• Journal

    Hélène Berr

    Agrégative d'anglais, Hélène Berr a vingt-et-un ans lorsqu'elle commence à écrire son journal. L'année 1942 et les lois anti-juives de Vichy vont faire lentement basculer sa vie. Elle mourra à Bergen Belsen quelques jours avant la libération du camp. Soixante ans durant, ce manuscrit n'a existé que comme un douloureux trésor familial. Ce n'est qu'en 1992 que Mariette Job, nièce d'Hélène Berr, décide de reprendre contact avec le fiancé d'Hélène,  Jean Morawiecki. En 1994,  il décide de  lui faire don du manuscrit. Ce témoignage éclairé et d'une qualité littéraire exceptionnelle en fait un document de référence. Il a obtenu un très grand succès critique et public. « Au seuil de ce livre », écrit Patrick Modiano à propos du Journal d'Hélène Berr, «  il faut se taire maintenant, écouter la voix d'Hélène et marcher à ses côtés. Une voix et une présence qui nous accompagneront toute notre vie. »

  • Wild

    Cheryl Strayed

    Best-seller du New York Times.
    Lorsque sur un coup de tête, Cheryl Strayed boucle son sac à dos, elle n'a aucune idée de ce qui l'attend. Tout ce qu'elle sait, c'est que sa vie est un désastre. Entre une mère trop aimée, brutalement disparue, un divorce douloureux et un lourd passé de junkie, Cheryl vacille. Pour tenir debout et affronter les fantômes de son passé, elle choisit de s'en remettre à la nature et de marcher. Elle part seule pour une randonnée de mille sept cents kilomètres sur le Chemin des crêtes du Pacifique, un parcours abrupt et sauvage de l'Ouest américain. Au fil de cette longue route, elle va surmonter douleurs et fatigue pour renouer avec elle-même et finalement trouver sa voie.
    Franche, dynamique et un brin déjantée, Cheryl Strayed nous entraîne grâce à ce récit humain et bouleversant sur les chemins d'une renaissance.

  • La suite tant attendue des aventures de Minus et ses amis !
    L'ombre d'Herobrine plane sur le village de notre jeune héros, qui continue sa formation pour devenir le plus grand des guerriers. Retrouvez Minus, Max, Alizée et les autres dans un nouveau tome explosif.

  • Journal

    Julie Delporte

    « Depuis que tu es parti, je dessine tous les jours. » Témoignage à la première personne d'une rupture amoureuse et des mois qui suivent, Journal est le premier livre de Julie Delporte - qui a notamment signé Je vois des antennes partout et Moi aussi je voulais l'emporter aux Éditions Pow Pow. D'abord publié à L'Agrume en 2014, ce livre fondateur dans son oeuvre est désormais disponible chez Pow Pow, accompagnée d'une nouvelle note de l'autrice.

    « Presque dix ans sont passés depuis l'écriture de mon Journal. Je le relis
    comme s'il appartenait à une autre femme, à une jeune artiste que j'admire d'avoir le courage d'être si sincère. C'est l'année de sa première séparation d'adulte, et, surtout, de sa rencontre avec les crayons de couleur. Ce livre
    témoigne de la naissance de l'artiste que je suis aujourd'hui. Je souhaite qu'il vous donne à vous aussi l'envie d'écrire et de dessiner. »

  • « Contrairement à ce qu'on croit, la politique n'est pas l'art du possible ; c'est l'art de l'impossible. »

    Dans la soirée du 8 novembre 1923, la tentative de putsch menée par Hitler échoue à la brasserie Bürgerbräukeller de Munich. Il est arrêté puis enfermé dans la prison de Landsberg de novembre 1923 à décembre 1924. Ce « document fictionnel » s'intéresse de près à ces quatorze mois décisifs qui expliquent, en partie, son accession au pouvoir moins de dix années plus tard, avec une facilité inimaginable.

    Commence alors une plongée en apnée dans le quotidien et la psyché du futur Führer qui s'est persuadé que son destin et celui de l'Allemagne ne font qu'un.

