• Trois cents ans d'institution raciste partent en poussière quand Washington se désagrège, balayé par une catastrophe naturelle d'un genre nouveau.

    Soudain, les dominations basculent, les minorités s'inversent, les Noirs prennent le pouvoir. Deuxième roman de l'auteur, Paradis Année Zéro, écrit avant l'ère Trump et les violences policières récentes, s'est imposé à lui comme une prophétie.

  • En 2012, La Terre est l'oreille de l'ours s'offrait comme une célébration du Vivant où notations en forêt, spéculations et remémorations se conjuguaient avec une mosaïque de lectures brassant sciences naturelles, environnement, éthologie, psychologie, poésie, spiritualité et anthropologie. Cinq ans plus tard, L'île où les hommes implorent s'attache, le temps de quatre saisons, à inventorier les éléments constitutifs d'une rapide dégradation des conditions de vie sur la planète Terre. D'où son sous-titre : « Chronique d'un désastre amorcé ».
    Mû par une inquiétude que chaque mois s'emploie à confirmer, l'auteur n'en ressent que plus fort l'urgence d'explorer la palette des prodiges recelés par le monde qui s'étiole - ce à travers quatre entités géographiques : le territoire traditionnel des Innus du Québec-Labrador, l'île du Sud de la Nouvelle-Zélande, l'île cycladique de Sifnos et la campagne vaudoise où l'ancien Parisien a choisi de s'établir.
    De lieux en peuples aimés, Jil Silberstein dit la splendeur d'un rituel particulier aux Nuu-chah-nulth de l'île de Vancouver, les prouesses d'une araignée (le Pholque phalangide), les enjeux du Pléistocène, l'exploration du Pacifique. Il s'initie à la dérive des continents. Sonde les motifs d'un marbre antique du sanctuaire de Delphes. Retrouve au coeur de la forêt subarctique le peuple innu dépossédé par le colonialisme. Célèbre l'écrivaine américaine Annie Dillard, le Tao te king et son cher Joachim Du Bellay.
    D'une telle démarche « tous azimuts » résulte l'irrésistible goût d'observer à son tour. Et de chérir ce qui peut l'être encore.
    Né à Paris en 1948, Jil Silberstein se fixe en Suisse après bien des voyages, travaille dans l'édition et dirige la revue Présences. Lors d'un séjour en Amérique du Nord, il rencontre les Indiens du Québec-Labrador, et amorce une série de textes entre voyage et ethnologie : Innu, Kali'na et Dans la taïga céleste (Albin Michel). Poète, essayiste, lauréat du prix Schiller, traducteur de Trakl, Milosz et T. E. Lawrence, il est l'auteur de La Terre est l'oreille de l'ours (Éditions Noir sur Blanc, 2012) et des Voix de Iasi (2015).

  • « Comment résonnent des paroles dites à voix haute, mais que personne n'entend à part celui qui les prononce ? Moi, je les entends. Pour moi, elles résonnent comme toute chose, les murmures, les cris de plaisir et de douleur des hommes ou des animaux, le bruissement presque imperceptible des épis de blé vert. »
    Bien davantage qu'un roman de guerre, Drach est une fresque intemporelle sur les puissances déchaînées d'Éros et de Thanatos, où la Silésie, terre méconnue, mystérieuse, âpre, se révèle comme un écheveau d'histoires, de peuples et de langues. Au-delà d'une région que se sont disputée Allemands, Russes et Polonais, c'est la terre qui est le coeur de toute chose : non pas tant la terre des ancêtres que la matière elle-même, celle que creusent les mineurs pour gagner leur vie et les soldats pour échapper à la mort. La narratrice omnisciente qui déroule ici les fils d'existences fragiles, celles de deux familles silésiennes au cours du XXe siècle, c'est l'esprit de la terre : Drach. Et si son regard s'élève peu à peu, en contre-plongée, le lecteur, lui, descend pas à pas dans l'obscurité la plus fondamentale. Ce qui n'empêche pas le roman de déployer toute la virtuosité allègre d'un récit d'aventure.
    Twardoch joue de la présence en un même lieu de différents langages, de différents parlers, tandis que tout se noue entre les corps, dans le désir et la violence. La plume de l'auteur est à la fois vive et mordante pour décrire les passions et les visages, les menus faits du quotidien, les noces, les batailles sanglantes, depuis l'aube du siècle dernier jusqu'à l'ère des écrans.

