• Les livres dits de « développement personnel » inondent les librairies et s'ajoutent aux magazines, aux conférences qui nous invitent à acquérir un « surplus d'être » pour devenir un meilleur individu. Mais derrière ces discours sucrés et inoffensifs, se cache une idéologie politique : la forme de bien-être promise constitue trop souvent une exploitation de soi par soi...En nous donnant une fausse image du travail - considéré comme un lieu sans conflits ni violence intrinsèque - et de nous-mêmes - notre volonté serait sans limites et notre bonheur ne dépendrait que de nous -, le développement personnel conduit à un modèle de société fondé sur la performance permanente et sur un délitement des liens. C'est cette vaste supercherie que dénonce ici Thierry Jobard, preuves à l'appui...

    Né en 1973, Thierry Jobard est responsable du rayon Sciences humaines d'une grande librairie à Strasbourg, ce qui le met dans une position particulièrement privilégiée pour observer la croissance vertigineuse des livres consacrés au développement personnel

  • Hier encore, le discours officiel opposait les vertus de la démocratie à l'horreur totalitaire, tandis que les révolutionnaires récusaient ses apparences au nom d'une démocratie réelle à venir.
    Ces temps sont révolus. Alors même que certains gouvernements s'emploient à exporter la démocratie par la force des armes, notre intelligentsia n'en finit pas de déceler, dans tous les aspects de la vie publique et privée, les symptômes funestes de l' "individualisme démocratique" et les ravages de l' "égalitarisme" détruisant les valeurs collectives, forgeant un nouveau totalitarisme et conduisant l'humanité au suicide.

    Pour comprendre cette mutation idéologique, il ne suffit pas de l'inscrire dans le présent du gouvernement mondial de la richesse. Il faut remonter au scandale premier que représente le "gouvernement du peuple" et saisir les liens complexes entre démocratie, politique, république et représentation. À ce prix, il est possible de retrouver, derrière les tièdes amours d'hier et les déchaînements haineux d'aujourd'hui, la puissance subversive toujours neuve et toujours menacée de l'idée démocratique.

  • Tupinilândia

    Samir Machado de Machado

    Situé au coeur de l'Amazonie, un fabuleux roman entre Orwell et Jurassic Park, un blockbuster d'aventures et une réflexion sur la nostalgie, la mémoire et le nationalisme.

    Tupinilândia se trouve en Amazonie, loin de tout. C'est un parc d'attractions construit dans le plus grand secret par un industriel admirateur de Walt Disney pour célébrer le Brésil et le retour de la démocratie à la fin des années 1980.
    Le jour de l'inauguration, un groupe armé boucle le parc et prend 400 personnes en otages. Silence radio et télévision.
    Trente ans plus tard, un archéologue qui ne cesse de répéter à ses étudiants qu'ils ne vont jamais devenir Indiana Jones revient sur ces lieux, avant qu'ils ne soient recouverts par le bassin d'un barrage. Il découvre à son arrivée une situation impensable : la création d'une colonie fasciste orwellienne au milieu des attractions du parc dévorées par la nature.
    À la tête d'une troupe de jeunes gens ignorant tout du monde extérieur qu'ils croient dominé par le communisme, il va s'attaquer aux représentants d'une idéologie qu'il pensait disparue avec une habileté tirée de son addiction aux blockbusters des années 1980.
    Avec humour, intelligence et une imagination foisonnante, l'auteur renverse les clichés des romans d'aventures et des films d'action tout en réfléchissant sur l'ambiguïté de la nostalgie, l'importance de la mémoire et les dangers du nationalisme.

    Une magnifique preuve que le plaisir de raconter une histoire extraordinaire, servi par un talent littéraire remarquable, peut se mettre au service d'une réflexion politique actuelle.

    « Pour l'auteur il n'y a pas de barrières entre la « grande » littérature et le divertissement. Jules Verne et Picsou sont traités avec le même amour que Shakespeare et Flaubert. » - O Globo

  • La théorie politique contemporaine : courants, auteurs, débats Nouv.

