• Depuis sa rencontre avec Mark, Jiselle croit vivre un conte de fées. Ce séduisant pilote, veuf et père de trois enfants, lui a demandé de l'épouser. Cette proposition est tellement inespérée que Jiselle accepte aussitôt, renonçant à sa carrière pour devenir femme au foyer. Mais son existence prend peu à peu un tour inquiétant : entre les absences prolongées de Mark, l'hostilité de ses enfants à son égard, et la mystérieuse épidémie qui ravage les États-Unis, Jiselle prend conscience que son mariage, sa nouvelle famille et tout leur monde parfait menacent de s'écrouler...

  • Dans une épigramme adressée à sa femme, Martial écrivait : « Je veux bien que tu sois une Lucrèce pendant le jour tout entier, mais cest une Laïs quil me faut la nuit. » Ce vers décrit tout le paradoxe de lérotisme féminin dans lAntiquité romaine.

    Comme une même femme ne pouvait pas être tout à la fois le parangon de la chasteté et une amante dépravée, Virginie Girod montre que les femmes furent classées en catégories et comment leur statut social encadrait leur vie sexuelle en fonction de règles morales établies par les mythes politiques romains et par la religion. La femme mariée, la matrone, se trouvait cantonnée dans un rôle reproducteur dénué de sensualité. Cétait aux prostituées (esclaves, affranchies ou plus rarement libres) quil incombait de distraire sexuellement les hommes.
    Alors, le corps féminin érotique et le corps féminin reproducteur étaient-ils deux choses résolument différentes ? Comment les femmes vivaient-elles la sexualité au quotidien ? Quelles pratiques étaient autorisées ou non et pour qui ? Les grandes figures féminines de lEmpire telles que Messaline ou Agrippine la Jeune étaient-elles représentatives de la vie quotidienne de toutes les Romaines ? Finalement, les Romains étaient-ils des débauchés prêts à toutes les transgressions pour leur plaisir ou ont-ils posé les jalons des normes qui ont régi, des siècles durant, la sexualité occidentale ?
    À laide dune documentation considérable, Virginie Girod répond à ces questions pour apporter une nouvelle réflexion sur la condition de la femme romaine.

  • Smokey Dalton, un très bel homme qui fait tourner la tête de ces dames (et pas que des Noires...), a fui Memphis pour protéger son fils adoptif, Jimmy, seul témoin à avoir réellement vu l'assassin de Martin Luther King, et donc énergiquement recherché depuis par le FBI. Sous une fausse identité, il vit maintenant à Chicago où il exerce divers petits métiers. Un soir, alors qu'il rentre chez lui accompagné de la jolie Laura Hathaway, seule Blanche à avoir assisté au gala donné par Ella Fitzgerald en faveur des enfants orphelins de la communauté noire, il entend des gémissements venant de l'appartement de sa voisine, Marvella...

    Kris Nelscott poursuit, avec les Faiseurs d'anges, le récit des formidables enquêtes de son héros, qui débutent en 1968 avec la tragique disparition du leader de la communauté noire américaine. Cette fois, elle évoque un autre drame : celui des avortements, formellement interdits, qui se terminent à l'hôpital.

    Une nouvelle fois, le lecteur suit avec passion, sur fond historique de l'Amérique de la fin des années 1960, confrontée à ses éternels démons que sont le racisme, l'apartheid et la pauvreté, les aventures de Smokey Dalton, éblouissant d'intelligence et... d'humanité.

    Kris Nelscott, Américaine, est un auteur prolifique récompensé par de nombreux prix prestigieux, et publié dans une quinzaine de langues. Elle a déjà publié, à l'Aube, La Route de tous les dangers, À couper au couteau et Blanc sur noir.

  • Nancy, la thérapeute désormais seule ; Larry, la rencontre d'un soir ; Daffy, la petite fille malheureuse depuis que son papa a quitté la maison et a refait sa vie en Israël ; Ruth, la femme devenue veuve qui s'interroge sur ces années passées avec un Israélien trop robuste ; Tom, le petit garçon pas comme les autres que sa maman cherche à protéger envers et contre son mari, envers et contre les institutions. Qu'ont tous ces personnages en commun ?Avec la délicatesse de sa langue, l'auteur va révéler les liens noués entre eux autour d'une forêt américaine, modifiés par l'Histoire ou par les histoires personnelles, par un besoin d'évasion ou par la nécessité de l'exil, par la question du retour au pays natal.Après Comme deux soeurs (2016), Rachel Shalita confirme ses talents de conteuse.

