• L'impact de Tristes Tropiques sur la pensée du vingtième siècle est immense. Traduit en 27 langues.L'impact de Tristes Tropiques sur la pensée du vingtième siècle est immense.
    Pourquoi et comment devient-on ethnologue ? Comment les aventures de l'explorateur et les recherches du savant s'intègrent-elles et forment-elles l'expérience propre à l'ethnologue ? C'est à ces questions que l'auteur, philosophe et moraliste autant qu'ethnographe, s'est efforcé de répondre en confrontant ses souvenirs parfois anciens, et se rapportant aussi bien à l'Asie qu'à l'Amérique.
    Claude Lévi-Strauss souhaite ainsi renouer avec la tradition du voyage philosophique illustrée par la littérature depuis le XVIème siècle jusqu'au milieu du XIXème siècle, c'est à dire avant qu'une austérité scientifique mal comprise d'une part, le goût impudique du sensationnel de l'autre n'aient fait oublier qu'on court le monde, d'abord, à la recherche de soi.


  • L'étude de la pensée à l'état sauvage, florissante dans tout esprit d'homme tant qu'elle n'est pas cultivée et domestiquée pour accroître son rendement.

    " La Pensée sauvage ", et non " la pensée des sauvages ". Car ce livre s'écarte de l'ethnologie traditionnelle en prenant pour thème un attribut universel de l'esprit humain : la pensée à l'état sauvage, florissante dans tout esprit d'homme - contemporain ou ancien, proche ou lointain - tant qu'elle n'est pas cultivée et domestiquée pour accroître son rendement.
    Sans doute peut-on chercher des exemples auprès des sociétés sans écriture et sans machines ; même là pourtant, cette pensée ressemble singulièrement à celle que nous trouvons à l'oeuvre tout près de nous, dans la poésie et dans l'art, ou encore dans les diverses formes du savoir populaire, qu'il soit archaïque ou récent.
    En elle, rien de désordonné ni de confus. Partant d'une observation du monde qui témoigne d'une minutie et d'un précision souvent stupéfiantes, elle analyse, distingue, classe, combine, et oppose... Dans ce livre par conséquent, les mythes, les rites, les croyances, et les autres faits de culture, se manifestent comme êtres " sauvages " comparables, par delà le langage, à tous ceux que la nature (dont l'esprit humain ne peut être retranché) engendre aussi sous d'innombrables formes animales, végétales, et minérales. On ne saurait donc s'étonner que, dans leur fréquentation millénaire, la pensée sauvage ait trouvé la matière et l'inspiration d'une logique dont les lois se bornent à transposer les propriétés du réel, et qui, pour cette raison même, a pu permettre aux hommes d'avoir prise sur lui.

  • Comment les Gwich'in, une société de chasseurs-cueilleurs athapascans du nord-est de l'Alaska, parviennent-ils à se défendre face à l'Occident et à ses crises ? La beauté de cet ouvrage, servi par un style d'écriture subtil et rapide, et l'émotion qu'il procure, viennent de la stupéfiante présence de l'auteur, restée deux ans sur le terrain, constamment attentive à ce qui lui arrive, à ce qu'elle ressent, à ce qu'elle comprend ou non.
    C'est l'hiver et la température avoisine les moins quarante degrés. Les yeux levés vers les aurores boréales qui animent le ciel arctique, nous écoutons. Le chasseur commence à siffler dans leur direction. C'est un son continu, aigu mais contenu, qui résonne dans le silence de la nuit polaire. Qui appelles-tu ? Elles, les aurores, et ceux qui transitent avec elles, les esprits des disparus, des hommes, des animaux, des plantes, qui courent sur un ciel glacial dans les explosions de couleurs.
    Qui sont ces hommes qui se nomment eux-mêmes les Gwich'in et peuplent les forêts subarctiques ? Sont-ils encore de fiers guerriers qui poursuivent les caribous jusque sur l'échine arctique de la Terre, ou ressemblent-ils plutôt à des humains dévastés par la colonisation occidentale qui titubent dans les rues verglacées des villes du Nord sous les effets de l'alcool ? Et que dire du territoire qu'ils habitent, l'Alaska contemporaine ? Cette terre demeure-t-elle fidèle aux images de nature sublime et préservée qui peuplent nos esprits d'Occidentaux, ou disparaît-elle face aux réalités énergétiques, politiques et économiques qui la transforment en un champ de bataille jonché de mines à ciel ouvert et d'exploitations pétrolières ?
    À l'heure du réchauffement climatique, aucun de ces clivages ne subsiste. Les mutations écologiques du Grand Nord sont telles qu'elles brouillent le sens commun et balayent toutes les tentatives de stabilisation, de normalisation et d'administration des écosystèmes arctiques et de leurs habitants. Loin de toute folklorisation indigéniste et de tout manifeste écologiste, ce livre s'attache à retranscrire les réalités des hommes qui parlent encore à l'ombre des arbres et sous le sceau de leur secret. Les âmes sauvages de l'Alaska sont celles qui se meuvent dans les plis d'un monde en révolution, et qui font de la métamorphose continuelle des choses et de l'incertitude des êtres un mode d'existence à part entière.