    Au carrefour de la philosophie politique et de l'histoire des idées, la théorie politique est une sous-discipline centrale de la science politique, qui a pour objet l'étude des doctrines et idéologies contemporaines.
    Cet ouvrage dresse un panorama complet des théories politiques actuelles, en les regroupant par grands thèmes : en partant du libéralisme, qui constitue la doctrine dominante, il identifie ensuite plusieurs "familles" de théories qui se sont construites en critique des théories libérales (critiques morales, politiques, économiques, écologistes et féministes).
    Illustré de nombreux encadrés thématiques (le transhumanisme, le conservatisme de gauche, les accommodements raisonnables, le populisme de gauche, le socialisme libéral, le revenu universel, la cause animale, le féminisme cyborg), ce manuel sans équivalent sur le marché permettra également aux étudiants de mieux comprendre les phénomènes politiques actuels et d'en mesurer la portée.
     

  • Ce manuel d'introduction à la science politique présente l'ensemble des grands sujets qui constituent les fondamentaux de la discipline. Quel est le rôle de l'État et du pouvoir politique ? Quels sont les différents régimes politiques ? Qui sont les principaux acteurs politiques d'une démocratie ?  Comment analyser l'action publique ?  Comment a évolué l'action collective ? 
    Illustrés d'exemples, de portraits d'auteurs, ce nouveau manuel proposera en fin de chapitres des QCM, questions de cours ou sujets de dissertation. 

  • Le monde contemporain a plus que jamais besoin des éclairages de la sociologie : post-truth society, instabilité politique dans les pays démocratiques, montée des populismes... Mais cette discipline à vocation scientifique est prise en otage par ceux qui veulent en faire un « sport de combat » politique. Ce livre s'adresse donc à tous ceux qui s'intéressent aux faits sociaux et sont inquiets ou étonnés des dérives intellectuelles de certaines figures reconnues des sciences humaines et sociales. Les sociologues ne sont pas immunisés contre les biais cognitifs qui peuvent nous égarer dans des récits idéologiques et outranciers : dans ce cas, toutes les conditions sont présentes pour que la sociologie « tourne » en une production plus militante que proprement scientifique. Il est donc temps pour eux de sortir de leur sommeil dogmatique et de s'astreindre aux règles qui régissent la cité des sciences. C'est ce que ce livre propose, en convoquant des données issues tout aussi bien de la sociologie que des sciences du cerveau dans le but de rendre accessibles aux non-spécialistes les enjeux fonda­mentaux que représente ce continent de la pensée.





  • L'idéologie est partout, le mot est si galvaudé que le concept s'est comme évaporé : on dit qu'une grève est idéologique pour éviter de dire qu'elle a d'autres raisons qu'une stricte revendication. On dit qu'une réforme est idéologique pour éviter de dire qu'elle s'inscrit dans la grande reprise en main autoritaire et libérale actuelle.
    Ce livre éclaire la notion d'idéologie, tout d'abord en précisant ce qu'elle n'est pas : ni une surface miroitante et trompeuse jetée par-dessus le réel qu'elle masquerait à des spectateurs- consommateurs hypnotisés. Ni une superstructure mécaniquement déterminée par sa base économique et sociale, vision qui est celle d'un «marxisme» abâtardi.
    Isabelle Garo prend le contre-pied de ces interprétations convenues. Elle suit l'évolution de Marx sur la question de l'idéologie - depuis l'Idéologie allemande jusqu'au Capital - et elle en p ropose la poursuite contemporaine. Cette confrontation passé/présent montre que l'idéologie ne peut pas se définir une fois pour toutes, qu'elle est inséparablement liée aux affrontements et aux conflits d'idées d'un moment, au domaine des luttes et à celui des analyses théoriques.
    « Il s'agit d'arracher la notion d'idéologie à toute tentative de définition figée et de lui rendre sa capacité à débusquer les contradictions profondes qui reconduisent sans cesse les idées dominantes à l'ensemble d'un mode de production».
    Isabelle Garo enseigne la philosophie. Elle a notamment publié Marxune critique de la philosophie (Seuil, 2000). Elle collabore à « La Grande édition des oeuvres de Marx et d'Engels en français » (GEME) et à la revue « Contretemps ».


