Robert Laffont

  • Miss Bartlett ne s'en remet pas : pour son premier voyage à Florence, sa jeune cousine Lucy devait bénéficier d'une chambre avec vue. Comment la tenancière de leur pension a-t-elle pu si cruellement les décevoir ? Tandis que la jeune fille et son chaperon accusent ce terrible coup, M. Emerson et son fils George, également pensionnaires, ont l'impertinence de proposer leurs propres chambres, qui, elles, ont vue sur l'Arno. Son éducation prévient Lucy contre les Emerson, mais son instinct lui suggère que le mal n'est pas grand... Avec finesse et humour, E. M. Forster livre ici une délicieuse satire des préjugés et convenances ridicules qui contraignent les affinités naturelles. Au monde terne et étriqué de la bienséance, côté cour, s'oppose l'évasion promise par cette fameuse vue. Le récit du combat intérieur que mène Lucy pour dépasser ce confinement et affirmer ses désirs est une ode délicate et sensible à la liberté.
    " La lecture de ce roman pétri d'humour et d'élégance est une leçon de discrétion piquante et de psychologie pertinente. "
    Télérama

  • " De mémoire, nous pouvons tous citer une palanquée de grands romanciers ; pour ce qui est des nouvellistes, en revanche, c'est plus compliqué, ils se comptent (au mieux) sur les doigts d'une main. William Somerset Maugham est de cette famille précieuse, et il en est même un peu le patron. " Le Point
    Écrivain-voyageur s'il en fut, Somerset Maugham nous a fait la grâce de donner vie dans ses nouvelles à une galerie de personnages tous plus pittoresques les uns que les autres, que son humeur vagabonde lui a permis de rencontrer et d'observer en Europe aussi bien qu'en Amérique ou en Asie. C'est ainsi tout un monde, dont le souvenir aujourd'hui s'estompe mais dont plus d'un voyageur contemporain peut être nostalgique, qui s'offre à notre regard de lecteurs et de curieux dans ce recueil. Avec en prime l'humour teinté parfois d'une pointe de cruauté qui est la marque de fabrique de ce grand raconteur d'histoires. Peut-être le plus grand.

  • Somerset Maugham a démontré, avant Ian Fleming et John Le Carré, que la littérature et l'espionnage pouvaient faire excellent ménage. Avec ce volume de nouvelles, on entre de plain-pied dans la biographie du grand écrivain britannique. Car Mr Ashenden n'est autre que l'auteur lui-même. " Ce recueil s'inspire de mon expérience d'agent secret pendant la guerre (celle de 1914 - 1918), a-t-il écrit, mais remaniée au service de la fiction. Car la réalité est un piètre conteur. Elle entame ses récits au petit bonheur, en général bien avant le début de l'action, marche à l'aventure et décroche avant d'avoir dénoué les fils de l'intrigue... " On sait l'admiration qu'ont portée à Maugham des écrivains comme George Orwell et Raymond Chandler. De fait, on trouvera ici l'un des témoignages les plus aboutis du grand art de ce raconteur d'histoires.

  • " Excitantes par la variété des thèmes traités et de leur style, ces nouvelles constituent une sorte de fidèle échantillonnage de l'oeuvre entière de Graham Greene. " Isabelle D. Philippe
    Si Graham Greene a été acclamé pour ses romans - La Puissance et la Gloire, Notre agent à La Havane et tant d'autres qui, au fil de plus d'un demi-siècle d'écriture, sont venus l'installer au sommet de la littérature britannique -, il fut aussi un nouvelliste virtuose. Ces nouvelles, composées entre 1929 et 1990, il les décrivait comme des échappées, voire des escapades, comparables aux instantanés photographiques qu'on réunissait autrefois dans des albums de vacances. C'est dire que l'on y trouvera non seulement un Graham Greene inattendu et souvent plein d'humour, mais aussi, selon l'auteur lui-même, quelques-unes de ses meilleures pages. " Pavillons Poche " publie l'intégralité de ces textes par ordre chronologique, en deux volumes, dont L'Homme qui vola la tour Eiffel est le second après Mr Lever court sa chance.

  • " Le plus généreux et le plus aimable roman de Greene depuis Voyages avec ma tante. Dans Monsignor Quichotte, il invite - plutôt qu'il ne convoque - le lecteur à partager un humble festin. " The New York Times
    Dans l'Espagne postfranquiste, le père Quichotte se lie avec Zancas, le maire communiste de sa ville, une amitié que le supérieur du prêtre, un évêque dépité par la mort de Franco et par la transition politique qui a suivi, voit d'un très mauvais oeil. Aussi, lorsque Quichotte est nommé monsignor par le pape, saute-t-il sur l'occasion et l'envoie-t-il en congé. Mais au même moment, le maire perd les élections et décide de quitter le village. Le prêtre catholique et le maire communiste s'embarquent alors ensemble sur les routes d'Espagne. Munis de caisses de vin et de bons fromages, les deux hommes, compagnons de voyage pour le moins saugrenus, vivront des aventures rocambolesques rythmées par un long dialogue sur la foi et la politique. Graham Greene signe ici un roman savoureux, plein de rebondissements, dont le ton léger sert au mieux le sujet philosophique plus grave qui en est le fil rouge.

