• Dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011, Laëtitia Perrais a été enlevée à 50 mètres de chez elle, avant d'être poignardée et étranglée. Il a fallu des semaines pour retrouver son corps. Elle avait 18 ans. Ce fait divers s'est transformé en affaire d'État : Nicolas Sarkozy, alors président de la République, a reproché aux juges de ne pas avoir assuré le suivi du « présumé coupable », précipitant 8 000 magistrats dans la rue. Ivan Jablonka a rencontré les proches de la jeune fille et les acteurs de l'enquête, avant d'assister au procès du meurtrier en 2015. Il a étudié le fait divers comme un objet d'histoire, et la vie de Laëtitia comme un fait social. Car, dès sa plus jeune enfance, Laëtitia a été maltraitée, accoutumée à vivre dans la peur, et ce parcours de violences éclaire à la fois sa fin tragique et notre société tout entière : un monde où les femmes se font harceler, frapper, violer, tuer. I. J.

  • Contrairement aux histoires imaginées par Arthur Conan Doyle, les douze enquêtes racontées par David Grann sont bien réelles. Que l'auteur se penche sur l'infiltration d'un gang de détenus dans le système carcéral américain ou la traque de l'un des grands imposteurs du XXe siècle, affabulateur caméléon aux multiples identités, qu'il retrace la folle cavale d'un vieux braqueur de banque, le démantèlement d'un empire mafieux dans une cité de l'Ohio surnommé "Crimetown", ou encore la disparition dans des circonstances mystérieuses d'un fanatique de Sherlock Holmes, ce recueil rassemble les meilleures enquêtes criminelles de David Grann. Il y endosse tour à tour et avec une virtuosité sans égale les habits de l'historien, du détective ou de l'auteur de romans policiers, jusqu'à effacer, en bon prestidigitateur, la frontière qui pourrait séparer la fiction de la réalité. De sorte qu'à la fin, subjugué par ses contes de meurtres, de folie et d'obsession, on serait tenté de s'écrier : "Élémentaire mon cher Grann !"

  • La première fois, j'avais six ans Nouv.

    La première fois, j'avais six ans...... Je prenais mon bain, mon père s'est déshabillé et est entré dans la baignoire. Ça a duré jusqu'à mes 14 ans, lorsque j'ai eu la force de fuir, de parler. Tous les jours des enfants sont attaqués dans leur propre maison, dans leur propre chambre. Par ceux qui sont censés le plus les protéger. Tant que ça durera, je n'aurai pas de repos. Isabelle Aubry
    Dans ce témoignage bouleversant, Isabelle Aubry raconte le calvaire de son enfance piétinée et nous parle du combat qu'elle mène avec son association Face à l'inceste.En fin d'ouvrage, elle formule vingt-neuf propositions pour que l'inceste soit reconnu comme un crime spécifique et imprescriptible, et en finir avec cette loi du silence qui, chaque année, brise des milliers de vies.6,7 millions de français, soit 10 % de la population, déclarent avoir été victimes d'inceste. (Ipsos, novembre 2020)

  • La vie d'Assa Traoré a basculé le 19 juillet 2016, un soir de canicule où son frère cadet Adama est déclaré mort dans la cour de la gendarmerie de Persan. Mains menottées dans le dos, face contre terre, asphyxié. Ce jour-là, il devait fêter ses 24 ans.
    Au-delà de l'infinie peine, la violence d'un tel drame épuise fatalement toute énergie, confisque sourire et force à ceux qui restent. Pour Assa Traoré et sa famille, ce fut l'inverse. L'horreur les a soulevés. Portés par le soutien des habitants de Beaumont-sur-Oise, les Traoré ont transformé la douleur en combat. Avec l'appui du "comité pour Adama", Assa est devenue une guerrière.
    Dans sa "Lettre à Adama', Assa Traoré raconte une lutte citoyenne inédite contre les violences policières, la bataille judiciaire et médiatique qu'il a fallu mener pour déconstruire les mensonges et rester dépositaire de l'histoire d'Adama. Elle dénonce le comportement et le rôle des forces de l'ordre face à une jeunesse marginalisée et stigmatisée, mettant ainsi en lumière le déterminisme auquel sa famille n'a pas échappé. Enfin, elle ravive la mémoire d'un jeune homme dont le prénom s'impose désormais partout en France, comme l'étendard de deux exigences : "Vérité et justice'.
    Assa Traoré a 31 ans. Avant la mort d'Adama, elle était éducatrice spécialisée. Aujourd'hui elle se consacre entièrement à la cause de son frère.
    Reporter à L'Obs depuis 2001, Elsa Vigoureux s'intéresse aux thématiques des quartiers populaires. Journaliste, spécialisée justice, elle a couvert nombre d'affaires criminelles dont celle du gang des Barbares qu'elle traitera plus largement dans un document remarqué et publié chez Flammarion en 2010.

