Robert Laffont

  • Somerset Maugham peut être considéré comme le plus français des grands écrivains anglais du XXe siècle. Il s'est illustré dans tous les genres littéraires et particulièrement dans des nouvelles qui, au dire de Patricia Highsmith, « semblent englober toute l'expérience humaine en l'espace de quelques pages. » Les Trois Grosses Dames d'Antibesest le premier de quatre recueils à paraître dans la collection « Pavillons poche » qui rassemblent les nouvelles de Somerset Maugham. On y découvre l'univers de l'auteur : l'Empire britannique, cet ailleurs colonial que l'auteur chérit et qui le fait rêver ; l'Espagne, un autre ailleurs parfois idéalisé ; et la France, où il a passé son enfance. Abordant dans un anticonformisme avoué ses thèmes de prédilection littéralement amoraux, ces courts récits mettent notamment en scène des fils de bonne famille qui se mettent à jouer et fréquenter des femmes, un repris de justice qui part dans le Pacifique, devient bigame et goûte enfin au bonheur... Autant de personnages dépeints avec ironie et tendresse.
    Les nouvelles, parfois cruelles, dénoncent avec un esprit décapant le monde étriqué de la bourgeoisie et de ses préoccupations, et l'univers désuet de l'aristocratie. Souvent drôle, plein de fantaisie et empreint d'une certaine nostalgie, ce volume est celui d'un monde en train de disparaître, celui de la jeunesse de l'auteur.

  • " James A. Michener possède quelque chose de rare et précieux : l'art de rendre l'histoire concrète, tangible. " The Boston Globe.
    Un groupe d'archéologues américains entreprend des fouilles en Israël, à Makor. À chaque niveau, ils mettent au jour des objets évoquant la vie de ceux qui ont vécu sur ces terres depuis la nuit des temps. À partir de cet épisode fictionnel, James A. Michener recrée, d'une manière extraordinairement vivante, avec toute sa maestria de romancier amateur d'histoire, la vie à Makor sous la domination successive des Cananéens, des Hébreux, des Égyptiens, des Babyloniens, des Turcs et des Anglais. Et c'est ainsi que sous nos yeux se déroule la passionnante histoire de la Palestine : Terre promise, Terre sainte.La Source est unanimement considéré comme le chef-d'oeuvre du grand écrivain américain, qui nous livre ici tout à la fois un grand divertissement et une belle leçon d'histoire.

  • Depuis sa plus tendre enfance, Mack McAsh passe ses heures de veille au fond du puits de la mine de charbon des Jamisson, en Ecosse. Alors que le jeune homme brûle du désir de s´évader de cet enfer sur terre, il trouve un appui inespéré en la personne de Lizzie Hallim, une jeune aristocrate aussi belle qu´impulsive, qui ne sait comment échapper au poids des traditions et du mariage de convention auquel elle a dû consentir. Dans la société anglaise étriquée du XVIIe siècle, l'un et l'autre n'ont de choix qu'entre la soumission ou la révolte. Animé par une soif de justice inaltérable, Mack entre en conflit avec son propriétaire, puis avec le gouvernement britannique et se voit condamner à la déportation en Amérique. Le destin remet alors Mack et Lizzie l´un en face de l´autre, sur une terre de liberté à la mesure de leur passion.

  • 1866. Un jeune élève du collège de Windfield, non loin de Londres, se noie lors d'une escapade qui tourne au drame. Plusieurs garçons sont témoins. Parmi eux, Micky Miranda, fils d'un grand propriétaire terrien d'Amérique du Sud, Edward Pilaster, l'hériter de la fortune des Pilaster, une richissime dynastie de banquiers, et Hugh Pilaster, un cousin pauvre d'Edward, rejeté par la famille depuis que son père, victime d'un krach bancaire, s'est pendu. Ce tragique accident - mais s'agit-il d'un accident ? - et les secrets qui l'entourent vont marquer à jamais ces trois garçons. Leurs destins ne cesseront dès lors de s'entrecroiser au fil des rivalités amoureuses et des luttes impitoyables pour s'assurer le contrôle de la banque. Des bureaux lambrissés d'acajou des grands temples de la finance aux bas-fonds londoniens où les gentlemen s'encanaillent dans le jeu et la débauche, tous seront tour à tour les instigateurs et les victimes d'un drame dont les péripéties se dérouleront inexorablement au long des années.