  • Pour la première fois, Martin de La Soudière, " ethnologue du dehors " et du temps qu'il fait, se livre à l'introspection. Essai autobiographique sur le paysage, cet ouvrage est un retour aux origines, une entrée sur le terrain pour l'ethnologue féru de géographie... Ce paysage intime a pour cadre la montagne, celle des Pyrénées.
    Sur le mode du récit, Martin de La Soudière dialogue avec ses pères et ses carnets de travail. Son corpus hors du commun rassemble des écrivains, géographes, paysagistes, peintres, botanistes, mais aussi grimpeurs, militaires, cartographes, taupiers, bergers et autres promeneurs. Tous écrivent leur paysage. Franz Schrader, Élisée Reclus ou Vidal de La Blache habitent l'imaginaire de l'auteur, au même titre que les manuels d'escalades du XIXe siècle ou les livres de géographie du jeune élève des années 1950/1960. Entrer en Pyrénées s'opère aussi à différentes échelles, la vue statique et graphique avec son cadre et sa lumière est indissociable de l'expérience de l'escalade, de la promenade en famille ou de l'expédition aventurière entre frères et soeurs. Comme Martin de La Soudière le dit, on entre en paysage avec le pied et avec la main (on empoigne la matière de la roche pour grimper aux sommets). Mais l'écriture du paysage, en plein vent et en cabinet, est aussi une affaire de rituels. L'auteur scrute les gestes de ses poètes de prédilection : Jean-Loup Trassard arpentant son bocage, Julien Gracq au volant de sa deux-chevaux sur les rives de la Loire, André Dhôtel se perdant dans la forêt des Ardennes, jusqu'à Fernando Pessoa le promeneur immobile de Lisbonne. À travers ses " devanciers " comme il les appelle, l'auteur revendique une intimité du paysage féconde pour l'imaginaire et le travail intellectuel.
    Dans cet ouvrage, Martin de La Soudière " franchit " la montagne en quelque sorte : inaugurant son récit par le souvenir de l'arrivée au seuil des Pyrénées quand il était enfant, le père de famille proclamant au volant de sa 15 chevaux " Et voici nos montagnes ", il le termine de l'autre côté du sommet, en Aragon, sur un dialogue avec son frère décédé Vincent, dialogue aux accents d'énigmes sur une vue panoramique. Le récit est accompagné de photos personnelles, d'extraits des carnets de Martin, carnets de son enfance jusqu'à aujourd'hui.

  • Il y a dans la littérature de la France rurale un avant et un après Hélias.
    "Trop pauvre que je suis pour posséder un autre animal, du moins le Cheval d'Orgueil aura-t-il toujours une stalle dans mon écurie." Ainsi parlait à l'auteur, son petit-fils, l'humble paysan Alain Le Goff qui n'avait d'autre écurie que sa tête et d'autre terre que celle qu'il emportait malgré lui aux semelles de ses sabots de bois. "Quand on est pauvre, mon fils, il faut avoir de l'honneur. Les riches n'en ont pas besoin." Deux ancêtres de la famille, dit la tradition orale, ont été pendus par le duc de Chaulnes après la Révolte des Bonnets Rouges. Ils avaient dû écraser quelques pieds de marquis parce qu'ils ne pouvaient pas vraiment faire autrement. Au pays Bigouden, on ne redoute rien tant que la honte qu'on appelle "ar vez". Et l'honneur consiste à tenir et à faire respecter son rang, si humble soit-il. Tout le reste est supportable. L'auteur a été élevé dans ce sentiment. Avant d'apprendre le français et d'entrer dans la civilisation seconde qui est la sienne aujourd'hui, il a été éduqué en milieu bretonnant, dans une société qui vivait selon un code strictement établi. Il n'enseigne pas, il raconte minutieusement, paysannement, comment on vivait dans une "paroisse" bretonnante de l'extrême ouest armoricain au cours du premier demi-siècle. Il ne veut rien prouver, sinon que la véritable histoire des paysans reste à faire et qu'il est un peu tard pour l'entreprendre. Il affirme tranquillement que ceux qui jugent les paysans comme des êtres grossiers sont eux-mêmes des esprits sommaires et naïfs. Il ajoute que les hommes ou les régimes qui ont suscité des révoltes de paysans ont fait entrer ces derniers en jacquerie à force de mépriser leur culture. Alors le Cheval d'Orgueil a secoué furieusement sa crinière ! L'auteur n'est pas convaincu, en passant d'une civilisation à l'autre, d'avoir humainement gagné au change. Mais aujourd'hui, la grande question qui se pose est de savoir s'il existe encore des paysans, c'est-à-dire des hommes qui, avant d'être de leur temps, sont d'abord de quelque part où ils doivent se mettre à l'heure du temps qu'il fait.
    Prix aujourd'hui (1975)

