• Je voudrais ici, tout de suite, dire et répéter avec force que le second tome est très loin de signifier un second choix. Je n'allais pas tirer toutes mes cartouches d'un coup, dès le premier assaut. Je gardais pour la suite quelques biscuits de réserve et des trésors encore cachés.
    La méthode suivie dans ce deuxième volume est la même que dans le premier : présenter en quelques mots l'écrivain et son oeuvre ; les situer dans leur temps ; tâcher de leur rendre, sous la rouille, leur jeunesse et leur nouveauté ; montrer ce qui fait leur importance, et mieux encore leur charme ; donner quelques exemples de leur manière et de leur génie. Je ne parle pas des vivants, parce que la mort et le temps n'ont pas pu accomplir leur travail de faucheur, de crible, de critique et d'arbitre ; et je parle des morts comme s'ils étaient vivants.
    S'il fallait résumer en deux mots l'image que nous nous faisons de la littérature, nous dirions : le plaisir et le style. Le plaisir : les histoires, l'intrigue, les personnages, la surprise et la gaieté, l'intelligence et la hauteur, le souvenir et l'espérance. Tout cela n'est rien et ne peut rien être sans le dieu mystérieux qui règne sur les mots et qui donne son statut à la littérature : le style.
    Tels qu'ils sont, en tout cas, les deux tomes de cette histoire menée au pas de charge et pleine d'impertinence - dans tous les sens du mot - peuvent peut-être constituer une sorte d'introduction à un des chefs-d'oeuvre les plus accomplis de l'esprit des hommes depuis son éclosion : la littérature française.
    J. O.

  • J'aime les livres. Tout ce qui touche la littérature - ses acteurs, ses héros, ses partisans, ses adversaires, ses querelles, ses passions - me fait battre le coeur. Le triomphe du Cid m'enchante. La "petite société" autour de Chateaubriand et de cette raseuse de Mme de Staël m'amuse à la folie. La mort de Lucien de Rubempré me consterne autant que Wilde ou le baron de Charlus. Et, j'aime mieux le dire tout de suite, Proust me fait beaucoup rire.
    En un temps où les livres sont contestés et menacés par la montée de quelque chose d'obscur qui ressemble à la barbarie, cette histoire de la littérature n'a pas d'autre ambition que d'inviter le lecteur à en savoir un peu plus sur les oeuvres passées ici en revue. Si elle donne à quelques jeunes gens d'aujourd'hui l'envie d'ouvrir un roman de Stendhal ou de Queneau ou de découvrir un poème d'Aragon, l'auteur aura atteint son but. Il aura largement été payé de son temps et de sa peine qui fut aussi un plaisir.
    J. O.

  • Le mystère Macron est un mystère du verbe. Ce n'est pas la politique de Macron qui intrigue puisqu'elle est relativement convenue dans l'espace européen au début du XXIème siècle, mais ses mots et son discours. Le postulat de cet ouvrage est que la compréhension du macronisme passe par l'étude critique du corpus des prises de position d'Emmanuel Macron. 1000 discours ont été rassemblés (De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy et Hollande) pour servir de comparaison avec les 100 plus grands discours de Macron. Et l'Intelligence artificielle a appris les tournures et les mots favoris, les propositions originales ou celles au contraire reprises, les emprunts sinon les plagiats, les références revendiquées ou les idéologies cachées, les tics de langage...

    /> Damon Mayaffre est chercheur au CNRS et chargé d'enseignement à l'Université Côte d'Azur. Linguiste, historien et spécialiste d'analyse de texte assistée par ordinateur, il a publié une soixantaine d'articles et plusieurs ouvrages sur le discours politique contemporain.

  • Fait des proses et des poèmes que je connais - ou connaissais - par coeur, ce livre n'aspire à rien d'autre qu'à donner un peu de plaisir, et peut-être d'émotion, à ceux qui le liront.
    Voilà des mots qui ne sont pas de moi et qui valent mieux que moi, mais qui, à force de familiarité, d'admiration, d'une répétition intérieure proche de la rumination, ont fini par se confondre avec moi : il m'arrive de les dire au soir quand il tombe sur la ville, sur la campagne, sur la neige ou au matin qui se lève sur la mer. Ils tournent, pour la plupart, autour de ces passions qui nous donnent à tous tant de bonheur et tant de souffrance. Et toi mon coeur pourquoi bats-tu.
    Renonçant à la fois à l'ordre chronologique ou alphabétique et au classement par thèmes, j'ai choisi de présenter en désordre, en vrac, comme ils me venaient à l'esprit et au coeur, ces mots ailés aux lecteurs. Avec pourtant un dessein nonchalant - changements de lumière, passage du temps, résonances, contrepoints - qu'au fil des pages chacun découvrira.
    Plaisir. Émotion. Jusque dans les vers et les proses les plus simples de ce livre, il y a encore autre chose : une élévation, une hauteur, une sorte d'appel vers ailleurs. " La littérature, écrit Pessoa, est la preuve que la vie ne suffi t pas. " Les textes ici réunis ont le pouvoir mystérieux de rendre la vie plus belle et de transformer notre existence.
    J.O.

