• "La Marseillaise est un grand hymne où sont associés Nation, République, universalisme, liberté, dans une intensité frémissante qui est justement celle de l'an I, de Valmy, du moment fondateur de la France républicaine et du moment paroxystique de la défense de la liberté nationale. En dépit de ses excès de langage qui, en contrepartie, apportent un extrême romantisme, il doit être conservé. C'est un hymne d'éveil et de résistance qui a valu pour les résistances qui ont suivi, qui vaut pour celles que nécessite notre temps, et qui vaudra pour les résistances futures." Edgar Morin

    Edgar Morin est l'un des plus grands penseurs contemporains.

    Pascal Lemaître est illustrateur dans l'édition et la presse internationales.

  • Non de Venus les ardentz estincelles,,Et moins les traictz, desquelz Cupido tire :,Mais bien les mortz, qu'en moy tu renovelles,Je t'ay voulu en cest Oeuvre descrire.,D'entrée, Scève définit la singularité de son canzoniere. Comme la traduction de La Deplourable fin de Flamete, sa Délie est d'abord leçon, avertissement, salutaire mise en garde. Elle se veut exemplaire et commune. Nourrie d'Hésiode et de Virgile, de Dante, de Pétrarque et de Marot, de Platon, de Ficin et de Léon l'Hébreu, mais également - aussi étrange que cela puisse nous paraître -, de la poésie mariale du Puy de Rouen, elle propose d'illustrer pour le plus grand bénéfice du lecteur les dangers guettant tous ceux qui, imprudents mariniers, osent s'aventurer dans les " gouffres amers " de " la naufrageuse mer d'amour ". Elle est surtout, par-delà le " travail ", les " angoisses ", les " souffrances " et les " morts ", le plus bel hymne jamais composé par un poète de notre Renaissance à la gloire de l'amour humain, cette " flamme si saincte " qu'elle peut vaincre à la fois la Mort et le Temps.,Le texte reproduit est celui de l'édition publiée à Lyon en 1544 par Antoine Constantin. Etablies à partir de l'édition parisienne de 1564, les variantes figurent en tête de chacune des Notices regroupées dans le second volume.,

  • Hymnes naturels

    Michel Marulle

    On connaît l'usage que Ronsard fit des Hymnes naturels de Marulle pour composer ses propres Hymnes, toute édition savante y faisant référence, mais rares sont ceux qui remontaient jusqu'à la source, tant les difficultés du latin de Marulle, dues à un ordre des mots plus libre encore que celui des Odes d'Horace, sont décourageantes. Grâce à l'édition et à la traduction que donne aujourd'hui Jacques Chomarat, ce sera désormais chose facile. On connaîtra mieux Marulle, non plus à travers Ronsard, mais par lui-même.,Marulle redonne la parole aux dieux ancestraux de la Grèce, mais, Grec, il écrit en latin pour se faire entendre. Ces Hymni contiennent une description non seulement de l'autre monde et des aspects divers du Dieu souverain, présentés comme autant de divinités, mais encore de l'organisation et de la genèse de ce monde-ci. En cherchant à rendre respectable la religion de ses ancêtres, Marulle montre sur des points essentiels sa concordance avec le christianisme; pourtant le polythéisme qui se dégage de son oeuvre troubla Beatus Rhenanus et ne manquera pas de troubler encore les lecteurs contemporains. C'est que ces Hymni occupent une place singulière dans la longue histoire des relations entre paganisme et religion chrétienne. A redécouvrir.

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