Sciences humaines & sociales

  • Plus de 200 millions de femmes sont excisées dans le monde. 44 millions d'entre elles ont moins de 15 ans. En France, on en compterait 60.000, et 500.000 au sein de l'UE. Même si cette pratique barbare est interdite dans la majorité des pays, elle se pratique encore au nom de traditions obscures qui condamnent les femmes à la soumission sans plaisir physique. 4 millions de femmes sont vendues chaque année à des proxénètes, des marchands d'esclaves ou des maris. Les deux tiers des 900 millions d'analphabètes de notre planète sont des femmes. Plus de 30% des femmes sont confrontées à des violences conjugales, et une femme perd la vie chaque minute en accouchant. Ghada Hatem-Gantzer n'a jamais accepté cette terrible comptabilité de l'outrage et de la violence.

    Ghada Hatem-Gantzer est une gynécologue-obstétricienne franco-libanaise. En 2016, elle a fondé la Maison des Femmes à Saint-Denis, première structure en France à offrir une prise en charge globale des femmes victimes de violences.

  • Les frontières structurent notre espace de mouvement et en même temps constituent des lieux où s'actualisent représentations, identités et pouvoir. Lieux de la mondialisation, elles s'effacent pour favoriser les échanges. Lieux des migrations, elles trient les individus, discriminent et rejettent les indésirables. Lieux barrière contre les épidémies, elles enferment et confinent...
    Les frontières sont des repères et nous permettent d'appréhender le monde. Or, de l'univers hyper connecté qui nous englobe, elles apparaissent comme beaucoup plus complexes qu'une simple ligne sur une carte. Y a-t-il des frontières naturelles ? Les États sont-ils seuls à définir les frontières ? Quid des frontières maritimes ? De l'effet du terrorisme sur les frontières ? Les murs frontaliers freinent-ils l'immigration ? La mondialisation effacet-elle vraiment les frontières ?
    À travers de multiples exemples, cet ouvrage démonte quelques idées reçues et ouvre le débat, en convoquant l'histoire, mais aussi en écoutant les acteurs des frontières et en observant les pratiques et les politiques frontalières. Oscillant entre flux et contrôle, les frontières d'aujourd'hui constituent un prisme original pour appréhender le monde dans lequel nous vivons et les rapports que nous entretenons entre nous.

  • La Corse a donné à la France un nom commun, le maquis. Le couvert végétal de l'île est devenu le symbole universel de la résistance aux occupations et aux tyrannies.
    Au coeur de l'Europe, au milieu de la Méditerranée, la Corse a longtemps subi son histoire, réduite à une suite ininterrompue de tentatives de conquête et d'invasions étrangères. Les habitants y ont alors acquis une solide expérience dans la résistance. Depuis les origines jusqu'à nos jours, Robert Colonna d'Istria brosse le récit de leur tumultueuse histoire. On y retrouve des grands hommes, réels ou légendaires : Giudice de Cinarca, Vincentello d'Istria, Sampiero Corso, Pascal Paoli, Napoléon Bonaparte... Mais sont aussi là tous ceux, moins illustres, qui furent phéniciens, étrusques, grecs, romains, sarrasins, pisans, génois, aragonais, anglais, français, et qui réussirent l'exploit, à travers les tourments de l'histoire, de savoir avant tout rester eux-mêmes.

  • La civilisation grecque a émergé à partir du moment où les Grecs se séparaient les uns des autres et s'installaient loin de la Grèce continentale, jusque sur les rivages de la mer Noire et de la péninsule Ibérique. C'était là une diaspora sans foyer d'origine, puisqu'il n'y avait pas d'empire grec ou de centre grec établi qui aurait dirigé la création de ces centaines de communautés. Une fois dispersés, au lieu de s'assimiler et de s'orienter vers leurs nouveaux environnements, ces Grecs continuèrent à se référer les uns aux autres à travers la Méditerranée et la mer Noire tout en cristallisant par là même leurs points communs et leur identité collective. À terme, les communautés grecques finirent par se ressembler entre elles bien plus qu'à aucun de leurs voisins étrusques, scythes ou libyens. Dans ce nouvel ouvrage, Irad Malkin emploie les concepts de la théorie des réseaux pour rendre compte de manière originale de l'essor de la civilisation grecque au cours de la période archaïque. Les dynamiques de connectivité des réseaux actuels tels que l'Internet, qui tient très peu compte des délimitations traditionnelles, sont remarquablement similaires aux réseaux de colonisation, de commerce, d'art et de cultes religieux de la Méditerranée archaïque. Ces liens, à la fois pensés et fortuits, réduisirent rapidement la distance qui séparait les noeuds du réseau grec, faisant de la vaste Méditerranée et de la mer Noire un « petit monde ». Offrant une contribution majeure à un courant en plein essor de la recherche en Histoire, Un tout petit monde permet de dépasser le traditionnel modèle centre-périphérie de l'expansion grecque.

