• Au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1945, Eugénie Droz fondait les Textes Littéraires Français, une collection dévolue à l'édition critique des textes significatifs du patrimoine littéraire de langue française du moyen âge au XXe siècle. Accessibles, dans un petit format maniable, chaque édition est accompagnée d'une introduction, de notes, d'un glossaire, si nécessaire, et d'index. Cet appareil critique exigeant accueille l'érudition des meilleurs spécialistes pour éclairer la genèse des oeuvres et, quelle que soit leur époque, livrer au lecteur contemporain les explications les plus minutieuses sur le contexte historique, culturel et linguistique qui les a vues naître. Depuis soixante-dix ans, la collection a accueilli, outre quelques édicules, plus de 600 monuments littéraires français.

  • Le rêve de d'Alembert

    Denis Diderot

    "Je crois vous avoir dit que j'avais fait un dialogue entre d'Alembert et moi. En le relisant, il m'a pris en fantaisie d'en faire un second, et il a été fait. Les interlocuteurs sont d'Alembert qui rêve, Bordeu et l'amie de d'Alembert, mademoiselle de Lespinasse. Il est intitulé Le Rêve de d'Alembert. Il n'est pas possible d'être plus profond et plus fou. J'y ai ajouté après coup cinq ou six pages capables de faire dresser les cheveux à mon amoureuse, aussi ne les verra-t-elle jamais ; mais ce qui va bien vous surprendre, c'est qu'il n'y a pas un seul mot de religion, et pas un seul mot déshonnête ; après cela, je vous défie de deviner ce que ce peut être."
    Ainsi Diderot annonce-t-il, dans une lettre à Sophie Volland, l'un des textes philosophiques les plus étonnants du XVIIIe siècle. Une philosophie matérialiste est-elle possible ? La sensibilité de la matière est-elle pensable ? Suffit-elle pour expliquer la vie, la pensée et l'unité du sujet ? De la médecine à la morale, l'excursion métaphysique rencontre sur son chemin un clavecin sensible, un essaim d'abeilles, une araignée et des chèvre-pieds...

  • Cet ouvrage nous invite à découvrir et comprendre ces philosophes dont seuls des fragments d'oeuvre nous ont été transmis. Selon Nietzsche et Heidegger ces philosophies constitueraient la véritable tradition philosophique aujourd'hui perdue.

  • « Comment penser l'homme aujourd'hui, dans une perspective matérialiste désormais imposée par les sciences ? Celui-ci est incontestablement soumis aux déterminismes de la biologie, de l'histoire et de la psychologie, lesquels ne font pas de place au libre arbitre traditionnel. Mais il ne suffit pas d'en reconnaître l'efficience ; encore faut-il les articuler de manière fine et éviter de verser dans l'idée qu'une de ces instances l'emporterait fondamentalement sur les deux autres »

    Extrait de: Yvon Quiniou. « L'Homme selon Marx. » iBooks.

  • André Comte-Sponville livre ici vingt-six études d'histoire de la philosophie, portant principalement sur les traditions tragique et matérialiste, depuis l'Ecclésiaste jusqu'à Marcel Conche, en passant par Montaigne, Pascal, La Rochefoucauld, Spinoza, La Mettrie, Jean-Marie Guyau, Nietzsche et Alain.
    La préface propose une longue analyse de la notion de tragique. L'auteur y prend au sérieux ce que la littérature et la vie nous apprennent : que le tragique a à voir avec le malheur, mais réel plutôt que possible (par différence avec le « suspense ») et nécessaire plutôt que contingent (par différence avec le drame). Loin d'être l'affirmation joyeuse de tout, comme le voulait Nietzsche, le tragique est plutôt la prise en compte inconsolée de ce qu'il y a de catastrophique dans la condition humaine : la mort, la solitude, l'insatisfaction - trois formes de la finitude, qui ne sont tragiques que par la conscience, en l'homme, d'un infini au moins pensable.
    La conclusion, elle aussi fort développée, montre que le matérialisme, s'il est rigoureux, se doit d'être une pensée tragique, c'est-à-dire aporétique, déceptive, inconsolée. Et qu'une sagesse qui se sait insuffisante et insatisfaite (une sagesse tragique) vaut mieux, de ce point de vue, que la suffisance d'une sagesse prétendument satisfaite. Cela amène à prendre quelque distance avec Épicure, Spinoza, Nietzsche et Marx. Et à se trouver plus proche de Lucrèce, de Montaigne ou du dernier Althusser.