  • L'intensification et l'amplitude des migrations internationales à l'aube du xxie siècle placent l'Europe devant de nouveaux défis. Au coeur d'un système migratoire d'ampleur inédite, il lui faut d'urgence élaborer une stratégie visionnaire pour assurer ou refonder sa cohérence. Condition préalable : la compréhension de son passé migratoire récent. Fondé sur les derniers résultats de la recherche, ce livre explore les articulations complexes entre mobilités, migrations et constructions identitaires en contexte transnational. Les migrations étudiées ici dans plusieurs aires géographiques d'Europe et jusqu'en Israël sont appréhendées dans leur dimension culturelle, économique ou ethnographique, mais aussi historique et politique. Ainsi rassemblés, les articles proposés par des auteurs de diverses nationalités marquent l'état de la réflexion scientifique et constituent un observatoire pertinent dans le contexte contemporain d'une Europe inquiète, marquée par « la crise des réfugiés ». Ce livre vise à nourrir la réflexion politique et civile sur la question migratoire.

  • La forme prise, en France, par les controverses sur la parité ou la discrimination positive, sur le port de signes religieux à l'école ou sur les statistiques ethniques a mis en lumière la dimension idéologique et même polémique de la notion d'universalité qui a servi de toile de fond à ces débats entre les tenants du « modèle républicain » universaliste et ses détracteurs.
    L'universalisme abstrait hérité de la Révolution française qui s'exprimait dans l'affirmation que « la loi doit être la même pour tous » cède progressivement du terrain face à une conception plus exigeante de l'égalité qui ne se satisfait pas de l'égalité en droit. Il est parallèlement remis en cause par les revendications des groupes minoritaires qui réclament non seulement un accès effectif à l'exercice des droits universels mais aussi la reconnaissance de leur identité propre. L'universalité des droits de l'homme proclamée en 1948 comme une évidence est contestée au nom du pluralisme culturel. L'émergence du concept d'humanité en droit international, expression d'un universel aux dimensions de la planète, trouve ses limites dans la résistance des États souverains.
    Le droit fait ainsi apparaître les tensions et les paradoxes qui traversent la notion d'universalité. Cet ouvrage a pour ambition d'inviter à une relecture de l'universalité à la lumière du droit.

  • True Blood n'est pas une énième fiction de vampires. Le sujet de la série d'Alan Ball (déjà à l'origine de Six feet under), c'est le sang. Il se trouve ré-enchanté par l'invasion du surnaturel dans le quotidien misérable du « Sud profond » qui lui sert de décor, multiplié par les créatures qui se différencient selon la puissance respective de leur sang : sang de vampire, sang de fée, sang honoré et consommé dans les rituels magiques ou dionysiaques. En sérialisant le sang, la série procède à une déconstruction acharnée de l'identité. Il n'y est plus en effet le signifiant distinctif d'une race ; la pureté du sang est sans cesse corrompue par le sexe, c'est-à-dire par les aventures et les plaisirs transgressifs entre les êtres hétérogènes qui se croisent. Hypnotiques et inassimilables, les vampires de True Blood deviennent ainsi l'emblème ultime d'une politique de la différence. Ce ne sont plus des aristocrates retirés de la société ou des prédateurs clandestins. Ils symbolisent les minorités sexuelles « invisibles » qui, par leur coming-out, problématisent le pouvoir normalisateur de la démocratie en Amérique. Derrière la mascarade de leur intégration civique, ils érotisent les rapports sociaux et jettent le trouble dans le genre.

