• Un invincible été Nouv.

    Le dernier volet de l'inoubliable saga des Déracinés : roman de l'engagement et de la résilience, Un invincible été clôture avec passion une fresque romanesque bouleversante.Depuis son retour à Sosúa, en République dominicaine, Ruth se bat aux côtés d'Almah pour les siens et pour la mémoire de sa communauté, alors que les touristes commencent à déferler sur l'île.
    Gaya, sa fille, affirme son indépendance et part aux États-Unis, où Arturo et Nathan mènent leurs vies d'artistes. Comme sa mère, elle mène son propre combat à l'aune de ses passions.
    La tribu Rosenheck-Soteras a fait sienne la maxime de la poétesse Salomé Ureña : " C'est en continuant à nous battre pour créer le pays dont nous rêvons que nous ferons une patrie de la terre qui est sous nos pieds. "
    Mais l'histoire, comme toujours, les rattrapera. De l'attentat du World Trade Center au terrible séisme de 2010 en Haïti, en passant par les émeutes en République dominicaine, chacun tracera son chemin, malgré les obstacles et la folie du monde.
    Roman de l'engagement et de la résilience,
    Un invincible été clôt avec éclat une fresque romanesque impressionnante.

  • Fissuré Nouv.

    Fissuré

    Odéric Delachenal

    Odéric Delachenal a vécu en Haïti de 2008 à 2010. Il travaille pour la délégation catholique pour la coopération. Le 12 janvier 2010, à 16:53:10, il vit le grand séisme de Port-au-Prince. Cet après-midi-là, la capitale s'effondre avec lui. Alors, sans relâche, le jeune éducateur erre dans des décombres de fin du monde. Protéger, rassembler les enfants épars pour les mettre à l'abri. Courir la ville écrasée, en quête des siens. Soigner, secourir, fouiller les gravats, tirer des bâches sur les parkings-dortoirs. Il arpente la ville exsangue, à la recherche de ses amis, des enfants qu'il est « censé » protéger. Comment se détacher du pire quand, atteint au coeur, on est désemparé ? Comment continuer lorsqu'on rentre en France, « ce pays en paix », et qu'on s'immerge dans l'absurdité d'un travail social où on doit « trier » les enfants migrants auprès de la Protection de l'enfance ?
    L'auteur examine ici, avec une sincérité déchirante, les contradictions et les cicatrices de ceux qui rêvent d'aider, de changer le monde, et qui se rendent compte qu'ils sont à peine des minuscules pansements, hantés par la brutalité de leur insignifiance, de ce qu'ils ont vu et de ce qu'ils côtoient au quotidien. Comment refuser à ceux qui se noient quand ce sont les villes entières qui s'abîment... ? Dix ans après son expérience à Haïti, l'auteur lit Dany Laferrière et comprend qu'il y a des gens comme des maisons « qui sont profondément fissurés à l'intérieur et qui ne le savent pas encore... [ceux-ci] sont les plus inquiétants, le corps va continuer un moment, avant de tomber en morceaux un beau jour. Brutalement. Sans un cri ».
    Odéric Delachanel décide donc de témoigner, de mettre son cataclysme en mots avec une force narrative magistrale, de montrer l'envers du décor du costume du bon Samaritain, au nom des vivants comme des morts, au nom de ses amis haïtiens qui versaient tous les matins une goutte de café à terre pour tous ceux qui étaient partis.

  • Après le best-seller Les Refuges, Prix Cognac du meilleur roman francophone 2019