  • La différence entre l'amour intéressé et l'amour désintéressé.

    Faisant suite au tome précédent, Omraam Mikhaël Aïvanhov se focalise ici sur les deux sortes d'amour qui existent : intéressé et désintéressé. Lorsque nous disons « J'aime » se pose-t-on des questions sur la nature de cet amour ? L'auteur nous explique que l'amour désintéressé n'attend rien des autres, il ne s'inquiète pas, il ne s'accroche pas à eux et qu'il ne les trouble pas. Tandis que l'amour intéressé au contraire agit sur les êtres comme une contrainte : il ne cherche qu'à prendre et il entraîne avec lui l'impatience, la déception, la colère, la jalousie et l'angoisse. Alors que l'amour désintéressé c'est une vie nouvelle qui se fraie le chemin et rend les êtres de plus en plus libres, forts et heureux.
    « Même si on ne peut pas nier qu'il y ait un lien entre les deux, l'amour est indépendant de la sexualité.
    L'amour, ce n'est pas quelque chose qui vient d'un homme ou d'une femme, c'est une énergie cosmique qui est répandue partout dans l'univers. On peut le trouver dans la terre, l'eau, l'air, le soleil, les étoiles... On peut le trouver dans les pierres, les plantes, les animaux... Et on peut aussi le trouver chez les humains, bien sûr, mais justement, pas chez eux exclusivement. Ce n'est pas un corps, ce n'est pas la chair qui vous donnera l'amour, car l'amour ne se trouve pas là. L'amour peut se servir du corps physique comme support, mais lui, il est ailleurs : il est partout, c'est une lumière, un nectar, une ambroisie qui remplit l'espace...
    Pour ne jamais perdre votre amour, efforcez-vous de comprendre qu'il ne réside pas dans la possession physique d'un être, mais dans quelque chose de subtil qui, à travers lui, vous lie à tout l'univers, à la beauté de la terre, du ciel, du soleil, des constellations. »
    Omraam Mikhaël Aïvanhov

    Table des matières

    I - L'attitude sacrée (1 et 2)
    II - Le vrai mariage : l'esprit et la matière
    III - Le soleil, source de l'amour
    IV - Le but de l'amour : la lumière
    V - Les principes masculin et féminin : leurs manifestations (3)
    VI - Un Maître ... une maîtresse ...
    VII - Les Vestales - La nouvelle Eve (1 et 2)
    VIII - Matérialisme, idéalisme et sexualité : "sur la terre comme au Ciel"
    IX - Le coeur et l'intellect - La Fraternité Blanche Universelle
    X - Cherchez l'âme et l'esprit ! (1 et 2)
    XI - Rendre à l'amour sa pureté (1 et 2)
    XII - L'amour transforme la matière
    XIII - Amour et identification
    XIV - La tâche du disciple
    XV - Ouvrez-vous et l'on vous aimera !
    XVI - Tantra-Yoga (1 et 2)
    XVII - Le vide et le plein : la coupe du graal
    XVIII - L'amour répandu partout dans l'univers (2)
    XIX - Cherchez l'amour à la source ! (1 et 2)
    XX - Savoir utiliser les puissances de l'amour (1 et 2)
    XXI - Comment élargir la conception du mariage (4)
    XXII - " Il monte de la terre et descend du Ciel"
    XXIII - Le bonheur est dans l'élargissement de la conscience
    XXIV - " Ce que vous liez sur la terre sera lié dans le Ciel "
    XXV - Aimez Dieu pour mieux aimer votre prochain !
    XXVI - Vivez avec amour ! (1 et 2)
    XXVII - Les véritables armes : l'amour et la lumière
    XXVIII - Ne cessez jamais d'aimer !
    XXIV - Vers la grande famille (1 et 2)

