Sciences humaines & sociales

  • "Voir est un privilège de génie ; il aperçut des structures, des rapports, des proportions, des figurations, là où un autre ne fait qu'aligner péniblement des concepts. Il voit et il fait voir."
    Ces mots de Hans Urs von Balthasar introduisent avec justesse cet ouvrage consacré aux trois "ordres" de Pascal. Devant la masse confuse des fragments que Pascal laissa à sa mort, le lecteur se sent souvent perdu. La pensée des trois ordres (coeur, corps, esprit) aide à saisir le mouvement de la pensée de ce grand auteur. Les Pensées s'éclairent alors de manière étonnante.

  • Dans son dernier livre, Les Deux Sources de la morale et de la religion, Bergson fait une proposition décisive : « introduire la mystique en philosophie, comme procédé de recherche philosophique ». Mais comment la philosophie peut-elle s´approprier le discours mystique sans le dénaturer ni se perdre en lui ? Pour le comprendre, cet ouvrage déploie la philosophie bergsonienne de la religion et surtout la manière dont l´introduction de la mystique en philosophie travaille les concepts philosophiques, et change la nature de la philosophie. C´est qu´une connaissance de Dieu via la mystique ne saurait être qu´une connaissance personnelle. Et au prix de quels remaniements du concept de personne une philosophie digne de ce nom pourrait-elle en même temps être personnelle ?

  • Entre Renaissance et Révolution, la vie de Jésus n'a cessé d'être réécrite par les théologiens européens. Ses contours chronologiques, sa signification ont été interprétés à la lueur de leurs engagements confessionnels. Diffusés en langues latine et française, les récits retrouvés ont mobilisé des dizaines d'auteurs, d'abord religieux, prêtres séculiers et pasteurs, avant d'attirer au XVIIIe siècle l'attention des philosophes. Harmonie ou manuel scolaire, paraphrase évangélique ou traité savant, ils ont été replacés dans les conditions de leur production matérielle. Leur agencement typographique, leurs sources, le choix de certaines images révèlent des stratégies complexes visant à instruire, à convaincre ou à inciter à la prière. Plusieurs indicateurs (témoignages, catalogues et inventaires, comptes rendus) restituent le regard que les lecteurs ont porté sur ces textes. Leur analyse projette un éclairage neuf sur l'histoire du livre, des idées et du sentiment religieux à l'époque moderne.

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    Dans ce texte, l'axe principal de la comparaison entre le christianisme et le judaïsme est le rapport au politique. Elie Benamozegh, rabbin et philosophe, remet en question les termes classiques de cette comparaison en expliquant qu'elle a été jusqu'à ce jour mal réalisée dans la mesure où un aspect majeur du judaïsme est resté dans l'ombre. Sa théorie générale tient au fait que, selon lui, le judaïsme est un système double, à la fois un code civil et une morale, une politique et une religion ; le christianisme ayant de son côté annulé en lui le code pour ne garder que la morale.

    EXTRAIT : « En attendant, s'il est quelque chose qui retarde l'avènement de ce grand jour, c'est la supériorité que s'arroge le fils sur son vieux père, - le christianisme sur la religion d'Israël, - en fait de morale. S'il y a un outrage qu'un père ne puisse endurer sans s'avilir, c'est sans contredit celui-là. A la vérité, à la critique, à l'opinion, le devoir et la tâche d'examiner cette prétention, de vider ce procès qui dure depuis des siècles. Bien des fois, hélas ! l'hébraïsme a dû en entendre le reproche ; bien des fois s'est réalisée sur lui la terrible prédiction d'Isaïe : que, dans son martyre séculaire, à la persécution se joindrait la calomnie. Serait-il arrivé le jour de la justice, de l'impartialité, de la bonne critique ? Espérons-le. Déjà des plumes savantes ont travaillé à la grande oeuvre ; déjà l'opinion est émue, ébranlée, et l'on parle, dans la haute critique, de certaines maximes judaïques (telles que la célèbre réponse de Hillel au prosélyte) qui avaient devancé et inspiré le fondateur du christianisme.»

  • Il est arrivé qu'un peintre traitât un même sujet sous des éclairages différents. Renan, pour sa part, a réalisé l'expérience sur la toile de l'histoire, en remaniant sa déjà célèbre Vie de Jésus peu après sa publication.Passée jusqu'ici inaperçue, cette expérience nous parut mériter examen, d'autant plus qu'elle avait porté sur une des oeuvres littéraires françaises qui eurent le plus de retentissement.À travers la lecture comparée des deux ouvrages, nous avons cherché à déceler les objectifs qu'avait visés un savant en se muant en poète et en moraliste.La présente étude ne relève ni de la critique littéraire ni de l'histoire. En faisant apparaître chez l'auteur de la Vie de Jésus des préoccupations intéressantes, croyons-nous, pour ses biographes, elle ne prétend qu'apporter une contribution à l'analyse d'un caractère tout en nuances.Les soucis dont fait preuve Renan de corriger les effets produits sur certains lecteurs de la Vie de Jésus, ouvrent aussi certaines voies à l'hist...

  • En 237 avant Jésus-Christ, quatre ans après la défaite de Carthage contre Rome qui a conclu la première guerre punique, le général carthaginois Amilcar prend avec son armée la route de l'Ibérie (actuelle Espagne), emmenant avec lui son jeune fils Hannibal, âgé de neuf ans.
    Son but : s'approprier ces terres dont les richesses minières permettront à Carthage de rembourser le tribut de guerre imposé par Rome, et, à lui, de bâtir un empire capable de venger l'affront que celle-ci a infligé à sa cité vaincue.
    Héritier spirituel d'Alexandre le Grand, enfant d'une Carthage nourrie par l'hellénisme, Hannibal grandit au contact d'une armée cosmopolite et de l'atmosphère des champs de bataille, tandis que son père conquiert l'Ibérie.
    À la croisée des ressentiments de son entourage contre les Romains et de la vision qu'il acquiert du monde, naît en lui la résolution d'affronter à nouveau Rome. Mais à la lumière de la culture dont il est imprégné et de sa réflexion sur la Méditerranée de son temps, l'ambition d'Hannibal, transcendant la simple idée de revanche, s'inscrit dans un rêve visionnaire...
    Cependant, à Rome, un enfant grandit, qui a pour nom Publius Cornelius Scipion.
    Aucun d'eux ne sait que le destin va les mettre peu à peu face à face, et que leur confrontation décidera bientôt de l'avenir du bassin méditerranéen.
    Fresque épique s'appuyant sur une recherche documentaire rigoureuse et une réflexion approfondie sur l'époque, « L'Aigle et le Lion » dépeint une Méditerranée antique complexe, théâtre du premier conflit « mondial », étonnamment moderne, de l'Histoire : les deux plus puissantes cités de l'Antiquité vont s'affronter à travers des hommes dont l'action a forgé notre monde, et dont la dimension héroïque n'occulte jamais la nature humaine.

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