Sciences humaines & sociales

  • Si l'État, en tant que territoire délimité par des frontières, est ce qui fonde la dimension internationale des liens et des rapports entre les pays, l'étude de la diplomatie et des politiques étrangères ne suffit pas à rendre compte de l'ensemble des interactions qu'entretiennent les nations. Considérant l'intensification et la diversification des échanges, économiques, humains, culturels, cet ouvrage privilégie un large champ d'investigation, tel que l'exige toute étude pertinente des relations internationales contemporaines. Paradigmes d'analyse, acteurs, interdépendance des enjeux et des zones géopolitiques, processus de décision et de règlement des conflits : autant de questions traitées ici, à la lumière de l'histoire et du présent.

  • Peut-on parler de « totalitarisme » quand il s'agit de nommer le pouvoir des multinationales tel qu'il s'est construit et imposé depuis le début du xxe siècle ? Alors que la pratique politique moderne voudrait que les sujets d'une collect ivité obéissent aux lois, non aux puissants, on assiste à un renversement pervers . Ce sont les multinationales, aujourd'hui, qui soumettent la délibération des assemblées politiques à d'autres « lois », leurs lois, qu'elles s'assurent de rendre efficaces : la « loi » du marché, la « loi » de la concurrence, la « loi » universelle de l'offre et de la demande. L'entreprise Total est un cas d'école en la matière. Ce livre étudie la façon dont cette pétrolière s'est constituée telle une autorité souveraine de nature privée, imitée en cela par d'autres multinationales. Se présenter comme la « huitième des Sept Soeurs », en référence aux majors du pétrole, et se dire « total » pour bien marquer cette prétention, c'était, au milieu du xxe siècle, chercher à s'imposer à son tour dans un ordre où les sociétés multinationales se développaient indépendamment des États qui les avaient créées, à la manière d'un Frankenstein.

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