Seuil

  • Dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011, Laëtitia Perrais a été enlevée à 50 mètres de chez elle, avant d'être poignardée et étranglée. Il a fallu des semaines pour retrouver son corps. Elle avait 18 ans. Ce fait divers s'est transformé en affaire d'État : Nicolas Sarkozy, alors président de la République, a reproché aux juges de ne pas avoir assuré le suivi du « présumé coupable », précipitant 8 000 magistrats dans la rue. Ivan Jablonka a rencontré les proches de la jeune fille et les acteurs de l'enquête, avant d'assister au procès du meurtrier en 2015. Il a étudié le fait divers comme un objet d'histoire, et la vie de Laëtitia comme un fait social. Car, dès sa plus jeune enfance, Laëtitia a été maltraitée, accoutumée à vivre dans la peur, et ce parcours de violences éclaire à la fois sa fin tragique et notre société tout entière : un monde où les femmes se font harceler, frapper, violer, tuer. I. J.

  • La vie d'Assa Traoré a basculé le 19 juillet 2016, un soir de canicule où son frère cadet Adama est déclaré mort dans la cour de la gendarmerie de Persan. Mains menottées dans le dos, face contre terre, asphyxié. Ce jour-là, il devait fêter ses 24 ans.
    Au-delà de l'infinie peine, la violence d'un tel drame épuise fatalement toute énergie, confisque sourire et force à ceux qui restent. Pour Assa Traoré et sa famille, ce fut l'inverse. L'horreur les a soulevés. Portés par le soutien des habitants de Beaumont-sur-Oise, les Traoré ont transformé la douleur en combat. Avec l'appui du "comité pour Adama", Assa est devenue une guerrière.
    Dans sa "Lettre à Adama', Assa Traoré raconte une lutte citoyenne inédite contre les violences policières, la bataille judiciaire et médiatique qu'il a fallu mener pour déconstruire les mensonges et rester dépositaire de l'histoire d'Adama. Elle dénonce le comportement et le rôle des forces de l'ordre face à une jeunesse marginalisée et stigmatisée, mettant ainsi en lumière le déterminisme auquel sa famille n'a pas échappé. Enfin, elle ravive la mémoire d'un jeune homme dont le prénom s'impose désormais partout en France, comme l'étendard de deux exigences : "Vérité et justice'.
    Assa Traoré a 31 ans. Avant la mort d'Adama, elle était éducatrice spécialisée. Aujourd'hui elle se consacre entièrement à la cause de son frère.
    Reporter à L'Obs depuis 2001, Elsa Vigoureux s'intéresse aux thématiques des quartiers populaires. Journaliste, spécialisée justice, elle a couvert nombre d'affaires criminelles dont celle du gang des Barbares qu'elle traitera plus largement dans un document remarqué et publié chez Flammarion en 2010.

  • Comment imaginer que la trajectoire de Michel Fourniret, serial killer et pédophile, percuterait un jour celle du gang des Postiches, la plus célèbre équipe de braqueurs des années 1980, pour écrire l'une des pages les plus incroyables de la criminalité en France ? Rien ne laissait présager en effet que le destin d'un voyou " politique " breton allait basculer, dans une cellule de Fleury-Mérogis, au contact de l'Ogre des Ardennes, lors d'une alliance de circonstances pour récupérer le butin des Postiches. Enfin, aucun élément ne laissait penser qu'une journaliste, Patricia Tourancheau, ferait le lien entre ces différentes affaires qu'elle suivait et découvrirait l'origine du magot de Fourniret. Et pourtant, c'est ce qui est arrivé.
    Car derrière les barreaux se scellent des rencontres impromptues entre détenus d'horizons divers, qui passent leur temps à échafauder des projets d'évasion et des " plans thunes ". Et si les Postiches voulaient conjurer la misère et flamber comme des nouveaux riches, l'ouvrier ardennais, devenu chasseur de vierges, qui a détourné leur magot, a préféré s'acheter des camionnettes destinées à enlever des petites filles, et un château digne de Barbe bleue afin d'enterrer leurs corps. Pendant que les Postiches désargentés pleuraient leur trésor...
    Après avoir exercé vingt-neuf ans à Libération, Patricia Tourancheau, journaliste freelance spécialiste des dossiers criminels et des cold case, collabore notamment au site d'information Les Jours, avec lequel ce livre a été conçu. Elle est l'auteure de nombreux ouvrages dont Grégory, la machination familiale (Seuil-Les Jours, 2018) et Le 36 (Points, 2018). Elle participe également à l'écriture de scénarios de films et de séries.

