• On rit. C'est étonnant parce que, pris séparément, aucun d'entre eux ne pensait que la situation les pousserait à l'hilarité - or, de façon tout à fait inattendue, ils font contre mauvaise fortune bon coeur et les voilà qui s'esclaffent et qui se mettent à papoter, retrouvant les réflexes de cour de récréation, mais avec cet air de liberté unique qu'apporte avec lui l'Arbalète filant vers Paris.
    1975. Tandis que le pays subit les effets du premier choc pétrolier, que les femmes revendiquent leurs droits et que la mixité s'impose dans les cours de récréation, rien ne semble devoir troubler le quotidien des familles d'instituteurs du groupe scolaire Denis-Diderot. À moins que le train du changement ne s'engouffre tout à coup dans les classes et les corps et ne redessine les frontières d'un monde très différent.
    Jean-Philippe Blondel vit et enseigne à Troyes. Il est l'auteur de G229, Un hiver à Paris, 06H41... Romans publiés aux éditions Buchet/Chastel.

  • Une incroyable traversée du XX e siècle : l'histoire romancée d'Evelyne Pisier et de sa mère, deux femmes puissantes en quête de liberté.
    Mona Desforêt a pour elle la grâce et la jeunesse des fées. En Indochine, elle attire tous les regards. Mais entre les camps japonais, les infamies, la montée du Viet Minh, le pays brûle. Avec sa fille Lucie et son haut-fonctionnaire de mari, un maurrassien marqué par son engagement pétainiste, elle fuit en Nouvelle-Calédonie.
    À Nouméa, les journées sont rythmées par la monotonie, le racisme ordinaire et les baignades dans le lagon. Lucie grandit ; Mona bovaryse. Jusqu'au jour où elle lit
    Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. C'est la naissance d'une conscience, le début de la liberté.
    De retour en France, divorcée et indépendante, Mona entraîne sa fille dans ses combats féministes : droit à l'avortement et à la libération sexuelle, égalité entre les hommes et les femmes. À cela s'ajoute la lutte pour la libération nationale des peuples. Dès lors, Lucie n'a qu'un rêve : partir à Cuba. Elle ne sait pas encore qu'elle y fera la rencontre d'un certain Fidel Castro...
    Et soudain, la liberté, c'est aussi l'histoire d'un roman qui s'écrit dans le silence, tâtonne parfois, affronte le vide. Le portrait d'une rencontre entre Evelyne Pisier et son éditrice, Caroline Laurent - un coup de foudre amical, plus fou que la fiction. Tout aurait pu s'arrêter en février 2017, au décès d'Evelyne. Rien ne s'arrêtera : par-delà la mort, une promesse les unit.
    Découvrez le nouveau roman de Caroline Laurent,
    Rivage de la colère, finaliste de plusieurs prix :

    Prix des Maisons de le Presse 2020
    Prix France Bleue / Page des Libraires
    Prix des libraires
    Prix Françoise Sagan- Prix Marguerite Duras 2017 - Prix Première Plume 2017 (Furet du Nord) - Talent à découvrir Cultura 2017 - Sélection Prix du Style 2017 - Sélection Page des Libraires 2017 - Grand prix des lycéennes ELLE

  • Sur la plage, à l'été 1967, Alice rencontre Alexandre. Alice n'a que dix-huit ans, veille sur son frère et sa soeur et est vendeuse dans la droguerie de Mme Ginetta, dans le quartier où elle a grandi et qu'elle n'a jamais quitté. Alexandre est fils de médecin, beau, sûr de lui, étudiant à la faculté d'histoire et embrasse les idées révolutionnaires qui vont bientôt secouer la France. Séduite par la fougue du jeune homme qui lui ouvre d'autres horizons : la liberté, l'amour, la révolte aussi, Alice flotte alors entre deux mondes.
    À l'entrée dans la vie adulte, elle devra faire des choix, dictés par ses propres désirs !