    Dans ce quartier chic de Port-au-Prince s'élèvent de belles demeures de pierre entourées de palmiers, de flamboyants et d'arbres orchidées.
    C'est là que, pour la deuxième fois en une semaine, un couple est retrouvé assassiné dans sa chambre.
    Deux corps mutilés gisant au pied du lit conjugal. La presse titre déjà sur une série de « crimes vaudous ».
    Pourtant l'inspecteur Simon Bélage refuse de tomber dans la superstition.
    Sur cette île, la corruption et le trafic d'enfants font plus de ravages que le terrible Baron Samedi, le dieu des morts.
    Simon sait avec certitude que ces crimes sont l'oeuvre d'un être de chair et de sang.
    Et tous les indices convergent vers un orphelinat fermé depuis près de vingt ans, surnommé la « Tombe joyeuse ».
    Mais Simon devrait prendre garde. En Haïti, ignorer les avertissements des esprits, qu'ils soient vrais ou faux, peut se révéler dangereux...
    Né en 1976, Jérôme Loubry a publié Les Chiens de Détroit, Prix Plume libre d'Argent 2018, suivi du Douzième Chapitre, « un polar complètement dingue, angoissant, terriblement prenant » selon Le Parisien.
    Son troisième roman, Les Refuges, a remporté le Prix Cognac 2019 du meilleur roman francophone et le Grand Prix de l'Iris Noir Bruxelles 2019.

  • Qui, en dehors d'Haïti, a déjà entendu parler de la bataille de Vertières, point d'aboutissement de la guerre d'indépendance haïtienne? Qui sait que cet affrontement s'est soldé, en 1803, par l'une des pires défaites napoléoniennes? Que les Noirs s'y réclamaient des idéaux de la Révolution? Pourtant, cette bataille aurait dû faire date: son issue, désastreuse pour la puissance coloniale française, allait fissurer de manière irrémédiable les assises de l'esclavage.

    Dans cet ouvrage, Jean-Pierre Le Glaunec décrit la violence inouïe de cette guerre entre maîtres et anciens esclaves, entre les forces des généraux Leclerc et Rochambeau et l'armée, dite «indigène», de Jean-Jacques Dessalines. Il interroge le sens de son occultation par l'historiographie française, mais aussi le rapport trouble que l'élite du pouvoir haïtienne entretient avec sa mémoire, symbole d'émancipation parfois encombrant pour qui désire maintenir les populations asservies.

  • Qui, en dehors d'Haïti, a déjà entendu parler de la bataille de Vertières, point d'aboutissement spectaculaire et sanglant de la guerre d'indépendance haïtienne? Qui sait que cet affrontement s'est soldé, en 1803, par l'une des pires défaites napoléoniennes? Que les Noirs s'y réclamaient des idéaux de la Révolution? Ceux qui connaissent cette histoire sont peu nombreux, car la France vaincue s'est employée à effacer les traces de sa déconfiture. Pourtant, cette bataille aurait dû faire date : son issue, désastreuse pour la puissance coloniale française, allait fissurer de manière irrémédiable les assises de l'esclavage.

  • Voie négative

    Valère Novarina

    Un jour de septembre, il y a assez longtemps, après m'être nourri pendant quinze mois du théâtre de Stéphane Mallarmé - théâtre que l'on ouvre de ses mains ; scènes que l'on ressuscite ; lettres à qui nous redonnons vie en les respirant - je lus, dans mes initiales : Voie négative et pensai donner un jour ce titre à un livre... Le voici. Quatre textes, ou plutôt creusements, quatre variations sur une idée fixe.  
    Écrit dans l'air, récit d'une rencontre avec huit acteurs venus d'Haïti. L'acte de la parole, descente dans notre langue jusqu'au latin et parfois bien plus bas. Niement, suite de notes prises au cours de quatre promenades dans la montagne. Entrée perpétuelle, version théâtrale, orchestrée (et pythagoricienne ?) du Vivier des noms.