    /> Page après page, ce Journal fictif, criant de vraisemblance nous prouve d'une façon magistrale que la puissance des mots, si bénéfique ou maléfique soit-elle, peut encore avoir des répercutions à la fois personnelles et mondiales au sein de nos sociétés modernes.

    Aujourd'hui, alors que l'humanité entière est menacée par l'émergence d'une nouvelle forme de barbarie, que le nationalisme connaît un nouvel essor, que le racisme étend son emprise, que la manipulation des masses est recherchée à tout prix et que la construction européenne est menacée, je considère qu'une nouvelle approche d'Hitler est utile et même nécessaire. Haris Vlavianos

    Haris Vlavianos est né en 1957 à Rome, de parents grecs. Il a fait ses études à Bristol et à Oxford. Sa thèse s'intitule Greece 1941-1749 : from Resistance to Civil War. Il vit actuellement à Athènes où il enseigne à l'American College of Greece, ainsi qu'au Centre européen de traduction (EKEMEL). Très connu en Grèce, il a publié une dizaine de recueils de poésie et dirige la revue («Poésie»). Il a traduit des auteurs comme Whitman, Pound, Longley, Ashbery, Stevens, Goldoni, Blake, etc

  • Daily Express, 4 septembre?1945?: «?Personne ne sait encore pourquoi Sonia A., une artiste espagnole de 23 ans, a chuté mortellement de 80 pieds sur le pavé de Queensway, Bayswater. Hier matin, elle a passé un appel téléphonique depuis l'immeuble. Quelques minutes plus tard, elle gisait nue et mourante dans la rue.?»
    Quand on a vécu son enfance dans une absolue liberté et que l'entrée dans l'âge adulte ne s'est assortie d'aucun harnais, d'aucune obligation ni désir de servir, de consacrer les bonnes heures du jour au travail, aux soins des enfants ou des animaux, alors la faim de liberté se déplace, elle mute, elle trouve aussitôt d'autres murs à quoi se heurter, d'autres insuffisances?: la société, bien sûr, la liberté qu'on n'a pas d'y faire ceci, d'y être cela, mais aussi la limitation du corps et la limitation de l'esprit.
    Poursuivant un désir à quoi rien ne saurait répondre, Sonia amorce un envol qui n'aura pas de fin.

  • À 17 ANS, EN PLEINES RÉVISIONS DU BAC,
    Victoire fait du shopping à Paris, quand
    elle est repérée par un chasseur de
    mannequins. Engagée par l'agence
    Elite, elle mesure 1,78 m et pèse 56 kg.
    Trop grosse ! Ou pas assez maigre.
    Elle va perdre 9 kg en ne mangeant
    que trois pommes par jour, afin de
    répondre aux exigences tyranniques
    des maisons de couture.
    EN SEPTEMBRE, ELLE ATTEINT LA
    TAILLE 32, sésame indispensable pour
    briller lors des castings, et participe
    avec succès à sa première fashion
    week à New York. Avec Milan et Paris,
    elle enchaîne vingt-deux défilés pour
    les plus grands créateurs : Céline,
    Alexander McQueen, Miu Miu, Vanessa
    Bruno... Elle entre dans le Top 20
    des mannequins les plus demandés.
    MAIS DERRIÈRE LA SOIE ET
    LES PAILLETTES, Victoire découvre un
    système inhumain : des adolescentes
    que l'on prend pour des femmes sont
    traitées comme des objets. La sélection
    est impitoyable et la maigreur devient
    une obsession. Elle est emportée
    dans la spirale de l'anorexie. Sept mois
    après ses débuts fracassants, elle
    fait une tentative de suicide et passe
    des podiums à l'hôpital.

  • Ce soir, j'imagine d'écrire un livre qui s'appellerait Les Derniers Jours de Libération et je suis étonné de ne pas y avoir pensé plus tôt. Il faudrait l'écrire sans agressivité. Un retraité, aussi, pourrait composer Les Derniers Jours de travail ou un sportif Les Derniers Jours de compétition sans que le travail ou la compétition perdent toute réalité sous prétexte qu'ils n'y participent plus. Et là, en outre, il ne s'agirait pas des derniers jours du journal mais de ce journal, celui où j'ai travaillé plus de trente ans et qui va subir une métamorphose, sans présumer de ma place dans l'aventure de son nouvel avatar.