  • Le château du village de Bellingford, au coeur de la campagne anglaise, vient d'être vendu. Ses mystérieux acquéreurs sont deux messieurs de la ville, sans lien de parenté... De quoi exciter la curiosité des habitants de cette bourgade sans histoires. Soudain un vent de folie souffle sur le village jusqu'alors tranquille, et les malentendus, quiproquos et situations absurdes se succèdent à une allure vertigineuse. C'est avec un humour joyeux que William Corlett choisit de raconter la confrontation entre deux univers que tout oppose. Mais les différences s'estompent peu à peu et parfois même, les masques tombent... " Avec une fausse Doris Day, la rescapée d'une secte, des ruptures en pagaille et des situations divinement absurdes, le Britannique William Corlett réussit un grand vaudeville, mais également un beau roman sur la différence et la tolérance. " Télérama.

  • " Une provision de bonne humeur, avec cette chronique au jour le jour d'une pension de famille. Elle serait évidemment pittoresque en elle-même, étant donné la diversité et l'originalité des pensionnaires. S'y ajoutent l'humour, l'excentricité de Margaret, son amour pour les non-conformistes. " Le Figaro
    En 1947, Margaret Durrell doit faire face à un divorce, avec deux enfants à élever, et à la menace d'un désastre financier. Sur les conseils de sa tante Patience, une redoutable vieille fille, et malgré les sarcasmes de ses frères Lawrence et Gerald, elle ouvre alors une pension de famille prétendument BCBG à Bornemouth, ville respectable du bord de mer britannique. Un peintre et son modèle, une schizophrène, des infirmières, deux musiciens de jazz... Sous le regard narquois des voisins, la pension de Margo tourne à la ménagerie humaine. S'ajoutent à ce joyeux désordre les visites de Gerald, qui ramène une troupe de singes et un énorme python. Margo ne se laisse pas démonter pour si peu et s'embarque même dans une histoire d'amour clandestine avec un joueur de trombone. À travers ces excentriques personnages de l'Angleterre d'après-guerre se découvre le talent de Margaret Durrell, qui complète ainsi le trio familial d'écrivains.

  • Pinkie Brown, jeune bandit de dix-sept ans à la cruauté sadique et au charme envoûtant, est prêt à tout pour venger le meurtre de Kite, le chef de son gang... y compris à épouser Rose, serveuse naïve et sans grâce. Son but est d'empêcher la jeune fille de témoigner contre lui dans l'affaire de la disparition d'un journaliste soupçonné d'avoir assassiné Kite. Lorsque Ida Arnold, séduite par le journaliste juste avant sa disparition, décide de stopper les agissements meurtriers de Pinkie, une course contre la montre s'engage. Entre les personnages hauts en couleur qui dominent l'histoire se joue un drame de vengeance, de férocité et de mort. Graham Greene a toujours avoué son penchant pour ce roman paru en 1938, mi-thriller, mi-fable morale, qu'il considérait comme l'un de ses meilleurs. " L'énergie et la puissance de Pinkie Brown, adolescent rebelle, ne faiblissent pas avec les années. " The Guardian

  • Dans la banlieue de San Francisco, une femme et un homme se livrent une guerre sans merci pour une petite maison. L'Américaine Kathy Lazaro a été expulsée de chez elle à la suite d'une erreur administrative kafkaïenne. Quant au colonel Behrani, c'est un Iranien ruiné par la révolution islamique. Ces deux exclus de la société souffrent et s'accrochent aux murs de la maisonnette comme à une bouée de sauvetage. La tragédie n'est pas loin... Encensé par la critique et le public, adapté au cinéma en 2002 avec Jennifer Connelly et Ben Kingsley dans les rôles principaux, ce livre au suspense psychologique hors pair dresse le portrait dur et violent d'un pays en proie à la névrose.

  • L'île paradisiaque d'Haïti est devenue un enfer sous la coupe de Papa Doc et des tontons macoutes. Quatre personnages y débarquent : les Smith, un couple d'Américains venu prôner le régime végétarien comme remède à la violence ; Brown, propriétaire d'un hôtel qui veut sauver son bien et retrouver son amie Martha Pineda ; et le major Jones, escroc ou agent secret... Certains sont engagés dans la lutte, d'autres ne servent que de faire-valoir mais tous jouent un rôle, avec plus ou moins de conviction. Aventure mouvementée et drame humain, ce roman de Graham Greene met l'accent sur le désenchantement d'une république où les droits des citoyens sont mis à mal et où tous ceux qui se refusent à n'être que des comédiens sont confrontés à une dure réalité. Une de ces comédies tragiques et passionnantes à l'humour très british dont le grand romancier anglais a le secret...

  • Eddie Rake va mourir. Pendant trente ans il a été l'entraîneur de l'équipe de foot du lycée de Messina, petite ville du sud des États-Unis. Dans le stade vide où ils ont connu la gloire, les joueurs qu'il a entraînés au cours de sa longue carrière se retrouvent pour attendre ensemble la mort de leur coach, et se souviennent de leurs belles années. Parmi eux, Neely Crenshaw. À dix-sept ans, Neely a cru qu'il deviendrait un grand joueur professionnel; mais une blessure au genou l'a renvoyé en quelques minutes à l'obscurité dont il était sorti trop jeune. Il ne pardonne pas à Eddie Rake un certain match de 1987, où la violence a tourné au drame. La scène en fait surgir d'autres... et peu à peu il apparaît que le football, à Messina, a cessé d'être un sport pour devenir un enjeu qui noue et dénoue les destins, aux frontières de la tragédie. Plus les heures passent, plus la question monte dans le coeur des anciens joueurs: faut-il aimer ou faut-il haïr Eddie Rake?

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