  • Fille à pédés

    Miesseroff/Hazera

    Lola Miesseroff n'avait que 18 ans en 1966 lorsqu'elle s'entendit asséner ce qui devint une évidence: elle aimait vraiment beaucoup se lier d'amitié avec les hommes qui préfèrent les hommes et ceux-ci le lui rendaient bien. Une enfance dégenrée, une éducation naturiste et libertaire, un milieu familial socialement en marge l'avaient sans doute bien préparée à ce destin un peu particulier. Des années 1950 à nos jours en passant par Mai 68, de Marseille à Paris via San Francisco, des boîtes de nuit au mariage homogenré en passant par le Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR), c'est son aventure picaresque et bigarrée qu'elle conte dans ce récit de vie où l'on rencontre des femmes et des hommes singuliers, homo, hétéro et bisexuels, folles et garçonnes, travestis et transgenres.

    Lola Miesseroff, née en 1947, est l'autrice de Voyage en outre-gauche (Libertalia, 2018).

  • Avec la pugnacité d'un véritable enquêteur, Yan Pradeau tente dans ce récit à la croisée de l'autobiographie et du roman de comprendre comment on devient Alexandre Grothendieck, mathématicien de génie. Enfant déjà, celui qui est aujourd'hui considéré comme le refondateur de la géométrie algébrique se trouve sur la piste de la découverte du nombre Pi. À l'âge de 20 ans, il résout en quelques mois quatorze problèmes demeurés jusqu'ici irrésolus. De tous les mathématiciens du siècle, il est celui qui s'avère seul capable de généraliser un problème, d'apercevoir avec recul et démonter les liens possibles entre des figures mathématiques. Ce fils d'anarchistes, dont le père a péri à Auschwitz et la mère a succombé à une tuberculose contractée dans les camps, est férocement revêche à toute autorité et farouchement solitaire. En 1966, il refuse la très convoitée médaille Fields. Un temps enseignant au Collège de France, il est à compter de 1973 professeur à l'université de Montpellier. Mais il choisit de rompre rapidement avec le milieu scientifique pour vivre reclus en Ariège au début des années 1990, avant de tirer sa révérence en novembre 2014. Se détachent sous la plume alerte de l'écrivain la silhouette, puissante, de l'homme, son histoire personnelle et ses idéaux, et avec elle un siècle entier. Car Yan Pradeau ne retrace pas seulement la vie du mathématicien : il nous entraîne dans le tourbillon d'une époque, dans des milieux réputés fermés, qui apparaissent soudain dans toute leur vérité sous les yeux du lecteur. Entre le récit d'une vie et la grande histoire gravée sur le papier avec la finesse du burin et la phrase qui claque sans concession tel un couperet, cet Algèbre tient de la saga familiale comme de la grande histoire, depuis les camps de la mort jusqu'à nos jours.

  • « Avant de mourir, à 41 ans, Guy Hocquenghem a tiré un coup de pistolet dans la messe des reniements. Il fut un des premiers à nous signifier que, derrière la reptation des « repentis » socialistes et gauchistes vers le sommet de la pyramide, il n'y avait pas méprise mais accomplissement, qu'un exercice prolongé du pouvoir les avait révélés da- vantage qu'il les avait trahis. On sait désormais de quel prix - chômage, restructurations, argent fou, dithyrambe des patrons - fut payé un parcours que Serge July résuma en trois mots : "Tout m'a profité." »
    Cet ouvrage qui a plus de vingt-cinq ans ne porte guère de ride. L'auteur nous parle déjà de Finkielkraut, de BHL, de Cohn-Bendit, de Bruckner. Et déjà, il nous en dit l'essentiel. Renonçant aux apparences de la bienséance, de la suavité bourgeoise propres, Guy Hocquenghem a usé de la truculence, de la démesure. Son livre éclaire le volet intellectuel de l'ère des restaurations. Les forces sociales qui la pilotaient tiennent encore fermement la barre ; les résistances, bien qu'ascendantes, demeurent éparses et confuses. Nous ne sommes donc pas au bout de nos peines. Les repentis ont pris de l'âge et la société a vieilli avec eux. L'hédonisme a cédé la place à la peur, le culte de l'"entreprise" à celui de la police. Favorisés par l'appât du gain et par l'exhibitionnisme médiatique, de nouveaux retournements vont survenir. Lire Guy Hocquenghem nous arme pour y répondre avec ceux qui savent désormais où ils mènent. »
    (Extrait de la préface de Serge Halimi)

  • La dernière décennie de Michel Foucault a coïncidé avec l'agonie des espoirs de transformation sociale qui avaient marqué l'après-guerre. Face à cette « fin de la révolution », le philosophe a tenté de réinventer la manière dont nous pensons la politique et la résistance, ce que sa génération n'avait, jugeait-il, pas réussi à faire.

