• Peu de livres ont eu une importance historique aussi grande, et une postérité aussi variée, que ces « Réflexions », présentées ici dans une traduction nouvelle. OEuvre de circonstance, elle est très vite au centre des polémiques de l'époque révolutionnaire et, au-delà, elle inspire toutes les grandes critiques de la philosophie du XVIIe siècle : du conservatisme anglais au romantisme allemand et au traditionalisme des contre-révolutionnaires français. Libéral anglais, que tout semblait disposer à accueillir favorablement la Révolution, Burke, dès novembre 1790, prévoit, comme des conséquences inéluctables, la déposition du roi sinon son exécution, et la dictature militaire. La Terreur et la guerre ne feront que confirmer ses premières analyses, comme le montrent, avec une superbe éloquence, les textes qu'il consacra ensuite, jusqu'à sa mort en 1797, aux événements de France, et dont un choix abondant complète la présente édition. Traduction de Pierre Andler ; présentation de Philippe Raynaud ; annotation d'Alfred Fierro et de Georges Liébert. Edmund Burke (1729-1797), homme politique et philosophe anglais d'origine irlandaise, a longtemps été député à la Chambre des Communes comme membre du parti whig. Il est resté célèbre pour le soutien qu'il a apporté aux colonies d'Amérique du Nord lors de leur lutte pour l'indépendance, ainsi que pour sa ferme opposition à la Révolution française qui fit de lui l'un des chefs de file de la faction conservatrice au sein de son parti.

  • À quoi sert le journalisme en démocratie ? Que veut dire voir et faire voir le monde au présent ? Quel est le sens politique d'une telle activité ? Existe-t-il un journalisme « idéal », à l'aune duquel juger le journalisme « réel » ? Sur quelle base le critiquer, et pour lui indiquer quels chemins aujourd'hui ? Dans cet essai stimulant, le premier à soumettre le journalisme à un questionnement philosophique, Géraldine Muhlmann montre qu'une double tâche est assignée au journalisme : faire vivre du conflit et tisser du commun au sein de la communauté politique. C'est finalement l'énigme de la démocratie qu'elle explore : la coexistence de deux scènes, celle des actions et celle des représentations, la seconde offrant une issue symbolique aux conflits qui agitent la première. Une préface inédite met cet essai à l'épreuve des problèmes les plus aigus auxquels le journalisme est confronté aujourd'hui : le complotisme et les fake news ; la vitesse de l'information et son « séquençage » ; ou encore, le phénomène des « lanceurs d'alerte », dans ce qu'il a d'ancien et de nouveau.

  • Au coeur de la vie politique des hommes gît un trésor, toujours perdu, que les acteurs de la Révolution américaine avaient nommé « bonheur public », et ceux de la Révolution française « liberté publique ». En certaines circonstances, rares et précaires, ce trésor resurgit grâce à l'action politique menée de concert. Car avec elle se crée un espace public où la liberté peut paraître. Alors un lien se noue, qui rend possible qu'entre les hommes se déploie un monde commun. Tel est le « bien public ».
    En évoquant ce trésor perdu, Hannah Arendt nous invite à retrouver le sens instituant de l'action politique qui a le monde comme condition et comme fin. C'est dans la mesure où les actions sont politiques que le monde peut être partagé ; et dans la mesure où elles visent un monde commun que ces actions sont proprement politiques. Toute politique s'apprécie au regard du monde qu'elle est susceptible d'instaurer. N'est-ce pas pourtant à l'aliénation du monde que la politique moderne nous condamne au contraire ? Le trésor serait-il pour nous définitivement perdu ?