  • Le long effort des grammairiens pour masculiniser le français a suscité de vives résistances chez celles et ceux qui, longtemps, ont parlé et écrit cette langue sans appliquer des règles contraires à sa logique. Initiée au XVIIe siècle, la domination du masculin s'est imposée à la fin du XIXe siècle. Depuis, on apprend à l'école que "le masculin l'emporte sur le féminin"...

    Ce livre retrace l'histoire d'une entreprise à la misogynie affirmée ou honteuse, selon les époques. Il nous convie à un parcours plein de surprises où l'on en apprend de belles sur la "virilisation" des noms de métier, sur les usages en matière d'accords, sur l'utilisation des pronoms ou sur les mutations "trans" subies par certains mots en vertu de la "loi du genre".

  • Emilio Sandoz, linguiste et prêtre, est le seul survivant d'une mission de contact avec des extraterrestres sur une planète lointaine. Il en revient marqué du sceau de l'infamie : là-bas, il se serait prostitué et aurait tué un enfant...
    Que s'est-il réellement passé ? Que sont devenus les autres membres de l'expédition ? D'où viennent ces cicatrices terribles sur ses mains ?
    Roman inoubliable et bouleversant, Le Moineau de Dieu raconte cette première expédition et l'histoire d'Emilio, posant mille questions sur notre rapport à l'altérité et à notre propre humanité. Premier livre de Mary Doria Russell, elle-même anthropologue renommée, il a été récompensé par le British Science Fiction Award et les prix Arthur C. Clarke et James Tiptree, Jr.


  • Qui sont vraiment les francs-maçons ? Washington est-elle une ville initiatique ? Le symbole perdu et retrouvé révèle-t-il un secret ésotérique ? Les thrillers ésotériques de Dan Brown sont-ils sous influence maçonnique ? Dan Brown a-t-il résolu l'une des plus grandes énigmes de l'histoire de l'humanité ?

    Vous aussi, vous vous êtes sans doute posé ces questions en lisant Dan Brown et son Symbole perdu...
    Pour y répondre et prolonger le plaisir de lecture, Eric Giacometti et Jacques Ravenne, les deux maîtres du thriller maçonnique, ont mené l'enquête. Le résultat : des révélations étonnantes et un voyage passionnant dans les arcanes de ce nouveau best-seller signé par le pape du thriller ésotérique. Une plongée au coeur de la franc-maçonnerie, un retour sur ses origines mythiques, ses codes secrets et sa part d'ombre, pour mieux appréhender le vrai Symbole perdu...

  • Dans le monde entier, les travaux qui se réclament du « discours » ont envahi l'ensemble des sciences humaines et sociales et des humanités. À quelque discipline qu'ils appartiennent, ceux qui aujourd'hui sont amenés à étudier des textes écrits ou oraux ont besoin de comprendre les enjeux de l'analyse du discours et les ressources qu'elle propose.
    Cet ouvrage veut aider les étudiants à appréhender ses présupposés majeurs et les grandes divisions qui le structurent, à comprendre comment les analystes du discours élaborent leurs objets à l'aide de catégories comme genre, type de discours, formation discursive... Ils pourront également prendre la mesure de la diversité des modes de manifestation du discours : de la banale conversation entre amis à la philosophie, des interactions orales aux écrans d'ordinateur, car l'univers du discours dans lequel nous construisons nos identités et donnons sens à nos activités apparaît profondément hétérogène.

  • Initiation à la linguistique française présente de manière accessible mais complète les domaines de la linguistique : langage et communication, phonétique et phonologie, syntaxe, morphologie, sémantique, pragmatique.
    Cette synthèse offre aussi un état actuel des connaissances en philosophie du langage et de l'esprit, psychologie cognitive, neurosciences et pragmatique cognitive.
    Conçu à partir d'un cours universitaire accompagné de travaux pratiques, cet ouvrage est le fruit d'une longue expérience d'enseignement auprès d'étudiants de littérature, de linguistique et de psychologie en première année de licence.