  • L'histoire relatée dans ce livre n'est pas inspirée de faits réels. Elle est réelle.
    A l'origine, il y a, à Paris, la trajectoire de deux gamins des rues de Belleville, Samy et Marco, qui ont arrêté l'école avant même d'avoir mué. Leur existence faite de débrouillardise et d'instinct de survie les oblige à comprendre plus vite que n'importe qui que la seule prospérité possible pour eux se situe en dehors du Code pénal. Petites escroqueries, arnaques et tables de jeux : la vie est une partie de poker.
    A l'autre bout de la ville et de l'échelle sociale : un jeune homme des quartiers huppés. Un blouson doré. Il s'appelle Arnaud. Son rêve est de devenir Gordon Gekko, le héros de Wall street, le film d'Oliver Stone.
    Ensemble, Samy, Marco et Arnaud vont réussir à tromper l'intelligence la plus diplômée du pays, celle de polytechniciens et énarques qui ont travaillé à la mise en place d'une bourse financière aux nobles aspirations : lutter contre le réchauffement climatique.
    Il en résulte la plus grande escroquerie de l'histoire de France. Au moins deux milliards d'euros détournés au nez et à la barbe de l'Etat sur le dos du droit à l'environnement et du capitalisme de casino.
    C'était il y a dix ans.
    Mais après l'épiphanie de l'argent, il y a eu la décadence du sang.
    Une mystérieuse épidémie d'assassinats a frappé Paris et ses environs. Rivaux et témoins sont éliminés les uns après les autres.
    Voici le roman vrai de la mafia du CO2. Un récit vif, tendu qui se lit comme un thriller. Tout à la fois brillant et glaçant.
    Fabrice Arfi est co-responsable des enquêtes à Mediapart. Il est à l'origine de nombreuses révélations dans les affaires Karachi, Bettencourt et Cahuzac. Il a aussi dévoilé le scandale du possible financement libyen de la campagne présidentielle de 2007, qui a valu à Nicolas Sarkozy une récente mise en examen.

  • Ce livre retrace des affaires dont les intrigues sont à la mesure de l'imagination la plus audacieuse et la plus cruelle. Vous y rencontrerez des personnages aux destins hors du commun, des charmeurs et des charmeuses totalement dénués de scrupule et d'empathie : Jeanne de la Motte qui a réussi à duper le cardinal de Rohan en lui extorquant une somme considérable pour un collier " destiné " à Marie-Antoinette (l'affaire du collier de la reine, aussi fameuse que méconnue), Sir Gregor McGregor, cacique de Poyais, Thérèse Humbert et son fabuleux héritage, Henri Lemoine, " inventeur " d'un diamant de synthèse, Ivar Kreuger et son siphonnage de l'épargne mondiale, Charles Ponzi et sa célèbre pyramide, Michele Sindona, banquier de la mafia et du Vatican, le terrible Bernard Madoff et quelques autres.
    Christian Chavagneux raconte les trésors de ruse déployés par ces hommes et ces femmes pour tromper des victimes qui étaient loin d'être démunies d'intelligence et d'esprit critique, sur des décennies pour certains d'entre eux. Il décortique dans le détail les mécanismes de leurs fraudes, les raisons pour lesquelles ils sont parvenus à leurs fins, avant de raconter leur chute – aussi spectaculaire que leur succès. Il détermine aussi pour chacune des escroqueries une sorte d'" équation de l'arnaque " qui en donne les déterminants principaux. Car la forme particulière prise par chacune n'est pas un effet du hasard. Elle révèle aussi les rouages de l'économie et de la société d'une époque. L'histoire des arnaques est celle du capitalisme : on n'escroque pas de la même manière à l'heure de la dérégulation financière et des paradis fiscaux qu'au temps où l'héritage était la principale source de richesses !
    Docteur en économie, Christian Chavagneux est actuellement éditorialiste au mensuel Alternatives Économiques. Il est aussi chroniqueur à France Inter et BFM Business. Il est notamment l'auteur de Une brève histoire des crises financières : des tulipes aux subprimes (2013, nouv. éd., 2020) et Les Paradis fiscaux (avec Ronen Palan, 2012, nouv. éd., 2017), tous deux publiés aux éditions de La Découverte, et de Les Aventuriers de la finance perdue (avec James), Casterman, 2016.

  • Le miroir effarant de la justice ordinaire par une plume du Canard enchaîné
    Vite. C'est le mot d'ordre des comparutions immédiates, héritières des légendaires "flagrants délits", les flags. La règle est simple : un délit, une arrestation, un jugement immédiat. Les audiences se prolongent tard dans la nuit. Voleurs, époux violents, sans-papiers, dealers, toxicos et cambrioleurs défilent. Ceux qui ont, encore une fois, bu un coup de trop, ou insulté un policier. Des malades mentaux aussi, et maintenant des Gilets jaunes. Tous défendus par des avocats commis d'office qui n'ont eu que quelques minutes pour examiner le dossier.
    Dominique Simonnot observe depuis vingt ans ces " chambres de la misère ". Dans ses récits vifs et impertinents, rien n'est inventé, elle raconte les audiences sans les travestir, comme autant de scènes de théâtre où se confrontent et se toisent procureurs, prévenus et avocats sur un mode tragi-comique.
    Un précipité de la société française, avec ses douleurs et ses failles. " Justice de classe ", n'est-ce pas Monsieur le Président ?