    Rachel Shalita est née en 1949, un an après la création de l'État d'Israël, dans un kibboutz. Elle vit à Tel-Aviv. Spécialiste d'éducation artistique et de communication visuelle, elle a longtemps enseigné à la prestigieuse école des Beaux-Arts Beith Berl.

    Sa première nouvelle, "Un coeur de pierre", a été primée en 2011 par le quotidien israélien Haaretz. Son premier roman, Comme deux soeurs (l'Antilope, 2016 - parue en poche chez Points en juin 2017), a reçu le prix de la Wizo 2016.

  • Elle a tué un homme, son mari. Elle sort de prison. Mais, après avoir purgé sa peine, a-elle vraiment retrouvé la liberté ?
    Une femme, qui se présente comme écrivaine, fait irruption dans sa vie. Jour après jour, par la force de la parole retrouvée, ces deux femmes que tout sépare vont à la rencontre l'une de l'autre. Saurons-nous qui est vraiment celle qui se définit elle-même comme criminelle ? Il est question des violences ordinaires, quotidiennes, faites aux femmes mais aussi des violences réelles subies dans la honte et le silence.

    Maïssa Bey vit à Sidi Bel Abbes, en Algérie.
    Elle est l'auteure de plusieurs romans, de nouvelles et de pièces de théâtre. L'essentiel de son oeuvre est publiée à l'Aube.

  • Les figures antiques peuplent notre imaginaire érotique et, il y a peu, l'« amour grec » désignait pudiquement l'homosexualité. L'enlèvement par Zeus du jeune Ganymède est légendaire, tout comme les vers de Sappho célébrant le désir et la beauté des femmes de Lesbos. Célèbres également sont les discussions philosophiques entre Socrate et les beaux éphèbes athéniens, à la sortie du gymnase, ou l'attachement d'Alexandre le Grand pour son amant Héphaïstion.
    Pourtant, au sens où nous l'entendons aujourd'hui, il n'y a pas d'homosexualité antique, pas plus qu'il n'y a d'hétérosexualité: il s'agit d'un monde où le sexe de la personne aimée ne définit pas une catégorie, un monde où les individus ne sont pas classés en fonction d'une orientation sexuelle.
    En circulant entre ces textes variés, drôles, émouvants, violents ou perturbants, des textes familiers mais aussi moins connus, en parcourant cette première anthologie française consacrée à l'homosexualité dans l'Antiquité, le lecteur comprend qu'en matière d'amour et d'érotisme, tout peut s'inventer.

  • Elles détenaient le pouvoir, elles ont fait la grandeur du monde antique. De Cléopâtre à Théodora, les portraits de 10 femmes exceptionnelles.
    On croit souvent que les femmes étaient exclues du pouvoir dans le monde antique. C'est un tort. Les textes nous racontent bien autre chose pour peu qu'on se penche sur les histoires foisonnantes qui ont traversé les siècles. Loin d'être cantonnées dans la sphère privée, les femmes ont en réalité souvent détenu les plus hauts pouvoirs politiques. Parfois indirectement, lorsqu'elles étaient conseillères, inspiratrices, épouses ou régentes. Parfois avec éclat : impératrices, reines et pharaonnes ont aussi régné en leur nom propre.
    Cléopâtre, Messaline, Théodora... l'historien Nicolas Mietton retrace l'aventure de l'Antiquité à travers 10 portraits de femmes exceptionnelles. De l'ancienne Égypte aux mondes perse et gréco-romain, chacune d'entre elles est une facette du pouvoir au féminin.