  • « Pendant les méditations, habituez-vous à vous concentrer sur la lumière céleste, afin de l'attirer et de l'introduire en vous où elle remplacera peu à peu tous les matériaux usés, vieillis, souillés, par de nouvelles particules de la plus grande pureté. Puis, une fois que vous aurez introduit la lumière en vous, vous devrez encore vous exercer à l'envoyer dans le monde entier pour aider les humains.
    Sous prétexte qu'ils n'ont ni dons, ni qualités extraordinaires, beaucoup se croient justifiés de se laisser aller à une vie égoïste et médiocre. Non, personne ne peut se justifier ainsi. Même si on est l'être le plus démuni de tous les points de vue, on peut faire ce travail avec la lumière, et en le faisant on réalise quelque chose de plus important et de plus utile que tout ce qui peut être réalisé par les gens les plus capables dans tous les autres domaines. Même l'être le plus déshérité a la possibilité d'acquérir cet état de conscience supérieur afin de travailler pour attirer la lumière et l'envoyer à toute l'humanité. »
    Omraam Mikhaël Aïvanhov

    Table des matières

    I - La nouvelle vie
    II - Matérialistes et spiritualistes
    III - Le véritable sens du mot travail
    IV - Comment affronter les difficultés
    V - Le disciple aux prises avec sa nature inférieure
    VI - Vanité et orgueil
    VII - Maîtres et disciples
    VIII - Comment dépasser la notion de justice
    IX - Hiérarchie et liberté
    X - La toute-puissance de la lumière

  • Le XVIIIe siècle fut l'âge d'or du matérialisme français, sans être pour autant dominant. C'est pourquoi ce matérialisme fut polémique : contre les fictions de la métaphysique, l'hypocrisie morale, la superstition religieuse... Cet ouvrage présente trois grandes figures de ce mouvement dont les oeuvres furent souvent éclipsées par celles de leurs contemporains du siècle des Lumières autrement célèbres, tel Diderot.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Julien Offray de La Mettrie. Il y a un La Mettrie sérieux, auteur de livres médicaux, traducteur et vulgarisateur de la doctrine médicale et chimique de Boerhaave, ainsi qu'un La Mettrie pamphlétaire à la verve prolixe, dont la satire n'a ménagé ni ses censeurs, ni la Faculté de médecine de Paris, dévoilant les dessous du monde hippocratique de l'époque. Il y a enfin et surtout un La Mettrie philosophe matérialiste, hédoniste et libertin, lecteur d'Epicure, apôtre de la morale du plaisir, apologiste de la volupté et prêchant le bonheur par la satisfaction des appétits comme le dévoile ce petit essai sur L'Art de Jouir.

  • Dans la continuité de ses deux premiers essais Le sens de l'histoire et Le sens de la vie, Christophe Agogué pousse son cheminement philosophique et politique vers une réflexion sur l'éducation. Féru de culture, sa plume témoigne non seulement d'une fine perspicacité, mais également de l'influence opportune de ses 4 maîtres à penser que sont Sartre, Foucault, Deleuze et Badiou.