    C'est dans cette perspective qu'il s'est intéressé au néolibéralisme en tant qu'outil permettant de repenser les fondements conceptuels de la gauche et d'imaginer une gouvernementalité plus tolérante aux expérimentations sociales, ouvrant un espace aux pratiques minoritaires et à une plus grande autonomie du sujet vis-à-vis de lui-même. Le moyen, en somme, de réaliser le projet énoncé à la fin de sa vie, celui de n'être « pas tellement gouverné ». Et c'est ainsi que, dans sa quête d'une « gouvernementalité de gauche », Foucault a anticipé et contribué, en quelque sorte, au façonnement de la situation politique contemporaine.

  • Plongée immédiate dans le quartier latin en Mai 68. Des slogans d'inspiration situationniste recouvrent les murs : "Vivre sans temps morts." "Jouir sans entraves." "Ne travaillez jamais." Dès le 3 mai, 2000 étudiants sèment sur leur parcours leurs revendications. Lors de la Nuit des Barricades, l'imagination prend le pouvoir : "La société est une fleur carnivore." Puis vient la contestation pure : "Défense d'interdire" ou encore "C.R.S. = S.S.". La Sorbonne subit ensuite l'assaut des profanateurs : "Professeurs, vous nous faites vieillir." Les photographies de ces slogans, saisis à chaud, forment des documents exceptionnels sur ces dix jours de révolte. Les revendications, matériellement éphémères, resteront à jamais gravées dans les mémoires.

    Mousse, peintre en bâtiment puis journaliste, Walter Lewino (1924-2013) s'engage dans la France libre à l'âge de 17 ans. Démobilisé en 1946, il se lance dans des études de lettres. Il entre plus tard au Journal officiel puis devient rédacteur en chef adjoint de France Observateur. En 1978, il rejoint le Nouvel Observateur. Il est l'auteur de plusieurs romans, dont L'Heure (1959), L'Éclat et la blancheur (1967), Fucking Fernand (1976, porté à l'écran par Gérard Mordillat) et Châteaunoir (1998).

  • Grand entretien : Élisabeth de Fontenay. « Il faut repenser les Lumières avec les mots d'aujourd'hui »
    À l'occasion de son dernier ouvrage, En terrain miné (Stock, 2017), la philosophe Élisabeth de Fontenay évoque son amitié conflictuelle avec Alain Finkielkraut, son attachement au judaïsme, sa vision de la laïcité et de l'islam et son engagement pour la cause animale.
    Dossier : Qu'est-ce que le macronisme ?
    -> Rencontre de Ricoeur et de Macron par Olivier Mongin
    En 1999, Emmanuel Macron accepte de travailler comme assistant éditorial de Paul Ricoeur. Olivier Mongin explique l'influence intellectuelle du philosophe sur l'étudiant et son rôle d'éducateur politique auprès du futur président.
    -> La place de Paul Ricoeur dans la philosophie contemporaine par Olivier Abel
    /> Olivier Abel définit la pensée de Paul Ricoeur, son style et ses grands thèmes de prédilection (la question du mal, le langage, le temps).
    -> Le prince et la République par Philippe Raynaud
    Emmanuel Macron a rédigé un mémoire de maîtrise sur Machiavel. Philippe Raynaud se demande en quoi les concepts machiavéliens peuvent ou non illustrer l'action du président.
    -> L'enfant caché de Giono par Franz-Olivier Giesbert
    Giono figure au panthéon littéraire d'Emmanuel Macron, aux côtés notamment de Gide et Camus.
    -> Mitterrand, l'avenir de Macron ? par Laure Adler
    Mettre en parallèle François Mitterrand et Emmanuel Macron permet de dégager d'intéressantes similitudes et dissemblances.
    -> Le macronisme est-il schumpétérien ? par Annick Steta
    Maladroitement assimilée aux théories de Joseph Schumpeter, la philosophie économique d'Emmanuel Macron puise à d'autres sources, comme l'analyse Annick Steta.
    Littérature -> Inédit. Julie Wolkenstein « Regarde ! Regarde comme je suis fait pour toi ! »
    Julie Wolkenstein raconte comment elle trouva un long-métrage disparu d'Éric Rohmer, sujet de son dernier roman, Vacances (POL, 2017).