  • Ne dis rien

    Patrick Radden Keefe

    • Belfond
    • 24 Septembre 2020

    Immense succès critique, lauréat du prestigieux prix Orwell, Ne dis rien est une enquête journalistique d'une puissance inédite, une plongée au coeur de la violence politique, le portrait bouleversant d'une génération sacrifiée.
    1972, Belfast, quartier catholique. Par une sombre nuit de décembre, une mère de famille est enlevée sous les yeux de ses dix enfants. Ils ne la reverront jamais...
    Pourquoi une femme apparemment sans histoires s'est-elle retrouvée la cible de l'IRA ? Était-elle réellement une moucharde ? Et pourquoi, alors que tout le monde connaissait l'identité des agresseurs, personne n'a rien dit ?
    En s'intéressant à l'" affaire Jean McConville ", Patrick Radden Keefe, journaliste au
    New Yorker, revisite toute l'histoire du conflit nord-irlandais. Des manifestations du début des années 1960 jusqu'à la vague d'attentats qui a terrorisé tout le Royaume-Uni, en passant par les grèves de la faim de Bobby Sands et des
    Blanket men, il en révèle les derniers secrets, les zones d'ombre et, surtout, le prix à payer pour les individus.

  • Comment imaginer que la trajectoire de Michel Fourniret, serial killer et pédophile, percuterait un jour celle du gang des Postiches, la plus célèbre équipe de braqueurs des années 1980, pour écrire l'une des pages les plus incroyables de la criminalité en France ? Rien ne laissait présager en effet que le destin d'un voyou " politique " breton allait basculer, dans une cellule de Fleury-Mérogis, au contact de l'Ogre des Ardennes, lors d'une alliance de circonstances pour récupérer le butin des Postiches. Enfin, aucun élément ne laissait penser qu'une journaliste, Patricia Tourancheau, ferait le lien entre ces différentes affaires qu'elle suivait et découvrirait l'origine du magot de Fourniret. Et pourtant, c'est ce qui est arrivé.
    Car derrière les barreaux se scellent des rencontres impromptues entre détenus d'horizons divers, qui passent leur temps à échafauder des projets d'évasion et des " plans thunes ". Et si les Postiches voulaient conjurer la misère et flamber comme des nouveaux riches, l'ouvrier ardennais, devenu chasseur de vierges, qui a détourné leur magot, a préféré s'acheter des camionnettes destinées à enlever des petites filles, et un château digne de Barbe bleue afin d'enterrer leurs corps. Pendant que les Postiches désargentés pleuraient leur trésor...
    Après avoir exercé vingt-neuf ans à Libération, Patricia Tourancheau, journaliste freelance spécialiste des dossiers criminels et des cold case, collabore notamment au site d'information Les Jours, avec lequel ce livre a été conçu. Elle est l'auteure de nombreux ouvrages dont Grégory, la machination familiale (Seuil-Les Jours, 2018) et Le 36 (Points, 2018). Elle participe également à l'écriture de scénarios de films et de séries.

  • Dans la famille Holleeder, il y a d'abord le père : alcoolique et violent qui détruit tout sur son passage, rabaisse femme et enfants et fait régner un climat de terreur dans son foyer. Ouvrier chez Heineken, il se soûle en rentrant de l'usine, distribue raclées et insultes sous l'effet de l'alcool et de la frustration. Il y a la mère, être fragile et docile qui tente tant bien que mal de protéger ses enfants. Il y a Willem, le fils aîné, seul à tenir tête à son père et qui finit par le dépasser en devenant l'un des plus grands criminels des Pays-Bas, le célèbre Neus (le Nez). Avec comme premier haut fait d'armes, l'enlèvement en 1983, à vingt-cinq ans, du patron d'Heineken, Freddy Heineken et son chauffeur, Ab Doderer. Fort de cette réputation et tout en purgeant une peine de prison, Willem Holleeder va se transformer en chef de gang, prêt à tout pour régner sur un monde mafieux qu'il va contribuer à bâtir. De prisons en prisons, la petite frappe va se muer en meurtrier assoiffé de sang et de pouvoir, Scarface à la sauce hollandaise, sans scrupules, capable de commanditer le meurtre de son meilleur ami et beau-frère, Cor. Et puis il y a Sonja et Astrid, les deux soeurs, deux femmes qui un jour vont trouver le courage de dénoncer ce frère qu'elles ne reconnaissent plus, monstre de cruauté. Témoignages, enregistrements clandestins, les soeurs vont se faire Judas et envoyer leur cher frère en prison.
    Judas, immense succès au Pays-Bas et en cours de traduction dans le monde entier, raconte l'incroyable histoire d'une famille dysfonctionnelle gouvernée par la violence d'un père alcoolique puis d'un frère incontrôlable, et la rédemption par le récit. Ce thriller du réel, entre Roberto Saviano et Gitta Sereny, nous plonge au coeur d'une histoire de trahison, de crime, de haine et d'amour qui n'a rien à envier aux tragédies grecques ni au Parrain.

