Société des écrivains

  • « Il y a des choses qui reviennent souvent dans ma tête et que je préfère oublier. Ces choses qui reviennent à la mémoire et qui dérangent. Je n'étais qu'une enfant restavek parmi tant d'autres, un pantin comme les milliers de pantins qui vivotent dans ce pays. [...] Être accueilli et transformé en petit esclave n'est qu'une des fatalités. Le pays a surtout besoin d'un peu plus d'âmes charitables. » Ce récit bouleversant retrace la vie d'Ève Édouard, jeune fille qui voit son destin basculer lorsqu'elle tente d'échapper à une existence misérable à La Savane. Trompée et vendue en tant que domestique, la difficulté de ce nouveau départ n'a d'équivalent que dans le traitement qui lui est réservé par la maîtresse de maison. À travers cette chronique sans concession, l'auteur dévoile une page sombre de l'histoire d'Haïti, dénonçant avec justesse et sensibilité la condition de centaines de milliers d'enfants. À la fois reflet de cette jeunesse abandonnée et symbole d'espoir, le parcours d'Ève s'impose comme une véritable leçon de persévérance.

  • Haïti, 2004. L´année tant attendue n´est pas la bienvenue. Jadis une perle, aujourd´hui devenue l´hérésie de la pire espèce, un pays complètement nu, dévêtu de sens. Il n´est pas question de morale, ni d´éthique, voire de décence. Larmes incessantes sur cette terre en colère, autant déçue et embaumée de sang qu´assoiffée de paix et d´amour... Autour du chaos politique haïtien, entre le coup d´État et l´exil forcé d´Aristide en février 2004, le journaliste Isidor Wadner dresse le bilan d´un pays aujourd´hui encore plongé en plein cauchemar. Évacuant toute artificialité, son écriture va droit au but et touche au plus près les maux d´une nation malmenée.

  • Haïti, 2010. Un séisme arrivé comme une grenade. Les taudis prennent place sur les taupes. Poussière et black-out. La couleuvre étouffe... New York, 2001. Peur des bombardements. Des religions. Des pratiquants. Du pouvoir. Des désespérés. Terroristes, caméras, contrôleurs, police... Tous ces gamins partis. Jamais revenus. Des guerriers. Soldats. Les envoyer se faire tuer. Regarder de loin. Derrière sa télé...

  • « Malgré ces massacres répétés, le peuple garde son objectif À tout prix, il veut conquérir la liberté Qui est déposée en lui par le Créateur. Le Haïtien doit être clair sur cette vérité, Qu'il pleuve, qu'il tonne, qu'il gronde, un jour Haïti changera. L'important pour le peuple, c'est de rester soudé, Pour accéder dignement au trône de la liberté. » À mi-chemin entre la poésie, la page d'histoire et l'essai spirituellement engagé, Les Complaintes et les prières constituent de longues réflexions sur des sujets divers, embrassant les questions de liberté, de vie, de mort et d'émancipation. Au fil de cet hymne humaniste, le prêtre Joseph Almyre ne se contente pas de traiter les difficultés de la société haïtienne, il lance un cri d'alarme contre les situations d'injustice qui touchent les hommes et les femmes du monde entier.

  • « Quelle déception pour cette arrogante femme ! Les jumelles furent loin d'être belles et parfaites, comme elle l'aurait pensé. Elles n'étaient même pas identiques, on peut même dire qu'elles étaient très différentes l'une de l'autre. L'une s'appelait Tiki Paka, ce qui signifiait en langage inventé "Trahie des dieux", et l'autre Tiki Poko, ce qui signifiait "Oubliée des dieux". Wélé, le dieu de la rigolade, avait tenu sa promesse, il s'était vraiment payé la traite. Tiki Paka avait un petit corps tout frêle et avait une tête énorme. Quant à Tiki Poko, elle était très grosse et très grande, mais sa tête était minuscule. Sans réfléchir aux conséquences, il avait joué avec la vie de deux êtres humains innocents, qui n'avaient rien à voir avec la méchanceté de leur mère, leur seul péché étant d'avoir été mises au monde par Bellissima. C'étaient maintenant elles la risée de toute la ville. » Physiquement... atypiques, les jumelles Tiki Paka et Tiki Poko n'ont évidemment pas eu de chance. D'abord abandonnées par leur mère, puis par leur père, elles seront élevées par leur oncle. C'est là, au sein de leur nouvelle communauté, que ces personnages aussi singuliers qu'attachants apprendront à vivre et à apprécier leurs différences. Leur élan d'optimisme changera à jamais leur entourage... Marie-Paule Normil signe avec ce conte haïtien une belle leçon d'espoir et de tolérance.

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