  • Je suis la fille du baobab brûlé. Ceci n'est pas un poème. C'est l'arbre qui cherche son visage. Je suis à la fois l'arbre, la fille et la route. J'accompagne celle qui offre à la nuit sa fable et sa voix. Je voudrais aller jusqu'au bout sans connaître le chemin. Je trébuche, dérive et délire. Qu'importe. Un oiseau bat le tambour dans ma tête, une sorcière parle par ma bouche, ou un amour chagrin me tourmente. Tempête je m'appelle tourbillon. J'ai rendez-vous avec les ombres. J'ai rendez-vous avec la première étoile qui tombe. Poussent dans mon ventre des histoires qui recommencent à l'infini. Il y a toujours une vie à faire ou à refaire. On ne sait rien de ce qui ronge ou exalte. Je scelle mon alliance avec l'exil et la folie. Je suis la fille du baobab brûlé. Pour recouvrer mon visage, je dois confier mes secrets aux vents, abandonner à l'arbre mes promesses. Je ne connais ni l'appétit ni la prison de ce qu'on appelle vivre. Je ne songe qu'à marcher dans mes songes. Si je pleure c'est pour me rappeler que j'existe et que j'aime. Je ris trop fort, parle jusqu'à épuisement afin d'aller plus loin, avec la patience de la bergère et l'angoisse des marins. Je suis belle, flamboyante et insolente. J'ai dans une main le soleil et dans l'autre la terre. C'est ma manière de guetter l'éternité. J'ai des seins qui hument poésie et mort. Je suis la fille du baobab brûlé. Je quête terre d'accueil à parole d'aube. Je hurle. Je divague. Je swingue. N'écoutez pas ma voix. C'est mon âme qui craque. Le poème, ou ce qui reste de mon identité, demeure une vérité empêchée. Consumée. Je suis la fille du baobab brûlée.

  • Le sang et la mer

    Gary Victor

    Après la mort de leurs parents, Estevèl et Hérodiane quittent le village Saint-Jean en bord de mer pour la capitale. Ils s'installent dans une petite chambre, en haut de l'escalier serpent qui mène à Paradi, un bidonville sur les hauteurs de Port-au-Prince. Dans cet enfer de béton et de crasse, l'amour peut-il être plus fort que tout ? L'amour impossible entre un frère et une soeur, entre un peintre sensible et son modèle, entre une jeune fille à la beauté fracassante, passionnée de lecture mais pauvre et le riche héritier d'une des grandes fortunes du pays ?


    Où naissent les rêves des jeunes filles ? Hérodiane rêve du prince charmant à la peau claire et aux yeux bleus. Est-ce parce qu'une religieuse lui a lancé sur un ton haineux·: «Noire comme tu es, comment veux-tu que Jésus t'aime ?» ou parce que, Estevèl, son frère adoré, salué à sa naissance par l'écume d'une vague de mer, s'adonne à d'autres plaisirs ? Le rêve s'incarne en Yvan, riche mulâtre d'une des grandes fortunes du pays, et se révélera un cauchemar quand Hérodiane commencera à découvrir l'envers des mythes et des discours. Si les âmes corrompues des vivants peuvent faire basculer les coeurs fragiles dans l'enfer sur terre, les rêves brisés des jeunes filles créent l'espoir d'un autre avenir.
    Gary Victor construit son oeuvre, roman après roman, en éclatant les frontières des genres. Il puise ses sources d'inspiration dans l'imaginaire haïtien d'une richesse extraordinaire, où le réel et le merveilleux s'entrecroisent et s'interpénètrent. Dans ce roman, il aborde des thèmes universels, tels que la justice sociale, les rapports entre riches et pauvres, entre frère et soeur, l'influence des religions (vodou et catholicisme), l'amour entre hommes, le sexe comme passeport pour la réussite sociale...


    Prix Casa de las Américas 2012

  • Depuis trente ans Gary Victor explore tous les possibles, prenant les arrière-monde de l'absurde comme décor. Ici sont rassemblées quelques-unes de ses premières nouvelles qui, explorant tous les mondes parallèles, en s'essayant à la science-fiction, à l'espionnage, au polar, à la critique sociale et à la poésie, constituent une mise en bouche, un avant-goût des romans à venir.Hen et Mat fascinés devant la Voie et le désintégrateur ; Elle, la femme-rêve sur la terrasse ; le sorcier au maléfice qui a mal fonctionné, la Food for World et la lutte anti-capitaliste ; Hamm qui trouve son chemin dans la constellation du Singe grâce au fantôme du vieux Jeseh ; le carnaval spécial et le groupe Grangou ; Alex, Lucien, Sandra, Dick et Peggy et les paysans imprudents...