    Ce livre montre que, loin de proposer une philosophie politique parmi d'autres, la réflexion arendtienne inaugure une intelligence de l'action politique qui redonne sens au « vivere civile » depuis l'agir pluriel. À l'analyse minutieuse de ce qu'on peut nommer l'acosmisme du monde moderne, cette perte du monde éprouvée aussi bien dans le système totalitaire que dans la prétention technoscientifique de nos sociétés à maîtriser les conditions d'existence, il répond en exposant les vertus et les promesses de l'agir concerté.
    Étienne Tassin est professeur de philosophie politique à l'université Paris Diderot. Il a, entre autres, publié Un monde commun. Pour une cosmo-politique des conflits (2003) et Le maléfice de la vie à plusieurs. La politique est-elle vouée à l'échec ? (2012).

  • L'ouvrage se propose d'introduire à la philosophie de Spinoza à partir du rapport intrinsèque qu'elle entretient avec la politique. Après une mise en situation de Spinoza dans les conflits de son temps, ce qui éclaire les multiples dimensions de son projet intellectuel, les trois grandes oeuvres sont analysées. Les thèmes, tels le rapport entre raison et imagination, la démocratie, la religion... sont particulièrement étudiés.

  • Bien qu´il ait refusé le terme de son vivant, le marxisme est d´abord la pensée de Karl Marx, pensée d´une richesse proprement extraordinaire, et en constante évolution. Mais ce que le marxisme doit à Marx est indissociable de ce qu´il doit à Engels, le coauteur - entre autres - du Manifeste du Parti communiste, et l´éditeur posthume des volumes 2 et 3 du Capital. Après leur mort, leurs idées furent développées dans des directions très diverses par des penseurs et des courants politiques se réclamant de leur héritage. Elles inspirent encore aujourd´hui la plupart des contestations radicales de l´ordre capitaliste.
    En 100 entrées, cet ouvrage éclaire les principales notions du marxisme et rend compte de l´imbrication des enjeux et débats politiques, économiques et philosophiques au coeur de chacune d´entre elles.

  • Cet essai attire notre attention sur l´apparition, sur la scène artistique, littéraire et médiatique, de la figure mi-sublime mi-pathétique du bourreau gentilhomme, pris au piège des circonstances, sorte de meurtrier malgré lui. En effet, partant de l´idée que les auteurs de crimes de masse ne sont pas des monstres mais des « hommes ordinaires », nombre d´auteurs travaillent à faire d´eux des victimes (de leur nature humaine, trop humaine), mais aussi des surhommes - plus cultivés, plus intelligents, plus moraux que la moyenne. Et ça plaît : par l´intermédiaire de ces oeuvres à succès, lecteurs et spectateurs se prennent à rêver à leur propre potentiel de destruction massive...
    En se basant sur l´analyse d´une quinzaine d´ouvrages récents (romans, essais, pièces de théâtre, films), Charlotte Lacoste enquête sur les formes que revêt cette revalorisation de la figure du meurtrier de masse, et analyse les présupposés idéologiques des oeuvres qui le mettent en scène.

  • Dans les essais qui forment ce livre, la question de la modernité est retravaillée en prenant pour fils conducteurs l'auto-énonciation du sujet (Descartes, Locke, Rousseau, Derrida), la constitution du « nous » communautaire (Hegel, Marx, Tolstoï), l'aporie du jugement de soi-même et des autres (Foucault, Freud, Kelsen, Blanchot). On parvient ainsi à mieux définir la dialectique de l'universalité et des différences à l'époque bourgeoise. Le rapport du commun à l'universel devient un écart politique au sein de l'universel lui-même. L'ensemble pose la question d'une nouvelle donne pour l'anthropologie philosophique - après la grande « querelle de l'humanisme » qui aura occupé la philosophie du XXe siècle - en termes de mouvements contraires : devenir-citoyen du sujet et du devenir-sujet du citoyen. Le citoyen-sujet qui se constitue dans la revendication du « droit aux droits », ne peut exister sans un envers, qui le conteste et le défie. Il n'est pas seulement rapport social, mais malêtre de ce rapport. Dès lors, l'humain ne peut être institué qu'à la condition de se retrancher de soi-même, dans la forme des « différences anthropologiques » qui assignent normalité et identité comme conditions de l'appartenance. La violence de l'universalité civique-bourgeoise est plus grande, mais aussi moins légitime, que celle des universa-lités théologiques ou cosmologiques. Le droit se fonde sur l'insoumission. L'émancipation tire sa puissance de l'altérité.