  • Ce livre retrace des affaires dont les intrigues sont à la mesure de l'imagination la plus audacieuse et la plus cruelle. Vous y rencontrerez des personnages aux destins hors du commun, des charmeurs et des charmeuses totalement dénués de scrupule et d'empathie : Jeanne de la Motte qui a réussi à duper le cardinal de Rohan en lui extorquant une somme considérable pour un collier " destiné " à Marie-Antoinette (l'affaire du collier de la reine, aussi fameuse que méconnue), Sir Gregor McGregor, cacique de Poyais, Thérèse Humbert et son fabuleux héritage, Henri Lemoine, " inventeur " d'un diamant de synthèse, Ivar Kreuger et son siphonnage de l'épargne mondiale, Charles Ponzi et sa célèbre pyramide, Michele Sindona, banquier de la mafia et du Vatican, le terrible Bernard Madoff et quelques autres.
    Christian Chavagneux raconte les trésors de ruse déployés par ces hommes et ces femmes pour tromper des victimes qui étaient loin d'être démunies d'intelligence et d'esprit critique, sur des décennies pour certains d'entre eux. Il décortique dans le détail les mécanismes de leurs fraudes, les raisons pour lesquelles ils sont parvenus à leurs fins, avant de raconter leur chute – aussi spectaculaire que leur succès. Il détermine aussi pour chacune des escroqueries une sorte d'" équation de l'arnaque " qui en donne les déterminants principaux. Car la forme particulière prise par chacune n'est pas un effet du hasard. Elle révèle aussi les rouages de l'économie et de la société d'une époque. L'histoire des arnaques est celle du capitalisme : on n'escroque pas de la même manière à l'heure de la dérégulation financière et des paradis fiscaux qu'au temps où l'héritage était la principale source de richesses !
    Docteur en économie, Christian Chavagneux est actuellement éditorialiste au mensuel Alternatives Économiques. Il est aussi chroniqueur à France Inter et BFM Business. Il est notamment l'auteur de Une brève histoire des crises financières : des tulipes aux subprimes (2013, nouv. éd., 2020) et Les Paradis fiscaux (avec Ronen Palan, 2012, nouv. éd., 2017), tous deux publiés aux éditions de La Découverte, et de Les Aventuriers de la finance perdue (avec James), Casterman, 2016.

  • Près de 500 000 livres partis en fumée, 700 000 autres endommagés. Et un mystère. D'où est parti l'incendie qui a dévasté pendant plus de sept heures la bibliothèque centrale de Los Angeles le 29 avril 1986 ? Était-il accidentel ou s'agissait-il d'un acte criminel ? Les soupçons d'emblée se portent sur Harry Peak, un jeune homme qui ambitionne de faire carrière à Hollywood, mais que la police finira pas relâcher. Plus de trente ans plus tard, Susan Orlean mène m'enquête sur ce spectaculaire incendie survenu le jour de la catastrophe de Tchernobyl, et de ce fait passé relativement inaperçu. Au fil d'un thriller haletant, elle signe un hommage puissant aux livres et à ceux qui les préservent.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Sylvie Schneiter
    Extrait. Même à Los Angeles où les coiffures extravagantes sont monnaie courante, Harry Peak ne passait pas inaperçu. "Il était très blond. Très très blond', a insisté son avocat, agitant la main devant son front pour montrer l'épaisseur de la frange du jeune homme. Une autre avocate qui avait interrogé Peak s'en souvenait aussi parfaitement : "Il avait beaucoup de cheveux. Et il était vraiment blond.' Un expert en incendie criminel que j'ai rencontré m'a décrit l'entrée de Peak dans la salle d'audience "avec sa tignasse', comme douée d'autonomie.