  • Adam Gesbeau, écrivain schizophrène, guette l'ombre à travers la fenêtre de sa cellule et tente d'échapper au regard du père et à l'appel de Dieu. L'espace et le temps s'abolissent, les personnages se dédoublent pour dépeindre une fresque où seuls les fous sont sains d'esprit.


    Cette dérive haletante que les personnages de Gary Victor subissent sans un seul instant de répit nous touche au plus profond de nous-mêmes. Serions-nous tous devenus fous ?


    Prix RFO 2004

  • Frankétienne a écrit en 1975 Dezafi. Ce roman est une référence fondamentale dans la littérature créole et a fait l'objet de nombreuses études. Il a servi de matrice pourLes affres d'un défi, écrit en 1979 directement en français par Frankétienne. Il ne s'agit donc pas d'une traduction mais d'une nouvelle interprétation d'une oeuvre en perpétuel mouvement.


    Dans un village de la campagne haïtienne, Saintil et Zofer sont les exploiteurs sanguinaires d'une armée de zombis. Ils recrutent les beaux parleurs et les malheureux de toutes bordées pour nourrir leur terre de la violence des aubes tropicales. Ne sachant rien des odeurs du temps ni des couleurs de la vie, Sultana, fidèle aux vieilles traditions de la maison, prépare la nourriture quotidienne des zombis, selon le même rituel qui interdit absolument le sel. Entre la démence et la lucidité, un grain de sel suffit à faire basculer les âmes.



    Prix Prince Claus 2006 pour l'ensemble de son oeuvre.
    Prix de l'Union latine 2006 pour l'ensemble de son oeuvre.

  • Cyclones des Antilles

    Maryse Audoin

    • Scitep
    • 2 Février 2017

    Les îles des Antilles sont à la croisée de nombreux risques naturels majeurs, parmi lesquels les cyclones, ces formidables et dangereuses machines atmosphériques.
    Dans une société où le mythe du « risque zéro » est de plus en plus présent, il est vital de garder à l'esprit que quels que soient les progrès de la science et de la technologie, la nature gardera toujours sa supériorité sur la volonté de l'homme. Il ne reste par conséquent qu'à atténuer le risque, faute de pouvoir agir sur ses causes.
    Cela ne peut se faire que si chacun est correctement formé, informé et préparé, autrement dit conscient du danger et outillé pour l'affronter.
    C'est à cette action que nous avons voulu apporter notre contribution, en synthétisant dans un document unique les informations utiles à une bonne compréhension, non seulement du phénomène météorologique lui-même, mais aussi de sa gestion.

  • Il s'agit du cinquième volume des huit ouvrages des Métamorphoses de l'Oiseau schizophone, écrits dans un seul souffle gigantesque, monumental en moins de deux ans. Aussi bien poésie et prose, ...

  • Il s'agit du quatrième volume des huit ouvrages des Métamorphoses de l'Oiseau schizophone, écrits dans un seul souffle gigantesque, monumental en moins de deux ans.







    Aussi bien poésie et prose, ces mouvements illustrent l'esthétique fondamentale de la Spirale et le concept de l'écriture quantique où les mots sont traités à l'intérieur du texte comme des particules d'énergie sensuelle.
    Les Métamorphoses de l'oiseau schizophone :
    - Premier mouvement, D'un pur silence inextinguible.
    - Deuxième mouvement, D'une bouche ovale.
    - Troisième mouvement, La Méduse orpheline.
    - Quatrième mouvement, La Nocturne Connivence des corps inversés.
    - Cinquième mouvement, Une étrange cathédrale dans la graisse des ténèbres.
    - Sixième mouvement, Clavier de sel et d'ombre.
    - Septième mouvement, Les Échos de l'abîme.
    - Huitième mouvement, Et la voyance explose.
    Prix Prince Claus 2006 pour l'ensemble de son oeuvre.
    Prix de l'Union latine 2006 pour l'ensemble de son oeuvre.