  • En 1980, au sortir de la période la plus intensément politique de son oeuvre et de sa vie, Louis Althusser décide de rédiger un manuel de philosophie qui serait enfin accessible à tous, sans préparation. Initiation à la philosophie pour les non-philosophes en est le résultat. Mais bien loin d'être un simple ouvrage de vulgarisation ou d'introduction, c'est en réalité un véritable précipité des thèses les plus fondamentales de sa propre pensée qu'offre Althusser. Entre cent autres considérations, e part ailleurs ne va-t-il aussi loin dans la distinction entre la philosophie et les autres pratiques ; e part non plus ne développe-t-il avec tant de détails le concept de « pratique » lui-même. Pourtant, parmi les nombreux apports cruciaux d'Althusser au « moment philosophique des années 1960 », ce concept est peut-être celui qui a bénéficié du plus grand succès et été à la source du plus grand nombre de malentendus. Moment de synthèse dans l'oeuvre d'Althusser, instantané d'une des plus influentes philosophies de la seconde moitié du XXe siècle, cette Initiation est donc aussi un manifeste pour la pensée à venir - une pensée dont le succès contemporains des enfants d'Althusser (de Rancière à Badiou, de Zizek à Balibar) manifeste assez la contemporanéité et l'urgence.
    Texte établi par G. M. Goshgarian, et introduit par Guillaume Sibertin-Blanc.

  • Ernesto a 12 ans lorsqu'on lui annonce la mort de son père dans les troupes cubaines envoyées en Angola. Fini les aventures trépidantes avec ses amis Lagardère et la belle capitaine Tempête, lui, le courageux comte de Monte-Cristo, se voit obligé de devenir "le fils du héros", une tâche particulièrement lourde dans un pays socialiste.
    Plus tard, obsédé par cette guerre dans laquelle son père a disparu, il étudie avec passion cette période sur laquelle les informations cubaines ne sont pas totalement fiables. Il tente alors de reconstruire l'histoire de la mort de son père et se rend compte que tout ne s'est pas passé comme il l'a imaginé. Faire la guerre est plus compliqué que ce qu'on croit.
    /> Oscillant entre passé et présent, entre douleur et passion, Karla Suárez trace avec ironie et lucidité le portrait d'une génération écrasée par une vision héroïque de l'histoire et qui a dû construire, à travers les mensonges et les silences de l'idéologie étatique, ses propres rêves et ses propres voies vers la conquête de la liberté individuelle.
    « Karla Suárez a su écouter toutes les voix qui s'élèvent dans la société cubaine. Le roman que Cuba attendait depuis longtemps. » - Público

  • Matrice occultée à la source des Amants de Byzance, ce roman publié deux ans après la mort de Mika Waltari, composé dès les années cinquante, a été comparé à sa sortie à L'OEuvre au Noir de Marguerite Yourcenar. Au XVe siècle, Johannes, jeune théologien malmené par la brutalité de son temps, tenaillé entre la chair et l'esprit, entre l'Orient et l'Occident, s'engage dans l'armée chrétienne qui veut sauver Byzance des Turcs. Tombé entre les mains du sultan ennemi, puis entre celles de son fils, futur conquérant de Constantinople, le jeune homme est le témoin de la fin d'un monde, tandis que s'annonce une ère nouvelle assujettie à une violence jusqu'alors inconnue...

    « Un roman historique au sommet du genre. » Jean-Maurice de Montremy. Lire.

    Né le 19 septembre 1908 à Helsinki, fils d'un pasteur luthérien et formé à la théologie, Mika Waltari est l'auteur de romans, nouvelles, pièces de théâtre et scénarios. Il fut aussi traducteur et écrivit des centaines d'articles pour les journaux. Traduit en quarante langues, il est l'écrivain le plus prolifique et le plus célèbre de la littérature finlandaise. Il est par ailleurs considéré par le quotidien Le Monde comme « le maître absolu du roman historique », genre dans lequel il développe un pessimisme teinté de mélancolie. Érudit scrupuleux habité par un étrange esprit d'insoumission - on l'a souvent comparé à Marguerite Yourcenar -, il avoua n'avoir exploré les méandres du passé que pour pouvoir éclairer, avec un maximum de distance désillusionnée, les incompréhensibles soubresauts de l'aventure humaine - et particulièrement ceux de son siècle. Mika Waltari publia en 1945 Sinouhé l'Égyptien, vaste fresque épique ayant la Méditerranée antique pour arrière-plan. Il est mort le 26 août 1979.

