Les Belles Lettres éditions

  • La civilisation grecque a émergé à partir du moment où les Grecs se séparaient les uns des autres et s'installaient loin de la Grèce continentale, jusque sur les rivages de la mer Noire et de la péninsule Ibérique. C'était là une diaspora sans foyer d'origine, puisqu'il n'y avait pas d'empire grec ou de centre grec établi qui aurait dirigé la création de ces centaines de communautés. Une fois dispersés, au lieu de s'assimiler et de s'orienter vers leurs nouveaux environnements, ces Grecs continuèrent à se référer les uns aux autres à travers la Méditerranée et la mer Noire tout en cristallisant par là même leurs points communs et leur identité collective. À terme, les communautés grecques finirent par se ressembler entre elles bien plus qu'à aucun de leurs voisins étrusques, scythes ou libyens. Dans ce nouvel ouvrage, Irad Malkin emploie les concepts de la théorie des réseaux pour rendre compte de manière originale de l'essor de la civilisation grecque au cours de la période archaïque. Les dynamiques de connectivité des réseaux actuels tels que l'Internet, qui tient très peu compte des délimitations traditionnelles, sont remarquablement similaires aux réseaux de colonisation, de commerce, d'art et de cultes religieux de la Méditerranée archaïque. Ces liens, à la fois pensés et fortuits, réduisirent rapidement la distance qui séparait les noeuds du réseau grec, faisant de la vaste Méditerranée et de la mer Noire un « petit monde ». Offrant une contribution majeure à un courant en plein essor de la recherche en Histoire, Un tout petit monde permet de dépasser le traditionnel modèle centre-périphérie de l'expansion grecque.

  • Notre monde est confronté aujourd'hui aux pirates somaliens ou nigérians qui attaquent indifféremment les navires de plaisance ou les pétroliers. Les Romains ont connu eux aussi bien des difficultés avec le pirate, ennemi insaisissable dès qu'il était dans son élément, réfractaire à tout traité et que le peuple haïssait plus que tout. La fin de la République romaine permet d'observer un moment de l'histoire antique où deux formes de piraterie cohabitent. La petite piraterie, immémoriale, dérangeante, dangereuse pour ceux qui la subissent mais qui n'interfère pas outre mesure dans la conduite du monde. Autrement plus préoccupante est la grande piraterie car ce ne sont plus des individus isolés qui s'y livrent mais des peuples entiers, avec leurs villes, leurs ports, leurs arsenaux. Apparue sur les rivages désolés de l'Anatolie, en Cilicie, une forme particulièrement virulente de banditisme marin va gagner peu à peu le bassin méditerranéen, se combinant avec d'autres facteurs et d'autres pirateries localisées pour finalement gêner l'expansion souveraine de Rome. Cet ouvrage donne à comprendre comment ces forbans travaillaient, quels étaient leurs bateaux, leurs tactiques, leurs butins mais aussi quels efforts a dû déployer le Sénat romain pour réduire puis éliminer ces redoutables Ciliciens.

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