  • Cet ouvrage rassemble deux séries d'essais, écrits sur une période de vingt ans (1989-2009) : les uns, philosophiques, portent sur l'énonciation et l'institution des droits fondamentaux, au cours d'un processus inséparable des luttes d'émancipation de la modernité ; les autres sont des interventions dans l'actualité politique française, à propos d'événements qui ont eu un retentissement mondial en raison des problèmes qu'ils révélaient (en particulier l'interdiction des « signes religieux » dans les établissements scolaires et les émeutes des banlieues en 2005). Leur point de rencontre est une problématique des antinomies de la citoyenneté, en tant qu'institution du politique que son rapport originaire à la démocratie oblige en permanence à repenser ses conditions de légitimité et de transformation. Leur horizon est un projet collectif de démocratisation de la démocratie, seule alternative au processus de « dé-démocratisation » enclenché par la crise de l'État national social, et accéléré par la mondialisation néo-libérale. Le recueil inclut la réédition de l'essai de 1989, « La proposition de l'égaliberté », dont les formulations sont associées au point de vue « post-marxiste » défendu par l'auteur en philosophie politique. Il s'achève par un essai inédit sur la « co-citoyenneté », appliquant à la circulation des migrants les principes d'une démocratie sans exclusion. Entre ces pôles, ont été insérés plusieurs essais critiques (sur Rancière et Esposito, Poulantzas, Arendt, Laclau), esquissant une topique des courants les plus significatifs en philosophie de la démocratie.

  • Le retour des doctrines de la "guerre juste" dans les discours des grandes puissances pourrait suffire à en condamner le concept : ces doctrines ne servent-elles pas à justifier leurs entreprises impérialistes ? Si vouloir la justice au prix de la guerre revient souvent à imposer sa propre conception du juste, la réalité de la guerre (violence armée à des fins politiques) la couperait néanmoins du droit et de la morale. Faut-il pour autant condamner toute réflexion sur la guerre juste ? Toute évaluation normative comme toute critique politique deviendrait alors impossible. Dénoncer une guerre comme injuste ou refuser les usages politiques qu'on peut en faire, suppose des catégories morales et juridiques permettant de dégager des critères de justice applicables à la guerre. Les trois axes de la théorie sont présentés : le droit de la guerre, le droit dans la guerre, le droit d'après la guerre.

  • « La reproduction des rapports de production » est le manuscrit dont Althusser a tiré son célèbre texte, paru dans La Pensée en 1970, « Idéologie et appareils idéologiques d'État », qui se trouve ici resitué dans son contexte, qu'une exégèse supposée savante a généralement occulté. L'auteur y expose de façon ordonnée sa conception du matérialisme historique, des conditions de la reproduction de la société capitaliste et de la lutte révolutionnaire en vue d'y mettre fin. Cet écrit nous vient d'un autre âge. Il témoigne de la splendeur du moment « 68 ». Il exprime certaines opinions que l'on pourra juger, pour une part du moins, désormais insoutenables. Mais il conserve, à quatre décennies de distance, une singulière force de provocation théorique et politique. Il nous confronte à une question qui acquière chaque jour une actualité plus criante : dans quelles conditions, dans une société qui proclame les idéaux de liberté et d'égalité, la domination des uns sur les autres se reproduit-elle sans cesse à nouveau ? Le manuscrit se présente d'abord comme un texte didactique militant, qui est aussi une introduction à la pensée d'Althusser. Mais il manifeste progressivement son caractère d'élaboration conceptuelle originale. Il appelle donc une lecture à plusieurs niveaux : texte politique portant témoignage d'une époque, présentation des catégories althussériennes d'analyse du capitalisme, théorie (nouvelle) des « appareils idéologiques d'État » et de « l'interpellation » idéologique. Jacques Bidet [http://actuelmarx.u-paris10.fr Visitez le site d'Actuel Marx]