  • Pourquoi sommes-nous (presque) tous un peu matérialistes ? Les biens matériels occupent une place incroyable dans nos vies. En consommant, l'individu dessine les contours de sa vie, la modèle selon un schéma qui lui est propre. Consommer beaucoup, ou plus que nécessaire, c'est être matérialiste. Mais peu de personnes acceptent de se considérer comme matérialistes. Pourtant dans les pays développés un matérialisme diffus se répand dans toutes les couches de la société. Un petit pas grand-chose qui fait que l'on consomme un peu trop. Ce petit pas grand-chose, nous l'avons appelé le matérialisme ordinaire. L'objet de cet essai est de déconstruire les rouages de la relation que nous entretenons avec nos possessions matérielles. Comment et pourquoi nous attachons-nous à certains objets et pas à d'autres et pourquoi achetons-nous systématiquement un peu trop de biens matériels ? Quelles relations existe-t-il entre le matérialisme, les différentes formes de consommation, la construction identitaire et les valeurs des individus dans un environnement social incertain ? Que penser de la socialisation économique et des questions de société que pose le matérialisme ? Telles sont les questions fondamentales posées dans cet essai qui nous permettront de mettre en évidence la logique et la dynamique du matérialisme ordinaire dans la vie quotidienne.
    Des prolongements à cet ouvrage pourront être trouvés sur le site www.culture-materielle.com.

  • Ce livre étudie, à travers une série d'épisodes allant de la philosophie des Lumières à notre époque, le problème du matérialisme dans l'histoire de la philosophie et l'histoire des sciences. Comment comprendre les spécificités de l'histoire du matérialisme, des Lumières à nos jours, au sein de la grande histoire de la philosophie et de l'histoire des sciences ? Quelle est l'actualité de l'opposition classique entre le corps et l'esprit ? Qu'est-ce que le rire ou le rêve peuvent nous apprendre du matérialisme ? En traversant l'histoire du matérialisme jusqu'à l'émergence d'un « nouveau matérialisme » contemporain, l'ouvrage vise à revitaliser le matérialisme et sa lecture.

  • Ornans, Courbet's birthplace, is near the beautiful valley of the Doubs River, and it was here as a boy, and later as a man, that he absorbed the love of landscape.
    He was by nature a revolutionary, a man born to oppose existing order and to assert his independence; he had that quality of bluster and brutality which makes the revolutionary count in art as well as in politics. In both directions his spirit of revolt manifested itself. He went to Paris to study art, yet he did not attach himself to the studio of any of the prominent masters. Already in his country home he had had a little instruction in painting, and preferred to study the masterpieces of the Louvre. At first his pictures were not sufficiently distinctive to arouse any opposition, and were admitted to the Salon. Then followed the Funeral at Ornans, which the critics violently assailed: "A masquerade funeral, six metres long, in which there is more to laugh at than to weep over." Indeed, the real offence of Courbet's pictures was that they represented live flesh and blood. They depicted men and women as they really are and realistically doing the business in which they are engaged. His figures were not men and women deprived of personality and idealised into a type, posed in positions that will decorate the canvas. He advocated painting things as they are, and proclaimed that la vérité vraie must be the aim of the artist. So at the Universal Exposition of 1855 he withdrew his pictures from the exhibition grounds and set them in a wooden booth, just outside the entrance. Over the booth he posted a sign with large lettering. It read, simply: "Courbet - Realist." Like every revolutionary, he was an extremist. He ignored the fact that to every artist the truth of nature appears under a different guise according to his way of seeing and experiencing. Instead, he adhered to the notion that art is only a copying of nature and not a matter also of selection and arrangement. In his contempt for prettiness Courbet often chose subjects which may fairly be called ugly. But that he also had a sense of beauty may be seen in his landscapes. That sense, mingled with his capacity for deep emotion, appears in his marines - these last being his most impressive work. Moreover, in all his works, whether attractive or not to the observer, he proved himself a powerful painter, painting in a broad, free manner, with a fine feeling for colour, and with a firmness of pigment that made all his representations very real and stirring.



  • Considéré comme l'un des premiers romans de science-fiction, L'Autre Monde de Savinien Cyrano de Bergerac s'articule en deux volets : Histoire comique des États et Empires de la Lune et Histoire comique des États et Empires du Soleil. L'écrivain y présente à la première personne ses observations personnelles et anecdotes rapportées, ses rencontres plus ou moins hasardeuses et ses grandes idées.



