• Renato, dit le Kanak, est un simple gardien de la paix. Un costaud au grand coeur qui a quitté la Nouvelle-Calédonie pour le SRPJ de Toulouse. Foncièrement honnête, toujours prêt à rendre service, il donne du « gros chameau » aux gens qu'il aime et des « gifles amicales » à ceux qui lui barrent le chemin. À la brigade des Stups, il refuse de participer aux magouilles de ses collègues et préfère rêver au jour où il retrouvera son île et la culture de ses ancêtres. Mais lorsque au cours d'une perquisition, il tombe sur un couple d'Africains massacrés à la machette, il se fait un devoir d'élucider ces meurtres. Remontant la piste d'une terrible vengeance et du génocide rwandais, le Kanak découvre une histoire où les
    bourreaux d'hier sont les victimes d'aujourd'hui. Où l'homme fabrique ses propres démons.

  • Le génocide perpétré au Rwanda d'avril à juillet 1994 a été exceptionnel par son envergure, sa rapidité et son mode opératoire : plus d'un demi-million de Tutsi ont été exterminés en cent jours. Les victimes sont généralement tombées sous les coups d'un très grand nombre d'assassins ayant eu recours à des armes rudimentaires. Quels ont été les ressorts d'une telle tragédie ? Quelles en ont été les causes, lointaines ou plus immédiates ? Comment s'est-elle déroulée ? Quelles séquelles a-t-elle laissées ? Ce génocide n'appartient pas qu'à l'histoire : il reste un enjeu politique contemporain, tant au Rwanda qu'ailleurs dans la région et de par le monde, notamment en France. Les débats restent intenses ; les oppositions, souvent violentes. Filip Reyntjens, en s'appuyant sur des faits communément admis, offre des clés de lecture pour une interprétation plus sobre de ce qu'on a appelé le « dernier génocide du XXe siècle ».

  • " On ne nait pas auteur de crime contre l'humanité, on le devient. " Mais comment " entrer dans la tête des bourreaux " ? C'est l'objet de ce livre dans lequel Françoise Sironi met en oeuvre une nomenclature précise et éprouvée pour rendre compte du système psychique, politique et social qui accouche de bourreaux.
    On est d'abord submergé d'épouvante. Duch, chef du camp S-21 au Cambodge à l'époque des Khmers rouges, est responsable de la torture et de la mort dans des conditions atroces de plus de 13 000 personnes. Et pourtant, il faut aller au-delà de la sidération pour comprendre ce qui s'est joué entre un individu ne souffrant d'aucune pathologie mentale et un régime responsable de la mort de deux millions de personnes sur une population totale de sept.
    C'est le travail auquel s'est livré Françoise Sironi, chargée de l'expertise psychologique de Duch au cours de son procès à Phnom Penh. Depuis vingt-cinq ans, elle soigne des patients victimes de tortures, de massacres, de déportations forcées, de crimes de masse. Mais il ne suffit pas de prendre en charge les victimes, il faut aussi comprendre la fabrication des bourreaux, " entrer dans leur tête ". Comment sont-ils devenus des êtres " désempathiques ", déshumanisés, capables du pire ?
    Pour cela, la psychologie doit se réinventer, se situer à l'intersection de la vie psychique et de la géopolitique. Les Khmers rouges avaient créé l'Angkar, une organisation mystérieuse que chacun devait servir et que l'on nourrissait de sacrifices humains. C'était un " système perpétuel ", une théopathie sacrificielle s'épurant en permanence.
    Pour déconstruire la mécanique d'un système à la fois psychique, politique et social, Françoise Sironi, grâce aux ressources de la psychologie géopolitique clinique, de l'ethnopsychiatrie et de la schizo-analyse, aux travaux d'Hannah Arendt, de Georges Devereux, Tobie Nathan ou Gilles Deleuze et Félix Guattari, nous donne de nouveaux outils non seulement pour comprendre comment l'impensable est arrivé, mais aussi comment déjouer les projets des futurs systèmes criminels susceptibles de nous menacer.