  • Daniel Herrero est fort de ses racines occitanes et de ses souvenirs de Méditerranée. Un espace pour lui illimité, ouvert sur le monde, dont il retrouve les traces et les parfums, les enseignements et les antagonismes au fil de ses nombreux voyages - souvent dans des conditions spartiates. Un livre de témoignages et de réflexions fortes sur cette Mare nostrum qui est, pour lui, celle de tous les hommes. Barbe blanche et cheveux ceints d'un bandana rouge, ce personnage haut en couleur a gardé une passion pour le verbe au moins égale à celle qu'il nourrit pour l'Ovalie. Celui qui se qualifie de « nomade sédentaire de la Méditerranée » nous fait ­partager ses vagabondages et ses références dans un ouvrage accompagné de dessins qu'il a réalisés au cours de ces voyages et qu'il montre ici pour la première fois. Un texte brut et fort. Daniel Herrero, ancien joueur de rugby devenu entraîneur, est aujour­d'hui conférencier et consultant. José Lenzini, qui l'interroge, fut long­temps correspondant du Monde et de La Tribune.

  • Spécialiste de géopolitique dans cette zone en conflit permanent, l'amiral Jean-François Coustillière nous donne les clés des situations passée et à venir.
    La Méditerranée, aujourd'hui, est un théâtre où se jouent dans une inextricable et inquiétante confusion conflits religieux, armés, politiques, et drames environne­mentaux, démographiques et économiques. Révélant l'envers du décor, Jean-François Coustillière, dans un dialogue remarquablement intelligent avec José Lenzini, éclaire les motifs et les stratégies des acteurs, zoome sur les détails (par quel tour de passe-passe l'Arabie saoudite devient-elle une démocratie fréquen­table ?), élargit le champ aux puissances internationales qui, bien qu'éloignées, tiennent à protéger leurs intérêts en Méditerranée (Russie, USA). Il scrute sous la même lumière crue les rôles de la France et des pays européens, loin d'être innocents et aux diplomaties emplies de contradictions.
    Le tableau serait désespérant si l'auteur ne montrait, grâce à sa fine connaissance du sujet, que d'autres scénarios sont possibles... à condition que se manifeste une volonté de s'y engager.

    Jean-François Coustillière, né à Bizerte (Tunisie), a exercé sur le théâtre opérationnel aéronaval de Méditerranée ou du Proche et Moyen-Orient. Il quitte la Marine en 2005 et crée le cabinet JFC Conseil dédié aux questions méditerranéennes. Il préside l'association Euromed-IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

  • Notre monde est confronté aujourd'hui aux pirates somaliens ou nigérians qui attaquent indifféremment les navires de plaisance ou les pétroliers. Les Romains ont connu eux aussi bien des difficultés avec le pirate, ennemi insaisissable dès qu'il était dans son élément, réfractaire à tout traité et que le peuple haïssait plus que tout. La fin de la République romaine permet d'observer un moment de l'histoire antique où deux formes de piraterie cohabitent. La petite piraterie, immémoriale, dérangeante, dangereuse pour ceux qui la subissent mais qui n'interfère pas outre mesure dans la conduite du monde. Autrement plus préoccupante est la grande piraterie car ce ne sont plus des individus isolés qui s'y livrent mais des peuples entiers, avec leurs villes, leurs ports, leurs arsenaux. Apparue sur les rivages désolés de l'Anatolie, en Cilicie, une forme particulièrement virulente de banditisme marin va gagner peu à peu le bassin méditerranéen, se combinant avec d'autres facteurs et d'autres pirateries localisées pour finalement gêner l'expansion souveraine de Rome. Cet ouvrage donne à comprendre comment ces forbans travaillaient, quels étaient leurs bateaux, leurs tactiques, leurs butins mais aussi quels efforts a dû déployer le Sénat romain pour réduire puis éliminer ces redoutables Ciliciens.