    « L'esthétique spiraliste m'a conduit progressivement à l'élaboration de l'écriture quantique.
    Que de mondes avortés pour un seul grain de vie, aux turbulences des noeuds de l'oeil raturé de violences, au sida de la langue saturée amèrement de ne pouvoir se taire !
    Au vertige de ma terre soûlée de catastrophes, au naufrage de mon île suspendue sans réchappe au balancier de la mort, je chevauche ma chute, mes abîmes insondables. Inachevablement, j'allume des paradoxes aux brûlures de mes mots, propulsant tous mes rêves aux nageoires de ma voix. Chrysanthème de cris en fleurs à travers les morpholunes de l'art et les gravures de l'âme.
    Elle croît ma crise en t'aime aux glauques récits du vice. Elle croise mon île en rut ma chienne récidiviste. Rienne rive hors de saison, de pure raison, la mort active la dérision que rien ne meurt quand tout arrive en paradoxe. Et d'y naître par mes lèvres, à l'étreinte de mes reins, au si crime de mes rimes, au réflexe de mon sexe en déroute, la queue au feu du risque.
    Aux coups d'éclats du coeur, le texte à mienne violence qui me dévore tout nu.
    Et flamme soudaine dans ma douleur n'eût été quoi par ma blessure vers le sang vif des échos longs à rayures bleues de pierres fortuites.
    J'écoute encore les ratures de ma voix qui vire et chavire jusqu'au pourpre de l'ivresse aveugle.
    Je crise en thèmes ! »
    Frankétienne.

  • Ma vie à Saint-Domingue raconte une histoire, des histoires. D'abord celle de Toussaint Louverture, génial stratège et héros de la révolte des esclaves dans l'ancienne colonie française de Saint-Domingue, aujourd'hui République d'Haïti, et que Napoléon fit déporter et emprisonner au fort de Joux où il mourut de froid et de maladie le 7 avril 1802. Celle aussi de ses enfants, Isaac et Placide, qui furent un temps les hôtes de la France (qui les accueillit comme élèves dans son Institution Nationale des Colonies) avant d'y revenir, six ans plus tard, contraints et forcés, assignés à résidence, au moment de l'arrestation de leur père. Celle de Déguénou, le père de Toussaint, capturé en Afrique et vendu comme esclave. Celle d'Aimé-Benjamin Fleuriau parti de La Rochelle et devenu planteur à la Croix-des-Bouquets, près de Port-au-Prince. À tous ces destins et d'autres encore se mêlent les propres souvenirs de l'auteur dans un système de réminiscences qui entrent en résonance avec l'histoire qu'il s'efforce de mettre au jour afin, nous dit-il, de se la réapproprier, comme si on l'en avait préalablement privé. Car si - dans les circonstances dramatiques qui continuent de frapper Haïti - le projecteur a été soudain braqué sur ce pays, son histoire et les liens particuliers qui l'unirent jadis à la France sont encore trop méconnus. De ce manque ressenti est donc né un petit livre qui n'est en rien celui d'un historien mais plutôt celui d'un voyageur curieux qui aurait provisoirement choisi d'explorer le temps plutôt que l'espace.

  • Clair de manbo

    Gary Victor

    L'anjélus, pêcheur de Grand-Goâve, présente à Mme Sorel, prêtresse vaudoue, le candidat à la présidence Hannibal Sérafin. Ce dernier devient l'enjeu d'une lutte féroce que se livrent sur l'île, depuis l'aube des temps, les forces des ténèbres et celles de la lumière.