  • Le 18 mai 1968, sous les drapeaux rouges et noirs de la Sorbonne occupée, se constitue le Comité d'action étudiants-écrivains. Pendant des mois, ses militants se réunissent pour produire des tracts, des affiches et des bulletins et les distribuer au carrefour des rues, sur les marchés, aux portes des usines, à l'exemple des centaines de comités apparus dans la région parisienne. Délaissant la littérature, ils défendent l'espace public oppositionnel créé par le soulèvement, où ils reconnaissent l'émergence d'une parole d'outrage et la préfiguration d'un communisme libertaire.
    Aux côtés de Marguerite Duras, Daniel Guérin, Jean-Jacques Lebel, Dionys Mascolo et d'une vingtaine d'autres écrivains et intellectuels, Maurice Blanchot s'engage corps et âme dans ce comité. Se mêlant aux foules insurgées, il prend le parti de la « pègre », des « émeutiers » et des « enragés », de tous ceux qui s'éprouvent ingouvernables. Ces semaines insurrectionnelles qui viennent clore pour lui une décennie d'engagements anti-autoritaires lui donnent le sentiment d'être à la fin de l'histoire, toute communauté dissoute, tout pouvoir destitué : « la révolution est derrière nous ».

  • Récit du parcours de Benny Lévy par son épouse Léo. Ce récit simple et touchant revient sur sa vie, ses maîtres en philosophie et en sagesse, leur rencontre, celle d'un tout jeune Juif arrivé d'Egypte et d'une fille du faubourg Saint-Antoine, et la constance de leur relation.

  • Comme des sujets accros aux drogues, les sociétés pourraient-elles devenir elles-mêmes « addictes » ? C'est-à-dire pathologiquement dépendantes de la recherche compulsive de certains biens, en dépit de ses conséquences nocives pour l'ensemble de la collectivité ? Si l'on en croit une critique ravageuse qui traverse toutes les productions culturelles, et en particulier le cinéma, c'est bien ce qui arrive aux démocraties libérales contemporaines : optimisation extrême des activités, course à l'argent et au succès, surconsommation marchande, usage compulsif des technologies, épuisement des ressources naturelles, corruption de la démocratie...
    Loin de contredire le processus de rationalisation propre au capitalisme moderne, cette dérive addictive en serait plutôt la conséquence paradoxale qui rend de plus en plus difficile la poursuite de fins rationnelles communes. Si les cibles de l'émancipation portent toujours sur les libertés et égalités de base, devenues de plus en plus précaires, elles s'étendent désormais aux moyens de protéger le désir intime des intrusions marchandes, technologiques ou sécuritaires, qui enserrent les habitants dans un réseau de plus en plus dense de dépendances indésirables.