  • Atypique, violent, cinématographique, novateur, féministe... Autant d´adjectifs pouvant qualifierLes Lumineuses, LA révélation de la collection Sang d´encre cette année.1931, Chicago. Traqué par la police, Harper Curtis, un marginal violent, se réfugie dans une maison abandonnée. A l´intérieur, il a une vision. Des visages de femmes, auréolés de lumière, lui apparaissent. Il comprend qu´il doit les trouver... et les tuer. Dans sa transe, Harper découvre que grâce à cette demeure, il peut voyager dans le temps. Débute alors sa croisade meurtrière à travers le XXe siècle : années 1950, 1970, 1990... D´une décennie à l´autre, il sème la mort sur son passage, laissant en guise de signature des indices anachroniques sur le corps de ses victimes.

    Mais l´une d´elles survit aux terribles blessures qu´il lui a infligées. Et va tout faire pour le retrouver.

  • L'imaginaire collectif contemporain perçoit l'Antiquité comme sanguinaire. Sur scène, dans l'arène, sur le champ de bataille ou dans les sanctuaires, le sang coule. Porteur de vie et de mort, il est autant souillure qu'élixir, il a quelque chose de mystérieux ; il coagule ou non, il pervertit ou soigne. Le sang, c'est celui que l'on transmet à ses fils, celui des liens familiaux qui déterminent l'appartenance à une lignée ou l'exclusion, c'est aussi le grand baromètre de la vie, celui des saisons du corps féminin ou qui sourd de la blessure du guerrier, l'un donne la vie, l'autre la reprend. Ambivalent, impur et vital, mortifère et magique, le sang recèle tous les fantasmes et toutes les peurs de l'Antiquité. Mais la fascination et la répulsion qu'il exerce sur les Anciens nous sont-elles si étrangères ? Lydie Bodiou est maître de conférences d'histoire ancienne à l'université de Poitiers. Véronique Mehl est maître de conférences d'histoire grecque à l'université Bretagne Sud. Elles travaillent ensemble sur l'histoire du corps, des sensibilités et de la perception. Elles ont déjà co-dirigé Odeurs antiques (2011) ; La religion des femmes en pays grec. Mythes, cultes et société (2008) et avec Myriam Soria, Corps outragés, corps saccagés de l'Antiquité au Moyen Âge (2011).

  • La Chine fut à de multiples reprises dirigée par de grandes souveraines, aussi capables sinon davantage que leurs homologues masculins. L'une d'elles, la célèbre Wu Zetian, est même allée jusqu'à se proclamer empereur et à fonder sa propre dynastie, devenant ainsi l'égale des hommes, tâche ô combien difficile dans une société traditionnellement polygame, où les femmes étaient le plus souvent réduites au statut d'épouse ou de mère. L'Empire du Milieu a connu, lui aussi, son lot de Messaline, de Théodora et d'affaires de la tour de Nesle, et sa riche histoire a été marquée par nombre d'histoires d'amour et d'intrigues de palais, où se sont croisés épouses naïves, impératrices arrogantes, douairières toutes puissantes, eunuques maléfiques et empereurs dissolus. Keith McMahon, érudit sinologue, retrace ici l'histoire des impératrices, des concubines et des favorites qui se sont illustrées dans l'histoire de la Chine, et qui ont, pour certaines d'entre elles, inspiré pendant des siècles les poètes, les romanciers, les dramaturges et, plus récemment, les cinéastes.

  • Sortilèges, charmes d'amour, envoûtements et mauvais oeil : les Anciens, fascinés par l'occulte et le fantastique, ont maintes fois failli à leur réputation d'éternels raisonneurs. Qui sait en effet que la première baguette magique fut celle du dieu Hermès, que les balais volants de Harry Potter trouvent leurs origines chez Lucien de Samosate, ou encore que la formule abracadabra apparaît pour la première fois dans un grimoire latin du IIIe siècle après J.-C. ?
    De potions magiques en mixtures enchantées, plus de 120 extraits issus des traductions Belles Lettres invitent le lecteur à se pencher au-dessus du chaudron pour y contempler l'imaginaire envoûtant des Romains et des Grecs. Cérémonies maléfiques, imprécations nocturnes, invocations infernales, talismans enchanteurs et statuettes ensorcelées: bienvenue à l'école des sorciers antiques !