  • En 1994, l'été de de ses treize ans, le père de Molly Brodak braque onze banques. Surnommé " Super Mario le Bandit ", La police finit par l'arrêter dans un bar, en train de siroter une bière. il passe sept années en prison. Quelques temps d'une " vie normale " pour sa fille, après sa libération, il recommence.
    Molly raconte une enfance en eaux troubles. D'un côté, la vie aux côtés de ce père " normal ", employé de l'usine General Motors, parfait père poule. De l'autre, la face sombre, la double vie, les crises de rage, la disparition soudaine de voitures pour payer des dettes, ou l'apparition de cadeaux extravagants sortis de nulle part.
    Sobre et envoûtant, Bandit est un récit sur la famille et la mémoire, sur la vulnérabilité tragique des histoires qu'on se raconte et la responsabilité des parents vis-à-vis de leurs enfants.

  • L'histoire relatée dans ce livre n'est pas inspirée de faits réels. Elle est réelle.
    A l'origine, il y a, à Paris, la trajectoire de deux gamins des rues de Belleville, Samy et Marco, qui ont arrêté l'école avant même d'avoir mué. Leur existence faite de débrouillardise et d'instinct de survie les oblige à comprendre plus vite que n'importe qui que la seule prospérité possible pour eux se situe en dehors du Code pénal. Petites escroqueries, arnaques et tables de jeux : la vie est une partie de poker.
    A l'autre bout de la ville et de l'échelle sociale : un jeune homme des quartiers huppés. Un blouson doré. Il s'appelle Arnaud. Son rêve est de devenir Gordon Gekko, le héros de Wall street, le film d'Oliver Stone.
    Ensemble, Samy, Marco et Arnaud vont réussir à tromper l'intelligence la plus diplômée du pays, celle de polytechniciens et énarques qui ont travaillé à la mise en place d'une bourse financière aux nobles aspirations : lutter contre le réchauffement climatique.
    Il en résulte la plus grande escroquerie de l'histoire de France. Au moins deux milliards d'euros détournés au nez et à la barbe de l'Etat sur le dos du droit à l'environnement et du capitalisme de casino.
    C'était il y a dix ans.
    Mais après l'épiphanie de l'argent, il y a eu la décadence du sang.
    Une mystérieuse épidémie d'assassinats a frappé Paris et ses environs. Rivaux et témoins sont éliminés les uns après les autres.
    Voici le roman vrai de la mafia du CO2. Un récit vif, tendu qui se lit comme un thriller. Tout à la fois brillant et glaçant.
    Fabrice Arfi est co-responsable des enquêtes à Mediapart. Il est à l'origine de nombreuses révélations dans les affaires Karachi, Bettencourt et Cahuzac. Il a aussi dévoilé le scandale du possible financement libyen de la campagne présidentielle de 2007, qui a valu à Nicolas Sarkozy une récente mise en examen.

  • Le miroir effarant de la justice ordinaire par une plume du Canard enchaîné
    Vite. C'est le mot d'ordre des comparutions immédiates, héritières des légendaires "flagrants délits", les flags. La règle est simple : un délit, une arrestation, un jugement immédiat. Les audiences se prolongent tard dans la nuit. Voleurs, époux violents, sans-papiers, dealers, toxicos et cambrioleurs défilent. Ceux qui ont, encore une fois, bu un coup de trop, ou insulté un policier. Des malades mentaux aussi, et maintenant des Gilets jaunes. Tous défendus par des avocats commis d'office qui n'ont eu que quelques minutes pour examiner le dossier.
    Dominique Simonnot observe depuis vingt ans ces " chambres de la misère ". Dans ses récits vifs et impertinents, rien n'est inventé, elle raconte les audiences sans les travestir, comme autant de scènes de théâtre où se confrontent et se toisent procureurs, prévenus et avocats sur un mode tragi-comique.
    Un précipité de la société française, avec ses douleurs et ses failles. " Justice de classe ", n'est-ce pas Monsieur le Président ?

  • Condamné à me tuer

    Jonathan Destin

    • Xo
    • 10 Octobre 2013

    En France, 14% des enfants ne se sentent pas en sécurité au collège.


    10% sont victimes de harcèlement. Certains finissent par en mourir.



    Jonathan est encore à l'école primaire lorsque les brimades, les insultes, les coups commencent. On se moque de lui, de son physique, de son nom de famille. Puis on le menace, on lui demande de l'argent, on lui dit qu'on va tuer ses parents. La peur et la honte l'empêchent de parler. Les adultes ne voient rien ou lui assènent que c'est un jeu. Jonathan est seul face à ses bourreaux.


    Le calvaire qu'il a enduré, jusqu'à s'immoler par le feu parce que la mort lui semblait être la seule solution, d'autres enfants le vivent tous les jours. Ils n'osent pas parler, sont en butte au déni des adultes et perdent tout espoir.