  • Et si l'improbable irruption de Bernie Sanders dans les primaires démocrates n'était pas un phénomène fortuit et passager ? Et si Donald Trump était le témoin en colère d'un changement majeur que l'Amérique conservatrice ne peut plus arrêter ? Ce livre offre une vision inattendue des États-Unis. Cartes et données à l'appui, il montre que la vieille Amérique est en train de mourir pendant qu'une autre naît, portée par la montée en puissance des minorités et l'ouverture culturelle de la nouvelle génération, les millennials. Jeune, métissée, progressiste, c'est elle qui a élu Obama, qui a obtenu le doublement du salaire minimum dans plusieurs États, qui réclame l'instauration d'un système public de santé et la réduction des inégalités... Et si l'Amérique qui vient surprenait le monde ?

  • Chaque année l'Institut de recherche sur l'Asie du Sud-Est contemporaine (Irasec), basé à Bangkok, mobilise une vingtaine de chercheurs et d'experts pour décrypter l'actualité régionale. L'Asie du Sud-Est - véritable carrefour économique, culturel et religieux - constitue un espace unique d'articulation des diversités sur la longue durée et le demeure plus que jamais aujourd'hui. Cette collection permet de suivre au fil des ans l'évolution des grands enjeux contemporains de cette région continentale et insulaire de plus de 620 millions et d'en comprendre les dynamiques d'intégration régionale et de connectivités avec le reste du monde. L'Asie du Sud-Est 2017 propose une analyse synthétique et détaillée des principaux événements politiques, économiques et sociaux survenus en 2016 dans chacun des onze pays de la région, complétée par des focus sur des personnalités et une actualité marquantes. L'ouvrage présente également quatre dossiers sur des thématiques régionales portant cette année sur le spectre de Daech, la cybersécurité, l'accord commercial de libre échange transpacifique (TPP) et la question du changement climatique à travers l'impact de la COP 21. Des outils pratiques sont également disponibles, dont une chronologie et une fiche de données socioéconomiques par pays et un inventaire régional des mouvements et politiques altermondialistes.

  • La plupart des pays d'Europe mais aussi du reste du monde sont confrontés aux difficultés liées aux migrations internationales et à l'intégration des minorités. Il revient en premier lieu aux villes de concevoir et de mettre en oeuvre des politiques favorisant la cohésion communautaire et présentant la diversité culturelle comme un facteur de développement plutôt que comme une menace.
    Ce guide est destiné aux responsables municipaux et aux praticiens qui souhaitent tirer profit du projet pilote des cités interculturelles, mené conjointement par le Conseil de l'Europe et la Commission européenne, pour le développement d'une approche interculturelle de la gestion de la diversité et de l'intégration. Cette approche repose sur l'expérience de dizaines de villes qui ont réorienté leurs politiques et réorganisé leur gouvernance pour garantir l'égalité des chances et faire de la diversité un avantage.
    Cet ouvrage indique des étapes à franchir et des mesures à prendre pour contribuer à l'élaboration d'une stratégie interculturelle et assurer le suivi de sa mise en oeuvre. Il illustre les éléments d'une telle stratégie par des analyses, des suggestions et des exemples de pratiques de différentes villes européennes.
    Une ville qui s'engage sur la voie des cités interculturelles doit être confiante et inventive pour éventuellement adapter les actions et concepts généraux décrits dans ce guide aux circonstances locales.
    Voilà pourquoi ce guide n'est pas un manuel d'instructions mais plutôt un aide-mémoire qui assistera les villes au fur et à mesure qu'elles traceront leur propre trajectoire.