  • Boris Cyrulnik et Boualem Sansal revisitent les périodes de fracture qui s'étendent de l'hégémonie ottomane sur la Méditerranée orientale à la conquête du Royaume arabe de Grenade par les Espagnols, de la découverte des routes océaniques vers les Amériques à l'époque moderne et aux ambitions coloniales. Ils abordent les antagonismes entre une chrétienté défendue par l'Espagne et l'Islam ottoman expansionniste qui perdurent jusqu'à nos jours avec les nombreuses falsifications de l'histoire qui ne favorisent pas les rapprochements.
    Quant au terrorisme, il continuera même si la paix est là, au besoin il inventera une cause de rechange, concluent les deux interlocuteurs. Et pourtant... ! Comme ce livre en témoigne un dialogue reste possible entre les deux rives au milieu du fracas des armes.

    Boris Cyrulnik est un psychiatre et psychanalyste français. Il a publié de très nombreux ouvrages, principalement chez Odile Jacob.
    Boualem Sansal est un écrivain algérien. Il a reçu en 2015 le Grand prix de l'Académie française pour son roman 2084 : la fin du monde (Gallimard).
    Cet entretien a été mené par le journaliste José Lenzini.

  • La mer Méditerranée est aujourd'hui devenue l'une des frontières les plus meurtrières de l'histoire. Chaque jour, un nombre incalculable de femmes et d'hommes bravent ses eaux pour fuir leur pays à feu et à sang.

    Cette traversée constitue une épreuve inimaginable. Pour en rendre compte, le reporter allemand Wolfgang Bauer s'est infiltré dans un groupe de réfugiés. Aux côtés de Syriens qui tentaient d'aller d'Égypte en Italie pour atteindre l'Europe du Nord, il a été ballotté d'un repaire à l'autre, d'un esquif à l'autre, jusqu'à se faire incarcérer en Autriche. Il a subi l'angoisse de l'attente, la cruauté des passeurs et la brutalité des gardes-frontières ; il a vu la proximité de la mort et cet horizon qui ne cesse de se dérober pour certains... alors qu'il semble si naturellement acquis pour d'autres.

  • En 1420, l'île de Korcula (aujourd'hui en Croatie) passe sous la domination de Venise. Ses archives, d'une richesse exceptionnelle, permettent de dresser le tableau d'une société vivant en bordure de l'empire maritime vénitien au xve siècle : comment ce microcosme de paysans et de bergers, de pêcheurs et de marins commerçants, de patriciens et de populares a-t-il été transformé par son insertion dans l'espace contrôlé par la grande puissance méditerranéenne ? Oliver Jens Schmitt enrichit l'approche historique classique par les détails d'une micro-histoire dans laquelle dimensions sociales, économiques et politiques se juxtaposent et se mélangent. On voit comment le doge de Venise intervient dans l'histoire tumultueuse des amours de Dragaci´c et de Franusa. Et, grâce aux procès-verbaux des gardes champêtres et aux registres du port, on comprend la vie quotidienne de l'île, avec ses histoires d'incendies, de contrebande et de moutons volés, à la frontière des mondes méditerranéen et adriatique. Entre la toute-puissante Venise et ce petit monde de paysans et de marins, c'est un jeu permanent de négociation du pouvoir qui règle la vie de l'île et de ses habitants.