    Ça va bien sûr tourner tout autrement que ce que j'imaginais.

  • « L'invasion du légume a un goût douteux, celui que nous croyions oublié de la raison normative, de la modélisation et de l'ordre sain. La régression narcissique dans laquelle se complaît l'époque a sans doute à voir avec ce trouble jeu. Le légume, nous le repoussions naguère au bord de notre assiette avec une moue d'enfant rebelle. Il garnit, aujourd'hui, les podiums médiatiques, les murs lézardés de nos cités, les vastes plateaux du divertissement de masse, les mornes allées de nos jardins à la française... A-t-on noté comme, depuis la plus haute Antiquité, la connerie est éprise de symétrie ? »
    « Faust pas mort, Apocalypse suit. »
    « Enfin, bref, comme nous l'a enseigné Pierre Desproges, les détestations les plus arbitraires sont toujours les meilleures, et comme le prophétisait déjà Nabokov, autre humoriste à ses heures : "Le bruit terrassera le monde", avant d'ajouter, lucide : "Courage, fuyons !" »
    « Entre nous : si l'on vous donnait le choix, vous préféreriez avoir un futur ou un avenir ? Vous contenter de récolter les fruits blets d'une invincible fatalité ou vous bâtir un avenir comme on édifie une cathédrale ou une vie ? On sait déjà que la nostalgie n'est plus ce qu'elle était. Désormais, on saura que le futur n'a aucun avenir. »

  • Je travaille de nuit comme correcteur de presse dans un grand journal régional.
    Ils m'ont mis à la Correction mais mon vrai métier, c'est ouvrier typographe. Dans quelques mois je pars en retraite, c'est pas trop tôt ; ça fait quinze ans que je corrige les faire-part que saisissent les clavistes d'à côté, de vraies gourdes qui font plein de fautes exprès pour m'énerver.
    À travers les tribulations de Victor, vieux garçon un peu décalé, ce roman plein d'humour rend hommage aux ouvriers du livre.

  • Cuisine

    Antoine Emaz

    Antoine Emaz est sans conteste un des plus denses poètes d'aujourd'hui en France. Travail dans la matière langue jusqu'à l'os, via la plaie, via les jours (pour reprendre quelques-uns de ses titres), dans la ligne de Reverdy et André du Bouchet qu'il commente le plus souvent.
    Mais pour arriver à ces éclats que sont ses livres, depuis "Lichen, lichen" et "Cambouis" (aussi sur publie.net), Antoine Emaz a accepté de confier l'autre face de ses écrits: dans les jours et le vivre, dans le travail d'enseigner, dans ses parcours de lecture. Ici, on parle du jardin, du ciel, de la glycine, comme on parle de la maison, du repas qu'on prépare, de la classe qu'on va faire.
    Mais il parle aussi de rock, ou de Rimbaud, ou des suicides à France-Télécom.
    L'oeuvre unique que constitue Antoine Emaz est désormais établie sur ces deux registres: la poésie, et ce qui mène à la poésie, ce qu'elle est de travail sur soi: "Où soulever quoi pour que ça déplace de la langue ?"
    FB

  • Le secret de Chloé

    Lisa

    Chloé a dix ans. Elle fait de la danse, mais n'ose plus se regarder dans un miroir car elle a honte d'elle-même et de son reflet. Elle a plein de projets avec sa meilleure amie Noémie mais a peur de vieillir. Elle refuse de porter des jupes, trouve la vie de ses camarades de classe ennuyante et banale depuis ses dernières vacances d'été. Chloé garde un terrible secret... Quelque chose dont elle ne sait pas à qui parler et qu'elle confie alors à son journal intime...