  • Là où le soleil disparaît

    Corneille

    • Xo
    • 6 Octobre 2016

    " En démarrant ce récit, je savais que les pages du génocide et du massacre de ma famille au Rwanda, en 1994, m'attendaient. Je savais qu'écrire cette douleur passée, c'était mettre des petites cuillerées de pili-pili sur la chair encore fraîche d'une plaie que je voulais à tout prix croire fermée. Et, sur le chemin de la rétrospective, j'ai trouvé d'autres plaies. Vives. Brûlantes. Ce livre, il m'aura fallu presque cinq ans pour le finir. " Pour la première fois, le chanteur Corneille revient sur le génocide rwandais, le miracle de sa survie, son espoir infaillible, ses rêves, l'immense succès qui a été le sien, mais aussi ce long recul, ces dernières années, qui lui a été indispensable pour renouer avec son histoire et ses racines. Le récit poignant, porté par une écriture d'une rare poésie, d'un artiste, mais surtout d'un homme, à la recherche de sa vérité. Auteur-compositeur-interprète, Cornélius Nyungura, dit Corneille, est né le 24 mars 1977. Parmi toutes les chansons qui évoquent son histoire, Parce qu'on vient de loin et Seul au monde ont bouleversé le public.

  • Grâce à " l'opération Turquoise ", la France est apparue comme l'un des pays ayant agi le plus efficacement contre les conséquences du génocide rwandais. Ce faisant, elle est parvenue fort opportunément à faire passer au second plan ses responsabilités dans le mécanisme monstrueux qui a conduit à ce génocide. Or - c'est ce que démontre ce petit livre explosif - , ces responsabilités sont accablantes. La France a financé, formé et armé ceux qui préparaient ces massacres, elle a soutenu un régime en pleine dérive de type nazi : sourdes aux avertissements, les autorités françaises se sont trouvées profondément impliquées dans l'engrenage du génocide, ne commençant à infléchir leur politique que lorsqu'il était trop tard. " Politique " est d'ailleurs un bien grand mot : l'intérêt majeur de ce livre est en effet de montrer l'incohérence de la France dans son pré-carré africain, où se chamaillent une bonne douzaine de clans et réseaux, politico-affairistes ou corporatistes. Le pouvoir exécutif apparaît dépassé par les groupes qu'il a utilisés ou laissés prospérer. Cette " politique " ressemble aujourd'hui à un canard sans tête, dont les membres incontrôlables sont capables de tous les dégâts. Ce livre voudrait contribuer à susciter un sursaut démocratique : nous devons aux victimes de ne pas enterrer les complaisances françaises au génocide rwandais aussi longtemps que l'ont été celles du régime de Vichy à la Shoah.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1994.)

  • " Depuis que, le 20 avril 1994, vers 16 heures, je fus découpé à la machette avec quarante-trois personnes de ma famille sur la colline de Mugina, au coeur du Rwanda, je n'ai plus connu la paix. J'avais 15 ans, j'étais heureux. Le ciel était gris mais mon coeur était bleu. Mon existence a soudainement basculé dans une horreur inexprimable dont je ne comprendrai probablement jamais les raisons. Mon corps, mon visage et le plus vif de ma mémoire en portent les stigmates. Pour toujours. Mais je ne suis pas le seul rescapé de ce massacre. Mon assassin aussi a survécu. Alors qu'il vit en liberté après avoir purgé quelques symboliques mois de prison, j'essaie, pour ma part, heure après heure, de chasser le désir de vengeance, cette bête noire qui mord le coeur et dont le venin envahit tout l'être jusqu'à le paralyser. C'est oeuvre de longue haleine que d'extirper la colère. Or moi, je ne suis pas plus fort que la haine... " Comme celle de tous les survivants, l'histoire de Révérien Rurangwa rejoint l'Histoire. Son saisissant récit évoque, avec réalisme mais sans indécence, l'atrocité inouïe du dernier génocide du XXe siècle ; la force de l'instinct de survie et des processus de résilience ; l'impuissance à envisager le pardon quand la justice est bafouée ; l'énigmatique puissance du mal et le mystérieux silence de Dieu. Ce témoignage - celui d'un homme et, au-delà, de tout un peuple - s'achève par une lettre ouverte au Christ en Croix, bouleversante profession de foi qui s'ignore, criée au plus profond de la nuit.