  • Maddaddam

    Margaret Atwood

    Une peste créée par l'homme a ravagé la Terre. Les rares survivants forment une communauté avec une espèce inoffensive, fabriquée pour remplacer les humains, les Crakers. À sa tête, un couple au passé tumultueux, Toby, experte en champignons et abeilles, et Zeb, mangeur d'ours et fils d'un prêcheur maléfique. Dépositaire et garante de la mémoire, Toby transmet aux Crakers, curieux comme des enfants et avides de légendes, l'histoire des hommes. Au contact les uns des autres, humains et Crakers posent les fondements d'un nouveau monde...
    Avec une verve extraordinaire, une imagination et une inventivité d'écriture sans limites, un humour décapant, Margaret Atwood joue de la dystopie pour bâtir un conte d'un genre unique. Mêlant tout à la fois récit d'aventures et histoire d'amour, pamphlet politique et écologique, réflexion sur la science et la religion, la sexualité et le pouvoir, elle nous offre ici une oeuvre d'une grande maturité, un " roman total " qui conclut magnifiquement le cycle commencé avec Le Dernier Homme et Le Temple du déluge.

  • C'est dans ses innombrables et incessants déplacements que Graham Greene, voyageur, homme d'action et d'écriture, a puisé le matériau et l'atmosphère si souvent exotiques de ses romans. Dans Notre agent à La Havane (1958), Graham Greene plante son décor à Cuba juste avant la révolution castriste dont on peut voir la prémonition en filigrane dans son récit. Acuité du regard d'un ex-reporter et rédacteur au Times ! Quant à l'histoire, elle est ébouriffante : c'est celle d'un citoyen britannique ordinaire, marchand d'aspirateurs à La Havane, qu'un agent secret de l'Intelligence Service recrute sur sa seule bonne mine et son naïf patriotisme, pour lui confier la mission de créer un réseau d'espions imaginaires...
    Cette aventure tragique et burlesque à la fois, cruelle aussi dans son dénouement, inspira aussitôt à Carol Reed un classique du cinéma - occasion, pour Alec Guinness, d'un de ses inoubliables numéros d'acteur.

  • Portée par une prose électrique, cette grande fresque en 3D de la vie à Miami est un miroir de l´Amérique des années 2010, comme le fut pour les années 1990 le New York du Bûcher des vanités.
    Brillant, culotté, à l´humour corrosif : un Tom Wolfe très grand cru.« Une invasion armée, c´est une chose, évidemment. Mais Miami est la seule ville d´Amérique - et même du monde, à ma connaissance - où une population venue d´un pays étranger, dotée d´une langue et d´une culture étrangères, a immigré et établi sa domination en l´espace d´une génération à peine - par la voie des urnes. Je veux parler des Cubains de Miami. Dès que j´ai pris conscience de cette réalité, j´ai trépigné d´impatience : il fallait que j´y aille. C´est ainsi que j´ai passé deux ans et demi dans la mêlée, en plein coeur de l´immense foire d´empoigne qu´est Miami. Il faut le voir pour le croire ; ou bien (oserais-je le suggérer ?) le lire dans Bloody Miami. Dans ce livre - où il n´est pas question d´hémoglobine, mais de lignées -, Nestor, un policier cubain de vingt-six ans, se retrouve exilé par son propre peuple de la ville d´Hialeah, la véritable « Little Havana » de Miami, pour avoir sauvé de la noyade un misérable émigrant clandestin de La Havane ; Magdalena, sa ravissante petite amie de vingt-quatre ans, leur tourne le dos, à Hialeah et à lui, pour des horizons plus glamour en devenant la maîtresse d´abord d´un psychiatre, star des plateaux télé et spécialiste de l´addiction à la pornographie, puis d´un « oligarque » russe dont le plus grand titre de gloire est d´avoir donné son nom au Musée des beaux-arts de Miami (en lui vendant des faux pour soixante-dix millions de dollars...) ; un professeur haïtien risque la ruine pour que ses enfants mulâtres soient pris pour des Blancs ; un chef de la police noir décide qu´il en a assez de servir d´alibi à la politique raciale du maire cubain ; le rédacteur en chef WASP de l´unique quotidien anglophone encore publié à Miami, certes diplômé de Yale mais qui ne comprend rien aux contradictions intrinsèques et complètement cinglées de cette ville, meurt de peur de perdre sa place - et ses privilèges ; tandis que son jeune reporter vedette, également sorti de Yale - mais qui, lui, a tout compris -, s´échine (avec succès et avec l´aide de Nestor, notre jeune policier cubain) à traquer le scoop qui lui permettra de se faire une place à la hauteur de son ambition... et je n´évoque là que neuf des personnages de Bloody Miami, qui couvre tout le spectre social de cette mégapole multiethnique. J´espère qu´ils vous plairont. C´est un roman, mais je ne peux m´empêcher de me poser cette question : et si nous étions en train d´y contempler l´aurore de l´avenir de l´Amérique ? » Tom Wolfe

  • " Quiconque a menti à sa femme, à sa maîtresse ou à son enfant pourra peut-être reconnaître cette corruption privée qui provient d'un secret que l'on ne peut pas révéler. " Graham Greene
    Une fuite est découverte dans un sous-département des services secrets britanniques, entraînant une opération de contrôle. Dans l'atmosphère lourde de suspicion qui en découle, les personnages sortent peu à peu de l'ombre... Graham Greene retourne ici à ce monde du renseignement qu'il a bien connu et pour lequel il a gardé une fascination ironique. Mais l'espionnage et ses péripéties illustrent aussi de façon aiguë et parfois tragique que la rigidité obtuse des raisons d'État est trop souvent oublieuse du facteur humain.

