson... mais la tâche est-elle si simple ?
    Ne vaut-il pas mieux se contenter de regarder papillonner dans l'entourage de sa patronne les nombreuses fleurs du quartier, de petite et de grande vertu, Louzie, Dorothy et surtout Mamoune, la belle conquérante ?


  • Tristylya, fille unique élevée par sa mère et qui appartient à la petite bourgeoisie de Port-au-Prince, n'est pas sans rappeler Zulma, la malheureuse fiancée d'Épaminondas Labasterre. Elle partage son temps entre l'atelier de couture de Mme Céleste Bonaventure, l'église de Sainte-Anne - où officie l'abbé Poncho - et la maison familiale. Elle mène une existence paisible, égayée par les impertinences de son amie Désinette, jusqu'à ce que le jeune Alcibiade Scipion, de retour de Paris la tête farcie de « science sociale », jette sur elle son dévolu.

  • RCMP sergeant Ray Robertson is serving with the United Nations in Haiti, a land of brilliant color and vibrant life, Vodou and vast above-ground cemeteries. Ray's job is to train the local police and assist investigations. One call comes in from the home of a wealthy American businessman. The man came home to find his beautiful, young Haitian wife floating face down in the swimming pool. The American embassy and the Haitian police immediately arrest the gardener, and the case is closed. But Ray isn't so sure, and he keeps digging. Until one night he finds himself in a Vodou-saturated cemetery, surrounded by above-ground tombs and elaborate statuary, confronting a killer with nothing left to lose.
    This is the second in a series featuring RCMP sergeant Ray Robertson on his various postings overseas.

  • À douze ans, Zoune, la chétive et crasseuse fille de Ticoq et de Sor Poum, quitte son Pays Pourri natal pour aller vivre chez sa marraine, Mme Boyote, commerçante à Port-au-Prince. La petite paysanne ne tardera pas à se transformer en affriolante jeune fille et à tourner la tête de tous les mâles du Bord-de-Mer, au premier rang desquels le Colonel Cadet Jacques, amant en titre de Mme Boyote. Et c'est après lui avoir résisté vaillamment que Zoune sera injustement chassée de chez sa marraine.



  • Roumain trace dans ce récit un portrait sans concession de la bourgeoisie port-au-princienne du début des années 30, à l'époque de l'Occupation américaine.

  • Éliezer Pitite-Caille est le « héros » de cette audience. Le mari de Velléda, la tireuse de cartes, est un homme d'affaire madré qui paiera au prix fort ses ambitions politiques. À sa mort, ses deux enfants dilapideront l'héritage familial et Velléda sera contrainte de devenir une des maîtresses du Général Pheuil Lamboy.
    Le succès du roman tient tout autant à la description comique des moeurs politiques haïtiennes qu'à l'habileté linguistique de l'auteur. Ce dernier passe avec le plus grand naturel du français au créole, mélangeant les deux langues, les incorporant l'un à l'autre . Et c'est dans la bouche de l'agent électoral Boutenègre que ce créole francisé - ou ce français créolisé - prend toute sa saveur.
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  • Par le biais du journal de Me Lambert-Trévier, Fernand Hibbert porte un regard sans concession sur la bourgeoisie haïtienne des années 1900.

  • La passion qu'il éprouva pour Mme Daltona bouleversa la vie du sénateur port-au-princien Rénélus Rorrotte. Il n'hésita pas à la suivre à Paris où, à défaut d'amour, il finit par trouver une forme de sagesse.

  • Mme Thazar et ses enfants, de retour à Port-au-Prince après un long séjour à Paris, entendent bien continuer à vivre sur un grand pied. Hélas, pendant leur absence, les affaires de M. Thazar ont périclité. Si, désormais, la famille veut tenir son rang, il importe que la jeune et séduisante Cilotte fasse un bon mariage.

  • Edgar La Selve - Edgard Lasselves pour l'état civil - séjourna en Haïti de 1872 à 1875 et en ramena ce récit de voyage.

  • «Le bateau quitte lentement le quai de Jérémie. J'ai le coeur qui débat, gros dans ma poitrine. Les larmes roulent sur mes joues. La taille de ma mère s'amenuise de plus en plus, pour ne plus devenir qu'un petit point à l'horizon. Je reste là à l'arrière du bateau fixant ce point jusqu'à ce qu'il disparaisse tout à fait de mon champ de vision. Je suis en route pour une nouvelle aventure dont je rêve depuis des mois, mais je suis tout de même angoissé devant l'inconnu.
    Après une nuit mouvementée en mer, je suis arrivé à Port-au-Prince en provenance de ma ville natale, une petite ville du sud. Le quai de débarquement, où je me trouve, si on peut l'appeler ainsi, est juste à côté du marché de charbon qui, sans le savoir, allait changer ma vie.
    L'histoire qui suit est la mienne et pourrait être celle de milliers de jeunes envoyés par leurs familles pour vivre avec un parent, qui un oncle, une tante, une marraine dans la capitale ou pour être placés comme dans mon cas dans une famille, comme garçon à tout faire ou comme on nous appelle ici : un restavèk (reste avec).»

    Il existerait en Haïti près de 400 000 restavèks. Ces enfants, victimes d'abus de toutes sortes, sont maintenus dans un état proche de l'esclavage. Haïtien émigré à Toronto, Gabriel Osson raconte ici l'histoire bouleversante de l'un d'eux.

  • Monsieur et Madame Labasterre baptisèrent leur fils Thémistocle Épaminondas avec l'espoir avec l'espoir qu'il deviendrait un orateur remarquable, digne un jour de siéger au Parlement. Son goût pour l'Histoire et les grands hommes, les succès rencontrés par ses premiers articles conbfirmèrent cette vocation politique, malgré les mises en garde du professeur Hodelin.

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