  • C'est à Lyon, entre octobre 1831 et mai 1834, que paraît le premier journal ouvrier pérenne publié en France. Là, aux temps des insurrections, les canuts créent leur propre organe, un hebdomadaire de huit pages sur deux colonnes, L'Écho de la fabrique. Durant plusieurs mois, les chefs d'atelier et ouvriers en soie vont prendre voix dans leur journal pour tenter d'adapter le régime complexe de la fabrique lyonnaise à l'évolution industrielle en cours, et préserver ainsi leur autonomie et leur liberté. Pour cela, Antoine Vidal, Joachim Falconnet, Marius Chastaing, Joseph Bouvery, Jacques Rivière Cadet, Michel-Marie Derrion, César Bernard, mais aussi une multitude de correspondants locaux débattent dans les pages de L'Écho de « l'association industrielle » et de « l'enseignement mutuel » ; ils tiennent la chronique des séances du conseil des prud'hommes, développent leurs réfl exions sur l'économie sociale, présentent leurs poèmes, chansons et charades, ou multiplient les conseils pratiques, dans le domaine de l'hygiène aussi bien que dans celui de la « jurisprudence usuelle ». Réunis dans cet ouvrage, historiens, sociologues, littéraires, linguistes, politistes, philosophes et économistes proposent de traverser le corpus de L'Écho de la fabrique selon leurs propres curiosités et interrogations. Les perspectives mises en oeuvre révèlent la richesse et l'importance de ce journal ouvrier. Elles montrent son caractère unique sur le plan social, économique, linguistique et pour l'histoire même du phénomène de l'imprimé.

  • Au moment de présenter Liliane Giraudon, il me vient une expression, comme si le texte pouvait s'arrêter là : Liliane Giraudon est une ligne droite.
    Parce que, pour moi, Liliane Giraudon c'est une direction. Quelqu'un qui cherche et qui expérimente. Et que ce que nous nommons littérature, c'est ce qui catalyse et sédimente en aval, où soi-même on s'installe pour travailler, tandis qu'eux sont déjà partis un peu plus loin devant, dans cette brume où viendront les nouveaux travailleurs, vous savez le reste de la lettre à Paul Demesny.
    Ainsi, et c'était déjà dans le paysage quand j'en ai soulevé un coin de trappe, fin des années 70, la revue Banana Split avec Jean-Jacques Viton. Ainsi, la permanence de l'atelier POL, la façon dont l'éditeur lui a donné ces galeries et chambres, voir Liliane Giraudon sur site POL (en 1978, déjà ce titre : Têtes ravagées : une fresque, ou ce Pour Claude Royer-Journoud). Et retenir cette Divagation des chiens ou son Parking des filles...
    Atelier aussi qui se confond avec territoire : l'implantation à Aix Marseille, de si longue date, la poésie par porosité et accueil.
    Alors évidemment, très fier que Liliane Giraudon ait accepté de venir symboliquement nous rejoindre sur publie.net.
    Seulement, après cela, voilà : ce texte, Les talibans n'aiment pas la fiction, se passe complètement de Liliane Giraudon, voire de nous-mêmes. Ce qui compte, c'est l'expérience du réel, et comment elle percute l'écriture. Et que cette friction, cette fissure qui s'inscrit, devient question, n'est pas uniquement texte, ou aboutissement de poésie, mais notre propre rapport au réel, à l'écarquillement des yeux, à la marche et à l'errance. Ce qui rejoint la catalyse de l'objet texte, ce sont des dessins, des images, des notes, des mots recopiés, des observations.
    C'est l'expérience du voyage qu'on questionne et qu'on pousse au bout.
    Et si cela se passe de nous-mêmes, c'est que le territoire afghan nous est désormais en partie inaccessible, mais que la guerre qui s'y continue se fait en notre nom. L'Afghanistan est pour nous tous un rêve et une tradition, des voyages du père Huk jusqu'aux Cavaliers de Kessel ou le Livre des merveilles de Marco Polo : la planète ne se divise pas, lorsqu'il est question de l'homme. Mais à condition que cette interrogation s'effectue concrètement, par le voyage et le regard, par le travail sur soi dans le choc de l'autre, et combien plus quand il est soumis lui-même à l'éclatement, la pression, le heurt de la guerre. Notre littérature, dans tant de ses âges, s'est écrite à cette frontière (d'Aubigné même). Il ne s'agit pas d'une expérience de l'étranger, il s'agit d'aller chercher l'étranger dans le corps de notre expérience propre.
    Il s'agit d'un texte concret : la poésie est à ce prix, démarrer par l'expérience du monde. Bienvenue au Carnet afghan de Liliane Giraudon dans publie.net.