  • Un accusé de génocide a-t-il droit à une défense ? Pour François Roux, qui fut l'avocat de Douch, le tortionnaire khmer rouge, la réponse est « oui ». Dans ce récit humble et passionné, il raconte le combat d'une vie pour rendre sa pleine fonction à une justice issue du tribunal de Nuremberg de 1945 et conçue, d'abord, pour combattre l'impunité des criminels nazis. Tout accusé, même d'un crime contre l'humanité, doit avoir droit à une vraie défense et à un procès équitable, ce qui inclut tout autant le droit à la présomption d'innocence que celui de plaider coupable. C'est la condition, à ses yeux, pour construire sur des principes intangibles une véritable justice pénale internationale, enrichie de la diversité culturelle dont sont porteurs tous ses acteurs, quelle que soit la région du monde dont ils proviennent.François Roux a exercé pendant trente-huit ans la profession d'avocat. Longtemps engagé aux côtés des désobéissants civils non-violents dans les pas de Gandhi, il s'implique ensuite dans la justice pénale internationale et dirige aujourd'hui le bureau de la défense, au sein du Tribunal spécial pour le Liban, à La Haye, aux Pays-Bas. Il est l'auteur, chez Indigène, du livre En état de légitime révolte.

  • Mademoiselle Mengele... Pourquoi ce nom ? Les jeunes femmes choisies par le monstre d'Auschwitz lors de leur arrivée au camp étaient appelées « les filles de Mengele ». Elle a 20 ans quand la Seconde Guerre mondiale et le nazisme broient sa famille et son existence. Elle saura pourtant surmonter l'indicible. Au soir de sa vie, elle s'est confiée et a raconté son histoire, telle qu'elle demeurait dans ses souvenirs.

  • Dans ce livre, Anita Rind retrace le destin tragique des nombreux membres de sa famille disparus dans les camps d'extermination nazis. Pendant trente ans, elle a mené avec obstination une quête douloureuse dans différents fonds d'archives principalement en République tchèque où vivait avant la guerre l'ensemble de sa famille à l'exception de ses propres parents. L'ampleur du désastre constatée au fil de voyages à Prague, dans le camp de Terezin et sur les lieux de naissance en Bohême de son père et de sa mère l'a bouleversée. Née elle-même en France, en 1929, l'auteure a échappé ainsi que ses parents, sa jumelle et son frère aux persécutions antisémites du régime de Vichy. Dans un contrepoint saisissant avec l'anéantissement de sa famille tchèque, elle fait le récit de ces années noires où ils ont vécu, séparés et cachés dans des institutions religieuses ou chez des paysans dans le sud de la France. Ainsi étions-nous mêle avec sensibilité, mais sans pathos ni ton vindicatif, la recherche historique et la reconstitution de la vie quotidienne dans la France occupée, à Marseille, à Tarbes, en Avignon, à Carmaux. Ce livre se veut aussi un hommage à des êtres disparus à qui l'auteure a tenu à rendre leur dignité.

  • Le cadavre d'une jeune femme noire est retrouvé sur un yacht de luxe dans le port de plaisance d'Arcachon. Sébastien Vermuch mène l'enquête dans la communauté sénégalaise des pêcheurs au coeur du quartier animé de la station balnéaire. Il peut compter sur l'aide de Loulou, le restaurateur incontournable, et du truculent ostréiculteur Joël.

  • Shoah de Claude Lanzmann est aujourd'hui considéré comme une référence. Le film a en grande partie défini la manière dont est traité et représenté le génocide des juifs, au point d'imposer l'usage du terme «shoah» dans la langue courante.
    Pendant des années, il a été quelque peu difficile de contenir l'émotion que procure le film, et de tenter une approche distanciée, voire parfois critique. Dans les années 2000, un événement va notablement modifier la situation : la mise à disposition des rushs de Shoah au Musée Mémorial de l'Holocauste (Washington), c'est-à-dire de toutes les images non retenues dans la version finale du film, ainsi que les transcriptions et résumés annotés des entretiens. Il devenait ainsi possible de se confronter au film de l'intérieur.
    Fabrication du film et choix au montage, modes de diffusion, appropriations successives dans les médias et par les intellectuels, ou encore influence du projet sur le travail d'autres réalisateurs, l'étude de Shoah permet de mieux comprendre comment le film est devenu un monument.
    Sans prendre le film comme un mythe qu'il faudrait déconstruire, mais en révélant la dynamique des places qu'occupent le réalisateur et ses équipes, ainsi que les protagonistes et les spectateurs, Rémy Besson, historien et spécialiste des cultures visuelles, retrace ici la genèse de Shoah.