  • Le mardi de Pâques 31 mars 1282, la Sicile tout entière se révolte contre les troupes de Charles d'Anjou, le frère de Saint Louis, qui occupent le royaume depuis près de vingt ans. Au signal donné à l'heure des vêpres, la population se précipite dans une chasse aux Français qui va faire près de 8000 victimes puis refouler Charles d'Anjou hors de l'île et y installer pour finir la Couronne d'Aragon. À la fois chant populaire et chronique historique, le bref récit de la fin du XIIIe siècle ici présenté met en scène Jean de Procida, l'âme de la rébellion. Héros bafoué mais rusé comme Ulysse, il tisse tambour battant un immense complot à travers toute la Méditerranée, de Byzance à Barcelone en passant par Rome et Palerme. Ce Complot de Jean de Procida, évocation épique de la Sicile insoumise, est aussi à sa façon l'un des tout premiers romans d'espionnage.

  • FICHIER EPUB - MISE EN PAGE FIXE. - L'histoire de la Provence a été écrite plusieurs fois, et elle a même donné lieu à des travaux aussi importants que variés; mais elle ne l'a pas été récemment. Or, chaque époque a le devoir d'écrire l'histoire et de l'augmenter de toutes les conquêtes nouvelles.
    Tout nous incitait donc à écrire l'histoire de cette Provence, notre petite patrie, dont le territoire semble aujourd'hui ne comprendre que le pays s'étendant de la Durance à la mer, mais qui, nul ne peut le contester, a embrassé autrefois tout le sud-est de ce qui devait être la France, c'est-à-dire toutes les terres auxquelles la Méditerranée fait, avec le Rhône et les Alpes, une incomparable ceinture.
    /> Quand nous disions tantôt que l'histoire de la Provence n'a pas été écrite récemment, nous avons voulu dire qu'elle ne l'a pas été d'une façon suivie et méthodique. Au fait, qu'avons-nous voulu sinon vulgariser, mettre, ce qui était enfermé dans des milliers d'ouvrages, à la portée de tous, à la portée surtout de ceux qui n'ont ni les connaissances nécessaires, ni le loisir, ni la commodité de lire tant de livres. Notre oeuvre aura-t-elle une vie durable? Nous l'espérons, convaincu cependant, comme nous l'avons dit, que l'histoire contemporaine ne peut être l'histoire définitive, chaque siècle tirant de son sein un résultat nouveau. Mais, quoi qu'il arrive de ces pages, nous nous réjouirons de les avoir écrites... » (extrait de l'Introduction, édition originale de 1908).
    En voici une nouvelle édition entièrement recomposée, abondamment illustrée, et qui sera déclinée en douze tomes. Ce premier tome concerne les origines préhistoriques et antiques jusqu'à la fondation de Massilia.
    Emile Camau (1860-1946), historien, membre de la Société de statistique, d'histoire de d'archéologie de Marseille et de Provence, il fut également un dirigeant de la Caisse d'Epargne des Bouches-du-Rhône. Son grand oeuvre reste cette Provence à travers les siècles, qui va des origines à la Restauration, soit 6 gros volumes de près de 500 pages chacun, parus entre 1908 et 1939.

  • Ce volume est le deuxième d'une série d'ouvrages portant sur « Statuts, écritures et pratiques sociales dans les sociétés de la Méditerranée occidentale à la fin du Moyen Âge (XIIe-XVe siècle) », visant à étudier les statuts communaux dans une optique d'histoire sociale, non pas comme une source « normative » mais comme une source de la pratique, de leur matérialité et de leur forme d'écriture aux pratiques sociales en passant par les conditions de leur production et de conservation, leur inscription dans un paysage documentaire communal, leur structure et leur contenu. Cet ouvrage, plus spécifiquement, se donne pour but de replacer la matière statutaire de l'Italie (Sienne, Ferrare, Gênes, Rimini, Milan, Orvieto, Pérouse, Todi, Pise, Lucques, la Sicile et Candie vénitienne) et du Midi de la France (Agen, Marseille, Avignon, Rodez et Comtat Venaissin) au sein d'un ensemble de documents produits par les autorités communales, par d'autres institutions présentes dans la commune ou par une autorité supérieure (seigneur laïc ou ecclésiastique, prince, roi ou pape) exerçant son dominium. Il s'agit donc d'éclairer le statut dans son paysage documentaire pour mesurer les circulations documentaires en repérant et en analysant tout les points de contact entre les statuts et les autres documents. Du niveau le plus haut ou le plus large (comtal, provincial ou royal) au plus restreint (groupements professionnels) en passant par l'échelon communal, les différentes strates normatives se superposent et se complètent mais peuvent également entrer en concurrence, nous dévoiler des tensions entre les divers niveaux de réglementation, chacun de ceux-ci espérant marquer son emprise, dominer un espace ou un secteur d'activité. Statuer peut, en ce sens, apparaître comme un enjeu social de toute première importance.