    FB


    Merci spécial à Sarah Cillaire pour la relecture et réflexions et à Fred Griot pour la conception graphique, la mise en page et la coordination éditoriale.
    Les talibans n'aiment pas la fiction a été initialement publié aux éditions Inventaire/Invention fondées par Patrick Cahuzac, maintenant disparues. Nous avons souhaité assurer la continuité de la diffusion matérielle de ce texte important (comme nous l'avons fait pour Leslie Kaplan, Jean-Philippe Cazier et d'autres), mais il s'agit d'une édition entièrement neuve dans la conception et la révision.
    voir aussi Liliane Giraudon sur le site des Editions Argol.

  • Comment est perçue l'immigration ? Quel rôle y joue le discours médiatique ? S'intéressant à la qualité de l'étreinte de l'une par l'autre, cet ouvrage interroge ainsi la façon dont la question des étrangers - ayant accédé plus que jamais au statut manifeste et public - et les faits de société qui lui sont inhérents, se définissent en compréhension dans les discursivités politiques telles qu'elles sont relayées par les médias et, pour ce qui concerne ces derniers, la manière dont ils construisent et proposent à leurs lecteurs une version du monde. Exemplifiant son propos par l'analyse de quelques unes et éditoriaux du magazine L'Hebdo, un influent magazine romand, l'auteur s'attache à repérer les occurrences interprétables comme enjeux ou préoccupations sociétaux que les étrangers font naître dans l'opinion publique suisse. Au fil d'une sociologie praxéologique, son enquête dévoile l'implicite des discours sur l'immigration, déconstruisant les dispositifs socio-sémiotiques à l'oeuvre.

  • « Depuis [1990], la libéralisation des médias a entraîné une floraison des journaux privés très virulents à l'égard du pouvoir. Même si les difficultés structurelles que connaissent ces journaux empêchent en pratique une réelle diversité et révèlent les limites de l'indépendance des journalistes vis-à-vis des responsables politiques, elle se trouve néanmoins confrontée à trois défis : politique d'abord, la liberté d'expression n'est pas complète ; économique ensuite, la rentabilité n'est pas au rendez-vous ; enfin, la professionnalisation des rédactions est encore incertaine. Très influencé par le cadre politique, juridique et économique, le changement que représente l'apparition d'une presse indépendante est lié à la crise qui sévit dans la plupart des pays africains, et celle de la presse est à la fois une conséquence de la crise générale et un miroir grossissant de celle-ci. Elle se traduit ainsi dans une crise de légitimité avec notamment le soutien univoque qu'elle donnait aux dirigeants en place. » Comment la presse gabonaise s'est-elle historiquement construite ? De ses très lointaines origines « missionnaires » à sa situation contemporaine, quelles phases a-t-elle traversées ? Et, réciproquement, comment a-t-elle accompagné les bouleversements politiques du Gabon ? Soumission au pouvoir ou impertinence, musellement ou critique des élites : comment a-t-elle balancé entre ces divers pôles ? Et qui sont les acteurs majeurs et incontournables de son évolution ? Ces problématiques, dont certaines sont d'actualité, A. Sabi Djaboudi les expose et tente de les résoudre tout au long de cette étude qui sonde le passé et le présent pour mieux penser la presse gabonaise de demain. Un essai indispensable.