    Jonathan a été brûlé à 72%. Il a passé trois mois dans un coma artificiel, a subi dix-sept opérations et continue de souffrir de douleurs incessantes.


    Pour lui, aujourd'hui, la reconstruction passe par le partage de son histoire, afin que les enfants victimes osent enfin parler. Et que les adultes ouvrent les yeux.



    Un témoignage bouleversant pour briser le silence.

  • Enquête sur les viols perpétrés dans une université américaine Célèbre pour son campus universitaire et surtout pour son équipe de football - les Grizzlis -, l'université de Missoula est secouée par plusieurs affaires de viols commis entre 2010 et 2012 par des étudiants. À partir de ce scandale retentissant, Jon Krakauer brosse le tableau d'une Amérique où le viol est le crime le plus fréquent - même si près de 80% des victimes ne portent jamais plainte. Comment expliquer ce phénomène ? Peut-on dresser un portrait type du violeur ? Quelles sont les répercussions d'un tel traumatisme pour la victime ? Comment la société et la justice réagissent-elles ? C'est à toutes ces questions que Jon Krakauer entend répondre.

  • C'est le plus formidable fait divers du XXe siècle : un meurtre inexpliqué, un cadavre introuvable, un accusé – Guillaume Seznec, un Breton –, qui se dit innocent, et qu'on envoie au bagne pour vingt ans ; des débats à n'en plus finir pendant trois générations, et 14 demandes de révision du procès refusées...
    Symbole de l'erreur judiciaire, l'affaire Seznec mobilise au fil des décennies des milliers de passionnés. Sa légende fascine encore, et les interrogations qui l'accompagnent : affaire d'Etat, complot policier, barbouzerie, trafic international, règlement de comptes, crime passionnel ou crapuleux ? Le mystère semblait impossible à percer.
    Anne-Sophie Martin nous donne enfin la solution de l'énigme, confirmée par les petits-enfants du condamné, qui se sont tus si longtemps. Toute simple, vraie, presque nue, cette vérité était l'objet d'un secret de famille presque centenaire, qui est ici révélé en détail. Quémeneur a voulu violer Marie-Jeanne Seznec, elle s'est défendue et l'a tué. Guillaume a choisi de porter le chapeau... Une histoire d'amour, en somme, mais d'une puissance rare, que raconte avec verve et passion Anne-Sophie Martin.
    Journaliste, réalisatrice pour la télévision, Anne-Sophie Martin est secrétaire générale de l'Association confraternelle de la presse judiciaire. Auteure d'enquêtes sur le monde criminel, elle est l'une des spécialistes des faits divers français.

  • Piper Kerman est une jeune femme comme tant d'autres : elle a un emploi, un compagnon, une famille aimante. Elle est très loin de la jeune casse-cou qui avait livré une valise d'argent pour un trafiquant de drogues dix ans plus tôt. Mais le passé l'a rattrapée. Condamnée à quinze mois d'incarcération dans une prison pour femmes du Connecticut, la jeune cadre dynamique de bonne famille devient le matricule 11187-424. Le choc est brutal.
    De sa première fouille corporelle à sa libération, Piper Kerman apprend à naviguer dans cet étrange univers aux codes absurdes et aux lois arbitraires. Elle rencontre des femmes issues de tous les milieux, qui la surprennent par leur générosité, leur humour et leur ouverture d'esprit.
    Déchirant, drôle et parfois rageant, le récit de Piper Kerman nous offre un témoignage rare et précieux sur le quotidien des détenues américaines. Car c'est en grande partie pour elles que Piper a écrit ce livre : pour témoigner au nom de toutes celles qui n'ont pas la possibilité de s'exprimer.

  • De 1970 à 1991, dans la paroisse Saint-Luc, à Sainte-Foy-lès-Lyon, le père Preynat règne sur " ses " scouts, les stimulant par son charisme. Tous savent que le père a des " chouchous " ; certains sentent même l'étrangeté des invitations qu'il leur adresse. Mais personne n'ose penser l'impensable.
    Isabelle de Gaulmy était scoute. Comme une grande majorité de ses camarades, elle a aimé les activités organisées par le père Preynat. Mais lorsqu'un prêtre de la paroisse lui raconte, en 2005, qu'il y a un " gros dossier " sur lui, ses soupçons d'enfant se réveillent. Il faudra encore dix ans pour que l'affaire sorte dans la presse : d'anciens scouts parlent et une plainte vise le père.
    Fille d'une famille de Sainte-Foy, croyante, journaliste dans le domaine religieux depuis des années, l'auteure est intimement touchée par l'affaire. Elle choisit d'écrire pour comprendre : comment un prêtre, guide sur le chemin de la foi, pourrait-il avoir abusé impunément de la confiance que mettaient en lui de jeunes garçons ? Comment les parents auraient-ils pu ne pas voir ? Pourquoi l'archevêché se serait-il tu ? Comment réparer ? Elle interroge ceux qui ont témoigné d'agressions sexuelles, les membres de la paroisse qu'elle connaît depuis l'enfance, les familles. Un récit unique, vécu de l'intérieur, et qui tente de répondre à des questions qui nous touchent tous.
    Isabelle de Gaulmyn est rédactrice en chef adjointe de La Croix. Elle a déjà publié : Benoît XVI, le pape incompris (Bayard, 2008) et François, un pape pour tous (Seuil, 2014).