    Ce roman trace sans complaisance un portrait plus qu'acide de l'homme politique. Il lance une autre réflexion sur les mythes fondateurs d'Haïti et aborde le sujet tabou des relations entre le pouvoir et les sociétés secrètes.
    Clair de manbo campe le décor d'une grande partie de l'oeuvre de Gary Victor. Toutes ses créations ultérieures puisent d'une manière ou d'une autre dans la magie de ce roman fondateur.
    Conte fantastique. Récit picaresque. Texte subversif qui annonce La Piste des sortilèges, À l'angle des rues parallèles et Je sais quand Dieu vient se promener dans mon jardin. Mélange détonnant d'un humour au vitriol et de réalisme merveilleux,Clair de manbo est non seulement un roman qui marque une époque en Haïti et dans la Caraïbe, mais aussi l'oeuvre fondatrice la plus folle, la plus merveilleuse, la plus étonnante conçue par un auteur haïtien de la nouvelle génération.

  • Persée Persifal, le Juste, qui a tant combattu les dictatures, a été empoisonné. Il est destiné à devenir un zombi, un esclave sur une habitation au fin fond de l'île d'Hispaniola, aux frontières du visible et de l'invisible. Sonson Pipirit, son ami, se lance alors sur sa piste dans une hallucinante course-poursuite, où le temps et l'espace jouent à notre héros les tours les plus insolites. Il doit ramener le Juste du pays sans chapeau, le royaume des morts. Il n'a qu'une seule nuit pour convaincre les dieux de lui montrer le chemin tout en leur disant leurs quatre vérités. Il n'a pour seules armes que son éloquence et son énorme sexe que se disputent les filles des hommes et des dieux.


    Dans cette épopée fantastique, Gary Victor nous convie à une quête initiatique, mêlant la vie et la mort, le tragique et le burlesque, Dieu et le diable. Le tout servi par une langue drue, baroque et inouïe.

  • Banal oubli

    Gary Victor

    Pierre Jean, écrivain, cherche l'inspiration pour son nouveau roman. Ébranlé par la rupture avec sa maîtresse Alicia, il se console en buvant quelques gins tonics « Chez James ». Quittant le bar au petit matin, il a la désagréable impression d'oublier ­quelque chose. « La vérité explose dans ma tête. Je chute dans un gouffre. Mon coeur fait un sprint soudain. Ses battements rapides sont des coups de poing douloureux dans ma poitrine. Je démarre, faisant en catastrophe marche arrière, évitant de justesse une voiture circulant tous feux éteints. Je fonce à une vitesse folle dans les rues obscures. J'ai le corps trempé d'une sueur froide. Un oubli pareil, c'est la première fois que cela m'arrive. Je gare la voiture en double ligne sans me préoccuper d'une possible contravention. Je descends, je cours vers le bar, pousse la porte. Je scrute chaque recoin de la salle... Je ne sens plus le sol sous mes pieds. Je dois prendre appui d'une main sur la table la plus proche. Je respire profondément avant de m'avancer vers James qui range ses verres. - Je me suis oublié ici, lui dis-je. » Ainsi débute une histoire extraordinaire, époustouflante, où l'écrivain se voit progressivement dépossédé de son histoire par le personnage principal. Celui-ci revendique son libre-arbitre et conteste la dictature des créateurs pour défendre la devise : « Vainqueur ou vaincu, surtout vaincu, ne laisse à quiconque, pas même à Dieu, le soin d'écrire ton histoire. »

  • « Quand le malheur ouvre sa gueule de caïman, ses dents sont sans pitié ! Pardon pour Marie-Soleil ! Miséricorde Seigneur ! Qui veut comprendre doit tenter de reconstruire une histoire qu'elle porte en elle comme un boulet de silence. Il faudra piéter des mangroves de choses non dites, récolter des bribes. Sonder l'impénétrable d'Haïti et plonger dans l'obscur. Je ne suis là que pour emboîter des paroles rapportées. C'est mon travail. J'effile ma langue sur des mensonges et je bobine le tout pour obtenir un racontage plausible. Nous savons tous que la vérité est une mendiante. Belle parole n'a pas de maître mais la mauvaise a toujours un visage. Loués soient les raconteurs ! »


    La jeune Régina, une belle mulâtresse, est kidnappée un beau matin à cause de son teint clair, voilà tout le malheur de Marie-Soleil. Sur cette terre sans mercis où les mythes tiennent lieu d'explications, la lutte pour la survie exige des talents hors du commun ! Le raconteur consigne ici le malheur humain pour pénétrer davantage le mystère de la survie !

