Langue française

  • Les essais

    Michel de Montaigne

    À bien des égards, Les Essais constituent l'oeuvre fondatrice des lettres françaises et de la pensée occidentale moderne, dont Montaigne est l'un des pères. Or rares sont ceux qui, en France, peuvent vraiment lire Montaigne, hormis les spécialistes, à cause des difficultés du moyen français. Une nouvelle édition des Essais s'imposait, non pas " modernisée " et encore moins " traduite en français moderne ", mais rajeunie et rafraîchie, pour rendre enfin accessible l'oeuvre du plus contemporain de nos classiques, le seul qui sache allier savoureusement des réflexions sur l'amour, la politique, la religion, et des confidences plus intimes sur sa santé ou sa sexualité. L'objectif de cette monumentale entreprise conduite par Bernard Combeaud, avec le concours de Nina Mueggler, est d'offrir des Essais restaurés et revitalisés, à partir de l'édition de 1595, pour que chacun puisse s'entretenir commodément avec un écrivain aux idées foisonnantes, salué par Stefan Zweig comme " l'ancêtre, le protecteur et l'ami de chaque homme libre sur terre ". Les traductions du grec et du latin sont toutes originales, les notes ont été réduites au minimum. Seules la ponctuation, l'accentuation, l'orthographe ont été systématiquement modernisées dans le souci constant de préserver la saveur originelle d'une langue si singulière, de préserver les images, les jeux de mots, les idiotismes gascons ou latinisants propres au style de Montaigne. Dans une longue préface inédite et percutante, Michel Onfray désigne l'auteur des Essais comme l'un de ses maîtres à penser et à vivre. Il explique " pourquoi et comment il faut lire et relire Montaigne ", philosophe qui apprend à " savoir jouir loyalement de son être ".

  • Venus se réfugier en un lieu perdu, quatre jeunes gens entrent bien malgré eux dans le plus pervers, dans le plus diabolique et dangereux des jeux...
    Alors commence un huis-clos terrifiant, durant lequel chaque personnage, tour à tour, va connaître l'impatience, le désir, la terreur, la violence, la haine et l'amour.
    Mais est-ce vraiment le hasard qui les a guidés jusque-là ? Et si tout cela, au contraire, avait un but ?
    Jean-Louis Marteil nous offre ici un conte très noir, à la fois fantastique, historique et philosophique.

  • On parle bien d'éducation sentimentale ; pourquoi ne parlerait-on, au même sens, d'éducation philosophique ? L'esprit, non moins que le coeur, a son apprentissage, ses passions, ses égarements ou ses fidélités.
    L'esprit, c'est la mémoire. Non que penser soit se souvenir, comme le voulait Platon ; mais parce qu'une pensée oublieuse, comme est la science, est une pensée sans esprit ou sans âme.
    Ces quelques textes, divers quant à leur objet, ont en commun ce souci d'un passé : celui de l'auteur, celui des traditions qui l'inspirent, celui des maîtres qui l'ont formé ou qui le guident... L'esprit n'est pas une chose, c'est une histoire, et fidélité à cette histoire. Pour les individus comme pour les peuples, le passé de l'esprit, c'est l'esprit même.
    « Cela fait beaucoup de passé, dira-t-on, pour un homme jeune, et beaucoup d'esprit pour un matérialiste... » Mais c'est quand on est jeune qu'il faut cultiver la fidélité ; et quand on est matérialiste qu'il faut sauver l'esprit.
    C'est à peu près ce que ce livre raconte ou essaie d'expliquer.

  • En partant d'un presque témoignage comme c'est le cas des nouvelles « Les écorces d'orange » et « Touchez pas ! » jusqu'à la fiction de « Rêve de chien. Rêve d'homme », ce recueil de nouvelles montre que les thèmes d'inspiration des écrits de Cornelia Petrescu sont très divers. Considérée par l'auteur la plus réussie parmi les cinq nouvelles du recueil et choisie comme titre du livre, « Les écorces d'orange » est aussi la plus dramatique. À travers le langage simple d'une paysanne moldave, l'atrocité d'un système qui anéantit l'être humain a la force d'un vrai et triste vécu. Quant à la fiction de « Rêve de chien. Rêve d'homme », inspirée de l'article « Ceausescu, connais pas » (Jean Kehayan, La vie/1986), c'est un hommage à la mémoire des jeunes compatriotes de l'auteur qui ont donné leur vie pour la liberté. Le fantastique et la métaphysique brodés autour d'un noyau réel sont l'apanage des nouvelles « Le parfum de frésia » et « Hypérion ». Est-ce par ces deux nouvelles que l'auteur n'essaie pas d'approcher les traces creusées par son illustre prédécesseur Mircea Eliade ? En changeant le paysage moldave en paysage savoyard, la nouvelle « Touchez pas ! » utilise elle aussi le langage paysan mais cette fois il s'agit de patois dauphinois ! Bien que le contenu de cette nouvelle semble aussi dramatique, la fin est couronnée d'espoir ce qui laisse une empreinte optimiste sur la dernière page du recueil.