    Écrit entre 1657 et 1662 mais publiés à titre posthume et après expurgation, ces récits initiatiques mettent en scène Dyrcona (anagramme de «Cyrano d») qui, après avoir malencontreusement échoué à Québec en voulant rejoindre la Lune, finit par atteindre le Paradis Terrestre (le point de vue étant inversé, la Lune est en fait la Terre, et vice versa).


    Revenu sain et sauf de son voyage dans les étoiles, l'aventurier raconte son excursion à qui veut bien l'entendre tout en la transposant à l'écrit. Son récit est pourtant loin de faire l'unanimité, si bien que Dyrcona est interrogé par de nombreux savants avant d'être accusé de sorcellerie. Maintenu prisonnier, ce dernier prend le temps d'échafauder diverses inventions, dont une machine volante. Mais voilà qu'une mauvaise évaluation des capacités de sa création conduit l'inventeur à rejoindre le Soleil...



    Curieux par nature, avide d'apprendre et de comprendre, Bergerac met l'imagination au centre de la réflexion pour faire agir et réagir, partant de la réalité pour titiller l'impossible et créer le débat. Considérant que la matière construit toute réalité, le matérialisme qu'il prône s'oppose au spiritualisme qui, à l'inverse, affirme que l'esprit est la substance de toute chose.


    Le matérialisme représentant ainsi sa réalité et le tangible son unique vérité, l'écrivain trouve finalement matière à philosopher. Autant dire alors que les voyages fictifs de cet homme aussi avancé sur son temps que fidèle à son époque ne sont que prétexte à ses élucubrations scientifiques.


    « La Muse de Rostand » avait également, au-delà de « sa péninsule de nez », du flair pour l'imaginaire et un grand sens stellaire.



    Les étoiles donc. Certainement, mais pas seulement... Les rayons d'un soleil généreux, de cotonneux nuages, un anneau répertoriant les douze signes du zodiaque et notre héros ventre à terre, tout cela entre ciel et terre. Un noir et blanc lumineux, un gris presque enfantin, crayonné léger et approximatif sur cette couverture qui nous invite au recueillement, par- delà l'anneau qui lui semble déjà en mouvement.


    En parlant de recueillement, ce roman peut justement - et devrait - être abordé de deux façons en termes de réflexion : du point de vue de la satire sociale, politique et religieuse d'une part, en tant qu'hommage au savoir d'autre part. La science se place en effet au service de l'imaginaire, fil conducteur aux fantasmes d'un narrateur qui avait finalement bien plus les pieds sur terre que la tête dans les nuages... Quoiqu'il en soit, tant que la fiction conserve sa place en la science et la science son rôle en fiction, L'Autre Monde de Bergerac peut être lu par les cartésiens et les philosophes, les idéalistes et les réalistes, les chercheurs et les rêveurs. Aussi, à bon entendeur...

  • Nous vivons en Occident dans un type de société qui se soumet sans grande résistance à l'impératif d'une production et d'une consommation d'objets atteignant des proportions alarmantes. Ce phénomène pose des questions aussi bien aux pays du centre industrialisé qu'à ceux de la périphérie en mal d'industrialisation réelle ou fantasmée. Quelles questions ? Quels genres de problèmes ? Le titre et le sous-titre du présent cahier indiquent déjà les grands axes de la problématique que nous exposons non pas de façon exhaustive - il s'en faut de beaucoup - mais du moins introduire, en essayant de soulever quelques pans de ce long rideau d'évidences qui cache si bien les caractéristiques essentielles des objets.

  • Cet ebook bénéficie d'une mise en page esthétique optimisée pour la lecture numérique.

    Paul Thiry, baron d'Holbach, philosophe allemand d'expression française, place l'homme raisonnable au centre de toute sa philosophie. Il est l'un des premiers auteurs ouvertement athées, il nous offre ici un texte d'une grande portée idéologique sur les préjugés, leurs mécanismes et leurs conséquences sociales.
    Un grand classique des Sciences Sociales à découvrir ou à redécouvrir.
    Le texte comporte La Lettre de M. Denis Diderot sur l'examen de l'Essai sur les préjugés.