  • Le garde-fou

    Tiphaine Touzeil

    Le Garde-fou abrite, accueille, récupère ceux qui ont tous un point commun : ne pas - ou ne plus - être capable de vivre facilement dans le monde extérieur. C'est un endroit à part, avec ses règles, ses contraintes, ses occupants.
    On n'y entre pas simplement, et une fois à l'intérieur, on n'est pas sauvé pour autant. Ceux qui sont là savent qu'ils devront repartir. Ils le désirent, le craignent, et parfois les deux à la fois. Ils vivent sans parachute.
    Une femme, la narratrice, y écrit chaque jour une sorte de journal de bord, caméra embarquée dans son crâne. Chaque jour est nommé, nom qui constate, ou qui prête à sourire. Au fil des jours, à ses côtés, on investit le lieu.
    À l'intérieur du Garde-fou, il y a de l'équilibre instable, un tigre, une gazelle, une infirmière bougon et une poupée tombée dans l'escalier. Une télévision, des cigarettes, des pigeons et des danseurs que l'on réprime. Des questions et des médicaments à prendre. Des taches de Rorschach joyeuses ou inquiétantes. Des accumulations et du manque de sommeil. Du tumulte derrière les portes des chambres fermées. Mais l'écriture les ouvre.
    Ceux qui auront lu Refuge sacré de Cathie Barreau trouveront ici l'autre côté du miroir. Les frontières bougent, entre le dedans, le dehors. Le texte nous bouscule.
    Alors, laissez-vous bousculer et entrez dans le Garde-fou.
    Tiphaine Touzeil écrit régulièrement sur le blog À présent (parce que c'est) et sur le compte Twitter @Limparfait.

    Christine Jeanney


  • En ligne simultanément sur publie.net, de Philippe Berthaut : Seau rouge seau bleu.


    L'atelier d'écriture doit être le lieu par excellence du flottement dans la langue. Là où justement les noeuds se desserrent. Le lieu de libération de ce qui travaille en nous et que nous ignorons. Là aussi, pas tant pour mettre au jour quelque trauma enfoui que pour découvrir notre lexique personnel sans lequel il ne peut y avoir d'écriture réelle. Lieu de flottement sans cesse suscité pour renforcer notre intelligence intuitive. L'atelier d'écriture : pratique intensive de l'intelligence intuitive.

    Le livre de Philippe Berthaut sur sa pratique des ateliers d'écriture, La Chaufferie de la langue, est un des moins normatifs qui soient. Parcours, dispositifs, mais toujours pour construire cet accueil de l'écart, du non raisonné, où on entend sonner l'irréductible de la langue.
    Ce long journal de travail, ces 72 pages qui doivent représenter quelques 300 fragments sur l'écriture, pourrait être comme l'application à soi-même de ce passage de son introduction à Chaufferie. Sauf qu'on ne s'applique pas cela volontairement. Le retour de l'atelier d'écriture sur celui qui l'anime, c'est plutôt qu'à un moment donné on prend place soi-même sur le plongeoir qu'on a bâti pour les autres, et qu'on s'y lance.
    Alors il y a des réflexions sur l'espace, le voyage. Il y a une masse de réflexions concrètes prises à cette vie de tous les jours du balladin, comme on le disait un peu péjorativement dans nos campagnes, mais qui correspond si bien à Berthaut, aussi bien chanteur (à textes, quelle expression bizarre aussi), mais arpentant sans cesse son pays de lave, de Toulouse à Albi, les vieux terroirs de mines, les rocades de villes moyennes qui tombent, et la confrontation aussi, parfois, à la plus haute violence sauvage, partir dans ces endroits secrets, à plusieurs, pour y écrire. En tout cas un pays où il est plus légitime que dans nos latitudes de relire les Picaresques, d'ajouter un chapitre au Guzman (serais bien curieux d'entendre Berthaut s'expliquer sur cet héritage)...
    Mais, plus qu'un journal, il y a ici cette quête où on chamboule la langue. On reçoit le mot besopin par une faute de doigts sur le clavier et on tombe dans le dessous de la langue. On casse, on hiatus, on répète. Ou bien, dans la vente Emmaüs d'une brocante de village, on tombe sur un de ses livres de poèmes, publié il y a longtemps, et c'est toute la vie sur un abîme. Il y a des rêves, qui s'écrivent, et le piège de langue qu'ils nous dressent. Il y a cette société dure, consumériste, et à qui la tâche de tous les jours, qu'on considère soi comme essentielle, est repoussée du coude.
    Et c'est d'autant plus perceptible lorsque, au milieu du parcours, on part pour quelques jours en Moldavie, avec les Alliances françaises. Pur renversement du monde, comme si j'entrais dans un tableau flamand re-présentant un village, et la réflexion sur le mot et la phrase semble exhibée comme ces rochers noirs, sous érosion, de Champ de lave, le dernier livre de Philippe.
    Dans l'archéologie de ce qui est devenu aujourd'hui publie.net, il y a, très loin en arrière (2000 ?), une discussion chez Fayard au sujet de leur collection 1001 Nuits : profiter de cette diffusion à 2 euros pour tenter des textes d'expérimentation, les diffuser dans un intervalle de temps court, et des conditions économiques frustes. Avec publie.net, je crois que j'ai trouvé mon ancrage : un texte comme cet Enregistré sous... m'importe, parce que c'est passer d'atelier à atelier. Et je pèse ce mot, atelier. Nous sommes à égalité dans une vaste marche à tâtons, précaire, ou rien n'est assuré, dès lors qu'il y a écriture. Et c'est ici que nous avons besoin de circulation, de partage.
    Merci, Philippe, de nous confier ce texte pour inaugurer un autre mode de circulation, d'échange, de passage de la main à la main...