  • Après plusieurs années d'enquête, ce livre implacable établit la généalogie de ce qui fut, pendant des décennies, un véritable savoir-faire de l'armée française : la " guerre révolutionnaire ", aux épouvantables conséquences.
    Au printemps 1994, au Rwanda, près d'un million de personnes ont été exterminées en quelques semaines. À un rythme trois fois plus élevé que le génocide des juifs d'Europe. Comment un tel crime de masse a-t-il été rendu possible ? Quelle est la responsabilité des grandes puissances occidentales et de la France, surtout, si proche des génocidaires ? Après quatre ans d'enquête, dans les archives du monde entier, sur le terrain, auprès des militaires français, rwandais et belges, à interroger diplomates et politiques, Gabriel Périès et David Servenay tentent de répondre à ces questions. À l'aide de témoignages inédits et de documents confidentiels, ils lèvent le voile sur l'une des origines secrètes du génocide rwandais : la doctrine française de la " guerre révolutionnaire ". Des opérations clandestines menées dans le " pré carré " au moment de la décolonisation, en passant par le trouble jeu du général De Gaulle, ils établissent la généalogie de ce qui fut pendant des décennies un véritable savoir-faire de l'armée française. Formalisé pendant la guerre d'Indochine et appliqué en Algérie, il a largement inspiré les dispositifs répressifs mis en place dans un grand nombre d'États africains... dont le Rwanda des années 1960. Et ce n'est pas le fruit du hasard si l'un des meilleurs élèves africains de la " guerre révolutionnaire " perpétra, plus de trois décennies plus tard, le dernier génocide du XXe siècle : hiérarchies politico-militaires parallèles, gardes présidentielles transformées en escadrons de la mort, action psychologique, quadrillage administratif et militaire des populations formèrent un système efficace susceptible de mobiliser toute une société au service du projet exterminateur de ses dirigeants. Cette histoire inconnue éclaire d'un jour nouveau la responsabilité de l'État français dans le génocide rwandais.

  • Cet ouvrage majeur, résultats de quinze années d'enquête, s'appuie sur une somme d'informations et de documents, souvent inédits, qui ont étayé les dépositions de l'auteur en tant qu'expert témoin devant divers tribunaux (dont le TPIR). Une contribution essentielle à l'histoire du conflit et du génocide rwandais.
    Malgré la profusion d'ouvrages consacrés au génocide des Rwandais tutsi en 1994, de très nombreuses inconnues subsistent sur ses antécédents - notamment le conflit politico-militaire qui déchira le pays à partir de 1990 - et sur son déroulement. Ainsi des controverses souvent virulentes - reproduisant les clivages partisans entre les anciens belligérants et mettant en cause des acteurs étatiques, des institutions internationales, des médias ou des universitaires - agitent-elles régulièrement l'actualité judiciaire, politique et diplomatique. André Guichaoua, l'un des meilleurs spécialistes de la région, présent au Rwanda aux premiers jours du génocide, livre dans cet ouvrage les résultats de ses quinze années d'enquête sur ces événements. S'appuyant sur la somme d'informations et de documents qui ont étayé les dépositions de l'auteur en tant qu'expert témoin devant divers tribunaux (dont le TPIR), ce livre fournit une contribution essentielle à l'histoire de la guerre et du génocide. Malgré l'ambivalence des rapports entretenus par le Tribunal pénal international pour le Rwanda avec les actuelles autorités de Kigali (issues de l'ex-rébellion), et alors que se profile la fermeture de cette juridiction, l'auteur insiste sur la nécessité de poursuivre un travail de justice et de vérité indépendant, protégé de toute pression politique. Le livre est accompagné d'un site Internet proposant de nombreux compléments, souvent inédits : agendas de membres du gouvernement génocidaire, documents confidentiels, témoignages, etc.