    EXTRAIT : « Que le genre humain ne se trompe donc plus sur la cause de ses maux, qu'il secoue le joug insupportable de ces préjugés sacrés qui ne serviront jamais qu'à troubler son esprit ; qu'il s'occupe de la terre qu'il habite ; qu'il songe à son existence présente ; que les nations, détrompées des Droits Divins de leurs chefs les rappellent à l'équité ; qu'elles les soumettent à des Lois ; qu'elles reprennent des droits inaliénables, soit qu'ils aient été arrachés par la force, ou surpris par la fraude, ou accordés par l'ignorance et la simplicité. Que le Citoyen n'obéisse qu'à la loi ; qu'en y vivant soumis il soit libre et sans crainte de personne ; qu'il travaille pour son propre bonheur : qu'il serve une Patrie et non pas une marâtre indigne de son amour, et non pas des Tyrans qui l'accablent de fers.
    Qu'instruit par la raison et la vérité, qui lui montreront toujours ses intérêts véritables, l'homme s'attache à ses associés dont il dépend par ses besoins ; qu'il maintienne une société nécessaire à sa félicité ; qu'il défende une patrie que tout lui rendra chère ; qu'il obéisse à des lois qui seront le gage de sa sûreté ; qu'il soit soumis aux puissances légitimes et que celles-ci soient soumises à l'équité. En un mot, que la vérité soit montrée à l'homme, que sa raison soit développée par l'éducation, que la législation et le gouvernement lui rendent nécessaire la pratique des vertus que l'éducation lui aura enseignées ; qu'une morale éclairée le rende bon par principe, citoyen par intérêt, sujet soumis pour son propre bien-être.»


  • Après le décès tragique de son père, tout bascule dans la vie de Sophia. Elle était obligée de faire des choix pour continuer ses études et les terminer. Alors, elle dut quitter le garçon qu'elle aimait profondément pour se marier avec un autre qui avait plus de moyens. Quelques années plus tard, les choix qu'elle avait faits la rattrapent. Son ex fit un retour fracassant dans sa vie, la mettant face à la réalité. Tout se complique dès lors pour la jeune dame. Elle devait choisir de rester avec son mari et leur enfant, ou repartir avec l'homme qu'elle avait jadis abandonné pour le confort matériel. Alors la jeune dame, prise entre le marteau et l'enclume, décida de ne choisir ni l'un ni l'autre. Elle emprunta une autre voie, elle avait croisé son âme soeur sur les réseaux sociaux. Elle ne le connaissait ni d'Adan ni d'Eve, mais il occupera tout son coeur, jusqu'à leur rencontre une année plus tard.

  • Le hasard fait bien les choses, nous dit-on. Mais il peut aussi mal les faire. C'est dire qu'il exerce un rôle non négligeable dans les domaines de l'action éthique et de la praxis esthétique. Selon Épicure et Lucrèce, le hasard serait même à l'origine de toute chose : de rerum il serait en quelque sorte la natura, pour peu que notre monde ait pris forme et consistance au sein d'un gigantesque chaos atomique, sans le concours d'un démiurge ordonnateur et législateur. « Cause fictive de ce qui arrive sans raison apparente ou explicable », aux dires des lexicographes, le hasard ne se laisse désigner qu'en creux. Il se définit par rapport à ce qu'il excède : la finalité rationnelle ou naturelle, d'un côté, le déterminisme des lois de la physique, de l'autre. Mot blanc, signifiant vide, hasard nomme cette part de l'événement qui échappe à la transcendance d'une volonté providentielle comme à l'immanence d'une nécessité matérielle. Il y a bien longtemps que les sciences de la nature - sous les coups de boutoir de l'évolution des espèces, la turbulence des fluides ou la physique quantique - ont abandonné une conception de la causalité oscillant entre la volonté rationnelle (ou inconsciente) et un strict déterminisme mécanique et légal. Voilà pourquoi, à son tour, la critique littéraire et artistique doit se mettre à penser la création esthétique en dehors des catégories de l'intentionnalité spirituelle et de l'inertie matérielle. La matière n'est pas plus inerte (in-ars) que l'auteur n'est tout puissant. La volonté et la nécessité ne recouvrent pas l'intégralité du champ de la création : la part laissée dans l'ombre et que l'on désigne au moyen du vocable hasard en appelle à de plus amples investigations.