  • Enfant du premier vingtième siècle, leader politique du second, François Mitterrand (1916-1996) fut un homme de culture. La littérature fut pour lui une passion, et il fera de l'écriture une activité de chaque instant. Arme politique tout autant que reflet d'une plume au style singulier, les textes mitterrandiens témoignent d'un homme et d'une époque. Il fallait les contextualiser pour offrir au lecteur d'aujourd'hui une analyse historique, ce à quoi cette édition des oeuvres, fruit d'un travail de plusieurs années mené par une large équipe de spécialistes, s'attache. Dans ce deuxième volume, se trouvent réunis : Le Coup d'État permanent (1964) « Entre de Gaulle et les républicains il y a d'abord, il y aura toujours le coup d'État. » Toute la thèse de François Mitterrand tient dans cette courte phrase. Avec ce livre de combat, Mitterrand franchit une nouvelle étape : en choisissant l'arme littéraire pour affronter le Général, il prend date avec l'Histoire, ayant l'intuition que son propre destin doit passer par une opposition irréductible au gaullisme, quitte à en caricaturer la présentation de façon à susciter le débat. Ma part de vérité (1969) Candidat à la Présidence de la République contre de Gaulle en 1965, puis leader de la Fédération de la Gauche Démocratique et Socialiste, François Mitterrand incarne une option bien définie : l'unité de la gauche, celle-là même dont l'abandon vient de se solder aux élections législatives du 1er juin par un échec retentissant. Après avoir donné les grandes étapes d'une autobiographie politique, Mitterrand livre sa « part de vérité » : il faut reconstruire cette gauche en miettes. Un socialisme du possible (1971) « Un socialisme du possible », maillon souvent ignoré, permet pourtant de comprendre le passage du François Mitterrand leader de l'Union de la Gauche au rénovateur du PS après Mai 1968. Marginalisé par ce mouvement spontané, il tente ici de se réapproprier une partie de l'effervescence intellectuelle du moment et trace la voie à l'union des socialistes puis de la gauche. Il entend montrer que la conciliation entre ce que l'on appellera plus tard la « deuxième gauche » et la tradition socialiste issue de la SFIO est nécessaire pour arriver au pouvoir.

  • « En Mai, je faisais ce que je pouvais. J'avais dix-neuf ans, un bon poste d'observation, étudiant à Nanterre. J'étais curieux, timide et politiquement oblique?: depuis quelque temps j'étais bénéficiaire du statut d'objecteur de conscience et tout entier requis par un amour nouveau, des études de lettres et de cinéma, et la conviction confortable que seule la non-violence valait qu'on se batte. Si bien que, malgré la fascination que j'éprouvais pour le désordre, je pris bien tard le train révolutionnaire en simple figurant, peu de barricades, quelques manifs, un peu de Sorbonne et d'Odéon, et le convoyage de tracts à Flins et ailleurs puisque, faute d'engagement politique vindicatif, je disposais d'une automobile que je mis courageusement à la disposition d'activistes plus convaincus, tant que le réservoir de la 4?CV le permit. J'écoutais Europe 1 jusqu'à pas d'heure pour y entendre des récits qui me font aujourd'hui une mémoire. Trente ans plus tard, on me proposa d'écrire dans Libération une chronique au jour le jour sur Mai, je me souvenais que je n'y étais pas pour grand-chose... »

  • Mai 1968, alors que les premiers élans révolutionnaires échauffent le Quartier latin, Armand, jeune homme solitaire, survit mystérieusement à une mort violente. Un vieil homme lui redonne goût à la vie et lui offre la possibilité de revenir la veille de chaque journée pour en changer son cours. Armand comprend qu'il peut ainsi influencer le destin des autres et même l'Histoire, au cours de cette période particulièrement tumultueuse... jusqu'à une limite qu'il ne tarde pas à franchir.

    Armand se reconstruit et découvre le passé ombrageux de sa famille, la France étudiante et l'amour. Sa passion pour une jolie lycéenne au caractère volcanique l'entraînera au-delà de la raison dans les souterrains clandestins du métro, puis loin des frontières de son pays.

  • Le management met-il en péril la culture française ? La peur de voir le management mettre en péril la culture française met-elle en péril la prospérité économique du pays ?
    Ces questions soulèvent en France des oppositions si passionnées que le plus souvent elles provoquent moins un débat qu'une fracture qui rend l'argumentation rationnelle quasi impossible. L'auteur propose de dépasser ces polémiques en se plaçant sous le patronage d'Alexis de Tocqueville :

    parce que le développement du management pose la question de la relation entre la France et les États-Unis dont traite De la démocratie en Amérique ;
    parce que le développement du management en France est étroitement lié aux événements de 1968, ultime réplique des bouleversements analysés dans L'Ancien Régime et la Révolution ;
    parce que Tocqueville est autant un penseur de l'administration que des systèmes politiques et enfin ;
    parce que la façon dont le développement des grands systèmes administratifs est susceptible d'engendrer une crise dans la démocratie fait l'objet de ce que l'on pourrait appeler la troisième grande prophétie de Tocqueville.