  • Qui n'a jamais su qu'une bande de mercenaires fondèrent, au coeur du Moyen-Âge, un improbable « duché catalan d'Athènes » ? Un témoin direct de cette invraisemblable équipée, Ramon Muntaner, en a pourtant consigné la mémoire dans une Chronique qu'il dédia, à la fin de sa vie, au roi d'Aragon.

  • Longtemps considéré comme une région périphérique en Méditerranée et dans l'Islam, le Maghreb médiéval est au contraire très tôt intégré dans des réseaux d'échanges, d'abord dans le cadre de la construction d'un espace islamique largement ouvert sur la mer, ensuite dans celui d'une Méditerranée dominée par les puissances latines européennes. Connecté à la fois à l'Orient, à l'Afrique subsaharienne et à la Méditerranée, le Maghreb islamique s'insère entre le viie et le xve siècle dans des connexions complexes qui donnent à ses ports un rôle croissant dans les échanges commerciaux, mais aussi plus largement dans la structuration de l'espace maghrébin et méditerranéen, à la fois comme pôles d'impulsion régionaux et interfaces entre des réseaux terrestres et maritimes. L'analyse des sources arabes et latines permet ainsi de montrer comment les acteurs politiques et économiques contribuent à faire évoluer ces réseaux commerciaux à différentes échelles, en premier lieu dans un espace centré sur les pays d'Islam, puis à partir du xie siècle dans une économie-monde en formation, connectant l'Afrique, l'Europe latine et l'Asie.

  • Ce volume est le troisième d'une série d'ouvrages portant sur « Statuts, écritures et pratiques sociales dans les sociétés de la Méditerranée occidentale à la fin du Moyen Âge (xiie-xve siècle) », visant à étudier les statuts communaux dans une optique d'histoire sociale, non pas comme une source « normative » mais comme une source de la pratique, de leur matérialité et de leur forme d'écriture aux pratiques sociales en passant par les conditions de leur production et de conservation, leur inscription dans un paysage documentaire communal, leur structure et leur contenu. Cet ouvrage s'intéresse plus spécifiquement aux statuts « vus de l'intérieur », c'est-à-dire à l'analyse de leur organisation interne : la structure adoptée, le plan choisi et les thèmes abordés. L'éclairage porte sur les grandes villes de Toscane, de Romagne, d'Ombrie, de Vénétie ou du sud de la France (Marseille, Avignon), sur des communautés urbaines de dimension moyenne (Arezzo ou Bergame) et des petites villes : L'Aquila dans les Abruzzes, Ascoli, Cingoli, Matelica et Esanatoglia dans les Marches ou Libourne, Tarascon, Arles, Alès, Lunel ou Uzès dans la France méridionale. Les statuts et les coutumes présentent le plus souvent un découpage thématique et un classement en livres, rubriques et chapitres destinés à organiser la vie en commun de la population (institutions, justice, vie économique de la commune) et qui offrent un outil de gouvernement efficace à l'oligarchie urbaine. Ils prennent en charge le poids des évolutions de la fin du Moyen Âge en matière de droit, de langue, de régime politique, de mode de gouvernement et de pratiques sociales marquées par la passé, ancrées dans le présent et tournées vers l'avenir.

  • Comment l'Europe du Nord-Ouest, en marche vers la civilisation démocratique et industrielle, a-t-elle constitué les régions méridionales en contre-modèles ? Comment même, au sein des pays concernés, les élites dirigeantes et savantes ont-elles parfois travaillé à isoler et à mettre à distance des Sud (insulaires ou péninsulaires) que par ailleurs elles prétendaient aider à intégrer ? Pour répondre à ces questions, les auteurs de ce volume reviennent sur la genèse des représentations tendant à dévaloriser les Midis ou à leur réserver une voie de développement spécifique, des Lumières finissantes jusqu'à l'âge des nationalismes, d'une part, et de l'après-seconde guerre mondiale à nos jours d'autre part. Différents types de description et d'approche des Midis de l'Europe sont ici mobilisés : relations de voyage, constructions savantes, enquêtes scientifiques, réformes administratives ou économiques.