  • La philosophie politique est le singulier croisement, effectué par Aristote, de deux produits de l'histoire grecque ; depuis lors, toute la pensée politique, de Machiavel à Marx et de Montesquieu à Hannah Arendt, se nourrit de celle d'Aristote. Les problèmes des cités grecques ne sont sans doute pas ceux de nos États et pourtant, les réflexions philosophiques d'Aristote peuvent encore éclairer nos interrogations. Tous les pouvoirs sont-ils du même type ? Est-il naturel d'obéir ? Qui doit commander ? Quel est le meilleur régime ? Qu'est-ce que la démocratie ?

  • L'auteur se livre à une analyse détaillée du dialogue entre John Rawls et Amartya Sen à propos de la définition de la pauvreté, qui fait apparaître la garantie de la spécificité du « politique » comme un enjeu majeur pour la consistance de la théorie de la justice comme équité. Car si la pauvreté désigne l´absence ou l´insuffisance de moyens permettant de satisfaire les besoins considérés comme essentiels d´un « agent » économique, une telle définition soulève deux types de questionnement : le questionnement éthique porte sur le lien entre inégalité et injustice, qui amène le problème de la justification de l´existence de populations pauvres ; le questionnement épistémologique concerne la méthode de définition de la pauvreté.

  • Le fonctionnement du monde repose sur notre consentement, le plus souvent implicite et inconscient. Pourtant, ne serait-il pas temps de ROMPRE? De briser ce consentement et d'agir dès maintenant pour construire cet « autre monde possible » ?

    Voilà ce à quoi nous invite Dominique Boisvert. Après avoir ciblé quelles sont les sources du pouvoir, il démontre comment s'articule notre adhésion (in)volontaire au discours dominant, avec lequel il est impératif de rompre. Argent, vitesse, propriété, guerre, individualisme, compétition, (sur)consommation, travail, technologie... autant de thèmes et d'institutions sur lesquels se penche l'auteur pour explorer de nouveaux rapports au monde.

    Avec optimisme et détermination, il donne ainsi corps au cri que tentent de faire entendre les « indignés ». Parce que la rupture est aussi la possibilité d'une ouverture.

    Dominique Boisvert est membre fondateur du Réseau québécois pour la simplicité volontaire (RQSV). Avocat de formation, il a travaillé en milieu communautaire dans les domaines de la solidarité internationale, de la défense des droits humains, de la paix et de la nonviolence. Il est l'auteur de « L'ABC de la simplicité volontaire » (Écosociété, 2005).

  • C'est par l'injuste que nous entrons dans le domaine de la justice, disait Ricoeur. Or, partout, depuis Sidi Bouzid jusqu'à Wall Street, en passant par la place Tahrir et celle de la Puerta del Sol, ceux qui sont victimes de l'injustice crient leur souffrance. Plus que des attentes, ils manifestent des exigences de justice sociale. Mais la justice sociale est-elle possible ? Est-elle réalisable ? Les réponses des théories contemporaines de la justice sont insatisfaisantes. Ainsi que l'a montré Sen, elles se déchirent entre des approches idéales qui s'enferrent dans des considérations vaines sur la société parfaitement juste et des approches comparatives qui proposent une pluralité de critères d'évaluation sociale qui peuvent être contradictoires entre eux. Feriel Kandil se ressaisit de la question en portant l'éclairage sur les conditions de possibilité de la justice sociale, qui sont aussi ses conditions de réalisation. Pour ce faire, elle s'appuie sur les travaux de Paul Ricoeur et d'Éric Weil. Une approche renouvelée de la justice est ainsi proposée, qui considère la justice sociale non pas seulement, à la manière de Rawls, comme une vertu des institutions, mais également comme une propriété de la bonne action publique, c'est-à-dire de celle qui contribue au bien-vivre ensemble dans des institutions justes.