  • Elle est l'outil privilégié de la contestation, l'incarnation de la contre-culture qui a vu le jour, en France, dans le sillage de Mai 68. Elle donne à entendre une parole libérée qui se répand dans tous les domaines de la société et génère autant de mouvements d'émancipation et de remise en cause du système dominant. En s'appuyant sur les titres emblématiques, ce livre dresse le portrait d'une nouvelle presse et d'une génération qui a conquis sa liberté à la force des idées et des mots. Il fait le portrait des années 70 pleines d'effervescence qui ont vu jaillir le mouvement écologiste, la libération des femmes, les revendications des homosexuels, les mouvements communautaires, les réflexions en matière de santé, d'éducation, de justice, et de rapport à l'autre et à la différence.

    Né en 1984, Steven Jezo-Vannier est spécialiste de la contre-culture et de l'univers rock. Il est l'auteur de San Francisco, l'utopie libertaire des sixties, aux Éditions Le Mot et le Reste.

  • Le 3 mai 1972, Fabienne Lauret est embauchée à l'atelier couture de Renault-Flins.
    Issue de la génération de Mai 68, membre du groupe Révolution !, elle est une établie, comme on appelle ces jeunes militant·es qui entraient en usine pour changer le monde. Elle y restera plus de trente-six ans.
    Loin des clichés habituels, elle nous raconte la condition ouvrière moderne, la souffrance au travail, l'exploitation quotidienne.
    Féministe, elle est plus particulièrement sensible à la condition des ouvrières et au sexisme dont elles sont victimes, tant de la part de leurs collègues ouvriers que de la direction patronale. La bataille qu'elle mène avec détermination est longue, rude et exige une infinie patience.
    Militante CFDT, puis déléguée syndicale, elle anime ses premières grèves. Indissociables de son parcours professionnel, ses activités syndicales nous plongent au coeur des fortes luttes sociales qui ont secoué l'usine de Flins.
    Élue au comité d'entreprise, puis salariée de celui-ci, elle participe au développement d'une autre conception de cette institution sociale, qui heurte les conservatismes de la direction syndicale qui succède à la CFDT et qui utilise contre elle les méthodes patronales les plus éculées.
    L'Envers de Flins, parcours de vie, parcours de lutte, est aussi le témoignage vivant et fort d'une féministe ouvrière qui n'a jamais renoncé à transformer le monde.

  • Loin d'être une simple étiquette neutre, la notion de consommateur est le résultat d'une histoire dont les dimensions sont intellectuelles et politiques. Au consommateur « aliéné » mis en avant par les critiques radicales de la « société de consommation », les libéraux ont opposé la vision optimiste d'un agent économique libre et informé, trouvant dans une offre abondante, diversifiée et renouvelée les moyens de son épanouissement. Le débat a confronté, au cours des années 1970-1980, journalistes, hommes politiques, hauts fonctionnaires, juristes, etc. Pour l'essentiel, les choses en sont là aujourd'hui encore. Les libéraux l'ont emporté : qui oserait s'opposer au libre choix d'un consommateur souverain, pierre de voûte d'un ordre social fondé sur les valeurs marchandes ? Le livre éclaire cette consécration du consommateur à travers plusieurs angles : l'action gouvernementale, celle des militants consommateurs et de la presse consumériste, le droit de la consommation, la formation des vendeurs.

  • La vie de Georges Séguy, secrétaire général de la CGT de 1967 à 1982, décédé en août 2016, s'inscrit dans l'histoire du xxe siècle. Son père, tour à tour employé dans les vignes, soldat pendant la guerre 1914-1918 et cheminot, le plonge très tôt dans les combats syndicaux. À 12 ans, le petit Georges assiste au congrès de réunification de la CGT à Toulouse. Durant l'Occupation, il rejoint un groupe de résistants. Arrêté et déporté à 16 ans à Mauthausen, il survit grâce à la solidarité de ses compagnons. À son retour, devenu lui aussi cheminot, il accède alors qu'il n'a pas 20 ans à des responsabilités au sein de la CGT.
    Secrétaire général de la Fédération CGT des Cheminots en 1949, il devient membre du bureau politique du Parti communiste en 1954, un peu avant la révélation des crimes de Staline. Treize ans plus tard, il succède à Benoît Frachon à la tête de la CGT et joue un rôle clé dans les événements de Mai-Juin 68, proposant l'immense manifestation du 13 mai qui lance la grève générale et représentant sa confédération syndicale lors des négociations de Grenelle.
    Il dirige ensuite la CGT tout au long des années 1970, tandis que se forge l'union de la gauche et que commence la désindustrialisation. Il exprime alors le désir de donner à la confédération une plus large assise et une plus grande indépendance vis-à-vis du PCF sans toutefois parvenir totalement à ses fins.
    En retraçant le parcours de ce militant syndical emblématique que fut Georges Séguy, Christian Langeois dessine le portrait d'un homme affable, atteint dans sa chair par le drame du stalinisme, qui puise la source de son engagement dans l'expérience douloureuse et indélébile de la déportation.