  • Hérésies et dissidences religieuses se sont propagées jusque dans les villages les plus reculés de l'Europe médiévale et moderne, et s'y sont même parfois implantées durablement. Cet aspect de la vie rurale a pourtant longtemps été négligé par les historiens parce que les villes semblaient concernées en priorité, mais surtout parce qu'il demeure inhabituel de considérer la société villageoise sous l'angle de la diversité, de l'hétérogénéité, du conflit ou de la coexistence malaisée. À rebours des idées reçues, ce livre propose donc de redécouvrir les réseaux et les clivages qui favorisèrent dans les campagnes la diffusion et le maintien de groupes dissidents parfois majoritaires : cathares et vaudois, lollards et protestants, anabaptistes ou même morisques... Au coeur des villages, le développement et la survie des minorités confessionnelles ont dépendu des équilibres démographiques, des réseaux économiques et sociaux, des structures politiques tout autant que des représentations de soi et de l'autre. Et dans ce contexte de profonde interconnaissance, l'engagement religieux a pris assurément un relief particulier.

  • La notion de transmission fait-elle encore sens aujourd'hui ? Migration et transmission ont-elles partie liée ? Comment s'opère la transmission en contexte migratoire ? Nos sociétés post-migratoires à l'aube du xxie siècle peuvent-elles, entre ruptures et continuités, réinventer « l'esprit de sociabilité » cher aux philosophes des Lumières ? Quelle part d'identité l'étranger immigré transmet-il à ses enfants, quelle part d'étrangéité à la société qui l'accueille ? C'est à ces questions que répondent des spécialistes de huit nationalités différentes, en croisant les aires géographiques et culturelles ou les échelles temporelles, et avec les outils de leurs disciplines respectives : la géographie, la philosophie politique, l'anthropologie, la sociologie, la sociolinguistique, l'histoire et la civilisation. Un faisceau d'enquêtes inédites et un arsenal analytique international à la mesure de l'enjeu (post)migratoire à l'aube du xxie siècle.

  • Référence aujourd'hui incontournable de la pensée « progressiste » et star incontestée de la pensée critique contemporaine, Judith Butler passe pour une grande philosophe. Ses travaux sur le genre font autorité. Son discours sur les normes et les minorités, sexuelles et « culturelles », affiche une ambition théorique et éthique adoubée par nombre d'intellectuels et critiques « progressistes ».
    En démontant au scalpel les logiques spécieuses d'une oeuvre qui a su faire illusion auprès de l'Université et des médias, ce livre, critique sévère des travaux de Judith Butler auparavant jamais menée, est né de l'effarement provoqué par la tribune qu'elle publia au lendemain des attentats parisiens de novembre 2015 dans le quotidien Libération. Il fait apparaître en quoi la « pensée Butler » est fondamentalement autoritaire et conservatrice sous ses oripeaux « subversifs ». Il examine les ressorts de son extraordinaire emprise. Et il oppose à la légiti-mité usurpée des « docteurs graves » de la mouvance butlérienne - allusion aux jésuites moqués par Pascal dans Les Provinciales - l'exigence d'une réflexion critique au plus près de la pensée d'un universel concret, indispensable à élaborer pour ne pas s'engouffrer dans des impasses identitaires, tentation des temps troublés que nous traversons aujourd'hui.

  • La civilisation actuelle devient toujours plus uniforme sur tout le globe. Ce n'est que sur la périphérie de la civilisation moderne que l'on trouve encore quelques petits peuples dont le mode de vie est profondément lié à celui des générations passées et qui ont gardé le même contact intime avec la nature. Tous ces peuples ont été rassemblés sous l'étiquette de minorité ; parmi eux, il y a les Lapons à l'instinct chasseur qui forment encore, en été, des tribus nomades. Dans notre esprit, Lapons et légendes sont deux choses étroitement associées ; nous devons cependant nous garder de croire que les Lapons sont des êtres légendaires, dont les seules occupations consistent à s'adonner à l'élevage du renne.