    FB

    visiter le site de Philippe Berthaut
    préparation éditoriale du texte, Sarah Cillaire

  • Vidéo de présentation, par Pierre Ménard (voir aussi présentation sur Liminaire):









    Ce n'est pas un plaidoyer, c'est un faire-part. Ce n'est pas un viatique, c'est une bouée de sauvetage.



    Donner deux, quand il vaut un.
    Mon travail, c'est du temps. On dirait ces petits cailloux qui disent le chemin parcouru.
    Il y a cependant, dans la contrainte d'une écriture au quotidien, un défi. Faire que ces textes soient des franchissements qui m'emportent où je n'ai pas prévu, là où on ne va pas avec sa raison ni même l'intuition.
    Il faut rendre sous forme de mouvement ce qu'on a emprunté, et c'est ainsi qu'on devient peut-être libre.
    Quelque chose dans cet assemblage reste volontairement mal recousu, dépareillé. Ce caractère épars colle évidemment à la représentation du monde.
    Tout ce que l'on fait pour distraire l'attente, ses chemins de traverses qu'on appelle dédale. C'est cela.
    Les histoires, ça raconte des histoires. Le journal, ça raconte le monde. Le journal, c'est pour notre souvenir.
    Les écrivains ont toujours perdu du temps. L'étude du monde réel par le voyage, la flânerie qui invente la ville. J'aime cependant que le hasard me porte à la frontière. Continuer dans cette voie. Ne point tant encadrer l'image que cacher ses alentours.
    Écrire sans arrêt, toujours et nuit, partout. Mais ce n'est pas une fuite en avant. J'avance à mon rythme. L'impression de foncer, en fait c'est assez troublant. Deux temps, trois mouvements. Au début on ne s'en rend pas compte, toujours dans cette activité débordante, on écrit avec au moins l'impression de laisser des traces derrière soi comme autant de jalons. La vitesse pour devenir visible, pas le contraire. On avance pour apparaître. Faire surface plutôt que Arrêter le temps dans les marges de ce qu'on écrit.
    Faire date. On y travaille chaque jour pourtant.
    Des codes, des signes, des discours, des symboles sont ainsi convoqués dans une sorte de patchwork où les effets de reprise et de couture sont visibles, avérés : l'ensemble ne fonctionne pas comme un mélange composite, a fortiori comme une dialectique, mais comme un espace de sutures et de cicatrices, de plaies ouvertes pour être immédiatement fermées.
    Je cherche des trous. L'image n'est pas la réalité. Patiemment à la manière d'un puzzle, c'est comment cette expérience précoce de la violence et de la cruauté, le temps de déposer ses mots lestés de fatigue. Rien n'est joué, rien n'est illustré.
    On cesse alors de voir le monde comme une juxtaposition de choses séparées, et on cherche à relier ce qui est disjoint.
    Faire émerger une nouvelle logique par la juxtaposition de matériaux composites. Fragments de textes piochés un peu partout. Procéder par prélèvements, détournements, abstractions successives, c'est se donner une chance d'échapper à la falsification générale.
    Pierre Ménard
    http://www.liminaire.fr