  • Qui a inventé la mythologie ? Quelles sont les frontières de ce territoire où des histoires inoubliables et le plaisir de les conter semblent inséparables de l'exégèse et du désir de les interpréter ?Poisson soluble dans les eaux de la mythologie, le mythe est une forme introuvable : ni genre littéraire, ni récit spécifique. Mais parler de la mythologie, hier et aujourd'hui, c'est toujours, plus ou moins explicitement, parler grec ou depuis la Grèce. D'où l'urgence d'une enquête généalogique pour repenser la mythologie comme objet de savoir autant que de culture.

  • Le militantisme linguistique qui caractérise l'écriture inclusive alimente vivement le débat médiatique, mais il ne s'agit que du symptôme bruyant d'un mouvement plus vaste et inédit par son ampleur. La langue est devenue l'objet d'enjeux politiques qui imposent de n'y voir que le résultat de pressions idéologiques et de déterminismes extérieurs à elle. Cette politisation de la langue avec le projet de la contrôler est en train de modifier notre rapport au monde dans ses cadres de perception et de connaissance. A travers de purs rapports de force, tente de s'imposer une vision identitaire, anti-universaliste et déterministe de la langue, qui remet en cause les acquis de la linguistique depuis Saussure.

  • On définit l'homme par le langage et par la raison, ce qui signifie que, sans langage, il n'y aurait pas de rationalité. La raison et le langage peuvent-ils se confondre, comme le supposaient, notamment, les projets de « langue universelle » ? Et que signifie pour la raison humaine le fait que le langage nous soit donné sous la forme d'une multiplicité de langues différentes ?
    Comme ces questions le montrent, la philosophie du langage ne se réduit ni à la philosophie des sciences du langage ni aux question posées par la construction et le fonctionnement des langages formels. De Platon à Hintikka et Chomsky, cet ouvrage invite à appréhender la philosophie du langage dans son hétérogénéité, afin de mieux en apprécier l'importance au sein de la philosophie.

  • Présentation claire et précise des principaux développements de la linguistique, cet ouvrage propose une mise en perspective raisonnée de l'apport du Cours de linguistique générale de F. de Saussure. Ce texte princeps, qui consacre l'avènement et l'autonomie de la linguistique, est restitué par rapport aux courants de pensée avec lesquels il rompt, mais également aux élaborations théoriques qui l'ont revendiqué comme nouveau point de départ.
    L'exposé des théories linguistiques, obéissant à une triple exigence -  épistémologique, historique et pédagogique  - rend compte des principaux moments de constitution de la discipline  :l'interrogation linguistique du XIXe  siècle (la grammaire comparée)  ;le moment saussurien (les diverses formulations du structuralisme et du fonctionnalisme)  ;les modèles poststructuralistes (théorie de l'énonciation, linguistiques discursives, théories pragmatiques).Pédagogique, complète et maniable, cette initiation, en facilitant le repérage et l'apprentissage des notions, stimulera la réflexion du lecteur et l'aidera dans l'entretien de ses connaissances.
    Cet ouvrage propose une présentation claire et précise des principaux développements de la linguistique. Il rend compte des principaux moments de constitution de la discipline : l'interrogation linguistique au XIXe, le moment saussurien (les divers formulations du structuralisme et du fonctionnalisme), les modèles poststructuralistes (théorie de l'énonciation, linguistiques discursives, théoriques pragmatiques). 
    L'exposé des « grandes théories » obéit à une triple exigence : épistémologique, historique et pédagogique. 
     

  • Depuis la fin des années 1960, s'est constituée, dans le champ des sciences du langage, une discipline spécifique prenant pour objet le « discours ». Cet ouvrage définit la notion, en opposition avec celle de langue, de parole, de texte, etc. Il familiarise le lecteur avec les principaux outils de l'analyse du discours en présentant le fonds théorique et méthodologique commun au domaine. 
    Après avoir situé l'analyse du discours par rapport à la tradition linguistique issue de Saussure, l'auteur développe les principaux concepts descriptifs et les différents niveaux d'organisation du discours. Il montre comment l'analyse intègre les données de la théorie de l'énonciation. Enfin, la problématique de l'analyse du discours est mise en perspective par rapport aux enjeux épistémologiques et philosophiques qui traversent l'évolution de la discipline depuis ses origines. 
     