  • Comment penser la Méditerranée?? Un monde de parfums, de couleurs, d'échanges et de rencontres?? Un ensemble de sociétés qui présentent un air de famille?? Mais c'est aussi un univers de conflits et de haine. Comment passe-t-on de la coexistence bienveillante à l'affrontement sanglant?? Chaque groupe se définit ici dans un jeu de miroirs avec ses voisins. Et ce sont ce jeu et ces différences qui permettent de parler d'un «?monde méditerranéen?». Aussi, rappeler les pratiques de mixité, les épisodes heureux de coexistence, les valeurs partagées d'une rive à l'autre, ne doit pas masquer la vigueur des antagonismes, car les deux forment un tout insécable.
    Une voie pour les adoucir, peut-être les surmonter, est de prendre conscience de leur relativité. Ce voyage en Méditerranée, dans l'espace et dans le temps, invite à ce pas de côté...

    Christian Bromberger est professeur émérite d'ethnologie à l'université d'Aix-Marseille, membre senior de l'Institut universitaire de France (chaire d'ethnologie générale), il a dirigé l'Institut français de recherche en Iran. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages.

  • Définir toujours plus finement les contours des sociétés médiévales et les hiérarchies qui les traversent, mettre en lumière leurs stratégies économiques, scripturaires et politiques en valorisant l'agency des individus, tels sont les champs embrassés par François Menant ces quarante dernières années. Le crédit, les conjonctures de crise et les réponses qu'y apportent les sociétés urbaines et rurales, leur litteracy et leur communication politique sont autant de thèmes sur lesquels cet ouvrage a l'ambition d'offrir un panorama actualisé. Couvrant un large arc chronologique, du haut Moyen Âge à la Renaissance, dans un espace européen généralement orienté autour de la Méditerranée, ce livre collectif a également vocation à retracer les vastes réseaux scientifiques internationaux tissés par François Menant au cours de sa carrière : anciens élèves de l'École normale supérieure de Paris, maîtres de conférence, professeurs des universités, venus de France, d'Europe ou des Amériques offrent ainsi un instantané de la recherche en histoire économique et sociale actuelle. De l'individu au groupe, de la figure de l'entrepreneur médiéval aux élites rurales, de François Menant à ses élèves et à ses collègues, tel est le chemin que permettra de parcourir cette étude.

  • 1801.
    Un homme né dans un port de Macédoine, petit négociant en tabac, ne sachant ni lire ni écrire, débarque dans la vallée du Nil. Se hissant à la tête de l'Égypte, il devient en quatre ans, quelque trente siècles après Ramsès II, le dernier pharaon. Maître absolu, il réalise l'impossible, arrache le pays aux ténèbres, crée un empire qui s'étend du golfe Persique au désert de Libye, du Soudan à la Méditerranée, soit dix fois la France - la moitié de l'Europe - se rapprochant ainsi des nues où trône son idole : Napoléon Bonaparte.
    D'une terre sans forêts, il tire une marine. Il fonde des écoles, des hôpitaux, un arsenal, des industries, une armée - la plus puissante de tout l'Orient - importe les premières machines à vapeur, dote l'Égypte de plus de cent soixante kilomètres de canaux, d'un télégraphe aérien, fait planter plus de cent mille pieds d'oliviers et dix millions de mûriers aux frontières du désert. Et tout cela, il l'accomplit avec la France et grâce aux Français.
    C'est ce dernier pharaon - celui à qui la France doit l'obélisque de la Concorde - que Gilbert Sinoué fait revivre sous nos yeux. Il le fait, avec l'extrême rigueur de l'historien et le grand talent de conteur qu'on lui sait. "Sans doute parce qu'il vit le jour dans ce pays et qu'il comprend si profondément le Proche-Orient, Gilbert Sinoué a-t-il pu pénétrer avec tant de finesse la mentalité de son héros, analyser ses réactions, comprendre les mobiles qui l'animèrent et, guidé par une érudition méticuleuse et sans faille, suivre jusqu'à sa mort l'invraisemblable aventure de l'homme de Kavàla.
    " Christiane Desroches Noblecourt