  • Élevé par sa grand-mère à la suite de tragédies familiales multiples, Grady Tripp grandit dans la fascination de son voisin, Albert Vetch, auteur de romans d´épouvante et inspirateur de sa future vocation.
    Devenu adulte et professeur de lettres à l´université de Pittsburg, Grady travaille, ou plutôt se débat depuis près d´une décennie avec son nouveau roman, un manuscrit proche de l´absurde et bourré d´inutiles digressions de plus de deux mille pages, intitulé Des garçons épatants. La vie de Grady est aussi peu linéaire que son roman. Tout juste quitté par sa femme, il vient d´apprendre que sa maîtresse Sara, la présidente de son université, la femme de son supérieur hiérarchique, est enceinte de lui. Et comme si cela ne suffisait pas, Grady se convainc qu´il est passionnément amoureux d´une de ses étudiantes, la jeune Hannah...
    Autour de Grady gravitent deux autres personnages principaux : Terry Grabtree, flamboyant et cynique explorateur de diverses drogues et autres plaisirs, qui vient de se faire virer de son poste d´éditeur, et James Leer, un des plus fervents disciples de Grady, jeune homme anxieux et fragile, mythomane avéré et atteint d´une attirance morbide pour les suicides de stars hollywoodiennes.
    Ces trois paumés magnifiques, pour ne pas dire ces trois garçons épatants, nous embarquent dans une aventure aussi noire qu´hilarante, une comédie rocambolesque, émouvante et cynique, qui a révélé Michael Chabon comme l´un des auteurs les plus talentueux de sa génération.

  • " Voilà une lecture qui réchauffe le coeur. " USA Today " Grisham pourrait bien être le plus grand romancier américain contemporain. " The Philadelphia Inquirer Paul Tracey vit paisiblement à Santa Fe avec sa femme et leurs trois filles. Jusqu'au jour où il apprend que son père, Warren, avec lequel il a rompu tout lien, est atteint d'un cancer incurable. À la fin des années 60, Warren Tracey, joueur de base-ball professionnel, a connu sa brève heure de gloire dans la célèbre équipe des Mets de New-York. Arrogant et sournois, il a tristement marqué les annales du base-ball en visant à la tête un fabuleux joueur en pleine ascension, " Calico " Joe, lors d'un match crucial de 1973. Après des mois d'hospitalisation consécutifs à une attaque cérébrale, Joe s'est retrouvé handicapé et aveugle d'un oeil. Sa carrière s'est brisée net, alors qu'il était sur le point de devenir le Di Maggio de sa génération. Âgé de onze ans, Paul, dont Joe était l'idole, a été témoin du lancer déloyal de son père. Depuis ce jour, il ne lui a plus inspiré que du dégoût. Père absent et époux infidèle, Warren a divorcé de sa femme puis s'est remarié plusieurs fois et a médiocrement fini sa carrière. Paul s'est éloigné de lui, au point de ne plus le voir que tous les dix ans. La mort annoncée de ce père détestable le pousse soudain à assouvir un besoin de réparation qui l'habite depuis plus de trois décennies. Joe vit désormais à Calico, sa ville natale, en Arkansas. Sans savoir ce qu'est devenu ce malheureux, Paul rêve que Warren lui rend visite pour lui demander pardon. Mais comment s'y prendre pour qu'une fois, au moins, avant de disparaître, son père reconnaisse un de ses torts et tente de se racheter ? Paul projette alors de lui soumettre un marché en forme de chantage...