  • Proverbes, maximes et dictons des cinq continentsSouvent métaphoriques ou figurés, parfois très drôles dans les images qu'ils dessinent, exprimant une vérité d'expérience ou un conseil sage et avisé, voici un florilège de proverbes, dictons et adages, originaires des quatre coins du monde. Un index par pays permettra aux lecteurs curieux d'en faire une lecture géographique.Un imbécile qui marche ira toujours plus loin que deux intellectuels assis. (Chine)L'eau prend toujours la forme du vase. (Japon)Celui qui dit la vérité doit avoir un pied à l'étrier. (Turquie)Ne tenez pas la queue du léopard. Mais, si vous la tenez, ne la lâchez surtout pas. (Ethiopie)Le chagrin est comme le riz dans le grenier : chaque jour il diminue un peu. (Madagascar)Qui a bu sa vodka le matin, a toute sa journée pour lui. (Russie)

  • «  La langue inuit compte plus de mots qu'aucune autre pour désigner la neige.  » «  L'orthographe et la syntaxe sont maltraitées par les SMS.  »  «  On ne peut communiquer sans langage.  »  «  La langue des indiens hopi ne contient aucun mot ou structure grammaticale pour se référer au temps.  »
    Partant d'un certain nombre de conceptions erronées liées au langage, aux langues et au français en particulier, Jacques Moeschler propose, sur la base des recherches les plus récentes, une nouvelle image unifiée de la nature du langage. L'ouvrage met en lumière un certain nombre de théories et concepts passionnants mais injustement ignorés ou méconnus. Il tire certaines conséquences de découvertes récentes, et les met en perspectives avec d'autres champs disciplinaires, comme les sciences cognitives, la philosophie du langage, l'informatique appliquée au traitement du langage (traduction automatique par exemple) ou encore les humanités numériques (digital humanities).

  • Ce livre est une nouvelle version, modifiée en de nombreux points, d'un ouvrage paru en 2010. Son objectif est resté le même  : fournir aux étudiants de littérature un manuel complet proposant à la fois les notions linguistique et la méthodologie indispensables à l'étude linguistique des textes. Il prend pour fil directeur diverses problématiques des théories de l'énonciation et des courants pragmatiques, avec une véritable volonté pédagogique. De nombreux exemples d'analyse permettent de se familiariser avec la mise en oeuvre des concepts exposés.

  • Présentant méthodiquement les différents niveaux de structuration et d'analyse des textes, cet ouvrage souhaite mettre en place, sous le nom d'analyse textuelle des discours, une autre distribution entre sciences du langage et stylistique littéraire (étude de texte de La Bruyère à Borges) et entre sciences du langage et sciences de l'information et de la communication (textes publicitaires, journalistiques et politiques).

  • Ce recueil de fiches aborde de manière très accessible les notions linguistiques communément utilisées aujourd'hui dès la première année de licence en espagnol (modalité épistémique, aspect, délimitation, référentialité, etc.) à travers un exposé clair et étayé de nombreux exemples.

  • Vers la fin de sa vie, Paul Ricoeur a plusieurs fois abordé la question de la traduction. Trois conférences sur ce sujet sont rassemblées dans ce volume.
    À une réflexion qui part du constat de l'irréductible différence entre les langues, la traduction paraît impossible. Et pourtant elle existe : on a toujours traduit. La tâche de la pensée est donc non tant de l'expliquer ou de la justifier que de penser à partir d'elle, puisqu'elle reste une « opération risquée, toujours en quête de sa théorie ».
    L'auteur explore dès lors les « deux voies d'entrées » dans le problème de la traduction : si la conception qui voit en elle le simple transfert d'un message verbal d'une langue à une autre lui semble trop étroite, celle qui revient à assimiler tout processus de compréhension à une traduction est sans doute trop peu rigoureuse.
    Par-delà le soupçon toujours vivace de la « trahison » qui pèse sur elle, la traduction, ce « défi », apparaît en fin de compte au philosophe comme un « bonheur » : celui de « l'hospitalité langagière ».
    Paul Ricoeur (1913-2005) est l'un des philosophes majeurs de l'époque contemporaine.


  • Pour la première fois, la réunion de quatre novellas de Roland C. Wagner : "Ce qui n'est pas nommé", "Pax Americana", "Musique de l'énergie" et l'inédite "Pour qui hurlent les sirènes".

    Un peuple qui change son vocabulaire pour changer la réalité.
    Un complot pour faire rire le monde.
    Le retour de l'archétype du rock.
    Et la lutte de l'individu contre l'oppression de l'anonymité !