  • Jean-Jacques Rousseau, penseur nostalgique de la « pure nature » perdue et de la chute dans la société technique, était-il égaré dans le siècle des Lumières auquel il était foncièrement étranger ? Cette acception galvaudée d'une oeuvre qui ne peut en aucun cas être réduite à un tel cliché méritait d'être revue pied à pied. Certes, Rousseau comprend le caractère aussi déterminant qu'irréversible de la technique pour l'homme et les sociétés modernes, et il en mesure les conséquences dans tous les domaines où elle s'impose à l'individu, pour la vie morale comme en politique. Par là, d'ailleurs, il entrevoit et en dénonce de manière prophétique les risques et les dangers. Mais en même temps, l'auteur du Discours sur les sciences et les arts, de l'Émile et du Contrat social propose une philosophie qui vise à réconcilier l'homme avec ses machines, voire selon laquelle la technique permettrait à l'homme de s'accomplir au sein des sociétés humaines. C'est donc là un autre Rousseau qui est donné à lire : celui qui s'oppose à l'idéologie du progrès pour le progrès et du « tout technologique », qui affirme les valeurs morales de l'autonomie et de la liberté, qui définit, bien avant les révolutions scientifiques de l'époque moderne, un ambitieux programme écologique et éthique de « précaution » (H. Jonas). Rousseau n'est-il pas un penseur du « durable » pour le XXIe siècle ?

  • Malgré plus d'un siècle de luttes et de conquêtes, les femmes demeurent, sous des formes différentes selon les lieux, sélectivement et massivement en proie à la surexploitation économique, à la relégation sociale et politique, à la « pauvreté », à la subordination sexuelle, à la violence masculine. À la mythologie néolibérale répond un traitement des « rapports de genre » imbu du bonheur du vivre ensemble dans la différence. On propose ici une perspective plus réaliste. Le point de départ en est cet acquis des études féministes : les rapports hommes/femmes ne sont pas de simples relations interindividuelles, car celles-ci s'inscrivent dans des rapports sociaux qui transcendent les individus. Il s'agit de rapports d'antagonisme et de pouvoir non pas naturellement définis, mais historiquement et socialement construits. Ils ont pour enjeux la sexualité et le travail, à travers des mécanismes d'exploitation et des dispositifs de domination, de naturalisation et de normalisation. Les recherches, diverses voire conflictuelles, ici présentées visent à élucider les rapports complexes de ces « rapports sociaux de sexe » à d'autres dominations, les processus de résistance et d'émancipation qui les traversent, à identifier les « sujets politiques » qui se construisent dans les luttes et à rechercher les convergences.

  • Dans la figure de l'Etat que dessinent les hommes de droit en France, c'est d'abord par les voies judiciaires qu'est assuré le lien à Dieu, lui permettant ainsi d'assurer la fonction d'instrument du salut qui lui est assignée. Le fondement divin est intégré au corps des lois humaines. Ce sont à la fois les formes traditionnelles de cette présence de Dieu au droit et les diverses mutations permettant de passer du droit de Dieu au droit de l'homme, que ce livre tente de cerner.

  • Avançant par bifurcations et ruptures, la pensée de Foucault renouvelle sans arrêt ses méthodes (archéologie, généalogie) et ses concepts (épistémès, dispositifs, problématisations). Sous cette ligne brisée se laisse lire l'unité, non d'un système, mais d'un souci : articuler l'analyse positive des normes historiques au repérage de leurs crises ; se défaire de toute référence au sujet constituant mais rouvrir l'interstice d'un soi , où penser autrement deviendrait possible.