  • This book presents a timely review of the relations between the formal and customary justice systems in Ethiopia, and offers recommendations for legal reform. The book provides cases studies from all the Region of Ethiopia based on field research on the working of customary dispute resolution (CDR) institutions, their mandates, compositions, procedures and processes. The cases studies also document considerable unofficial linkages with the state judicial system, and consider the advantages as well as the limitations of customary institutions with respect to national and international law. The editor's introduction reviews the history of state law and its relations with customary law, summarises the main findings by region as well as as on inter-ethnic issues, and draws conclusions about social and legal structures, principles of organization, cultural concepts and areas, and judicial processes. The introduction also addresses the questions of inclusion and exclusion on the basis of gerontocratic power, gender, age and marginalised status, and the gradual as well as remarkable recent transformations of CDR institutions. The editor's conclusion reviews the characteristics, advantages and limitations of CDR institutions. A strong case is made for greater recognition of customary systems and better alliance with state justice, while safeguarding individual and minority rights. The editors suggest that the current context of greater decentralization opens up opportunities for pratical collaboration between the systems by promoting legal pluralism and reform, thereby enhancing local level justice delivery. The editors conclude by proposing a range of options for more meaningful partnership for consideration by policy makers, the legal profession and other stakeholders. In memory of Aberra Jembere and Dinsa Lepisa. Cover: Elders at peace ceremony in Arbore, 1993.

  • Chaque année l'Institut de recherche sur l'Asie du Sud-Est contemporaine (Irasec), basé à Bangkok, analyse les principaux événements politiques, économiques, sociaux, environnementaux ou religieux survenus dans l'ensemble du sous-continent asiatique. Établissant une rétrospective des principaux événements de l'année 2011, ce livre aide à mieux comprendre les grands enjeux de l'année 2012 dans une région de près de 600 millions d'habitants qui, plus que jamais, joue un rôle d'interface entre les grands pôles asiatiques. Grâce au travail de terrain tout au long de l'année d'une vingtaine de chercheurs, Asie du Sud-Est 2012 offre un décryptage pertinent et contemporain d'une actualité asiatique complexe, dense et dynamique. Outre une analyse claire, détaillée et passionnante, Asie du Sud-Est 2012 propose de nombreux outils pratiques sur l'Asie du Sud-Est : une chronologie détaillée de l'année, les adresses des différents centres de recherche francophones et internationaux, une liste des formations et des centres de documentation relatifs à l'Asie du Sud-Est, une bibliographie des principaux ouvrages publiés au cours de l'année, ainsi qu'un référencement des meilleurs sites Internet institutionnels et communautaires sur la région.

  • La République d'Irlande a connu au cours des vingt dernières années une véritable révolution sociale et culturelle, en s'ouvrant aux influences internationales, en entamant un processus de sécularisation et en devenant pour un temps le « Tigre celtique », pays d'immigration (ce jusqu'à la crise économique qui l'a frappée à partir de 2008). Alors que le poids traditionnel de l'Église catholique explique que celle-ci soit encore aujourd'hui la principale institution structurante d'un système éducatif irlandais fondé sur la ségrégation religieuse, la réalité d'une population de plus en plus évidemment multiculturelle et pluri-religieuse explique l'intensité du débat politique et public sur la question du contrôle et de la gestion des écoles irlandaises au cours des années deux mille. Le présent ouvrage explore les liens entre école, culture et religion en République d'Irlande et leurs implications idéologiques, politiques et sociales contemporaines (Irlande chrétienne, Irlande républicaine ?), qui font écho à nombre de débats européens et internationaux. La question de la place de la religion à l'école est posée sous l'angle des droits humains, particulièrement les droits des enfants, et sont notamment analysés les modes de légitimation des pratiques discriminatoires ou inégalitaires du système éducatif existant en matière de religion.