  • Auguste Comte, l'inventeur du « positivisme », n'est pas un philosophe positiviste des sciences comme les autres. L'importance qu'il accorde à l'histoire des sciences, sa critique de la « méthode » et du « psychologisme », son attention à la diversité et à l'irréductibilité des sciences, ses objectifs politiques annoncent bien plutôt une pensée « post-positiviste », illustrée par Georges Canguilhem ou Michel Foucault.
    De même l'inspiration biologique et médicale du système comtien est particulièrement moderne. La biologie sert de modèle à la sociologie, avec les notions d'organisme et surtout de milieu. Avec la philosophie comtienne de la « médecine synthétique », le cerveau devient pour la première fois un objet philosophique à part entière. Et la politique de l'avenir est décrite comme une « biocratie », une politique de la vie et de la santé, que Comte résume en trois « utopies positives » : longévité indéfinie, « vaches carnivores » et « Vierge Mère », c'est-à-dire procréation artificielle.
    Comte est enfin le fondateur d'une religion étrange, organisée autour d'un véritable culte des morts, censés « gouverner les vivants », qui inspira aussi bien Barrès que Houellebecq. L'un des trois aphorismes de cette religion, « ordre et progrès », figure toujours sur le drapeau brésilien. Les deux autres, « vivre pour autrui » et « vivre au grand jour », sont des impératifs aujourd'hui trop peu discutés.
    Étudier ces aspects méconnus, et étonnamment contemporains, de l'oeuvre d'Auguste Comte permet sans doute de mieux comprendre notre présent, et de le juger.

  • La Philosophie dans le boudoir ou les Instituteurs immoraux se compose d'une série de dialogues érotiques « destinés à l'éducations des demoiselles ». Au fil des échanges, Sade décrit l'éducation sexuelle débridée de la jeune Eugénie par la libertine Mme de Saint-Ange, aidée de son frère, le chevalier de Mirvel, de Dolmancé, un ami de ce dernier, et de son jardiner Augustin.

    Fin mélange entre roman libertin aux descriptions très crues et diatribe philosophique contre la religion et la monarchie, ce texte contient l'essence de la pensée du sulfureux marquis de Sade, aujourd'hui considéré comme une référence de la littérature érotique.

  • L'attitude agnostique peut-elle être dépassée par l'accès à une ou plusieurs intimes convictions d'ordre métaphysique ? C'est à cette question que tente de répondre cet ouvrage, en revenant dans un premier temps sur les différents courants de la pensée occidentale, puis en menant une analyse critique de deux grandes religions - le christianisme et le bouddhisme - et enfin en prenant en compte le rôle du matérialisme.

  • L'"Entretien entre D'Alembert et Diderot" de Denis Diderot est le premier volet de la trilogie de dialogues qui constituent "Le rêve de D'Alembert", lequel est aussi le deuxième volet, c'est-à-dire qu'il suit le premier volet dont cet article de blog constitue la description, et précède la "Suite de l'entretien entre D'Alembert et Diderot". Bon, c'est toujours autant un texte révolutionnaire, un fourre-tout génial sans lequel on ne peut complètement appréhender la pensée de Diderot.

