• Le scandale de l incommensurable:engendrement et assujettissement par la parole - chez herve bouchar Nouv.

    L'écriture de ce livre est née de la conviction que la parole humaine détient force de vie et de liaison, mais qu'elle nous sépare aussi de nous-même en médiatisant notre rapport à la concrétude du monde et aux lois de la matière. Au centre de ce paradoxe apparaît le sujet parlant - désirant - qui, tout en utilisant les mots de l'Autre, est tenu d'apprendre à s'exprimer en son propre nom afin de s'insérer dans l'ordre symbolique et d'assumer, selon les mots d'Hervé Bouchard, le « rôle de sa vie ».

    À travers la lecture des oeuvres de trois auteurs préoccupés par la question de l'inadéquation de la parole au réel - celles d'Hervé Bouchard, Pierre Perreault et Hector de Saint-Denys Garneau -, cet ouvrage cherche à mettre en lumière « la part de scandale de la parole créatrice », c'est-à-dire l'inévitable aliénation qu'implique cette dernière au coeur même de l'invention. Convoquant les études littéraires, la théorie psychanalytique ainsi que certains éléments de philosophie, on verra que toute velléité de contrôle absolu du déploiement de la parole humaine - incommensurable - se révèle illusoire lorsque l'assujettissement au langage sert d'assise à une réflexion sur notre activité créatrice.

  • « Que fait la parole ? » se demandent les auteurs de ce dossier de Voix et Images. Ce dernier aborde la parole dans l'écrit, au sens d'une « pratique littéraire qui insuffle rythme et corps au texte et, de ce fait, module et infléchit son discours ». Il vise autre chose que la transposition de la langue parlée, et s'attache plutôt à des oeuvres et des pratiques d'écriture où l'acte de parole et ses effets sont reconnus comme centraux, voire fondateurs. Lisez l'entretien avec Mathieu Arsenault et Hervé Bouchard, puis Anne Élaine Cliche sur Victor Lévy-Beaulieu, Jacques Ferron et Gilbert La Rocque; Louis-Daniel Godin sur la fonction de la parole dans Mailloux d'Hervé Bouchard; Laurance Ouellet Tremblay sur le scénario commenté de La bête lumineuse de Pierre Perreault; Lucie Robert sur La peau d'Élisa de Carole Fréchette; et Catherine Cyr sur les pièces Yukonstyle de Sarah Berthiaume et Nacre C de Dominick Parenteau-Lebeuf.

empty