Écosociété

  • Le bien commun

    Noam Chomsky

    Doit-on revendiquer l'égalité des revenus pour tous les citoyens? La mondialisation est-elle inéluctable? Les termes «gauche» et «droite» ont-ils encore un sens? Les médias peuvent-ils être progressistes? Devons-nous avoir une idée claire de nos objectifs à long terme pour élaborer une stratégie politique? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles tente de répondre «Le bien commun».

    Construit à partir d'entretiens avec le journaliste indépendant David Barsamian, cet ouvrage constitue un véritable condensé de la pensée politique de Noam Chomsky. De la philosophie d'Aristote à la montée en puissance des multinationales, en passant par la rectitude politique de la gauche américaine ou la logique des relations internationales, il couvre un large spectre de sujets ayant fait la renommée de cet intellectuel engagé.

    Fidèle à sa posture rationaliste, Chomsky ne voit pas dans les phénomènes qu'il analyse les résultats d'un complot, mais plutôt ceux «d'un capitalisme d'État ordinaire» contre lequel il appelle à résister. «Le bien commun», publié en anglais pour la première fois au tournant du millénaire, développe un propos encore criant d'actualité.

  • «Des bonobos et des Hommes» raconte le combat de Congolais et d'Étatsuniens contre la destruction de la forêt équatoriale du Congo, deuxième poumon de la planète, et contre l'extinction des bonobos, dans cet immense pays au coeur de l'Afrique dévasté par des guerres postcoloniales.

    Avec un authentique talent de conteur, Deni Béchard relate le travail d'une ONG conservationniste auprès de cette communauté de grands singes pour livrer une profonde réflexion sur la condition humaine, la guerre et les défis écologiques à venir. Surnommés les « hippies de la forêt », les bonobos partagent près de 99 % de leur ADN avec les êtres humains et désamorcent les conflits sociaux par le biais de la sexualité.

    Cette chronique vivante et poétique de l'Afrique des Grands Lacs, qui navigue habilement entre l'essai philosophique et le récit de voyage, suit le travail patient et précieux des différents protagonistes de cette organisation, qui défendent une conservation en lien avec les communautés locales, respectant leurs modes de vie et leurs besoins, loin de la logique des modèles occidentaux. Béchard raconte leurs histoires, leurs passions et leurs questionnements avec comme toile de fond l'histoire du pays, la philosophie des Congolais vis-à-vis de la nature et leurs relations avec les Occidentaux, souvent entachées de méfiance...

    Dans un savoureux mélange des genres, Béchard passe d'une leçon sur les changements climatiques et sur l'évolution des espèces à la traversée hasardeuse de ponts en pleine brousse et à ses rencontres avec des bonobos indolents ou provocateurs. Et à travers cette histoire toute particulière des bonobos, il offre une histoire universelle sur notre humanité.

  • En 1804, Haïti est devenue la première république noire indépendante au monde issue d'une révolution d'esclaves. Deux cents ans plus tard, miné par le colonialisme et la violence, le pays a été placé sous occupation militaire onusienne dans ce qui prend la forme d'une toute nouvelle dictature: celle de la communauté internationale.

    "La nouvelle dictature d'Haïti" retrace l'histoire récente du pays antillais, du coup d'État de 2004 jusqu'au tremblement de terre dévastateur de 2010 et ses suites. Lorsque le président Jean-Bertrand Aristide est chassé du pouvoir et poussé à l'exil en février 2004, le récit qui s'impose rapidement est celui d'un président élu qui s'est transformé en dictateur sanguinaire, terrorisant une population qui finit par se soulever pour le renverser, avec le concours de certaines puissances étrangères, dont les États-Unis, la France et le Canada. Un récit endossé par les dirigeants occidentaux et leurs relais médiatiques, mais également par bon nombre d'organisations progressistes. Or, comme le démontre avec brio Justin Podur, les faits font état d'une toute autre version, que seuls les partisans d'Aristide et quelques journalistes indépendants ont réellement mis de l'avant: celle de la déstabilisation et du renversement du gouvernement Aristide, et de la répression brutale dont a été victime le mouvement populaire qui l'avait porté au pouvoir.

    Dévoilant la sombre réalité de la prétendue bienveillante occupation internationale, Justin Podur cherche à démontrer qu'en définitive, le déni de souveraineté est la cause fondamentale des problèmes d'Haïti. Car malgré la tenue d'élections, une officielle liberté de la presse et une aide humanitaire internationale d'envergure, le peuple haïtien n'est toujours pas maître de la gestion économique et politique du pays.

  • «Mais qui vous a dit que ces populations avaient besoin de vous?» Cette question, posée par un homme du nord du Burkina Faso, révèle toute la complexité que peuvent revêtir les projets d'aide internationale pilotés par les grandes institutions internationales et les ONG. Car qui sommes-nous pour penser intervenir dans les pays du Sud? Tenons-nous vraiment compte de la réalité des populations locales? Comment s'assurer de leur coopération pour réaliser des projets qui soient durables?

    Avec un sens hors pair du récit, Jacques Claessens, qui a parcouru l'Afrique pendant une trentaine d'années, relate les aventures entourant des missions d'évaluation qu'il a menées au Burkina Faso entre les années 1980 et 2010 pour le compte du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). De la gestion des troupeaux des Touaregs du Sahel à l'aménagement des forêts du Sud, en passant par l'exploitation d'une mine d'or par une compagnie canadienne se présentant comme «socialement responsable», le consultant en coopération internationale confronte une à une les prétentions de ces «développeurs».

    Dans une chronique qui mêle habilement analyse du système de l'aide internationale et récit de vie des coopérants en Afrique, Jacques Claessens raconte les espoirs et les déceptions, les réussites et les erreurs des gens qu'il a croisés sur sa route, mais aussi les jeux de coulisses dans les institutions, le racisme ordinaire, la violence politicienne... En refermant cet ouvrage, une question s'impose: le développement n'est-il qu'un miroir aux alouettes?

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