  • Fait divers le plus retentissant de la seconde moitié du xxe siècle, le meurtre de Grégory Villemin, 4 ans, le 16 octobre 1984 dans les Vosges, restait un cold case, une énigme non résolue que l'on croyait embourbée à jamais dans les eaux vaseuses de la Vologne.
    Quand soudain, le 14 juin 2017, l'histoire rebondit avec les arrestations de membres de la famille Jacob, grand-oncle et grande-tante de Grégory Villemin. Cette affaire criminelle, où s'entrechoquent chaos judiciaire, délires médiatiques et secrets de famille, ressurgit de façon spectaculaire plus de trente-deux ans après les faits. Révoltée par le monstrueux gâchis humain qu'elle a généré, Patricia Tourancheau s'est replongée dans les archives, elle a rencontré certains des protagonistes encore vivants, dévoilé les derniers interrogatoires, pour raconter cette affaire comme un feuilleton.
    La journaliste s'est reportée plus de 315 000 heures en arrière, aux origines d'une haine souterraine, fossilisée dans les fondations d'une famille. Quels longs détours ont donc emprunté les magistrats et les enquêteurs pour revenir ainsi au point de départ ? C'est la course contre le temps gâché qui traverse cet ouvrage, le plus complet jamais publié sur le meurtre de Grégory.
    Journaliste freelance spécialiste des dossiers criminels et des cold cases, Patricia Tourancheau collabore au site d'information Les Jours, avec lequel ce livre a été conçu, ainsi qu'à L'Obs et à GQ Magazine, après avoir exercé vingt-neuf ans à Libération. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Guy Georges, la traque (Fayard, 2010) et Le 36. Histoires
    de poulets, d'indics et de tueurs en série (Seuil-Les Jours, 2017). Elle participe également à l'écriture de scénarios de films et de séries.

  •  0500Le 16 octobre 1984, le capitaine de gendarmerie Étienne Sesmat se trouve sur les bords de la Vologne, dans les Vosges, alors qu'on retire des eaux le corps du petit Grégory Villemin. Il ne se doute pas en cet instant que ce drame va devenir l'une des plus grandes dérives judiciaires des vingt années à venir...Très vite, "l'affaire Grégory" défraie la chronique et divise l'opinion. Pour le capitaine Sesmat, qui sera le premier à conduire l'enquête, le crime de la Vologne n'est pas seulement une énigme policière, c'est aussi et surtout un monstrueux gâchis. Pourquoi en effet a-t-il fallut neuf années à la justice pour parvenir aux mêmes conclusions que les gendarmes après trois semaines d'investigations intensives ? Pourquoi les a-t-on dessaisis au profit de la police alors qu'ils touchaient au but ? Pourquoi ce dossier s'est-il enlisé dans l'un des pires chaos judiciaires et médiatiques qu'a connus notre pays ?Aujourd'hui, Etienne Sesmat n'est plus tenu par le devoir de réserve qui s'impose aux militaires d'active. Parce qu'il peut enfin parler librement, il répond aux accusations dont la gendarmerie a été la cible. En ce sens, son témoignage constitue un document exceptionnel, car s'il apporte une vision objective des faits, il livre aussi la vérité d'un homme confronté malgré lui à un dossier criminel hors du commun, et à un système judiciaire qu'il a toujours servi avec confiance mais qui a failli.0300Le 16 octobre 1984, le capitaine de gendarmerie Étienne Sesmat était sur les bords de la Vologne, dans les Vosges, au moment où on retirait des eaux le corps du petit Grégory. Il ne se doutait pas, en cet instant, que cette affaire allait bouleverser sa vie et sa carrière... Un document inédit.Le 16 octobre 1984, on retrouve le corps du petit Grégory Villemin dans la Vologne, à Docelles, un petit village des Vosges. Le crime est aussitôt revendiqué par un appel téléphonique et une lettre anonyme d´un « corbeau », apparemment proche des Villemin. Une enquête judiciaire minutieuse et rapide est menée par la gendarmerie locale, dirigée par Étienne Sesmat, dont les soupçons vont très vite peser sur Bernard Laroche, un cousin de la famille. Pourtant, le travail des gendarmes est aussitôt critiqué et dévalorisé par les avocats de l´inculpé, relayés par les médias qui font pression sur un juge d´instruction peu scrupuleux et accumulant les erreurs de procédure. Celui-ci retire l´enquête aux gendarmes, la confie aux policiers du SRPJ de Nancy, et finit par orienter ses soupçons vers la mère de la victime. Ce sera le début d´une dérive sans précédent dans les annales judiciaires, cristallisée par l´assassinat de Bernard Laroche, commis par le père de Grégory le 29 mars 1985. L´affaire sera finalement renvoyée à Dijon par la cour de Cassation. Un complément d´enquête sera nécessaire et, par un arrêt du 3 février 1993, le nouveau juge en charge de l´instruction soulignera de manière catégorique un non-lieu en faveur de Christine Villemin, accréditant notamment les premières investigations faites par les gendarmes.Pourquoi a-t-il fallu neuf ans à la justice pour arriver aux mêmes conclusions que les gendarmes qui, eux, avaient établi en trois semaines les faits qui auraient mené au coupable ? Étienne Sesmat, en reprenant la chronologie des événements, apporte un éclairage inédit sur une affaire qui suscite encore aujourd´hui passions et débats. Il répond aussi aux accusations dont la gendarmerie a été la cible, « sans haine ni esprit revanchard », mais en offrant une lecture objective et complète des faits.