  • La mer

    John Banville

    Peu de temps après la mort de sa femme Anna, Max revient dans le village où enfant, il a passé l´été qui a façonné sa vie.
    Ce retour dans la petite station balnéaire de Ballyless, c´est une retraite contre le chagrin, la colère et la douleur de la vie sans Anna.
    Mais c´est aussi un retour sur les lieux où, cinquante ans plus tôt, Max rencontra la famille Grace : cette riche famille bourgeoise qui, cet été-là, avait loué la villa des Cèdres qui subjuguait le garçon pauvre qu´il était alors ; cette riche famille bourgeoise dont il se rapprocha et avec laquelle il expérimenta, pour la première fois, l´étrange soudaineté de l´amour et de la mort mêlés...
    /> Constance, la mère séductrice ; Carlo, le père autocrate ; Rose, la gouvernante ; et puis les mystérieux jumeaux, Chloé et Myles, le garçon muet... Chacun d´eux est l´un des acteurs des souvenirs d´enfance de Max. Et tandis qu´il revient, parce qu´il a perdu son dernier amour, sur les traces du premier (Chloé), ces souvenirs remontent à vif, à peine supportables. Car cet été-là s´est terminé sur une tragédie...
    Entremêlés à l´histoire de cet été dont il va peu à peu comprendre, un demi-siècle après ce qui s´y est passé, l´influence déterminante qu´il a eu sur son existence d´homme, il y a ses souvenirs de sa femme, de leur vie ensemble, de sa maladie et de la longue année de souffrance qui a fini par l´emporter. Il y a aussi les liens de sa vie présente : avec sa fille Claire, âgée de vingt ans, qui s´inquiète pour lui ; avec les autres locataires des Cèdres qui ont eux aussi leurs secrets.
    De même que le mouvement de la mer sans cesse se renouvelle, ce flux et ce reflux de souvenirs mêlés au présent du narrateur ouvrent chez le lecteur des échos infinis... Magistralement composé et écrit, La Mer est un roman d´une beauté envoûtante, mélancolique et sensuelle, sur l´amour, la perte et le pouvoir de la mémoire.

  • Du général Custer à Sitting Bull, du mont Rushmore au pont de Brooklyn, le grand roman de l'Amérique de Dan Simmons.
    Indien lakota, Paha Sapa alias " Collines noires " possède un don remarquable : il lui suffit de toucher un être humain pour pénétrer sa conscience et lire dans son passé comme dans son avenir. C'est en 1876, lors de la bataille de Little Big Horn, qui oppose une coalition de tribus indiennes aux tuniques bleues du général Custer, que le jeune Indien alors âgé de onze ans découvre ses pouvoirs visionnaires et divinatoires. Entré fugitivement en contact avec Custer, Collines noires est aussitôt envahi par les pensées du chef de guerre américain, tombé au champ d'honneur. Il va devoir désormais cohabiter avec cet esprit étranger qui loge en lui.
    Les Collines noires (en anglais, Black Hills), c'est également le nom que les Blancs ont donné au territoire sacré des Indiens, dans le Dakota du Sud. Un lieu où, dans les années 1930, ils ont décidé d'édifier une oeuvre monumentale à la gloire des Pères fondateurs de la nation américaine : les quatre célèbres statues sculptées sur le mont Rushmore, au coeur même de ce sanctuaire. C'est là que, devenu vieux, Collines noires travaille en tant que dynamiteur - caressant le rêve fou de réduire un jour en poussière ces symboles infamants de la suprématie autoproclamée de l'Homme blanc.
    Figure emblématique de la science-fiction, Dan Simmons se mue, avec Collines noires, en historiographe. À l'instar de son héros Collines noires, dont il narre le destin prodigieux - depuis son enfance au côté de Sitting Bull et Crazy Horse jusqu'à la fin de sa vie au mont Rushmore, en passant par ses années au sein de la troupe de Buffalo Bill, la rencontre de l'amour lors de l'Exposition universelle de Chicago de 1893 ou ses souvenirs de la construction du pont de Brooklyn -, Simmons nous invite à pénétrer la psyché des Amérindiens. Il en tire un plaidoyer vibrant en faveur d'une civilisation à la richesse incomparable, impitoyablement ruinée par le cours de l'Histoire.

  • Recueil de sept nouvelles,Chroniques de Ford Countyest sans nul doute le livre le plus personnel et le plus littéraire de Grisham. Toutes les histoires se déroulent dans ce comté du Mississippi où se tenait déjà l'intrigue de son premier roman,Non coupable. Dans cette peinture réaliste du sud des Etats-Unis et de ses petites villes enclavées, le cadre offre, bien plus qu´un décor, un climat, un fil conducteur, presque un personnage à part entière.
    Grisham donne ici un aperçu de la vie ordinaire, et moins ordinaire, des petites gens. Il ouvre le recueil avec un récit à l´humour noir féroce, « Collecte sanglante », dans lequel trois hommes partis en virée pour faire un don de sang à un ami hospitalisé s´arrêtent dans un club de strip-tease et finissent en prison, puis termine sur une note beaucoup plus touchante avec l´histoire d´un « Drôle de garçon », un homosexuel blanc atteint du sida et soigné jusqu´à sa mort par une vieille femme noire.
    Entre les deux, Grisham s'arrête sur les parcours chaotiques de plusieurs citoyens, confrontés chacun à leur façon à la tentation de l´illégal : un avocat frustré qui détourne les dommages-intérêts, un arnaqueur qui se prétend en partie amérindien pour ouvrir un casino, un surveillant dans une maison de retraite qui manipule les patients et le personnel... Tantôt captivantes, tantôt émouvantes, ces histoires décrivent les bribes de vie d'une certaine souche de la société américaine. Elles démontrent, s'il en était encore besoin, le talent de conteur de John Grisham.