  • Quiconque a rêvé dans les ruines du Palatin ou de la Villa Adriana s'est interrogé sur les travaux et les jours à la cour des Césars. Vous plonger dans l'intimité de cet état dans l'État qui a eu son propre mode de vie, ses moeurs, ses mentalités, ses pratiques, ses dévotions et aussi ses folies, tel est le sujet de ce livre qui s'appuie sur les témoignages des contemporains et de l'archéologie. Conçu pour informer, sans rien romancer de la grande ou de la petite histoire vécue durant trois siècles par les maîtres du monde méditerranéens et leur entourage, il s'adresse à tous ceux que passionne l'antiquité romaine.
    Avec Tacite, Suétone, Dion Cassius, Hérodien et l'Histoire Auguste, mais aussi avec la mémoire concrète des monuments construits, peints et sculptés, toujours présents à Rome, à Capri, à Tivoli ou dans les musées, vous revivrez dans leur disparité déconcertante, tragique ou pittoresque, les vies quotidiennes des quelque quarante empereurs qui ont tour à tour fait, défait ou refait la grandeur de l'Empire.

  • Aussitôt Riyo recula d'un pas et, de son sabre court dont elle serrait fermement la poignée, elle frappa instantanément Torazô. La lame s'enfonça du sommet de l'épaule droite jusqu'à la poitrine. Torazô chancela. Riyo le frappa une deuxième, puis une troisième fois. Torazô s'écroula.

    Riyo, la fille qui venge son père à la place de son frère O-Sayo-san, toute jeune, mais qui choisit elle-même son époux Run, la vieille femme qui attend patiemment plus de trente ans le retour de son mari exilé Ichi, la gamine qui va défier les autorités pour sauver son père condamné à mort, sans oublier Yu Xuanji, la poétesse des Tang qui essaie de mener librement une vie d'artiste et de femme: ces cinq récits historiques de Mori Ôgai, composés entre 1913 et 1915, constituent autant de portraits de « nouvelles femmes » du Japon d'Edo et de la Chine ancienne.

    Mori Ôgai (1862-1922), l'auteur de La Danseuse, Vita sexualis et L'Intendant Sanshô, est un des grands rénovateurs de la littérature japonaise moderne. Encore très mal connu en France, Mori Ôgai est révéré au Japon comme grand maître. Il fut un pionnier, qui ouvrit des voies nouvelles à la langue, au roman, à la poésie et au théâtre ; un passeur de la culture occidentale, traducteur génial et critique attentif ; un intellectuel partagé entre le service de l'État et les exigences d'une pensée libre ; un historien, qui essaya de renouer les fils d'une mémoire déchirée par l'ouverture du pays. Il avait étudié dès son enfance les classiques chinois, le hollandais et l'allemand. Tout jeune médecin militaire, il part pour un long séjour de quatre ans en Europe où il étudie la propreté et la prophylaxie, auprès de Robert Koch par exemple, à Berlin. Dès son retour il se lance dans une activité tous azimuts avec une énergie inépuisable. C'est à cette époque qu'il publie la célèbre nouvelle La Danseuse (Maihime, 1890). Il est aussi un des premiers à donner de belles traductions de poésie occidentale. Les deux guerres menées par le Japon contre la Chine, en 1894 et 1895, puis contre la Russie, en 1904 et 1905, le retiennent loin de son pays, sur les champs de bataille du continent. À son retour, il participe activement à l'épanouissement de la fiction en langue moderne, initié par Natsume Sôseki avec Je suis un chat (Wagahai wa neko de aru) en 1905. Il publie alors une dizaines de récits, comme Vita sexualis (Wita sekusuarisu, 1909), Hanako (1910, du nom de la danseuse sculptée par Rodin), Le Jeune Homme (Seinen, 1910), L'Oie sauvage (Gan, 1911-1913). Après la mort de l'empereur Meiji en 1912 et le suicide par éventration du général Nogi et de son épouse, Ôgai se consacre à une longue série de récits historiques, dont le plus célèbre est L'Intendant Sanshô (1914), qui sera superbement porté à l'écran par Mizoguchi Kenji en 1954. Il s'engage ensuite dans des oeuvres quasi expérimentales, des biographies érudites d'intellectuels ordinaires de l'époque d'Edo, sans jamais cesser d'encourager les jeunes écrivains ni se détourner de l'actualité artistique européenne.