  • On assiste de toutes parts au « retour » de l´événement. Aux notions de structure, d´invariant, de longue durée, d´histoire immobile se sont substituées les notions de chaos organisateur, de fractale, de théorie des catastrophes, d´émergence, de mutation, de rupture... Ce basculement n´affecte pas la seule discipline de l´histoire. Il est général à l´ensemble des sciences humaines et atteste une préoccupation nouvelle d´attention à ce qui advient de nouveau dans une interrogation renouvelée sur l´événement. François Dosse, dont les travaux en historiographie sont connus, met dans cet ouvrage la notion d´événement à l´épreuve du regard de diverses disciplines pour en mesurer la fécondité potentielle. Comme l´a dit Michel de Certeau, « l´événement est ce qu´il devient », ce qui induit un déplacement majeur de l´approche de l´événement de ses causes à ses traces. Telle est la grande nouveauté que perçoit l´auteur et qui change radicalement notre rapport à l´événement en le défatalisant. On ne peut donc parler d´un simple « retour » de l´événement au sens ancien du terme.

  • Les années 1960 furent le théâtre de l'un des épisodes les plus brillants de l'histoire de la pensée philosophique en France. Elles s'ouvrirent sur le triomphe public du structuralisme, avec La Pensée sauvage de Lévi-Strauss, se continuèrent par le renouvellement du marxisme proposé par Althusser et de la psychanalyse par Lacan, ...

  • Deux femmes se rencontrent dans les rassemblements, professeur issue d'un milieu bourgeois pour l'une, étudiante issue d'un milieu ouvrier pour l'autre. Dès les premiers regards, elles s'aiment... Un amour de mai qui grandit au cours des événements. Mai 68 écrit dans l'attente de l'être aimé... attente devenue éternité.
    L'une meurt dans un accident de voiture en juin. Amour tragique, inassouvi, tout comme cette révolution de mai qui ne finit pas de finir.
    Martine Storti a écrit là le roman de mai 68...

  • « On ne peut pas penser 68 sans Daniel Cohn-Bendit. Car Dany, comme on l'appelle souvent familièrement, est une des figures les plus fortes de notre vie publique depuis le 22 mars 1968. Il n'a pas traversé les événements d'alors, franchi et refranchi le Rhin, il nous a accompagnés durant un demi-siècle, je dirais, de sa "bonne nature". Engagé, franc, décontracté, respectueux des autres, fort dans ses valeurs, européen. Aussi, il y a dix ans, avec Stéphane Paoli, nous avons eu envie de commémorer 68 avec lui. Un privilège. C'est ainsi qu'est né ce petit livre. Pas un texte factuel, mais le dessin d'un chemin, d'un désir de vivre, hier comme aujourd'hui. Republier ce texte aujourd'hui sans une retouche, s'il est un acte de fidélité à notre jeunesse, est aussi une contribution à l'aventure de la France qui fut, cette année-là, bouleversée. » Jean Viard, sociologue et éditeur

    « L'ensemble des propos de ce livre est détonant. » Le Figaro
    « Cet éternel provocateur dépous¬sière ici la mythologie soixante-huitarde. » Bernadette Atlan, Le Nouvel Observateur
    « Il raconte combien les événements ont fait avancer les mentalités sur la question. » Catherine Robin, Marianne

    Daniel Cohn-Bendit, né en France en 1945, s'entretient ici avec le journaliste Stéphane Paoli et le sociologue Jean Viard.

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