  • 0500 La réponse à cette question est moins évidente qu´il n´y paraît. D´où l´importance de cet essai, où Michel Terestchenko l´affronte dans toutes ses dimensions. Historique d´abord, car les techniques d´« interrogatoire coercitif » sont le fruit de recherches scientifiques entreprises par l´US Army dès les années 1950. Juridique ensuite, avec les justifications légalisées par le Congrès américain, qui a permis la création d´un véritable archipel mondial de la torture. Philosophique et morale, enfin et surtout, avec une réfutation serrée de l´« idéologie libérale de la torture ». L´auteur explique notamment pourquoi son argument central, l´hypothèse de la « bombe à retardement » justifiant la torture de l´individu qui l´a posée, n´est en réalité qu´une fable perverse, popularisée notamment par la série télévisée « 24 heures ».
    Ainsi légitimée, démontre l´auteur, la torture devient le venin de la démocratie : en acceptant de briser les corps des hommes et des femmes « ennemis », elle mine inévitablement les principes mêmes de l´État de droit, corrompant la société tout entière.0300 La réponse à cette question est bien moins évidente qu´il n´y paraît. D´où l´importance de cet essai, où le philosophe Michel Terestchenko l´affronte dans toutes ses dimensions. Historique d´abord, car les techniques d´« interrogatoire coercitif » sont le fruit de recherches scientifiques entreprises par l´US Army dès les années 1950. Juridique ensuite, avec les justifications élaborées par certains juristes, légalisées par le Congrès américain, qui a permis la création d´un véritable archipel de la torture à l´échelle mondiale. Philosophique et morale, enfin et surtout, avec une réfutation serrée de l´« idéologie libérale de la torture ».
    L´auteur explique notamment pourquoi son argument central, l´hypothèse de la « bombe à retardement » justifiant la torture de l´individu qui l´a posée, n´est en réalité qu´une fable perverse, popularisée notamment par la série télévisée « 24 heures ». Ainsi légitimée, démontre l´auteur, la torture devient le venin de la démocratie : en acceptant de briser les corps des hommes et des femmes « ennemis », elle mine inévitablement les principes et la nature même de l´État de droit, corrompant la société tout entière.0300Le philosophe Michel Terestchenko aborde le thème de la torture toutes ses dimensions. Historique d´abord, car les techniques d´« interrogatoire coercitif » sont le fruit de recherches scientifiques entreprises par l´US Army dès les années 1950. Juridique ensuite, avec les justifications élaborées par certains juristes, légalisées par le Congrès américain, qui a permis la création d´un véritable archipel de la torture à l´échelle mondiale. Philosophique et morale, enfin et surtout, avec une réfutation serrée de l´« idéologie libérale de la torture ».0400Introduction.La question de la torture - Les termes de la question - Répondre à l´argument du « moindre mal » -1. La longue histoire de la « torture d´État » aux États-Unis - La tradition américaine de torture psychologique - La CIA et le « contrôle des esprits » - De l´opération Phoenix au « Projet X » -2. Des juristes au service de la torture - Une interprétation restrictive de la torture - Le juriste et le casuiste - La réinvention des « combattants illégaux » - Impunité pour les tortionnaires - Septembre 2006 : l´adoption de la « loi de la torture » - Les limites du droit et l´exemple de la Haute Cour de justice israélienne -3. L´archipel américain de la torture- Les transferts extrajudiciaires : l´affaire Mohammed Binyam - « Nous engageons des États terroristes » - La prison d´Abou Ghraib, « trou de l´enfer » - « Une violation épouvantable et totalement inacceptable des règles militaires » -4. La parabole de la bombe à retardement - L´idéologie libérale de la torture - La justification médiévale de la torture et le système de la preuve - Un paradigme de référence - Le héros sacrificiel de 24 heures chrono -5. Le tortionnaire noble - Que faire en situation d´exception ? - Le problème des « mains sales » selon Michael Walzer - La légalisation

  • « Simone Veil s'est exprimée à des tribunes, sur des sujets et devant des publics fort différents. Les discours rassemblés ici ne représentent donc qu'une infime partie de ses interventions publiques : ce sont ceux qu'elle a prononcés, au cours de ces six