  • Le Roman du Genji, un chef-d'oeuvre incontesté de la littérature universelle, est dû à une femme, Murasaki Shikibu, qui vécut à la cour du Japon aux alentours de l'an mil. Sa contemporaine Sei Shônagon a laissé un ouvrage unique en son genre par sa liberté de ton et son traitement virtuose de l'art de la liste : les Notes de Chevet. Une autre femme de la noblesse, connue comme « La mère de Fujiwara no Michitsuna », avait quelques années auparavant rédigé les Mémoires d'une Éphémère, sans doute la première autobiographie de la littérature mondiale. Dans ce livre, Jacqueline Pigeot rappelle les conditions qui ont permis l'épanouissement de la prose féminine à cette époque, et analyse plusieurs des procédés d'écriture (monologue intérieur, modalités du dialogue, citations cryptées) pour la première fois mis en oeuvre dans les Mémoires d'une Éphémère et dans Le Roman du Genji. Jacqueline Pigeot a enseigné pendant trente ans la langue et la littérature japonaises classiques à l'université Paris 7-Denis Diderot. Elle a publié plusieurs ouvrages d'analyse littéraire ainsi que des traductions d'oeuvres classiques et modernes, dont les Mémoires d'une Éphémère et les Récits de l'éveil du coeur. Françoise Lavocat est professeur de Littérature comparée à l'université Paris 3-Sorbonne Nouvelle et membre de l'Institut universitaire de France. Elle vient de publier Fait et fiction. Pour une frontière.

  • No women's land

    Camilia Panhard

    Il existe un monde sans repères où les femmes sont des proies, des corps. Un monde où la violence est sans début ni fin, absurde et quotidienne. Camilla Panhard a partagé la vie de ces femmes, migrantes centraméricaines. Elles fuient le Honduras, le Salvador ou le Guatemala. Elles veulent simplement « donner à leurs enfants des études en héritage, qu'ils aient au moins trois repas par jour, qu'ils ne souffrent pas autant... » Accrochée aux mots, aux pas de ces héroïnes anonymes, jusqu'aux écolières mexicaines tremblantes de peur sur le trajet de l'école, Camilla Panhard reconstitue les destins vertigineux de ces femmes, marchandises pour les passeurs, les gangs et les cartels. Avec une écriture sèche et sans concession, ce récit puissant leur redonne une voix, des gestes, un visage. C'est un livre qui résonne longtemps encore dans la mémoire après l'avoir refermé.

  • Maximien est un poète bien mystérieux et fuyant, à l'image de son oeuvre en perpétuel mouvement. Les six élégies qui nous sont parvenues, datées le plus souvent du début du VIe siècle, se présentent d'abord comme une vaste déploration sur l'insoutenable vieillesse qui accable le poète et sur l'amour déçu. Mais cette poésie cultive aussi une veine profondément ludique, incarnée notamment par la cinquième élégie, qui réécrit une scène de fiasco ovidienne et présente la laudatio funebris parodique du sexe défaillant du poète. De la déploration funèbre au pastiche savoureux, on chercherait en vain une unité réelle dans cette poésie « baroque ». Le lecteur y découvre plutôt l'habile souplesse d'un poète dont l'êthos multiple donne des visages inconciliables à la poésie. Pour mettre en perspective la valeur littéraire, ainsi que la portée anthropologique et idéologique des Élégies de Maximien, le présent volume propose aussienfin, en annexes, une traduction commentée de pièces poétiques importantes qui n'avaient pas, jusqu'alors, fait l'objet d'une traduction française publiée : l'Appendix Maximiani et l'Épithalame pour Maximus d'Ennode de Pavie.