  • L'amour m'a sauvé du naufrage

    Michel Vaujour

    • Xo
    • 27 Septembre 2018

    C'est l'histoire d'un enfant très tôt abandonné. Puis d'un adolescent marqué à vie par le sentiment d'injustice. À l'âge de 19 ans, Michel Vaujour " emprunte " une voiture pour aller danser. Il est arrêté et condamné à deux ans et demi de prison.
    Verdict vécu comme une terrible injustice.
    Michel Vaujour entre alors en guerre contre la société. Il s'évade une première fois et bascule dans le banditisme. Braquages, cavales. Repris, il prépare aussitôt une nouvelle évasion. En 1986, du toit de la prison de la Santé, il s'agrippe à un hélicoptère et disparaît dans le ciel de Paris.
    Quatre mois plus tard, lors d'un braquage qui tourne mal, il prend une balle en pleine tête. Sa survie tient du miracle. Devenu la terreur des directeurs de prison, il retourne en quartier de haute sécurité (QHS) : l'isolement absolu, dans une cellule en béton sans lumière du jour.
    Enfermé dans le silence, il se réfugie dans la pratique du yoga. Mais une étudiante en droit, Jamila, vient bouleverser son existence. Elle lui écrit tous les jours. Ils décident de tenter une nouvelle évasion pour vivre ensemble au bout du monde. L'opération échoue. Jamila est condamnée à sept ans de prison. À sa sortie, elle le convainc de tirer un trait sur cette logique de samouraï.
    Pour la première fois, Michel Vaujour accepte de lâcher prise et de faire confiance. Détenu exemplaire, il sort enfin par la grande porte. Il a 52 ans.
    Aujourd'hui, après vingt-sept années de prison, dont dix-sept en QHS, Michel Vaujour respire la vie auprès de celle qui est devenue sa femme et décide d'écrire lui-même son histoire.
    Un livre d'une puissance rare, sur le sens de la vie, le prix de la liberté et la force des sentiments.

  • Ce sont, pour l'essentiel, elles qui rendent justice aujourd'hui : des femmes d'une trentaine d'années, fraîchement sorties de l'École nationale de la magistrature.Céline Roux témoigne de son expérience et de celle de quatre collègues, toutes propulsées à des fonctions lourdes de responsabilité face à des justiciables le plus souvent masculins. Tiraillées par la peur de l'erreur - comment ne pas douter lorsque l'on peut provoquer l'irréparable ? -, elles veulent être infaillibles. Témoins de la détresse mais aussi des bassesses de l'humain, elles sont les gardiennes, pour notre société, de l'équilibre entre justice et répression. Ce récit, également plein d'humour, nous entraîne aussi hors du tribunal : la juge peut-elle encore rester exemplaire lorsqu'elle ne porte plus la robe ?Céline Roux est magistrate ; elle a notamment été juge aux affaires familiales.