  • Homme à plusieurs facettes : intellectuel universitaire, écrivain, homme politique, Alexandre Biyidi est l'un des auteurs majeurs africains à avoir, comme sociogramme générateur de son oeuvre, la question de l'éclatement et de la dispersion des références culturelles. Ses pseudonymes : Eza Boto, Mongo Beti qui veulent dire respectivement « gens d'autrui » et « le fils des Beti », traduisent sa volonté de s'identifier avec son peuple et expriment au demeurant le poids d'une culture et d'une civilisation. Son texte est donc une interrogation insistante sur les fondements du dialogue culturel, précisément de l'aliénation. Cette contribution se veut une réflexion méthodique, entend se manifester comme une démarche analytique des fondements du Discours chez Mongo Beti. Sachant que « l'intellectualité universitaire instaure une tradition de combat » selon Mémel Fôté, parce que l'intellectuel est un producteur de sens ; que l'écrivain, homme de plume a pour essence la parole qui se veut un appel constant parce qu'elle est le lieu privilégié de l'expression idéologique ; enfin que toute action ou réflexion politique implique un projet de société, la tâche a consisté à questionner son Discours pour savoir comment il écrit le monde. Son style, son esthétique sont-ils réductibles à l'engagement ? Quelles autres figures rhétoriques, quelles techniques narratives son écriture convoque-t-elle ? Quels sont les rapports de productions nécessaires, selon lui, dans le processus de développement des forces productives de l'humanité, l'Africain en particulier, dans la production sociale de son existence ? Face à ce monde ébranlé, en quête de nouvelles frontières, face à « l'humanité qui s'interroge sur son propre destin », quelle vision sociale peut-on tirer de son univers textuel ? Le mobile essentiel est de « découvrir le rationnel dans l'irrationnel du créé artistique » de Mongo Beti, de cerner la matière que mobilisent son esthétique et sa pensée.

  • Chaque année l'Institut de recherche sur l'Asie du Sud-Est contemporaine (Irasec), basé à Bangkok, analyse les principaux événements politiques, économiques, sociaux, environnementaux ou religieux survenus dans l'ensemble du sous-continent asiatique. Établissant une rétrospective des faits majeurs de l'année 2015, ce livre aide à mieux comprendre les grands enjeux et les perspectives de l'année 2016 dans une région de près de 600 millions d'habitants qui, plus que jamais, joue un rôle d'interface entre les grands pôles asiatiques et l'Occident. Grâce au travail de terrain tout au long de l'année d'une vingtaine de chercheurs et d'experts, L'Asie du Sud-Est 2016 offre un décryptage d'une actualité asiatique complexe, dense et dynamique. Outre une analyse claire et détaillée sur chacun des onze pays de la région, L'Asie du Sud-Est 2016 propose quatre dossiers et un débat sur des sujets d'actualité représentatifs des changements en cours. De nombreux outils pratiques sur l'Asie du Sud-Est sont également disponibles, au nombre desquels une chronologie des événements des douze derniers mois et un inventaire des principaux partis politiques en Asie du Sud-Est.

  • La question des minorités politiques pendant la Révolution française est un sujet neuf dans une historiographie, pourtant, très riche. En effet, la réflexion des contributions réunies dans cet ouvrage porte sur la nouvelle acception du terme « minorités » à la fin du XVIIIe siècle. Qu'est-ce qu'être minoritaire ? Pourquoi et comment le devient-on ? Quelle part faire à la fluctuation des majorités politiques successives alors même que la Révolution a promu l'unité nationale, sur la base de l'intégration de tous les citoyens ? Au centre de cette nation nouvelle, le peuple souverain, représenté parfois sous les traits d'Hercule, balaie d'une chiquenaude ses divers ennemis. Au-delà de la guerre contre toutes les monarchies européennes et toutes les forces réactionnaires, la démocratie qui se construit en France depuis la rupture de 1789 avec l'Ancien Régime nous interroge sur notre citoyenneté actuelle.