  • Phnom Penh, mars 2009. Kaing Guek Eav, plus connu sous le nom de Douch, responsable de la torture et de la mort de plus de 12 000 victimes à la prison de Tuol Sleng (S-21), est seul derrière une vitre insonorisée : seul face à la justice internationale, seul face aux familles de ses victimes, seul peut-être plus que tout face à lui-même, à l'étendue d'un crime impossible à sonder, impossible à pardonner. Le maître des aveux est une saisissante évocation de son destin, mais aussi de l'étonnante « comédie humaine », tour à tour bouleversante et déroutante, qui s'est déroulée autour de son procès. Thierry Cruvellier est le seul journaliste français qui a assisté à la totalité de ce procès, du premier au dernier jour, qui a vu un événement remarquable et peu noté : pour la première fois devant un de ces tribunaux, un accusé qui reconnaissait sa responsabilité personnelle dans des crimes innommables, plaidait coupable et demandait pardon aux victimes, était à la barre pendant six mois à essayer d'expliquer et de s'expliquer. Ce procès allait-il se dérouler à contre-courant des attentes et apporter enfin, pour la première fois, apaisement aux victimes ? Allait-il dessiner la figure d'un bourreau « différent » ? Allait-il jouer ce rôle toujours attendu et jamais réalisé de « procès pour l'histoire » ? C'est la tragédie particulière, jusqu'à son coup de théâtre final, du procès du génocide khmer rouge qu'il n'en ait, en fait, rien été, et que le bouleversement des rituels attendus ait provoqué des moments d'une intensité exceptionnelle, des scènes d'une émotion considérable, des joutes médiocres et magnifiques - et au final une amertume profonde chez tous les acteurs de cette pièce. Il fallait pour écrire ce livre un ensemble de qualités presque impossible : une connaissance, une expérience, une discrétion, mais surtout, tout simplement un talent doublé d'une humanité profonde.

  • Jean Patrick Nkuba rêve de devenir le premier Rwandais à courir aux Jeux Olympiques. Mais Jean Patrick est un Tutsi, et les gens comme lui ne sont pas censés gagner. Lorsque l'assassinat du Président plonge le pays dans un chaos sanglant opposant les Hutus et les Tutsis, Jean Patrick se trouve sans protection... et sans choix. La seule solution : se faire passer pour hutu grâce à une fausse carte d'identité ethnique pour échapper aux génocidaires. Mais peut-on renier ses origines ? Alors que les tensions ne cessent de monter dans la violence et dans la haine, il s'accroche à son rêve de devenir le premier médaillé olympique pour délivrer son peuple et lui-même de la brutalité qui les entoure. Un voyage terrifiant commence pour lui, sa famille, et la femme qu'il aime. Les retrouver sera la course de sa vie.

  • Paru en 2005, le témoignage du colonel Jacques Hogard sur le Rwanda et l'opération Turquoise menée en 1994 dans ce pays d'Afrique des Grands Lacs pour y mettre un terme au terrible génocide qui l'a alors dévasté, va être prochainement réédité. Plus de 11 années après la parution initiale, cette édition, revue et augmentée, s'imposait car l'ouvrage toujours demandé était épuisé depuis plusieurs années mais surtout parce que de nombreux éléments nouveaux se sont en effet ajoutés au fil du temps pour une meilleure connaissance de la tragédie de 1994. De natures historique, juridique, diplomatique, politique, médiatique, ces développements éclairent d'un jour particulier le témoignage paru en 2005. L'ancien chef du Groupement de Légion étrangère de l'opération Turquoise régulièrement mis en cause avec ses chefs et ses pairs par le régime totalitaire qui règne d'une main de fer depuis 22 ans sur ce petit pays des Grands Lacs africains, livre ici un témoignage complété et très actuel. Alors que la tragédie rwandaise qui n'en finit pas, continue régulièrement d'alimenter l'actualité, il était important qu'une version mise à jour et augmentée de cet ouvrage soit mise à la disposition du public en quête de vérité.