  • Rick Dockery, quarterback pour les Cleveland Browns, s´est fait virer de son équipe après avoir en un minimum de temps accumulé un maximum de fautes catastrophiques. Plus personne, aux États-Unis, ne veut de lui mais il n´imagine pas d´abandonner le football, qui est toute sa vie. Il supplie Arnie, son agent, de lui trouver une place, n´importe où... La première surprise de Rick est de découvrir qu´il existe une ligue de football américain en Italie, la deuxième est que l´improbable équipe des Panthers de Parme rêve d´un quarterback américain. Les autres surprises vont s´enchaîner sur un rythme d´enfer.
    Efficace et généreux, La Revanche est, autant qu´un livre de sport, une réjouissante comédie burlesque avec d´un côté un Américain sympathique et naïf qui ne sait rien de l´Europe et encore moins de l´Italie ; et de l´autre des Italiens fous de vins, de cuisine, d´amour et de football. Quand Grisham utilise sa virtuosité pour parler de ce qu´il aime, cela donne un livre léger et savoureux, aussi savoureux que le culatello parmesan - dont il décrit complaisamment la recette. Bâti tout en portraits rapides, dialogues frénétiques et actions fulgurantes, La Revanche a tout pour devenir un scénario de film-culte.

  • Indonésie, 1964 : « l´année de tous les dangers ». La vie d´Adam, un jeune Indonésien de 16 ans, bascule le jour où son père adoptif, Karl, peintre d´origine hollandaise, est enlevé par les hommes du président Sukarno. Adam, déjà hanté par le souvenir de son frère Johan, dont il a été séparéà l´orphelinat, quitte alors son île idyllique et se rend à Jakarta pour retrouver celui qu´il considère comme son vrai père. Il est aidé dans sa quête par une universitaire américaine, Margaret, le grand amour de jeunesse de Karl, qui, à l´instar de ce dernier, se sent aussi chez elle dans ce pays, que Sukarno veut pourtant purger par le feu et le sang de toutes traces du passé colonial.

    L´auteur nous emmène dans les rues de Jakarta de plus en plus gagné par le chaos, en compagnie de personnages hantés par cette question lancinante, « Où est ma maison ? ». Passé et présent s´entremêlent dans ce roman, épique lorsqu´il retrace l´histoire de l´Indonésie, et intime lorsqu´il révèle avec sensibilité le passé des protagonistes. Si La Carte du monde invisible est un grand roman de la littérature postcoloniale, les thèmes qu´il aborde - l´identité, la mémoire - sont universels.

  • Magistralement orchestrées, les aventures jazz, funk, blues et soul des habitants de Telegraph Avenue forment l'épopée réjouissante, unique en son genre, d'un demi-siècle de l'histoire californienne.

    Sur Telegraph Avenue, à Oakland, Californie, subsiste un petit paradis des vinyles de collection, Brokeland. Refuge de toute une faune d'habitués et de cinglés de rythmes afro-américains, il est tenu par Archy Stallings et Nat Jaffe, deux amis de longue date. Mais le projet d'implantation d'un gigantesque magasin de disques menace son existence.
    Et les imbroglios commencent, avec leur effet domino. Car c'est bien plus que la disparition de Brokeland qui est en jeu. C'est une histoire d'amitiés, de fidélité au passé et d'identité culturelle pour laquelle se mobilisent, s'opposent ou s'allient les voyous et les musiciens du quartier, les hommes de la municipalité, mais aussi les femmes de Nat et d'Archy, deux ados fans de Tarantino, une vieille star de la blaxploitation et une aïeule chinoise ceinture noire de kung-fu.
    De livre en livre, Michael Chabon joue des divers genres littéraires pour mieux évoquer les multiples facettes d'une Amérique de légende. Calé sur le tempo funky des classiques du soul-jazz, rythmé par un style pyrotechnique éblouissant, Telegraph Avenue est le grand roman de la Californie d'hier et d'aujourd'hui.