  • Tenant de l'ordre éternel, à mi-chemin entre les dieux et les hommes, Pharaon a été le coeur de la puissance de l'Égypte durant trois millénaires. Quel était son rôle effectif au sein de l'État ? Quels ont été les moyens de diffusion de la pensée monarchique, dans les textes, dans les monuments, dans l'art ? Comment l'idéologie royale s'est-elle transformée au cours du temps, depuis les premiers témoignages de l'époque protodynastique jusqu'à l'arrivée d'Alexandre le Grand ? Comment des rois d'origine étrangère se sont-ils coulés dans le moule pharaonique ? Quelle influence le modèle égyptien a-t-il exercé sur la représentation du pouvoir jusqu'aux temps modernes ?
    Voici quelques questions essentielles qui conditionnent notre compréhension de cette fascinante civilisation des bords de la vallée du Nil. Plutôt qu'à une histoire événementielle, ponctuée par les guerres, les mariages, les couronnements, les fêtes et les funérailles royales, c'est donc à une histoire du sens que le lecteur est ici convié.

  • Au Maroc, en Tunisie et en Égypte, l'islamisme politique s'est hissé au pouvoir depuis les printemps arabes de 2011. À travers une trentaine d'entretiens avec des acteurs et des observateurs de ces trois pays musulmans, Anne-Clémentine Larroque montre les rapprochements, les rapports de force et finalement les ruptures entre les partis islamistes et les groupes plus radicaux - des salafistes aux djihadistes.
    Si d'aucuns voient une stratégie dissimulée de la part des islamistes élus d'arriver au même résultat que les djihadistes - l'instauration d'un califat mondial -, la réalité paraît plus complexe. L'expérience du pouvoir amène les islamistes marocains et tunisiens à se réformer à mesure qu'ils doivent s'extraire, au sens propre comme au sens figuré, de l'action djihadiste. En Égypte, c'est l'inverse : les forces politiques en place ont tenu à amalgamer les deux tendances.
    Il est donc aujourd'hui essentiel de saisir le nouveau sens que revêt la distinction entre islamisme politique et activisme djihadiste en vue d'appréhender la complexité des logiques auxquelles ces différents groupes - des Frères musulmans jusqu'aux djihadistes - obéissent.




  • Démocratisation, émancipation, ouverture... autant d'incantations pour la culture à partir de 1968 jusqu'à aujourd'hui. Mais dire suffit-il pour agir ?
    Il faut interroger la façon dont l'action culturelle parlent de (ou tait) sa relation au politique.
    Ce texte court plaide pour remettre le politique au coeur de l'action culturelle.
    Pour le cinquantième anniversaire de la Déclaration de Villeurbanne, un collectif de chercheurs et de professionnels du monde culturel et artistique s'est formé pour se saisir de la question de la politisation par la culture à partir du point de rupture de 1968 mais aussi dans son actualité la plus vive. Dans la tourmente sociale qui bouleverse la France, l'Europe, et au-delà, il est nécessaire et urgent de bousculer les savoirs établis. Cet ouvrage, manifeste contemporain, réunit les synthèses d'un colloque organisé à Lyon et Villeurbanne, dans les murs mêmes du TNP, ex-théâtre de la Cité de Villeurbanne, les 12 et 13 décembre 2018. Une parole contrastée, vivante, non consensuelle, s'est exprimée lors de ces deux journées, à partir d'un dialogue exigeant entre les chercheurs français, mais aussi belges, serbes et canadiens, spécialistes de la médiation culturelle, de la socio-économie de la culture, des études théâtrales, en synergie avec les praticiens représentant les secteurs du spectacle vivant, du patrimoine, des arts numériques, invités pour discuter et débattre. Ces interventions ont défendu ensemble une intelligence polémique, fruit des regards croisés des champs scientifiques et pratiques.