  • Le concept de communication n'a pas été inventé par notre époque! Rome, avec des moyens techniques relativement limités, a rapidement dépassé la Grèce et atteint une efficacité remarquable en ce domaine, décloisonnant le monde antique et mettant en contact toutes les parties d'un empire immense. Guy Achard brosse ici un panorama complet et particulièrement vivant du développement de cette entreprise. Cet aspect de la civilisation romaine peut-il nous concerner, nous qui, grâce à des inventions remarquables, avons tissé un réseau d'information et de communication prodigieux qui permet presque à quiconque d'entrer sans délai en relation avec pratiquement quiconque dans le monde? Guy Achard répond à cette question en observant que Rome a placé l'homme au coeur des échanges et qu'elle a porté très haut l'art de parler, offrant ainsi des clefs précieuses non seulement pour comprendre la communication moderne, mais aussi peut-être pour déjouer ses ruses et ses habiletés.

  • Pierre Bellemare revient sur le destin de 40 femmes tueuses dans un document inédit 21,95 € - Après le succès chez First de ses Nouvelles histoires extraordinaires Découvrez les histoires funestes de ces femmes qui ont égalé - et parfois même surpassé - les hommes dans l'horreur. Vous reconnaîtrez ainsi les figures emblématiques du Mal au féminin, comme Catherine Deshayes, dite "La Voisin", qui organisa des messes noires où l'on sacrifiait des nourrissons pour le compte de Mme de Montespan, la célèbre Lucrèce Borgia, grande empoisonneuse de l'empire romain, ou encore Isle Koch, surnommée la "chienne de Buchenwald"... Et vous découvrirez aussi quelques tueuses moins connues mais tout aussi cruelles et glaçantes, comme Erzébeth Bathory qui tua ou fit tuer plusieurs centaines de jeunes vierges pour se baigner dans leur sang en vue de conserver une peau douce dans la Hongrie du XVIe siècle, ou encore l'incroyable Ching Shih, la plus grande pirate de tous les temps, qui règna sur la mer de Chine. Découvrez le destin hors du commun de ces femmes passées maîtresses dans l'art de tuer. Pas moins de 40 histoires vous sont contées par Pierre Bellemare et son complice Jean-François Nahmias dans cet ouvrage inédit. De quoi faire quelques cauchemars et reconnaître que, dans le crime non plus, les femmes n'ont rien à envier à leurs pairs masculins...

  • Au IVe siècle avant notre ère, des paysans, des pêcheurs, des mendiants et des filles échangent des lettres dans lesquelles ils racontent leur vie quotidienne et critiquent la société de leur temps. Telle est la fiction que nous propose Alciphron (IIe ou début du IIIe siècle de notre ère). En donnant la parole à ces narrateurs pauvres et méprisés, il nous fait découvrir des réalités que les textes antiques montrent rarement : la misère des petites gens, les humiliations qu'entraîne la condition de parasite, les problèmes sentimentaux ou pécuniaires des hétaïres. Il nous conduit dans les marges de la cité athénienne. Mais son recueil est surtout un jeu savant, littéraire, de pastiche et de parodie.
    Ce texte méconnu, qui a eu son heure de gloire au XVIIIe siècle, est pour la première fois intégralement traduit en français.

  • La foule est dense et fébrile, le bruit assourdissant, l'ambiance lourde d'attente. Le match opposant les deux clubs milanais rivaux, le Milan AC et l'Inter, est un des grands événements de la saison. Alors que, sur le terrain, les deux équipes s'échauffent, les supporters exhortent leurs idoles avec ardeur. Dans la cohue, il y a aussi des femmes. La plupart se contentent d'accompagner leur mari par devoir. D'autres sont là par passion. Mais certaines ne sont pas venues pour voir le match. Elles ont une mission à accomplir, un compte à régler, un homme à guetter, à démasquer, à tuer peut-être. Déterminées, elles attendent...
    Ce stade en transe est à l'image de l'Italie d'aujourd'hui : machisme vacillant, immigration mal digérée, showbiz omniprésent, magouilles inévitables... et humour à revendre.

  • Les filles sont des filles parce qu'elles sont en série.

    Des corps féminins en rangées. Ils se meuvent en synchronie. Ils ne se distinguent que par le détail d'un vêtement, d'une courbe, d'une teinte de cheveux. Les filles en série sont mises à leur place et créent l'illusion de la perfection. Ce sont des filles-machines, des filles-marchandises, des filles-ornements. Toutes reproduites mécaniquement par l'usine ordinaire de la misogynie.