  • Des femmes, des enfants, des familles entières se noient tous les jours en Méditerranée... le plus grand cimetière marin de la planète. Des jeunes élevés dans nos quartiers nous tirent dessus, ou partent faire la guerre en Syrie et en Irak, en Libye avec Daech. Ici, les peurs montent - l'extrême droite progresse - et poussent au populisme jusqu'à Londres, Moscou et Washington. En même temps, pour voir une grande mosquée, il faut aller jusqu'à Paris alors qu'il y a plusieurs millions de Français musulmans. Et on ne parle des quartiers que lorsque des voyous s'entretuent ou attaquent une voiture de police. Terrorisme, Brexit, Donald Trump... et après ? Quand va-t-on enfin regarder la situation en face, cesser les grandes incantations républicaines pour remettre à plat un vivre-ensemble en crise ? Quand va-t-on valoriser une France multiple comme une chance au coeur de la mondialisation, saisir les enjeux de l'Afrique au xxie



  • Au croisement des secousses et des crises : la Méditerranée. Déstabilisations sur la rive sud, flux migratoires incontrôlés, rivalités larvées à l'est pour l'exploitation des ressources énergétiques, présence militaire simultanée de toutes les grandes puissances (de Washington à Pékin sans oublier Moscou...), affirmation croissante des puissances régionales... Mare nostrum est plus que jamais agitée, éclatée. D'ailleurs, fut-elle jamais le bassin uni dont rêvèrent trente années de politiques européennes - des politiques de bonne volonté, mais dont l'échec en dit beaucoup sur ses complexités. Comment penser cette Méditerranée-là, qui reste le centre de tous les dangers ?
    La crise ukrainienne semble rabattre l'Alliance atlantique sur un métier initial quelque peu oublié : la défense des États membres. Le sommet de Varsovie de juillet 2016 a voulu exprimer très officiellement une remobilisation de l'OTAN. Plus limité et raisonnable qu'on ne le dit, le nouvel effort de défense occidental sur le Vieux Continent fera-t-il sa place au dialogue avec Moscou ? Ce dialogue est, en tout cas, ouvert largement dans ce numéro de Politique étrangère.
    Coincés entre le Brexit et l'élection de Donald Trump, les Européens pourraient bien devoir rapidement, au-delà des décisions de l'OTAN, se poser la question de leur propre dispositif de défense. Un article du Secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale s'interroge sur les pistes possibles et réalistes. Tandis qu'une autre contribution explore l'avenir du Brexit : fin d'une Europe, commencement d'une autre ?

  • Nec plus ultra : « et pas au-delà ». Cette locution nourrie des mythes antiques entourant le détroit de Gibraltar est une création de Charles Quint, le conquérant du Nouveau Monde. Sa devise Plus oultre marquait son désir de dépasser la puissance romaine. Mais Rome a-t-elle toujours envisagé l'Extrême Occident méditerranéen comme un nec plus ultra, comme les confins immuables et indépassables de son empire ? Les espaces des colonnes d'Hercule, polarisés par Cadix et Tanger, ont moins représenté des bornes infranchissables pour les Romains que les montants d'un seuil, à la fois une protection de la mer Intérieure et une ouverture sur l'Océan. Cet Extrême Occident, ces Portes du Soir du mythe héracléen, ont donc été un enjeu crucial dans l'élaboration de l'Empire romain, des guerres puniques jusqu'à la Tétrarchie.

  • L'espace méditerranéen n'a pas seulement été « inventé » depuis les trois derniers siècles : il a été aussi construit - ou reconstruit - dans le cadre de mutations qui ont affecté le politique, l'économie, le social et le culturel et dans lesquelles les élites ont toujours joué un rôle moteur. Cet ouvrage poursuit deux objectifs. Le premier consiste à prendre en considération l'ensemble du processus avec ses différences de formes et de niveaux. Le deuxième porte sur les stratégies des acteurs et s'inscrit dans une volonté d'ouverture des recherches sur les élites.

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