  • "Dans le comté d'Utah, presque tout le monde a entendu parler des fils Lafferty en raison des meurtres atroces."
    Utah. Une petite ville plantée dans le sillage de Salt Lake City, le fief de l'Église mormone. Le 24 juillet 1984, Allen Lafferty, mormon pratiquant, rentre chez lui après sa journée de travail, dans la maison qu'il habite avec sa jeune épouse et leur bébé de quinze mois. Quand il pousse la porte, l'horreur l'attend : Brenda et sa petite fille ont été sauvagement égorgées. En un instant, Allen est convaincu qu'il connaît les coupables. Et pour cause, ce sont ses frères.
    À la barre des mois plus tard, Ron et Dan Lafferty ne nieront pas les faits. Pas plus qu'ils n'exprimeront le moindre remords. Les deux Lafferty sont des prophètes, Dieu parle à travers eux, il leur chuchote ses ordres. Pour eux, l'État n'existe pas. L'école ? Une machination. La médecine ? Un charlatanisme. Ron et Dan Lafferty ont quitté le giron des mormons pour embrasser une foi chrétienne radicale, dont l'un des piliers n'est autre que la polygamie. Et Brenda Lafferty avait commis l'erreur d'y être opposée...
    Revenant sur les grandes heures de la fondation de la religion mormone et l'épineux dossier des sectes transfuges qu'elle a fait naître dans ses rangs, le maître de la narrative non fiction interroge les ressorts du fanatisme religieux et exhume l'une des affaires criminelles les plus retentissantes de l'histoire américaine des dernières décennies.

  • Picasso, Chagall, Dali, Léger, Modigliani, Renoir... Pendant près de quarante ans, Guy Ribes, faussaire véritable, a imité les plus grands peintres, avec une maîtrise technique et un talent hors du commun. Personnage truculent, fumeur de pipe aux mains d'ours mal léché, " le peintre des voyous ", comme un juge l'a surnommé, naît dans un bordel à la fin des années 1940. Il grandit dans une famille où, dit-il, " on pratiquait plutôt le revolver que le pinceau ". Après un passage dans la marine puis dans la Légion, il commence à fabriquer des faux, par orgueil et par jeu. Il fait ses gammes, perfectionne ses techniques de vieillissement des toiles, oublie son propre style et apprend sur le bout des doigts à peindre comme les autres. Ribes ne fait pas de copies, il peint " à la manière de ". Autrement dit, il crée de nouvelles oeuvres de Chagall, Picasso, Dali... Au point de tromper les experts. Et d'attirer une bande de trafiquants d'art, qui exploite son talent et arnaque plusieurs collectionneurs. Jusqu'au jour où la police vient frapper à sa porte...

  • L'histoire vraie d'Audrey, 31 ans, une jeune fille de Basse-Normandie, devenue dealeuse, passée par la case prison, qui enseigne désormais aux enfants en primaire à devenir des hommes et des femmes, des êtres dignes. Une rédemption.
    Originaire de Caen, Audrey est une jeune fille qui réussit à l'école. Mais le cadre familial n'est pas brillant, entre un père maniaco-dépressif et une mère qui ne s'en sort pas. Pour ne pas sombrer avec le navire, Audrey décide de prendre sa vie en main et de quitter la maison. Mais à 16 ans, comment gagner sa vie ? Elle a deux choix : vendre son corps, pas son genre, ou dealer ; c'est la seconde option qu'elle choisit, sans états d'âme... Et sa clientèle, elle la recrute naturellement dans le lycée où elle étudie, qu'elle continue de fréquenter. Qui soupçonnerait cette bonne élève qui réussit à passer son bac de science éco ? La drogue, c'est juste un moyen de gagner sa vie. C'est l'escalade. Et ce qui devait arriver, arrive, et son réseau tombe : direction la prison. Versailles puis Fresnes, où elle découvre l'univers carcéral féminin. Sa brutalité, mais aussi, pour la première fois, la solidarité entre femmes. La prison la révolte, elle se heurte de front à l'administration pénitentiaire, mais la rencontre d'un vieux prof qui anime des débats lui permettra de se reconstruire - et de découvrir sa vocation d'enseignante.
    Aujourd'hui, après avoir réussi à faire purger son casier judiciaire - un véritable parcours du combattant - Audrey est institutrice dans une école primaire à Bondy où en plus de l'enseignement classique, elle initie les enfants à la boxe, sa passion. Toute une philosophie de la vie : la maîtrise de soi, apprendre à esquiver les coups, se sentir forte ; des principes fondateurs, qu'elle veut transmettre aux enfants pour survivre dans ce monde de brute.
    C'est la belle histoire d'une fleur poussée au milieu du béton, celle d'une rédemption...

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