    Mais la figure des filles en série est double: à la fois serial girls et serial killers de l'identité qu'on cherche à leur imposer. Casseuses de party, ingouvernables, elles libèrent la poupée et se mettent à courir. Entre aliénation et contestation, les filles en série résistent à leur chosification, à l'instar des grévistes féministes de 2012. Cet essai percutant se déploie comme une chaîne qui se fait et se défait, depuis les Cariatides jusqu'aux Pussy Riot.

  • Les femmes ont changé : aux atouts qu'on leur reconnaissait traditionnellement - l'art de la séduction, l'intuition, la persévérance - elles ont ajouté de nouvelles armes considérées jusqu'ici comme "masculines" : la confiance en soi, la volonté de réussir à tout prix, l'égoïsme décomplexé, l'emploi immodéré de la goujaterie, de la brutalité et même de la force. Si l'on fusionne ces deux séries de traits de caractère, on obtient un mutant redoutable.

    Aux hommes, que leurs mamans n'ont pas préparés à fréquenter cet alien dangereux, Catherine Euvrard adresse avec la verve qui est la sienne une mise en garde féroce et jubilatoire.

    Aux femmes, mal armées pour affronter ces rivales d'un genre nouveau, elle brosse une galerie de portraits des adversaires qu'elles ont le plus de chances de croiser sur leur route, les aide à les repérer de loin, à éventer leurs ruses et à en triompher !

  • La femme honnête et respectable, pour les Anciens, est l'épouse légitime, docile gardienne du foyer destinée à assurer la descendance. À côté des intraitables Pénélope, chastes et tempérantes, vivant dans l'ombre et souvent anonymes, les « irrégulières », les Phryné et les Messaline, ont franchi l'écueil de l'oubli. Courtisanes de renom, infidèles dans l'âme ou libertines d'esprit, elles ont exercé le plus vieux métier du monde, par nécessité ou par passion.
    Plus de 100 extraits, issus des traductions Belles Lettres, rassemblés et assortis d'une brève présentation destinée à éclairer leur lecture, racontent le quotidien des « femmes en vue du plaisir », maîtresses raffinées ou pauvres filles de joie, tantôt naïves et touchantes, tantôt coquettes et scandaleuses, tantôt cupides, astucieuses et impitoyables.
    Nous initiant aux banquets où la musique envoûtante des joueuses de flûte accompagne les pas débridés des danseuses, aux rencontres nocturnes et impudiques au coin d'une rue interlope, ces Professionnelles de l'amour dévoilent tout un univers de désir et de transgression, mais aussi de débauche, de marginalité et de misère, où les femmes sont les protagonistes d'une comédie humaine qui nous plonge dans l'imaginaire et dans la réalité sexuels des Grecs et des Romains.

  • « Ce qui fait notre vie? Les bains, le vin, les femmes », fut-il écrit sur le marbre d'un tombeau. Plaisirs et volupté! Nous sommes loin de l'image sévère dont pâtissent trop souvent les Romains, cantonnés dans un rôle de légionnaire endurci ou de politicien phraseur. Si les débuts furent austères et difficiles, avec la conquête du monde, ils ont rapidement affirmé leur détermination à profiter de la vie.
    Sénèque, en professeur de morale qui connaît bien l'âme de ses contemporains, ne s'y trompe pas quand il fustige leur appétit de jouissance: il leur prête une philosophie assez éloignée de ses préceptes rigoureux: « l'unique félicité, c'est de faire fête à la vie manger, boire, jouir de son bien, cela c'est vivre, c'est ne pas oublier que l'on est mortel. Les jours s'écoulent, la vie achève son cours irretrouvable. Et nous hésitons? Que sert d'être sage puisque notre âge ne sera pas toujours apte aux plaisirs... Tu n'as point de maîtresse, point de mignon pour rendre jalouse ta maîtresse tous les matins tu sors le gosier sec... Ce n'est pas là vivre, c'est regarder vivre l'autre. Quelle folie de se constituer l'intendant de son héritier! » (Lettres à Lucilius, 123, 10).
    N'en doutons pas, le Romain sut goûter les plaisirs.

empty