  • C'est le plus formidable fait divers du XXe siècle : un meurtre inexpliqué, un cadavre introuvable, un accusé – Guillaume Seznec, un Breton –, qui se dit innocent, et qu'on envoie au bagne pour vingt ans ; des débats à n'en plus finir pendant trois générations, et 14 demandes de révision du procès refusées...
    Symbole de l'erreur judiciaire, l'affaire Seznec mobilise au fil des décennies des milliers de passionnés. Sa légende fascine encore, et les interrogations qui l'accompagnent : affaire d'Etat, complot policier, barbouzerie, trafic international, règlement de comptes, crime passionnel ou crapuleux ? Le mystère semblait impossible à percer.
    Anne-Sophie Martin nous donne enfin la solution de l'énigme, confirmée par les petits-enfants du condamné, qui se sont tus si longtemps. Toute simple, vraie, presque nue, cette vérité était l'objet d'un secret de famille presque centenaire, qui est ici révélé en détail. Quémeneur a voulu violer Marie-Jeanne Seznec, elle s'est défendue et l'a tué. Guillaume a choisi de porter le chapeau... Une histoire d'amour, en somme, mais d'une puissance rare, que raconte avec verve et passion Anne-Sophie Martin.
    Journaliste, réalisatrice pour la télévision, Anne-Sophie Martin est secrétaire générale de l'Association confraternelle de la presse judiciaire. Auteure d'enquêtes sur le monde criminel, elle est l'une des spécialistes des faits divers français.

  • Fait divers le plus retentissant de la seconde moitié du xxe siècle, le meurtre de Grégory Villemin, 4 ans, le 16 octobre 1984 dans les Vosges, restait un cold case, une énigme non résolue que l'on croyait embourbée à jamais dans les eaux vaseuses de la Vologne.
    Quand soudain, le 14 juin 2017, l'histoire rebondit avec les arrestations de membres de la famille Jacob, grand-oncle et grande-tante de Grégory Villemin. Cette affaire criminelle, où s'entrechoquent chaos judiciaire, délires médiatiques et secrets de famille, ressurgit de façon spectaculaire plus de trente-deux ans après les faits. Révoltée par le monstrueux gâchis humain qu'elle a généré, Patricia Tourancheau s'est replongée dans les archives, elle a rencontré certains des protagonistes encore vivants, dévoilé les derniers interrogatoires, pour raconter cette affaire comme un feuilleton.
    La journaliste s'est reportée plus de 315 000 heures en arrière, aux origines d'une haine souterraine, fossilisée dans les fondations d'une famille. Quels longs détours ont donc emprunté les magistrats et les enquêteurs pour revenir ainsi au point de départ ? C'est la course contre le temps gâché qui traverse cet ouvrage, le plus complet jamais publié sur le meurtre de Grégory.
    Journaliste freelance spécialiste des dossiers criminels et des cold cases, Patricia Tourancheau collabore au site d'information Les Jours, avec lequel ce livre a été conçu, ainsi qu'à L'Obs et à GQ Magazine, après avoir exercé vingt-neuf ans à Libération. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Guy Georges, la traque (Fayard, 2010) et Le 36. Histoires
    de poulets, d'indics et de tueurs en série (Seuil-Les Jours, 2017). Elle participe également à l'écriture de scénarios de films et de séries.

  • De 1970 à 1991, dans la paroisse Saint-Luc, à Sainte-Foy-lès-Lyon, le père Preynat règne sur " ses " scouts, les stimulant par son charisme. Tous savent que le père a des " chouchous " ; certains sentent même l'étrangeté des invitations qu'il leur adresse. Mais personne n'ose penser l'impensable.
    Isabelle de Gaulmy était scoute. Comme une grande majorité de ses camarades, elle a aimé les activités organisées par le père Preynat. Mais lorsqu'un prêtre de la paroisse lui raconte, en 2005, qu'il y a un " gros dossier " sur lui, ses soupçons d'enfant se réveillent. Il faudra encore dix ans pour que l'affaire sorte dans la presse : d'anciens scouts parlent et une plainte vise le père.
    Fille d'une famille de Sainte-Foy, croyante, journaliste dans le domaine religieux depuis des années, l'auteure est intimement touchée par l'affaire. Elle choisit d'écrire pour comprendre : comment un prêtre, guide sur le chemin de la foi, pourrait-il avoir abusé impunément de la confiance que mettaient en lui de jeunes garçons ? Comment les parents auraient-ils pu ne pas voir ? Pourquoi l'archevêché se serait-il tu ? Comment réparer ? Elle interroge ceux qui ont témoigné d'agressions sexuelles, les membres de la paroisse qu'elle connaît depuis l'enfance, les familles. Un récit unique, vécu de l'intérieur, et qui tente de répondre à des questions qui nous touchent tous.
    Isabelle de Gaulmyn est rédactrice en chef adjointe de La Croix. Elle a déjà publié : Benoît XVI, le pape incompris (Bayard, 2008) et François, un pape pour tous (Seuil, 2014).

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