  • Un an de journal quotidien. Mais pas de n'importe quel journal : Alain François est artiste plasticien et photographe. Il a 41 ans. Il se donne un an pour une mise en cause complète, retour à l'université, à la lecture.
    D'autre part, Alain François est de cette génération des inventeurs du web: il a fondé entre autres Le Portillon, important carrefour de création et de critique.
    Son journal, nous seront quelques-uns à le suivre par autorisation spéciale. Il s'agit d'un site Internet "sans lien", site auquel rien nulle part n'indique ni ne renvoie, inaccessible si on n'en a pas l'adresse. Une bulle complexe, en expansion permanente, flottant quelque part dans la grande nuit des réseaux.
    Pourtant, une seule page html, qui se développe, avec des embranchements, des emboîtements, des échanges de courriers, des vidéos et des sons, des récits et des photographies.
    Et ce n'est pas non plus une année banale : ce qu'on met en pratique, c'est les arts numériques, et leur théorie, via lecture de Derrida ou Debord, et la constitution du site, en abîme, est l'obet qu'on décrypte à mesure qu'on l'élabore. C'est l'autre dimension parfaitement originale de ce travail : l'ojet du récit, c'est le web lui-même.
    Un livre serait possible : c'est la densité du contenu, l'expérience dont il est fait part, qui compte. On pourrait en tourner les pages de façon linéaire, ouvrir les cahiers d'images, lire les notes de bas de page. Ce ne serait pas du tout la bulle initiale.
    C'est le pari qu'on fait Gwen Català et l'auteur : le livre numérique, c'est cette invention-là, d'une cavrene qu'on ouvre et qui se déploie, dans toutes les directions, toutes les écritures.
    On a voulu ce WEBOBJET dans l'état même où il s'est écrit, l'hiver 2006-2007, avec cette légère patine, et l'écart qui en permet la publication. Mais les noms qu'on y croise sont toujours des plus actifs...
    Pour le livre numérique, c'est un pas en avant : dans ce lieu d'invention, il est possible d'écrire à neuf.

    FB

  • Passage

    Celine Dion

    Un événement fâcheux dans la vie de l'auteure suscite une profonde crise intérieure. Une grande tourmente s'ensuit, créant des remous insoupçonnés. Tout est remis en question.
    Ce douloureux passage lui révèle des facettes inconnues d'elle-même et des gens qui l'entourent.
    Un monde différent se lève autour d'elle et une nouvelle femme naît. La métamorphose est totale.
    Oser plonger dans l'inconnu nous apprend une foule de choses et nous offre des surprises étonnantes.
    Un livre instructif et intéressant.

  • Narratrice de sa propre vie, Vaema Teikimatua nous fait naître et grandir avec elle pour nous plonger rapidement dans le décor colonial du Tahiti des années 1950. Elle sera le témoin privilégié de la relation amoureuse que vivent Frédéric, le directeur du journal qui lemploie, et Julie, la femme du gouverneur, la Tavana. Julie fera de la jeune fille sa confidente, et lui livrera tous les secrets et les tourments de sa passion. Pour notre plus grand bonheur, Vaema nous les conte dans un style élégant qui allie la vivacité du ton à une langue précise et raffinée.

  • Une jeune sténodactylo se fait embaucher en tant que secrétaire dans une agence de détectives.
    Passionnée de romans policiers, elle se voit déjà mêlée à des aventures exaltantes.
    Mais, quand elle rencontre son patron, celui-ci, au lieu de s'intéresser, comme tous les enquêteurs et journalistes de France, aux crimes, à Neuilly, de trois personnes d'une même famille, lui demande de se renseigner sur des assassinats datant de plus de cent ans et ayant rapport avec les chouans.
    Décontenancée, elle va se lancer, dans les journaux d'époque, à la recherche de la moindre information sans se douter qu'à travers ces événements, son boss espère trouver l'identité de l'assassin du « Triple Meurtre à Neuilly »...

  • Voici la version intégrale du journal de Maxime Duval. Saisi pendant l'enquête, il a été en partie rendu public pour la première fois en 2012, lors du procès dit de « l'Écorcheur de la Pacificatrice ». Dans le cadre du droit au respect de la vie privée, certains noms et prénoms ont été modifiés.

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