  • Ce livre reconstruit les deux vies et les deux visages du plus important État de type nouveau du XXe siècle. Il repose sur les documents d'archives rendus disponibles par l'effondrement de l'URSS, sur les mémoires post-soviétiques, sur les recensements, les oeuvres littéraires, les témoignages de la dissidence, ainsi que sur les recherches novatrices qui sont parues après 1991. Ces sources, dont une présentation raisonnée - à la fois thématique et chronologique - sert d'introduction au volume, ont permis à l'auteur de présenter une image nouvelle, et plus crédible, d'une histoire qui a fasciné et effrayé le XXe siècle.

  • La gauche traverse aujourd'hui une crise existentielle. L'ouvrage collectif La gauche du réel - pour une refondation idéologique du progressisme rassemble des contributions individuelles représentant une diversité d'opinions, d'approches et de thèmes, autour de deux convictions communes : la nécessité que continue à exister, en France et en Europe, une gauche réformiste ou social-démocrate
    prête à gouverner; et l'importance que ce courant se dote, pour convaincre à nouveau et réussir une fois au pouvoir, d'une assise idéologique solide.

    Les auteurs des contributions individuelles contenues dans cet ouvrage ont tous entre 30 et 40 ans. Ils sont chercheurs, cadres dans le secteur privé ou hauts fonctionnaires, mais écrivent à titre personnel.
    Parfois engagés, ils ne sont pas des « professionnels de la politique » mais avant tout des citoyens inquiets des évolutions politiques actuelles et souhaitant redonner vigueur à un courant politique aujourd'hui en grande difficulté, la gauche réformiste.

  • « Ils ne savent pas ce qu'ils font » : telle est la définition la plus exacte que l'on puisse donner de la méconnaissance fondant toute idéologie. Une telle méconnaissance, pourtant, ne témoigne pas d'un aveuglement ou d'une ignorance. Au contraire, elle témoigne d'une jouissance - une jouissance qui naît paradoxalement de l'injonction de renoncer à toute jouissance. Là où on ne sait pas, on jouit - et là où on jouit, il y a « sinthome » (comme le disait Jacques Lacan), il y a symptôme de l'idéologie. Ainsi, par exemple, le Juif est-il le sinthome du nazi, ou le traître révisionniste le sinthome du stalinien. Des totalitarismes fasciste et soviétique jusqu'à l'économie libidinale de la prétendue postmodernité, les sinthomes idéologiques, ainsi que la jouissance louche qui les accompagne, sont partout. Dans Ils ne savent pas ce qu'ils font, Slavoj Zizek les traque avec sa virtuosité coutumière, passant sans vergogne d'Alfred Hitchcock à Woody Allen, de la tragédie du Titanic à celle de Tchernobyl, et de la théorie critique de l'École de Francfort à celle de Lacan. Un classique absolu, introuvable depuis vingt ans, et enfin réédité.

  • La tradition historiographique dans sa diversité considère la conversion de Constantin au christianisme comme un moment décisif tant pour l'histoire de la Chrétienté occidentale et de Byzance que pour celle de l'Empire romain. Sa victoire sur Maxence, le 28 octobre 312 au pont Milvius, est restée célèbre car c'est à la veille de la bataille que Constantin aurait vu une croix lumineuse. Les conséquences idéologiques sont immenses et l'Empire donne ainsi à l'église chrétienne une position officielle (édit de Milan, 313). En 325, est réuni, à son initiative, le premier concile oecuménique à Nicée pour mettre un terme à l'hérésie arienne qui déchirait l'Église.
    Cet empereur au long règne (306-337), maître tout puissant de l'Empire après plusieurs guerres contre ses rivaux, met fin au système tétrarchique en rétablissant la monarchie héréditaire. Homme politique d'exception, Constantin est aussi un grand bâtisseur. Constantinople, la ville qui porte son nom, sera pour onze siècles la capitale politique, culturelle et artistique de l'Empire romain d'Orient, le centre d'une brillante civilisation.
    À sa mort, après avoir favorisé de nombreuses réformes politiques, monétaires et fiscales, sociales et religieuses, Constantin laisse derrière lui un empire pacifié. De ce personnage pragmatique et efficace que disent les sources controversées tant païennes que chrétiennes ? On trouvera dans ce livre le récit des grandes étapes de sa vie, au travers des témoignages favorables ou défavorables de Lactance, Eusèbe de Césarée, Libanios, Zosime et bien d'autres.

