Presses de la cité

  • Une biographie vivante de la plus grande figure de l'Eglise catholique au temps de la Contre-Réforme.
    Né dans une famille d'ancienne noblesse savoyarde, François de Sales (1567-1622), personnalité majeure de l'Eglise catholique tant par son action au temps des guerres de Religion que par l'héritage qu'il a laissé, choisit très jeune sa voie. Ordonné en 1593, il est rétablit le catholicisme dans la région de Genève alors sous la coupe des protestants. Ordonné évêque de Genève en 1602, il siège en exil à Annecy. En 1610, il fonde avec Jeanne de Chantal l'Ordre de la Visitation, dont les visitent pauvres et malades. Personnalité charismatique, réputé pour sa douceur, redoutable argumentateur, humaniste et organisateur hors pair, il a laissé une oeuvre spirituelle considérable : Introduction à la vie dévote (1608), Traité de l'amour de Dieu (1615), et une correspondance importante. Canonisé dès 1665 (fêté le 24 janvier), docteur de l'Eglise (1877), il est l'auteur catholique le plus publié dans le monde.
    Patrick de Gmeline restitue avec son talent de conteur cette vie riche et foisonnante. Une biographie illustrée par une centaine de documents, le portrait d'un homme profondément attachant dans une époque troublée.

  • Un regard neuf sur l'affaire Dreyfus, revisitée sous l'angle des passions, des émotions, des amitiés et des conflits personnels entre Dreyfusards et anti-Dreyfusards.
    " L'Affaire " reste un événement majeur dans la symbolique nationale, fondateur de clivages durables dans la société française, au même titre que la Grande Guerre, Vichy, la guerre d'Algérie ou mai 1968. Le temps aidant, il règne chez les historiens - fait rare, voire remarquable - une certaine unanimité : les Dreyfusards, chevaliers blancs de la vérité et de la raison nous ont légué l'image de l'intellectuel de gauche et la Ligue des droits de l'homme, alors que les anti-Dreyfusards, ont préfiguré cette droite antisémite et radicale qui s'est compromise et discréditée sous Vichy. C'est un point de vue dominant, quasi hégémonique, et c'est à lui que s'attaque avec intelligence et talent Ruth Harris, professeur à Oxford. On ne trouvera pas ici un récit chronologique mais des portraits d'acteurs. Sous cet angle, l'Affaire prend une allure inhabituelle : les passions, les émotions qui animent les principaux personnages, y jouent un rôle central ; les frontières bien tranchées de la vision manichéenne s'estompent, le noir et le blanc cèdent la place au gris, aux nuances. Ce sont d'anciens amis, des collègues qui se déchirent sous nos yeux, des êtres humains incarnés, non pas des figurines en carton. Les dreyfusards comme les anti-dreyfusards ne se laissent pas réduire à un simple affrontement principiel, vérité contre raison d'Etat ou nationalisme. C'est sans doute parce que Ruth Harris a lu toutes les correspondances privées disponibles - entre autres nouveautés documentaires - qu'elle parvient à cette maîtrise du matériau humain. Et il y a, bien sûr, énormément de choses dont on a peu parlé jusqu'ici, par exemple le rôle des salonnières (la romancière Gyp, la comtesse Arconat-Visconti, par exemple), le scientisme d'un Barrès, fortement influencé par le savant délirant Jules Soury, les relations complexes, conflictuelles, entre la famille Dreyfus et les frères Reinach, Jaurès, l'importance de la " connexion alsacienne ", etc.... A n'en pas douter, sur ce sujet éternellement repris, voici un livre qui suscitera de nouveaux et passionnants débats.

empty