• LES GRANDS TEXTES DU XIXe SIÈCLE

    " L'expression était d'une cruauté atroce. Là, son âme même, émergeant de la toile, le dévisageait et l'appelait à son tribunal. "
    Devant son portrait, oeuvre d'un de ses amis, Dorian Gray, jeune homme d'une immense fortune et d'une exceptionnelle beauté, fait le voeu de rester tel qu'il est peint, tandis que son image vieillira à sa place. Exaucé par une intervention magique et fatale, Dorian cède alors à tous ses caprices et à toutes ses folies. Dans les quartiers élégants de Londres et les bouges du port, sous le masque de sa beauté intacte, il mène une vie de débauche et de crime. Esthète, monstre, dandy, il a décidé de faire de sa vie une oeuvre d'art. Une vie qui ressemble à celle d'Oscar Wilde, que la société victorienne lui fit payer en le condamnant aux travaux forcés...

  • James Miranda Barry fut médecin militaire, chirurgien avant-gardiste, inspecteur général des hôpitaux de Sa Majesté et... l'un des plus grands imposteurs de tous les temps.

    Au moment de sa mort en 1865, au terme d'une carrière de plus de quarante ans au sein de l'armée britannique, James Miranda Barry n'a pas eu droit aux honneurs dus à son rang. Les autorités militaires ont plutôt jugé bon de l'enterrer à la sauvette, dans un coin reculé d'un cimetière quelconque. Car le scandale qui éclata à sa mort était d'une telle ampleur, qu'il devint la principale raison pour laquelle Barry passerait à l'histoire, reléguant dans l'ombre presque tout ce que le médecin avait mis tant d'efforts et d'années à accomplir.
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    Dans chacune des colonies où on l'avait posté, James Barry avait fait tout en son pouvoir pour améliorer les conditions de vie et les soins de ses patients. Il avait forgé sa réputation sur une pratique nouvelle et moderne de la médecine, par sa spécialisation dans les domaines de la chirurgie, des maladies tropicales, de l'obstétrique, du traitement de la lèpre et des maladies vénériennes. Sur trois continents, Barry a imposé des nouvelles conditions sanitaires, des méthodes révolutionnaires de quarantaine, des diètes alimentaires, ainsi que des traitements efficaces contre les plus terribles maladies connues à l'époque. Sans contredit, les réformes de James Barry ont sauvé des milliers de vies à travers le monde.

    Mais pourquoi a-t-on profané ainsi la mémoire d'un brillant médecin, dont les accomplissements n'avaient d'égal que la controverse dont Barry aura été l'auteur presque tout au long de sa vie? Sylvie Ouellette retrace ici la vie et la carrière d'un être humain hors de l'ordinaire, qui n'était absolument pas ce que ses contemporains auraient pu croire.

  • Le propos central du livre est de montrer comment la Walt Disney Company, depuis sa création en 1987, et plus particulièrement depuis l'arrivée de Robert Iger comme PDG en 2005, invite la jeunesse à retrouver le sens de l'histoire et la foi dans le progrès pour sortir du piège de la postmodernité, qui l'enferme dans un éternel présent déceptif. Elle le fait en valorisant, à travers les productions de l'ensemble de ses filiales, les dynamiques qui portent l'opinion publique au féminisme, à l'inclusivité, au multiculturalisme, à la tolérance envers toutes les identités, au respect des différences.

    Le nouvel univers Disney - le Disneyverse - n'occulte pas la réalité de notre monde. Résolument optimiste, il fait confiance aux femmes, aux princesses, pour renouveler un patriarcat défaillant.

    Christian Chelebourg est Professeur de littérature à l'Université de Lorraine, où il dirige le laboratoire LIS (Littératures, Imaginaire, Sociétés). Après avoir consacré une thèse à Jules Verne, il s'intéresse désormais aux productions contemporaines grand public, dans une perspective d'études culturelles. Il est entre autres l'auteur de Le Surnaturel : poétique et écriture (Armand Colin, 2006), Les Écofictions (Les Impressions Nouvelles, 2012) et Les Fictions de jeunesse (PUF, 2013).

  • Yuri Kiriov a 22 ans. Et presque autant d'années de piraterie derrière lui. Formé par le pire d'entre tous, l'ordure des ordures, Vincenzo Falcone, qui en a fait son jouet mortel, sa créature ? y compris sexuelle ? façonnée depuis sa plus tendre enfance après que, à l'âge de quatre ans, sa colonie eut été réduite en cendres par les aliens ennemis, les Striviirc-na.