  • Le jour de son douzième anniversaire, Victor Baxter est enlevé dans la cour de son école par un étrange personnage surnommé le Capitaine. Il était en effet l´enjeu d´une partie de Backgammon que son père a perdue. Le Capitaine, un aventurier au passé mystérieux, confie l´enfant à Liza, une femme dont il est follement amoureux. Pendant que le Capitaine parcourt le monde à la recherche d´improbables fortunes, envoyant de temps à autre des lettres d´amour accompagnées d´argent, Victor - rebaptisé Jim - grandit aux côtés de Liza. Ce n´est qu´à l´âge adulte, alors qu´il est devenu journaliste, que Jim pourra affronter le Capitaine et découvrir la vérité sur cet homme. Décidé à éclaircir les relations qui unissaient le Capitaine à Liza, il part le retrouver au Panamá, sans se douter qu´un monde dangereux d´intrigues politiques l´y attend... Si l´on retrouve dans ce vingt-troisième et ultime roman de Graham Greene tout l´univers de son oeuvre, un thème se distingue et touche particulièrement : la solitude de l´enfance.La compagne de Graham Greene (à qui est dédicacé le livre) retrouva dans ce texte des traces d´une de leurs conversations privées, traces d´autant plus précieuses qu´elles donnent une des clés de l´oeuvre : « Aimer, et aimer bien : enfant, ce fut sans doute difficile pour moi de faire la distinction entre les deux. »

  • Quand une célèbre écrivain sud-africaine rencontre un jeune universitaire chargé d'écrire sa biographie... Un duel littéraire fascinant qui tourne au thriller psychologique post-apartheid.


    " Patrick Flanery est un romancier d'un talent et d'une intelligence exceptionnels, et il ne fait que commencer. " The New YorkerClare Wald, icône du microcosme littéraire blanc et de gauche de Cape Town, est contactée par Sam Leroux, un jeune universitaire qui souhaite retracer sa carrière dans une biographie. Parallèlement aux entretiens qu'elle donne à Sam, Clare enquête sur la disparition de sa fille, Laura, qui a rejoint la lutte armée anti-apartheid en 1989, en pleine guérilla. Au fil de ses recherches, Clare s'interroge sur les motivations de sa fille, auteure probable d'attentats à la bombe ayant fait de nombreuses victimes, tandis que le travail de Sam dévoile des liens inavouables entre Clare et l'ancien régime d'apartheid. Mais Sam lui-même est loin d'avoir tout dit à Clare sur les événements qui le relient à Laura. Entre ambivalence et faux-semblants, chacun va devoir faire tomber les masques pour entrevoir enfin la part de vérité cachée qui lui manquait.
    Si tous les personnages d'Absolution ont en commun des secrets lancinants, tous ont aussi une soif inextinguible de vérité. Fascinante prouesse littéraire, ce roman est construit comme une boule à facettes, où différentes versions des mêmes événements révèlent tour à tour un aspect d'une vérité toujours changeante. Qu'il s'agisse de Clare, de Sam, ou de Laura (dont sa mère a conservé le journal intime), chacun n'a accès qu'à un seul versant de l'histoire qui les relie et que l'auteur nous laisse le soin de recomposer. Multipliant le nombre de sources, Patrick Flanery construit un récit d'une complexité diabolique dont le sens général s'éclaire au fur et à mesure, pour exploser dans un feu d'artifice de révélations finales.
    Interrogeant à la fois les notions de culpabilité, de bien et de mal, mais aussi les limites de la démocratie et de la liberté pour laquelle certains payent de leur vie, ce premier roman dévoile toute la complexité de la société sud-africaine contemporaine. Mais au bout du compte, Absolution est un hommage à la littérature, seule capable de relier l'histoire individuelle à l'histoire collective.

  • 26 a

    Diana Evans

    "26a", c´est le grenier du 26, Waifer Avenue, dans une banlieue populaire de Londres. C´est aussi le royaume de Bessi et Georgia, jumelles monozygotes de père anglais et de mère nigériane. Un royaume peuplé de secrets et de rêves, dans lequel on n´est invité que si l´on frappe à la porte. Aux étages inférieurs de la maison ne règne pas la même harmonie. Ida, la mère, dévastée par le mal du pays, passe ses journées à parler aux esprits de la famille qu´elle a laissée derrière elle, en Afrique ; Aubrey, le père, noie ses propres blessures dans l´alcool en terrorisant ses filles ; Bel, la grande soeur, découvre la sexualité et les talons hauts; Kemy, la benjamine de cinq ans, idolâtre Michael Jackson... Au fil des ans, la réalité, le monde extérieur viennent de plus en plus rudement frapper à la porte du 26a... Comment Bessi et Georgia vont-elles les affronter? À l´aube de leur vie d´adultes, laquelle des deux supportera le mieux cette intrusion? Sur ce thème universel du passage de l´enfance à l´âge adulte, Diana Evans réussit d´emblée à imposer une voix unique et originale. Succès public et critique, vendu dans dix pays, bientôt adapté au cinéma, 26a a remporté en Angleterre le prestigieux prix Orange du premier roman. Entre onirisme et réalité, ce roman à la fois drôle et grave ressuscite avec une grâce d´écriture et une imagination exceptionnelles le pays perdu de l´enfance.