  • De la Préhistoire et l'Antiquité à la Bosnie et au Rwanda, en passant par la guerre de Trente Ans, la guerre des Boers ou Little Big Horn et, bien entendu, les deux guerres mondiales, ce passionnant volume montre l'apport considérable de l'archéologie contemporaine. Son approche anthropologique, libérée des contraintes de l'histoire militaire et stratégique, rennouvelle en profondeur notre vision les violences du XX e siècle. L'archéologie, par la documentation considérable qu'elle apporte sur l'expérience de la guerre et la réalité de la violence, renouvelle notre compréhension des conflits, depuis la Préhistoire jusqu'à aujourd'hui. Son approche anthropologique a en effet libéré la recherche des contraintes de l'histoire militaire et stratégique, les violences du XXe siècle conduisant la discipline vers de nouveaux enjeux liés à l'expertise médico-légale, à la récupération de la mémoire historique et au droit. Guerres et combats ne sont plus uniquement relatés par les archives des vainqueurs, mais étudiés par l'archéologue en prenant en compte l'ensemble des documents mis au jour : champs de bataille, dépôts d'armes, restes humains, garnisons, camps de prisonniers ou d'internement... La propagande est déconstruite, images et objets sont contextualisés, le cadre économique et social du conflit est restitué, la réalité de la violence collective est analysée. Et les morts peuvent sortir de leur anonymat. Dans cet ouvrage, qui propose une grande variété d'éclairages sur les violences et les guerres, l'archéologie apparaît ainsi à la fois comme la science de la mémoire matérielle des hommes et comme un instrument au service de la longue histoire du savoir, des techniques et de la diversité culturelle qui fait la richesse de l'humanité.

  • Quatre-vingt lettres écrites à son épouse par le Dr Mass, interné au camp de transit de Drancy du 16 octobre 1941 au 31 juillet 1943, nous font entrer dans l´intimité d´un médecin de la cité ouvrière de Maisons-Alfort victime de la persécution antisémite. Pour sa femme Élisabeth et leur fille Gabrielle qu´il aime profondément, le Dr Mass nourrit l´espoir d´une libération, alors que planent parmi les internés juifs, la famine, la terreur d´être fusillé comme otage puis, à partir de mars 1942, la peur d´être déporté.

    Aucune des protections que pourraient lui valoir son passeport roumain, la Roumanie étant un allié du Reich, ni même son état de santé précaire ou sa volonté de tromper ses bourreaux ne lui épargnent la déportation. Envoyé dans les mines de charbon de Jaworzno, Zacharie Mass, à bout de force, est transféré à Auschwitz-Birkenau où il sera gazé et son cadavre brûlé.

    Cet ouvrage saisit de l´intérieur ce que fut la vie dans le camp de Drancy, où transitèrent la grande majorité des déportés juifs de France durant la Seconde Guerre mondiale.

  • Charles Palant a été arrêté à Lyon en août 1943, par la Gestapo, avec sa mère et sa soeur Lily âgée de 17 ans. Internés au Fort Montluc, ils sont déportés début octobre vers Auschwitz via Drancy , lui seul est revenu en 1945 après avoir connu la « marche

  • Les Juifs de Tunisie sont les seuls Juifs au monde à être tombés massivement sous le pouvoir de l´Allemagne hitlérienne et à avoir échappé à la Shoah. Pourtant l´anéantissement de cette Communauté était prévu, comme le prouve la présence à la tête des for

  • Alain-André Bernstein, né de parents juifs en mars 1940, est caché dans une famille catholique du Val de Loire dix jours seulement après sa naissance. Grâce à la correspondance conservée par sa mère et retrouvée à sa disparition, il reconstitue ici sa pet

  • À l'aide de témoignages soutenus par un appareil critique extrêmement précis, il est possible de faire oeuvre d'historien. La Tunisie est un pays que la Shoah européenne a effleuré de son souffle et où les persécutions subies par les Juifs du fait des Allemands ont été, hélas, bien réelles, même si les nazis n'ont pu infliger au judaïsme tunisien le traitement spécial réservé aux populations juives tombées sous leur domination. Sachant à quoi ils avaient échappé, les Juifs tunisiens ont eu le tact de ne pas insister sur les souffrances et les angoisses qu'ils ont endurées. Il nous a paru nécessaire de publier, en trois volumes de notre collection, des récits rédigés dès la libération de la Tunisie en mai 1943. Le premier témoignage est celui de Robert Borgel, avocat au barre

empty