    Yuri Kiriov est sur Terre. à Kalaallit Nunaat. Une prison militaire. Où les Black Ops, le service secret humain opposé à toute idée de paix avec les Striviirc-na, lui proposent le pire des marchés. Retourner dans la piraterie et infiltrer Falcone... Falcone.

    Son père de substitution.

    Son maître.

  • En l'espace de quelques années, la théorie du genre a saturé l'espace public. Prenant prétexte d'une convention du Conseil de l'Europe, l'auteur revient sur les origines de cette fameuse théorie. Il démontre comment elle s'articule autour de deux lignées fort différentes, d'une part le « genre homosexualiste » brillamment présenté par Judith Butler, de l'autre, le « genre féministe » plus directement actif dans nos systèmes politiques. Au final, l'auteur montre que le « genre » n'est pas une science, mais une tentative idéologique et révolutionnaire de recréer l'homme et la femme par la contrainte de l'État, en niant leur altérité.

  • Palestine by nights aurait pu être le carnet de bord quotidien d'un expatrié français vivant et travaillant à Naplouse, Palestine, ville traditionnelle et enclavée du nord des territoires occupés. Le choc des cultures, la sensualité orientale, le poids de l'occupation israélienne, mais aussi la médiocrité du monde diplomatique français, la « crise de la cinquantaine » et surtout la mort soudaine d'un père en ont décidé autrement...

    Après son premier livre de « jeune » auteur, Naplouse, Palestine - Portraits d'une occupation, un recueil où il s'ouvrait aux autres et livrait vingt-et-unes chroniques au plus près des palestiniens et palestiniennes côtoyés pendant trois ans, Stéphane Aucante remplit les blancs laissés entre chaque portrait et s'aperçoit à quel point certains l'ont affecté ; qu'en cherchant à s'approcher de la vérité des autres, il a peut-être trouvé une partie de la sienne ?...

    Dans ce nouvel opus arabo-musulman, il retourne donc le miroir, dessine un 22ème portrait, le sien,  et nous avoue, par fragments, sans fard ni pudeur, mais avec la même sensibilité, la même humanité, le même sens du détail et de l'humour parfois, à quel point son expérience en Palestine l'a secoué et transformé. Après la lumière du regard bienveillant posé sur les autres, des nuits d'introspection comme une réponse. Des nuits d'amour aussi... 

    Entre reportage, divagations et moments quasi contés, Palestine by nights rappelle qu'il est des voyages ailleurs qui se muent en quêtes intérieures.

  • Ils s´appellent Nadir, Bechir, Nadia... Certains sont beurs, d´autres blacks, d´autres gaulois. Certains rasent les murs, le regard fuyant. D´autres se la jouent viril et cassent du pédé à l´occasion. Mais tous ont en commun le mensonge et la peur d´être démasqués.
    Ce sont les homos des cités.


    Pour obtenir leurs témoignages, il a fallu deux années à Franck Chaumont. Deux ans de rendez-vous manqués, de téléphone raccroché au nez, d´attentes vaines dans des bars... Car en parlant, ils risquaient tout. Leur honneur, bien sûr. Mais aussi leur vie.


    Si certains ont osé, c´est dans l´espoir que nous sachions... Que les politiques sachent, que les citoyens sachent, que les homosexuels branchés du Marais sachent qu´à deux ou trois stations de RER, en république française, être homo est un crime passible des pires châtiments. Au-delà du cri de détresse d´une population doublement exclue, ce livre dresse un portrait terrifiant de nos banlieues gangrenées par la misère affective, la misère morale, le chômage et l´exclusion.

  • Dans ce livre bouleversant, Gilles Simard raconte son parcours d'ex-psychiatrisé, d'alcoolique, de pharmacodépendant et de codépendant. De la clinique Roy-Rousseau, où les électrochocs, l'insulinothérapie et la camisole chimique sont la norme pour soigner les maux de l'âme, en passant par Domrémy et la maison de thérapie l'Arc-en-ciel, monsieur Simard connaît son lot d'aventures tantôt tristes, tantôt heureuses, qui mettent en relief certaines carences du système de santé mentale de l'époque. C'est finalement sa thérapie à l'Arc-en-ciel, une maison située dans le quartier Saint-Roch, qui l'amène vers une période d'abstinence qui dure depuis 1999. À l'aube de la soixantaine, monsieur Simard peut enfin vivre sobre, heureux, libre et en pleine possession de ses moyens : « toutes choses que je faisais très mal avant. »

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