• Trois comédiennes, Julie, Kathleen et Geneviève, s'ouvrent le temps d'un cinq à sept où les tabous s'avalent aussi rapidement que les shooters. L'amour, le couple, le désir, la sexualité, les impératifs de performance, la morale sociale autour de l'utérus, les standards de beauté anxiogènes et l'insupportable pression qui comprime le corps dans un moule One size (must) fit all nourrissent les échanges de surface. Puis, l'ivresse aidant, les trois femmes plongent en des zones plus intimes, celles où sont enfouis les aspects inavouables de leur personnalité, leurs pulsions, leurs peurs, leurs angoisses et leurs drames, avant de regagner la surface et de trinquer de plus belle. Fanny Britt compose une partition syncopée rythmée par un langage cru et franc où la frontière entre la réalité et la fiction demeure volontairement floue. Cinq à sept est le deuxième volet d'une trilogie amorcée avec Ils étaient quatre, de Mathieu Gosselin et Mani Soleymanlou, et close par Huit, de Mani Soleymanlou.

  • Source d'information, d'émerveillement, de plaisir et de stimulation intellectuelle, la littérature s'avère un filon considérable d'inspiration pour les artistes des arts vivants. C'est pourquoi l'édition printanière de Jeu se consacre au rapport entre scène et littérature. À la une, Fanny Britt et Jean-Philippe Baril Guérard, tous deux dramaturges et romanciers, livrent un échange épistolaire sur les spécificités du geste d'écrire, pour la scène ou pour le livre. Pierre Yves Lemieux, lui, expose sa démarche d'adaptation d'oeuvres littéraires, qu'il qualifie de « transcréation ». Puis, Marie-Christiane Hellot tente de cerner en quoi la figure de l'écrivain constitue une matière théâtrale inspirante. Hors dossier, James Oscar pose la question de la diversité au Festival TransAmérique et Jeu présente une enseignante au secondaire, qui utilise le théâtre pour faciliter l'intégration d'élèves en classes d'accueil, et un metteur en scène new-yorkais qui, par le biais de la tragédie grecque, favorise la résilience de toxicomanes, de soldats et de victimes de catastrophes naturelles.

  • Ce numéro de la revue Voix et images se penche sur les expériences contemporaines du temps dans les fictions québécoises. Cette expérience est étroitement liée à la question de la mémoire (et donc de l'Histoire), sans pouvoir s'y résumer totalement, ainsi qu'à celle de l'avenir qui prend la forme d'une intensification du présent ou pire, celle d'une catastrophe annoncée amenant la fin de l'humain. On comprend alors que l'individu contemporain se trouve en quelque sorte prisonnier du présent, poussé à réfléchir le rapport au temps, à son temps. La question des expériences du temps ne se laissant pas aisément saisir, collaborateurs et collaboratrices ont pris des chemins détournés pour en apprécier toutes les nuances, soit celle de l'imaginaire western pour Andrée Mercier, de la mémoire pour Marion Kühn, de l'histoire pour David Bélanger, de la biographie pour Pierre-Olivier Bouchard et de la figure du héros pour Manon Auger.

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