  • Qu´il évoque le séjour d´un adolescent en Afrique ou qu´il relate un troublant voyage initiatique dans une ville fantôme de l´ex-Yougoslavie ; qu´il narre les difficiles débuts dans la vie d´un jeune adulte en terre étrangère ou qu´il fasse un retour sur l´expérience traumatisante de la violence, le narrateur de L´Amour et autres obstacles ressemble à s´y méprendre à l´auteur Aleksandar Hemon. Jeune homme né en Yougoslavie et ayant immigré aux États-Unis, il témoigne comme lui de la même culpabilité d´avoir été absent pendant la guerre de Bosnie et du même écartèlement entre son pays d´origine et son pays d´adoption.

    Ce recueil de nouvelles, en grande partie autobiographique, retrace cependant bien plus que le parcours d´un migrant et porte le sceau unique de l´auteur du Projet Lazarus. Car les histoires que raconte Hemon ne s´ancrent pas dans la réalité ; elles ne se passent pas ici et maintenant mais dans un ailleurs et un passé plus ou moins hors de portée. On pénètre dans des chambres occupées par erreur, on escorte des personnages qui vivent leur vie par procuration, on se promène dans des rues que la pluie et les jeux de lumière transforment en décors expressionnistes, on repère ici un livre, là une symphonie de Beethoven, semés comme autant de petits cailloux qui, dans une autre nouvelle, réapparaîtront pour briller d´un éclat différent.

    Comment expliquer le succès à la fois public et critique de Amour et obstacles couvert, comme les précédents textes d'Hemon, de louanges unanimes ? Cette alchimie miraculeuse résulte sans doute du questionnement incessant d´événements fondateurs pour l´auteur : le déchirement né de la guerre et l´avènement à l´écriture. Livre après livre, Hemon creuse le sillon d´une oeuvre qui semble fécondée par les lourds nuages noirs de la guerre de Yougoslavie. Il a certes quitté son sol natal, mais en emportant avec lui un peu de cette terre que ses mots se chargent de réensemencer. Observateur à l´humour noir teinté de nostalgie, poète à la sensibilité exacerbée, Hemon nous offre des nouvelles qu´un lien mystérieux semble unir et dont le sens caché- comme celui du monde - se dérobe en permanence.

  • Le narrateur, un jeune homme sérieux à l´existence bien remplie, a tout pour être heureux. Sauf qu´il lui manque l´élément indispensable à son bonheur : une paire de pieds parfaits dans des souliers exquis. Car il est fétichiste. Rien de dangereux : il collectionne les chaussures, amasse des revues d´anatomie et de podologie, entasse les traités de psychiatrie sur sa particularité, et observe, fasciné, les clientes dans les magasins de chaussures.
    Mais quand vous placez les pieds au-dessus de tout, trouver l´âme soeur est une tâche ardue. Puis arrive Catherine. Et ses pieds. Chaussés de sandales taillées dans du zèbre. Perchés sur des talons aiguilles. Sublimes.
    Leur liaison torride fait voler en éclats toutes les limites. Ambivalente, Catherine souffle le chaud et le froid sur cet amant qui vénère ses pieds. Mais comment résister à une telle passion, surtout quand celle-ci vous conduit à devenir l´égérie d´un bottier de génie ? Harold, la soixantaine solitaire, complète parfaitement l´obsession du narrateur : s´il adore les pieds en général, et ceux de Catherine en particulier, c´est pour mieux les couvrir de ses créations. Des souliers uniques au monde, puissamment érotiques et très inquiétants.
    Pour Catherine, cela finit par être insupportable. Vertige devant l´intensité érotique ? Désir d´être aimée pour elle-même ? Elle rompt et coupe les ponts. Après avoir côtoyé le ciel, notre fétichiste côtoie l´enfer. Un enfer d´autant plus épouvantable qu´il découvre fortuitement le nouvel amant de Catherine : un photographe publicitaire spécialisé dans les pieds. Comment tolérer d´imaginer les pieds de Catherine entre les mains d´un tel rival ? Désespéré, ayant des envies de meurtre, sachant que ses amis ne peuvent pas le comprendre, notre fétichiste se tourne vers l´étrange bottier, Harold... Bientôt, le photographe est retrouvé assassiné et mutilé. La police s´intéresse de près aux obsessions de notre ami, soupçonné du crime. Catherine choisit alors de réapparaître...