  • Gustave Courbet
    (Ornans, 1819 - La Tour de Peilz, Suisse, 1877)
    Ornans, sa ville natale, se situe près la ravissante vallée du Doubs, et c'est là que jeune garçon, et plus tard en tant qu'homme, il acquit l'amour du paysage. Il était par nature révolutionnaire, un homme né pour s'opposer à l'ordre
    existant et affirmer son indépendance ; il possédait la rage et la brutalité qui font le poids d'un révolutionnaire en art comme en politique. Et son esprit de révolte se manifesta dans ces deux directions.
    Il s'installa à Paris pour étudier l'art. Toutefois, il ne se fixa pas à l'atelier d'un maître influent en particulier. Dans sa province natale déjà, il n'avait pas cherché à se former à la peinture, et préférait maintenant étudier les chefsd'oeuvre exposés au Louvre. Au début, ses oeuvres n'étaient pas assez caractéristiques pour susciter une quelconque opposition, et elles furent admises au Salon. Puis il produisit L'Enterrement à Ornans, qui fut violemment pris d'assaut par les ritiques : «Une mascarade de funérailles, six mètres de long, dans lesquels il y a plus motif à rire qu'à pleurer ». En réalité, la véritable offense des tableaux de Courbet était de représenter la chair et le sang vivants ; des hommes et des femmes tels qu'ils sont vraiment, et faisant vraiment ce qu'ils sont occupés à faire - non pas des hommes et des femmes dépourvus de personnalité et idéalisés, peints dans des positions destinées à décorer la toile. Il se défendit en disant qu'il peignait les choses telles qu'elles sont, et professa que la vérité vraie devait être le but de l'artiste. C'est ainsi que lors de l'Exposition universelle de 1855, il retira ses tableaux du site officiel et les exposa dans une cabane en bois, juste à côté de l'entrée, arborant l'intitulé en majuscules : «Courbet - Réaliste ».
    Comme tout révolutionnaire, c'était un extrémiste. Il ignorait délibérément le fait que chaque artiste possède sa propre vision et sa propre expérience de la vérité de la nature ; et il choisit d'affirmer que l'art n'était qu'un moyen de représenter objectivement la nature, dénué d'intentions, et non une affaire de choix ou d'arrangement. Dans son mépris pour la beauté, il choisit souvent des sujets que l'on peut sans mal qualifier de laids. Il possédait néanmoins un sens de la beauté doublé d'une aptitude aux profondes émotions, qui transparaît tout particulièrement dans ses marines. Il se révéla être un peintre puissant, au geste ample et libre, utilisant des couleurs sombres en couche épaisse, et dessinant ses contours avec une fermeté qui rendait toutes ses représentations très réelles et mouvementées.

  • Si l'atomisme ne mène pas nécessairement au matérialisme, il y incline indiscutablement puisqu'il place au coeur du débat philosophique une réflexion sur la structure de la matière. Quant à l'histoire des sciences, elle gagne incontestablement à revenir toujours davantage de cette thèse fort sommaire et paradoxale qui passa longtemps pour un dogme, - thèse selon laquelle la physique contemporaine ne devrait rien ou presque rien à ce que Bachelard appelait avec un certain dédain : la « métaphysique de la poussière ». Avant le XIXe siècle, cette idée que l'être est un et, tout à la fois, sporadique n'aurait guère produit, nous dit-on en effet, que des rêveries plus ou moins bien construites autour des thèmes de la pulvérulence et de la granulation progressive de toute chose. Les auteurs des études ici réunies ont pris, au contraire, au sérieux cette intuition de l'essentielle discontinuité de tout ce qui apparaît - laquelle, même dans les époques pré-scientifiques, n'a nullement été l'apanage des Grecs (on la trouve chez les Arabes comme en Inde). Ils se sont donc efforcés d'examiner en détail quel fut le statut précis qu'accordèrent aux concepts d'atome et de vide quelques-uns de ceux qui, au XVIIe et au XVIIIe siècles, ont adopté ou critiqué l'hypothèse des atomes : Pascal, Descartes, Leibniz, Gassendi, l'auteur anonyme du Theophrastus redivivus, Galilée, Boyle, Newton, Diderot et Hume.

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