  • " Dictionnaire est inspiré par l'amour des langues, qui est peut-être un des aspects de l'amour des gens".
    Personne n'est indifférent aux langues humaines, dont l'apparition, aux aurores de notre espèce, est ce qui a permis à ses membres de nouer des relations sociales qu'aucune autre espèce animale ne connaît. Ceux et celles qui n'aiment pas les langues, parce que la difficulté d'apprendre certaines d'entre elles les rebute, trouveront dans ce Dictionnaire, sinon des raisons de les aimer, du moins assez de matière pour rester étonnés devant tout ce que les langues nous permettent de faire, de dire, et de comprendre sur notre nature. Partout apparaît avec éclat l'ingéniosité infinie des populations humaines, confrontées au défi de dire le monde avec des moyens très limités." Comme tout dictionnaire, celui-ci ne requiert pas de lecture d'un bout à l'autre : il est inspiré par l'amour des langues, qui est peut-être un des aspects de l'amour des gens. "

  • Dictionnaire : derrière cette façade imprimée, il y a l'aventure des hommes, linguistes, philologues, encyclopédistes, écrivains, savants. Souvent érudits, curieux de tout, opiniâtres, ils ont mis par ordre alphabétique le grand désordre de toutes nos curiosités. Remettre le dico en amour, faire l'éloge d'une passion du dictionnaire, c'est un peu boucler la boucle.
    Le dictionnaire est sans doute l'un des livres les plus familiersqui soient. Mais c'est un " illustre inconnu ". Ce dictionnaire-ci aété imaginé en hommage à diverses traditions culturelles et à desauteurs, célèbres ou ignorés, qui ont ainsi rendu service à leurslangues et aux mots. Ces aventuriers des manières de dire (dictiones),ces virtuoses du " prêt-à-parler " sont ici mis en scène avec leursprouesses et leurs secrets. Chaque grand dictionnaire cache uneaventure passionnée, qui mérite d'être relevée.Ainsi l'ouvraged'Alain Rey s'en prend amoureusement à ses semblables et à leursauteurs. Le " dico ", avec sa petite famille, lexiques, glossaires,encyclopédies et un instrument de connaissance, un outil familier etnécessaire. C'est une célébration de la parole et de l'écrit, un livrebanal et déconcertant, un texte migrateur, du papier à l'écran. C'estsurtout un livre ludique qui nous raconte avec bonheur et curiositél'aventure des mots et du langage, c'est-à-dire des hommes.AlainRey, spécialiste de la langue française, philosophe et historien dulangage, est l'auteur de nombreux dictionnaires, parmi lesquels le Petit Robert et le Dictionnaire historique de la langue française.

  • Nul mieux que Dominique Fernandez ne pouvait cerner toute la complexité d'une personnalité comme Henri Beyle. Un homme qui avait prévu pour sa tombe l'épitaphe suivante : Henri Beyle, milanais. Il vécut, écrivit, aima. Cette âme adorait Cimarosa, Mozart et Shakespeare. Son Dictionnaire est une longue déclaration d'amour.
    Pourquoi Stendhal a-t-il abandonné Lucien Leuwen alors qu'il restait si peu à faire pour l'amener à sa forme définitive ? Pourquoi, chez cet auteur, le travail de la mémoire prend-il le pas sur l'imagination ? Pourquoi écrit-il La Chartreuse de Parme en cinquante-deux jours alors qu'il laisse inachevé Lamiel après deux ans et demi d'ébauche ? Pourquoi Le Rouge et le Noir n'eut-il aucun succès ? Pourquoi l'art de séduire lui fut-il étranger ? Pourquoi, dans ses romans, s'interdit-il d'expliquer, de juger, de commenter alors que dans la vie courante il ne cachait pas son mépris pour la sottise ambiante ? Comment, en exil consulaire à Civitavecchia, conçut-il ses fameuses Chroniques italiennes ? Pourquoi Stendhal, en rejetant sa ville natale, Grenoble, rejetait-il bel et bien l'état d'esprit de tout un peuple, les Français ? Autant d'interrogations, autant d'analyses auxquelles Dominique Fernandez, en fervent stendhalien, en observateur subtil, répond avec clairvoyance et délicatesse.Critique, romancier, éternel voyageur, Dominique Fernandez a publié notamment Porporino ou les Mystères de Naples (Grasset, Prix Médicis 1974), Dans la main de l'ange (Grasset, Prix Goncourt 1982), La Perle et le Croissant (Plon, 1998), Dictionnaire amoureux de la Russie (Plon, 2004), Dictionnaire amoureux de l'Italie (Plon, 2008).

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