  • Infinis

    John Banville

    Adam Godley, un brillant mathématicien - spécialiste de l´infinité des infinis, et de la possibilité d´univers parallèles - repose dans sa chambre, au seuil de la mort. Autour de lui, dans une maison à l´atmosphère oppressante, le veillent sa deuxième épouse, sa fille - une adolescente fragile -, son fils, accompagné de sa femme, Helen, une comédienne à la beauté troublante.
    En un jour, en un lieu, ce monde mortel et imparfait va recevoir la visite invisible des dieux de l´Olympe, des dieux à l´esprit facétieux, qui vont se plaire à prendre la place des humains pour satisfaire leurs désirs illicites. Zeus, follement épris d´Helen, se fera passer le temps d´une nuit pour son mari afin de jouir de ses charmes. Puis en prenant l´apparence de Rody, le fiancé de la fille d´Adam, il poursuivra son oeuvre de séduction.
    Hermès, le fils de Zeus, est le narrateur espiègle de cette tragi-comédie ensorcelante, qui évoque le Songe d´une nuit d´été, en illustrant la folie de l´amour et des actes qu´il peut nous pousser à commettre. Hermès se déguisera lui-même en fermier pour conquérir l´une des servantes, sans se soucier des conséquences. Ainsi la présence des dieux va bientôt faire exploser les tensions jusque-là silencieuses, exaspérer les drames, tandis qu´Adam, toujours mourant, revit dans son esprit le souvenir de ses années passées.
    En s´inspirant de l´Amphitryon de Kleist, Banville mêle les genres avec virtuosité, dans une langue iridescente et poétique. Le texte oscille constamment entre gravité et ironie. Le réel et le merveilleux se répondent, donnent une profondeur envoûtante au récit. En mêlant des questions métaphysiques et humaines, Banville ne cesse d´interroger le sens de notre existence, son mystère et sa beauté.

  • New York, 1939: Josef, jeune Juif ayant fui Prague occupée par les nazis, et son cousin de Brooklyn, Sammy, unissent leurs talents pour inventer un héros de bande dessinée: l'Artiste de l'évasion. Pourfendeur des forces du mal, spécialiste des évasions, celui-ci combat le nazisme sous toutes ses formes. Il incarne ainsi la tentative désespérée de Joe de libérer sa famille restée à Prague, en même temps qu'une dérisoire volonté de réveiller la conscience des jeunes Américains. Profondément attachants, les deux cousins de génie, si différents et si complices, embrassent ainsi toute une page de l'histoire du monde. Avec un talent rare, Michael Chabon nous emmène d'un univers à l'autre, alliant avec délectation fiction et réalité, romanesque pur et documentaire sur les années 1940-1950, sur la naissance d'un nouvel art qui fit fureur auprès des jeunes générations: les "Comics". L'héroïsme et l'idée de héros (conspirateurs, soldats, ou justiciers masqués, femmes inébranlables ou hommes modestes... une foule de héros, réels ou en puissance), la transformation (la folle jeunesse se métamorphose en âge adulte, l'élan de la fantaisie transfigure la souffrance, des magiciens enchaînés se changent en hommes libres, l'infortune se mue en aventure), ou encore l'évasion (pour échapper aux atrocités, à l'histoire, à la médiocrité et à la convention, aux étendues gelées de l'Antarctique et à la tragédie de l'Europe hitlérienne, à la prison de l'identité et aux réalités grises de la vie ordinaire)... tels sont certains des thèmes que Chabon a voulu privilégier dans cette fresque époustouflante.

  • Leningrad, 1979. Alexandre Bezetov, 17 ans, arrive de l'île Sakhaline pour intégrer la prestigieuse Académie des échecs. À 19 ans il est champion d'URSS, à 22 champion du monde. Puis, au sommet de sa gloire, il est battu par un ordinateur. Il se lance alors dans une partie d' un nouveau genre: il se présente contre Vladimir Poutine à l'élection présidentielle.
    États-Unis, 2006. Irina, condamnée à brève échéance par la maladie de Huntington, veut bien mourir, mais avec panache. Pour cela, elle a besoin qu' Alexandre Bezetov réponde à une question : " Quelle histoire se raconte-t-on quand on a la certitude écrasante d'être vaincu ? " Dans une Russie malmenée par le pouvoir politique et les attentats terroristes, la jeune Américaine promise à la mort et le génie battu par une machine se livrent ensemble au jeu incandescent du " qui perd gagne ". L'enjeu : vivre et mourir comme ils l'entendent.
    Ce premier roman ambitieux, plein d'humour et d'imprévus, a reçu un excellent accueil critique aux États-Unis. Récompensée par la National Book Foundation, Jennifer DuBois est également l'auteure de nombreuses nouvelles publiées dans les revues américaines les plus prestigieuses.

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