  • Le thème de ce volume d'hommage a été choisi en fonction des ravaux et des convictions de l'éminent dix-huitièmiste à qui il est offert. Les collaborateurs de cet hommage sont tous des collègues et amis, des quatre coins du monde, signe du cosmopolitisme de l'époque des Lumières comme de celui de Roland DesnéEtre matérialiste ? Ce recueil de 21 études consacrées à 14 écrivains et 1 peintre, est autant une interrogation qu'un constat, une tentative de cerner de plus près l'un des fondements de la pensée des Lumières. Diderot est en première ligne ainsi que des auteurs attendus : Helvétius, La Mettrie, Sade, d'aures moins connus, Casanova, d'autres peu étudiés, Boureau-Deslandes ou le Hongrois Gyorgy Bessenyei.On peut s'attendre à ce que l'écrit "matérialiste"' engendre dans son sillage ou en contrepoint les grandes questions métaphysiques et épistémologiques. On les retrouve un peu partout dans ce volume. Mais le rayonnement de la notion centrale ne manque pas de soulever en même temps des questions d'esthétique et de morale, sans oublier la traditionnelle interrogation sur la nature du bonheur "matérialiste".

  • Depuis des dizaines d'années, la ville pose un problème central dans l'organisation de nos sociétés. Regroupant un pourcentage important de la population, elles sont devenues le mode principal d'occupation de l'espace apportant avec elles leurs paradoxes et leurs faiblesses. La banlieue est l'une d'elles. Cet espace particulier s'est peu à peu transformé en un problème crucial pour les responsables politiques et sociaux. Un problème qui a justifié la mise en place de différents plans d'action, de politiques locales ou de grande envergure, sans que cette impression de « ville à deux vitesses » ne soit effacée. C'est pourquoi aujourd'hui David Leyval a décidé de consacrer une étude à cette forme urbaine, à la fois sociale et spatiale. Son organisation, son utilité, les attentes auxquelles elle répond bien sûr, mais aussi l'avenir que lui prêtent tous ceux qui s'engagent à repenser l'espace urbain. Architectes, philosophes, sociologues débattent, aujourd'hui, de l'orientation qu'il faut donner à la banlieue pour qu'enfin elle ne soit plus un « non-lieu » synonyme de chaos social. Car l'enjeu est peut-être aujourd'hui de penser la ville différemment, avant d'agir, pour que ce mal des banlieues, qui explose de façon chronique, soit la base d'une nouvelle réflexion sur le développement urbain.

  • « Les êtres vivants, végétaux compris, sont des prédateurs, dans le sens large de ce terme, et c'est en tant que tels qu'ils affirment leur soi, c'est-à-dire leur mode d'existence. D'où cet aphorisme nietzschéen abrupt de franchise : L'instinct de propriété - prolongement de l'instinct de nutrition et de chasse. L'instinct de la connaissance lui-même est une forme supérieure de l'instinct de propriété. Ces processus d'appropriation ne se résument pas simplement à des actes de capture, mais se prolongent par l'assimilation, en d'autres mots par le développement du soi, de son importance, de sa place dans le monde, de sa vitalité, de son rang. Loin de concevoir, comme on le fait si souvent, en particulier depuis Darwin, ces phénomènes en termes unilatéraux d'adaptation des organismes au milieu, je mettrai ici l'accent sur la tendance des êtres vivants à adapter le réel à leurs besoins et à leurs désirs : c'est en ce sens que toute existence est passion de vivre. » Nouvel essai signé R. Misslin, « Le Comportement d'affirmation de soi », en s'appuyant toujours sur cette fertile comparaison entre moeurs humaines et animales, bouscule nombre d'idées reçues, voire certaines thèses. Tendant encore une fois vers la philosophie, ce texte nous incite ainsi à reconsidérer catégories et concepts (l'actif et le passif, l'adaptation et l'évolution...), à repenser notre rapport à notre environnement et à la vie. Nourri par une érudition étonnante et passionnée, ce texte catalyse connaissances et réflexions qui projettent une lumière nouvelle sur l'existence, le vivre ensemble, la civilisation...