  • Islam et intégration sont fréquemment considérés en France, voire en Europe, comme antinomiques. Aux États- Unis, les musulmans du sous-continent indien (Inde, Pakistan, Bangladesh) offrent pourtant l'exemple d'une population qui semble avoir bien réussi son intégration structurelle. Celle-ci a été assurée grâce à des niveaux élevés d'instruction et de réussite économique qui font de cette population l'une des minorités les plus prospères en Amérique. Phénomène migratoire encore peu étudié, la diaspora originaire d'Asie du Sud est riche de nombreux enseignements quant à la recomposition du religieux et à la réinvention des identités collectives en situation d'immigration, dans la première comme dans la deuxième génération. En implantant de nombreuses institutions aux États-Unis, à New York tout particulièrement, les immigrants musulmans sont parvenus à inscrire progressivement leur présence dans le paysage américain, sans susciter d'inquiétude significative dans la société-hôte. Cette étude souligne qu'en dépit des stéréotypes accolés à l'islam - aussi prégnants aux États-Unis qu'en Europe et sources périodiques de réactions identitaires chez les musulmans la religion islamique peut jouer un rôle stabilisateur, à l'égal d'autres religions minoritaires - (catholicisme et judaïsme notamment, plus récemment hindouisme), et ne semble pas compromettre la participation de l'immigrant à la société américaine.

  • Si l'effondrement des régimes communistes a permis aux peuples de l'Europe centrale-orientale de recouvrer leur identité européenne, il a aussi favorisé la résurgence d'anciens conflits ethniques et culturels propres à la région danubienne. Le problème des minorités figure en bonne place parmi les causes de la dissolution de la monarchie austro-hongroise. Il est aussi largement responsable de ses mauvais rapports inter-étatiques de la période entre les deux guerres. Les politiques adoptées envers les nationalités après 1945 n'ont rien fait pour arranger la situation même si elles ont eu "l'avantage" plus que douteux de "simplifier" les cartes ethniques ou linguistiques de la région. Sous les rubriques "le poids du passé", "la tentation de l'indépendance", "une coexistence impossible", et "en vue d'une solution", ce volume examine la question des minorités en Europe centrale, du point de vue de l'histoire et de l'actualité. Il analyse les solutions envisagées dans le passé et au présent, de l'empire des Habsbourgs et de la Société des Nations à la CSCE. Il traite du mouvement à l'indépendance dans les deux Etats fédérés sous le communisme; la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie. Il s'interroge sur les racines du contentieux minoritaire et sur la spécificité de la région centre-européenne. Enfin, les collaborateurs de ce volume posent les jalons possibles d'une solution future, à la fois difficile et nécessaire.

  • Beaucoup pensaient, voici quelques années, que la religion allait déclinant ; l'exclusion, jadis relativement acceptée, paraît aujourd'hui une injustice ; pourtant elle est couramment pratiquée, parfois seulement de façon plus subtile. Quant à l'exclusion au nom de la religion a-t-elle vraiment disparu ? Le présent ouvrage est issu des interventions effectuées dans le cadre de l'Agora d'été, tenue annuellement de 1988 à 1997. D'orientation nettement historique, principalement consacré aux minorités et visant un public non spécialiste, ce livre peut aider à comprendre la complexité du monde actuel.

  • Cette histoire des États-Unis présente le point de vue de ceux dont les manuels d'histoire parlent habituellement peu. L'auteur confronte avec minutie la version officielle et héroïque (de Christophe Colomb à George Walker Bush) aux témoignages des acteurs les plus modestes. Les Indiens, les esclaves en fuite, les soldats déserteurs, les jeunes ouvrières du textile, les syndicalistes, les GI du Vietnam, les activistes des années 1980-1990, tous, jusqu'aux victimes contemporaines de la politique intérieure et étrangère américaine, viennent ainsi battre en brèche la conception unanimiste de l'histoire officielle.


    Auteur d'Une histoire populaire des États-Unis et d'une vingtaine d'ouvrages consacrés à l'incidence des mouvements populaires sur la société américaine, Howard Zinn (1922-2010) a été tour à tour docker, bombardier, cantonnier et manutentionnaire avant d'enseigner à la Boston University. Militant de la première heure pour les droits civiques et contre la guerre du Vietnam, il a conçu son métier d'historien comme indissociable d'un engagement dans les luttes sociales.


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