  • Plus de soixante années de « séditions, rixes, querelles, meurtres, guerres » : de 133 à 70 avant J.-C., l'histoire de Rome et de l'Italie est une grande épopée de bruit et de fureur qu'animent les grandes figures des Gracques, de Marius, Sylla, Pompée et Crassus. Guerres civiles, Guerre Sociale, révolte de Spartacus, tout concourt aux malheurs et pourtant l'Empire romain s'étend et Rome accroît sa puissance. Le livre I des Guerres Civiles, partie de l'Histoire Romaine d'Appien d'Alexandrie (né vers 90 ap. J.-C. et mort vers 160), est le seul récit continu de cette période, un récit tragique où les analyses économiques et politiques ont un écho étrangement moderne.

    Jean-Isaac Combes-Dounous (1758-1820), juriste de formation, fut député pendant le Directoire et sous le Consulat ; juge pendant l'Empire, il applaudit la Restauration, mais, de nouveau député pendant les Cent-Jours, il fut destitué de son siège de juge en 1816 avant de le retrouver en 1819. auteur par ailleurs d'un Essai historique sur Platon (1809), il est surtout connu comme traducteur d'auteurs grecs ou anglais.

    Catherine Voisin, ancienne élève de l'École Normale Supérieure, est agrégée de Lettres.

    Philippe Torrens, historien, prépare une thèse de doctorat sur Appien.

  • La responsabilité pour abus de droit, I'égalité devant les charges du voisinage, le principe des droits de la défense, le respect dû par I'Administration aux règles de droit qu'elle a posées : autant de principes généraux du droit dont I'existence a été consacrée par les juridictions, en marge des textes législatifs et constitutionnels. L'analyse des raisonnements grâce auxquels les juges ont consacré ces normes juridiques fondamentales permet de dégager les idées directrices qui guident I'activité interprétative et normative des juridictions. Mais cette analyse révèle également que les quatre principes en cause, qui mettent tous en oeuvre I'idée d'égalité, expriment des thèmes majeurs de l'idéologie juridique. À la faveur d'une restructuration de la critique marxiste de I'idéologie, I'ouvrage met en lumière les catégories et le processus symbolique qui régissent I'idéologie de I'égalité en droit. L'efficacité de cette idéologie est critiquée en confrontant les justifications des principes avec les rapports sociaux qui forment leur champ d'application et concernent I'entreprise capitaliste, I'urbanisation contemporaine, I'accès à la justice et I'organisation bureaucratique de I'État.

  • Ford Madox Ford occupa une place majeure mais paradoxale au sein du modernisme. Les résistances à inscrire Ford dans le canon moderniste peuvent s'expliquer par la difficulté à réconcilier les contradictions de son oeuvre et à en dégager un système esthétique stable. L'ambivalence se retrouve au coeur de sa tétralogie Parade's End. La dialectique est irréconciliable entre la chimère d'un passé venant habiter le présent et la rupture dont cette chimère est le symptôme. Ce travail explore la tension entre hommage et dérision qui caractérise Parade's End. La nostalgie d'une idéologie stable, d'un récit satisfaisant les attentes du lecteur et d'un sujet unifié est simultanément sublimée et tournée en dérision. Le texte témoigne d'une réticence à dénouer les apories qu'il génère. Cette mise en crise ne débouche donc pas sur l'élaboration d'un système alternatif ; elle ne débouche pourtant pas sur du vide, mais sur un système dont nous devinons les contours. Le texte est en perpétuel mouvement vers une esthétique qu'il suggère en creux. La dimension fondamentale de négativité imprime au texte un paradoxal dynamisme.