  • « Il était une fois un passé, un présent et un avenir qui tenaient à se rencontrer absolument. Mais le passé passait toujours... Mais le présent demeurait toujours... Et l'avenir courait devant le passé et le présent, qui ne pouvaient jamais le rattraper. Le passé ne pouvait pas bouger, et dès qu'il faisait mine de vouloir le faire, il reculait... Quant au présent, il ne pouvait bouger que dans le périmètre de son actualité et il se regardait toujours lui-même. L'avenir, lui, avait des ailes avec des milliers d'idées fixées dessus, et il volait toujours, inatteignable. Je les croisais souvent dans ma propre vie, mais l'un après l'autre, forcément, et ils me confiaient leur souci de ne pas pouvoir se parler. » Théâtre et contes, fables et nouvelles, récits et poèmes... protéiforme, le recueil de L. Monnerot. Mais ce sont encore des tensions philosophiques, autobiographiques, oniriques qui caractérisent cette oeuvre résolument hétérogène et kaléidoscopique. Placées donc sous le signe du divers, du bigarré, de la métamorphose et de la réinvention, ces nouvelles n'en demeurent pas moins portées de part en part par un profond amour de la littérature et de l'écriture que nous communique celle qui, après sa « Roue du Tarolié », accroche une nouvelle corde à son arc.

  • Ces nouvelles mi-fantastiques mi-philosophiques, oscillent entre rêve et réalité, mélancolie et sourire, certitude et doute. Qui sommes nous réellement ? Hommes ou marionnettes ? Que faire lorsque la vérité ment, lorsque les valeurs refuges s'évaporent ? Les personnages ôtent les masques du carnaval de la vie et apparaissent tels les candides de Voltaire, luttant contre le destin. Ils tâtonnent, trébuchent, se relèvent encore et encore dans le but, vain peut-être, d'effleurer le fil d'Ariane qui les conduira hors du labyrinthe. Leur constante volonté serait d'émerger, libres, délivrés de la caverne semi-obscure de Platon. Personnages globalement à la recherche de repères au coeur d'une réalité transformée.
    Ainsi, Vous verrez que le monde peut être un dé à coudre. Sur un sommet, vous ferez la rencontre d'un homme étrangement familier. L'invitation est belle : Peignez vos rêves. Volez quelques heures au temps qui passe en ouvrant, par hasard, quelques Boîtes parfumées de souvenirs. Des choix s'offrent à votre âme : voyagez vers le Vide, suivez l'Itinéraire d'un fantôme contrarié regrettant bien des choses, ou laissez Quentin Vallon vous guider vers le Jardin aux roses. Fleurs abritant davantage que de simples épines. Quoi qu'il en soit, prenez garde de contourner les pièges, ayez la présence d'esprit d'éviter les Flaques. Les conséquences seraient fatales. Mais n'ayez crainte, vous aurez toujours la possibilité de Relancer, changer le cours des événements si le Chemin ne vous plaît pas. Les Points communs trouvés, il faudra vous préparer pour le Grand départ.
    Méfiez-vous, toutefois, d'un Visage un peu trop pâle ou de ce Visiteur dont les pas sur la neige disparaissent au moindre coup de vent. Découvrez l'improbable histoire des Tsantzas d'Amérique du Sud ou laissez-vous bercer par l'inquiétant refrain de la Machine mélancolique qui ne « comprend pas ». Si vous êtes perdu, suivez la trace du Morceau de route qui vous mènera jusqu'au Palais de verre. Puis, reposez-vous un peu, le temps d'écouter l'enchanteresse mélodie de la Boîte à musique. Quelques passants, peut-être, à la frontière entre ce qui demeure et ce qui 'existe plus, vous souhaiteront une Bonne journée ! Il vous sera proposé d'acheter un ticket, pour frissonner devant un Spectacle de marionnettes, ou de gravir les marches du manège de la vie. Enfin, il sera temps de quitter le Guetteur d'étoiles rencontré au hasard car après la Fête, plus rien ne subsiste, tout disparaît. Vous rejoindrez alors votre vie quotidienne comme si jamais vous ne l'aviez quittée. À moins que...

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