  • Haïti, janvier 2011. Fito Belmar est architecte-urbaniste et écrivain. Après le succès de son premier livre, il vit aujourd'hui de ses rentes et mène une existence rythmée par les soirées bien arrosées avec ses amis... Mais il cache aussi un lourd secret : certaines nuits, il se faufile dans le camp de Canaan et approche de toutes jeunes filles que la misère vend au plus offrant. Gigantesque camp de réfugiés créé juste après le séisme de janvier 2010, Canaan est devenu depuis un immense bidonville regroupant quelque 80 000 personnes vivant dans la précarité, la violence et le dénuement.
    Lorsqu'il accueille Tatsumi, une journaliste japonaise avec laquelle il n'a communiqué que par messagerie électronique, Fito doit jouer l'hôte parfait. Il n'est pas insensible au charme gracile de la Japonaise et un rapprochement amoureux semble possible. Tatsumi saura-t-elle ramener Fito vers une existence plus lumineuse ?

  • Longtemps après, lorsque les douleurs se seraient refermées, que les survivants raconteraient lévénement sans que lémotion vînt leur nouer la gorge, certains jureraient avoir senti la veille une forte odeur de soufre dans latmosphère. Dautres diraient lavoir humée depuis trois jours, sans toutefois y avoir prêté attention. Peut-être, allez savoir, lodeur navait-elle existé que dans leur imagination, ou navait-elle pas été assez persistante pour quon sen alarmât.

    Avril 2009 : la terre tremble en Italie. Dans un village des Abruzzes, un couple mixte, Azaka et Mariagrazia, attend dans la joie larrivée de son premier bébé. Sous le regard réprobateur des uns, opposés à la présence des étrangers dans la région, et la curiosité bienveillante des autres.
    Si les secousses tendent à exacerber les tensions, elles viennent rappeler à Azaka un épisode traumatisant de son enfance : un autre séisme, à lautre bout du monde, pendant lequel il fut enseveli sous les décombres. Lhistoire se répéterait-elle? Où quil soit, doit-il redouter la colère de la Terre? Des questions que pour lheure il refuse de se poser : bientôt il sera père, le bonheur ne lui échappera pas Entre chronique au quotidien et commedia dell'arte, Ballade dun amour inachevé revisite les séismes de L'Aquila et d'Haïti, auxquels lauteur sest retrouvé mêlé. Comme souvent chez Louis-Philippe Dalembert, l'humour et la force de vie dominent tout au long du roman.

  • Il s'agit du deuxième volume des huit ouvrages des Métamorphoses de l'Oiseau schizophone, écrits dans un seul souffle gigantesque, monumental en moins de deux ans. Aussi bien poésie et prose, ...

  • D'éclairs de pensée. Point. Ni même plus d'étonnement. Si point de rêves. Point de pensées. Plus d'Utopia. C'est l'avènement de l'esprit fatigué. Dans un décor de fin du monde, entre le feu et le vent,· le cri et le silence, des jeunes gens, enfants de la réparation, enfants de la préparation, immobiles au-dessus du morne, refusent de jeter ne serait-ce qu'un seul regard à la ville en proie aux flammes, ils sont là, ils sont plongés dans leurs livres, plongés dans la mémoire des aïeux qui ont fait cette ville, qui ont vécu ce que vit le coeur de cette ville, une perpétuelle violence, cyclique, transmise de génération en génération, le feu est habituel, les cris font partie de la vie, ils étudient. Mais bientôt le chaos va les rejoindre, une foule, hagarde, hallucinée, ils lèveront les yeux et verront... Dans un chant ininterrompu, Guy Régis, avec ce roman sensible, tout de voix et d'échos, fait une peinture hallucinée de son tiers d'île, où l'homme, entraîné dans une spirale d'autodestruction, s'avère être le fossoyeur de ses propres utopies.

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