  • Nous voyons et représentons notre environnement social non pas tel qu'il est, mais tel que nous croyons qu'il est. Cet ouvrage est le premier à faire le lien entre l'image et la pensée sociale. L'auteur propose des éléments conceptuels et méthodologiques illustrés de nombreux exemples permettant de comprendre cette relation.
    Il répond à trois questions : des individus partageant des croyances différentes à propos d'un objet donné produisent-ils de la même manière une même image de cet objet ? Lorsqu'une source et récepteur ne partagent pas un même ensemble de croyances à l'égard d'un objet, la représentation iconographique de cet objet sera-t-elle comprise par le récepteur, S'appuyant sur les acquis de la psychologie sociale, les réponses confirment la thèse du lien entre croyances et iconographie.

  • Référence aujourd'hui incontournable de la pensée « progressiste » et star incontestée de la pensée critique contemporaine, Judith Butler passe pour une grande philosophe. Ses travaux sur le genre font autorité. Son discours sur les normes et les minorités, sexuelles et « culturelles », affiche une ambition théorique et éthique adoubée par nombre d'intellectuels et critiques « progressistes ».
    En démontant au scalpel les logiques spécieuses d'une oeuvre qui a su faire illusion auprès de l'Université et des médias, ce livre, critique sévère des travaux de Judith Butler auparavant jamais menée, est né de l'effarement provoqué par la tribune qu'elle publia au lendemain des attentats parisiens de novembre 2015 dans le quotidien Libération. Il fait apparaître en quoi la « pensée Butler » est fondamentalement autoritaire et conservatrice sous ses oripeaux « subversifs ». Il examine les ressorts de son extraordinaire emprise. Et il oppose à la légiti-mité usurpée des « docteurs graves » de la mouvance butlérienne - allusion aux jésuites moqués par Pascal dans Les Provinciales - l'exigence d'une réflexion critique au plus près de la pensée d'un universel concret, indispensable à élaborer pour ne pas s'engouffrer dans des impasses identitaires, tentation des temps troublés que nous traversons aujourd'hui.

  • « Il y a peu de choses aussi scandaleuses pour des hommes vivant dans une culture qui se réclame, comme la nôtre, de la science et de la raison, que le spectacle des croyances, des superstitions ou des préjugés que partagent des millions d'hommes », affirme Serge Moscovici. Sa théorie des représentations sociales, élaborée il y a un demi-siècle, vise en effet la formation de la connaissance en société dans son rapport avec la science, la communication et, avant tout, la culture. Cette théorie a opéré une véritable rupture, instituant la connaissance ordinaire, celle du sens commun, comme matière première de l'agir collectif dans nos sociétés pensantes. Santé, science et société, travail, environnement, éducation, etc. : ses nombreux champs d'application et sa diffusion internationale témoignent de sa pertinence pratique pour faire face aux questions sociétales de notre temps. Ce volume réunit plusieurs écrits fondamentaux de l'auteur, inédits en français, dévoilant la genèse et l'évolution de son approche. Il constitue une source essentielle pour saisir l'actualité d'un des penseurs les plus influents des sciences du social.


  • Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, grand commis de l'Etat appréhende la réalité provinciale dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle, dans sa diversité, dans sa richesse ou sa pauvreté, il permet aussi de découvrir que l'idéologie des Lumières dont il est un des précurseurs, est non seulement une pensée innovante sur le plan des mentalités, mais aussi un principe d'action au plan gouvernemental.


    On le suit pendant 17 jours, du 4 au 21 aout 1767, du Sud des Landes, au Pays Basque et enfin à Salies de Béarn. Continuant la tradition culturelle européenne du Voyage, Guillaume de Malesherbes fait de la province son grand champ de découverte. Libéré des contraintes religieuses traditionnelles, il nous apprend à découvrir et à voir, grâce à ses carnets de notes, ce qu'était, avant le Révolution Française, le Sud-Ouest (Gascogne et Pays Basque), une des régions les plus méconnues du royaume.


    Nous avons ainsi sous les yeux, deux siècles et demi après, la lumière, les paysages, les espaces qui sont l'objet de ses notes. En naturaliste, il s'intéresse à la géologie, à la botanique, à la zoologie. En ethnographe, les moeurs et traditions populaires du Sud des Landes attirent son attention. En économiste, il passe en revue vie agricole, pêche, activités portuaires et minières, organisations des communications...

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