    Ce livre propose l'étude de deux moments précis de l'oeuvre : la description, dans l'Histoire de la folie, de la naissance de l'asile; l'examen de la subjectivation grecque, dans L'Usage des plaisirs. S'y laisse voir l'invention d'une nouvelle figure de la critique : critique sans surplomb qui, au lieu d'en appeler à la raison et aux principes, s'autorise des failles singulières ouvertes dans le jeu du savoir et du pouvoir. De cette position exposée et précaire, chaque livre tire sa puissance d'intervention : morale de l'inconfort, la pensée de Foucault est aussi une politique de l'incertitude.

  • Des années 1860 aux années 1920, une culture raciale, présentant une vision hiérarchisée et inégalitaire du genre humain, a été largement présente au sein de la communauté savante et politique, du monde colonial et des sciences humaines et sociales en général. Cette recherche inédite et originale montre les liens entre pensée raciale et idéologie républicaine : un sujet encore peu connu. L'idéologie républicaine n'a pas échappé à une représentation inégalitaire de la différence.

  • Composés de textes déjà parus entre 1944 et 1967, ces Essais ont d'abord pour intérêt de précieusement renseigner sur l'élaboration des grandes thèses (entre autres celle de l'« ordre spontané » et de l'« évolutionnisme culturel ») que Hayek développera plus tard dans La Constitution de la liberté (1961) puis Droit, législation et liberté (1973-1979). Ils soulignent également le roele capital que la création de la « Société du Mont-Pèlerin » a joué dans son itinéraire intellectuel comme dans l'histoire des idées libérales. Mais la lecture des Essais permet aussi de découvrir que le plus mondialement célèbre et influent des penseurs néo-libéraux a été bien davantage qu'un théoricien de l'économie de libre marché: un historien des idées politiques à l'impressionnante érudition et l'auteur d'une puissante réflexion en philosophie cognitive et en épistémologie fondamentale - où ses conceptions économiques ont puisé une grande part de leur originalité et de leur pertinence.

  • Cet ouvrage reprend les interventions faites lors du colloque organisé au Collège international de philosophie, les 14-16 mai 1998. Pourquoi lit-on encore Machiavel ? Pourquoi prêter à cette oeuvre un telle actualité ? Comment peut-elle nous servir à déchiffrer notre présent ? Si Machiavel est encore actuel, c'est par son mode d'interrogation, sa forme de pensée rétive à toute idée de système, sa résistance à l'idéologie, sa dimension de la vérité effective de la chose, celle de la multiplicité du réel. La pensée de Machiavel ne s'installe jamais dans du déjà pensé et oblige à réexaminer la relation de la réflexion à l'expérience.

  • Selon les époques et les doctrines, les passions peuvent être envisagées comme vices, péchés, effets de l'imagination ou moteurs nécessaires à l'acion humaine. La modernité recueille ainsi un héritage complexe de thèmes venus de l'Antiquité comme du Moyen Âge. Ce volume aborde donc les modernités sur ce thème des passions, du tournant du XVIe siècle à la fin de l'époque des Lumières.

  • Machaivel n'est certes pas un philosophe de profession, il reste que ses ouvrages accompagnent la formation de tous les philosophes. Sa vie est à la fois une vie de réflexion et d'action. Une relecture de Machiavel philosophe politique, son apport encore actuel à la pensée politique contemporaine.

  • L´éthique des relations internationales est un domaine de recherche relativement nouveau qui explore la nature et le rôle des valeurs morales, des enjeux et des dilemmes éthiques dans les relations internationales. Ancrée dans le réel, elle s´intéresse autant à des questions concrètes, comme l´usage de la force, la justice globale, c´est-à-dire la répartition et le partage des biens mondiaux, l´environnement, la santé, la migration, les institutions judiciaires, le commerce ou l´humanitaire, qu´aux fondements éthiques et politiques de la mondialisation et au type de théorie le mieux adapté à la compréhension de la société internationale. Réunissant les meilleurs spécialistes internationaux de chacun de ces sous-domaines, ce livre offre pour la première fois en français une réflexion complète et structurée sur l´éthique des relations internationales aux étudiants et aux universitaires confrontés à ces questions.

empty