  • L'ete grec

    Jacques Lacarrière

    L'histoire d'un éternel promeneur solitaire, Jacques Laccarière : une liaison heureuse de plus de vingt ans avec une terre, un peuple et une histoire.
    C'est sous les portiques de l'Agora d'Athènes où la foule de ses auditeurs, abritée du soleil, venait écouter Hérodote relater ses voyages, que l'on aimerait lire, ou mieux encore entendre lire, L'été grec.
    Car ce livre est une approche vivante, un témoignage passionné, l'histoire d'une liaison heureuse de plus de vingt ans avec une terre, un peuple et une histoire.
    L'originalité de l'approche de Jacques Lacarrière réside, littéralement, dans sa démarche. Tels ces ascètes en quête d'un "homme différent", vivant - ivres de Dieu - aux frontières de la mort.
    Et il devient alors évident que ce que cherche sans relâche sur la terre hellène ce promeneur solitaire, il l'a déjà trouvé en lui-même.
    A travers le quotidien, les gestes et la langue populaires, dans un style impressionniste où se retrouvent l'harmonie de Sophocle, les chants médiévaux de Digenis, les mémoires du général Makryannis et les Kleftika, ces chants épiques de la guerre d'indépendance, nous passons tout naturellement de l'autre côté du miroir pour retrouver le fil qui relie Eschyle à Séféris, Homère à Elytis et Pindare à Ritsos.
    A la manière enfin dont on a dit du printemps 68 français qu'il fut "chaud", on peut parler de la chaleur et du souffle libertaire de L'été grec.
    Mais le plus rare peut-être en ce beau livre est que l'exceptionnelle érudition de l'auteur n'ait en rien entamé l'étonnement, la jeunesse et l'acuité de son regard.
    Grand Prix de Littérature de l'Académie Française pour l'ensemble de son oeuvre.

  • Pollution des rivières, virus du sida, trou d'ozone, robots à capteurs... Comment comprendre ces " objets " étranges qui envahissent notre monde ? Relèvent-ils de la nature ou de la culture ? Jusqu'ici, les choses étaient simples : aux scientifiques la gestion de la nature, aux politiques celle de la société. Mais ce traditionnel partage des tâches est impuissant à rendre compte de la prolifération des " hybrides ". D'où le sentiment d'effroi qu'ils procurent.Et si nous avions fait fausse route ? En fait, notre société " moderne " n'a jamais fonctionné conformément au grand partage qui fonde son système de représentation du monde, opposant radicalement la nature d'un côté, la culture de l'autre. Dans la pratique, les modernes n'ont cessé de créer des objets hybrides qu'ils se refusent à penser. Nous n'avons donc jamais été vraiment modernes, et c'est ce paradigme fondateur qu'il nous faut remettre en cause.Traduit dans plus de vingt langues, cet ouvrage, en modifiant la répartition traditionnelle entre la nature au singulier et les cultures au pluriel, a profondément renouvelé les débats en anthropologie. En offrant une alternative au postmodernisme, il a ouvert de nouveaux champs d'investigation et offert à l'écologie de nouvelles possibilités politiques.

  • Les civilisations de l'invisible bâties par les peuples du nord, encore puissantes à l'aube du XX e siècle, n'ont pas résisté longtemps à l'entreprise d'éradication méthodique menée par le pouvoir colonial des États modernes. Ce livre permet enfin de rendre compte de l'immense contribution à l'imaginaire humain des différentes pratiques cognitives des chamanes.
    Le chamane est un individu capable, d'une façon mystérieuse pour nous, de voyager en esprit, de se percevoir simultanément dans deux espaces, l'un visible, l'autre virtuel, et de les mettre en connexion. Ce type de voyage mental joue un rôle clé pour établir des liens avec les êtres non humains qui peuplent l'environnement.
    Les chamanes ne gardent pas pour eux seuls l'expérience du voyage en esprit : ils la partagent avec un malade, une famille, parfois une vaste communauté de parents et de voisins. Les participants au rituel vivent tous ensemble cette odyssée à travers un espace virtuel. De génération en génération, les sociétés à chamanes se sont transmis comme un précieux patrimoine des trésors d'images hautes en couleur, mais en grande partie invisibles.
    Ce livre est le fruit d'enquêtes de terrain et reprend l'ample littérature ethnographique décrivant les traditions autochtones du nord de l'Eurasie et de l'Amérique. Au travers de récits pleins de vie, il rend compte de l'immense contribution à l'imaginaire humain des différentes technologies cognitives des chamanes. Les civilisations de l'invisible bâties par les peuples du Nord, encore puissantes à l'aube du XXe siècle, n'ont pas résisté longtemps à l'entreprise d'éradication méthodique menée par le pouvoir colonial des États modernes, qu'il s'agisse de l'URSS, des États-Unis ou du Canada. Ce livre nous permet enfin de les appréhender dans toute leur richesse.

  • Un regard poétique, rigoureux et inédit sur la "créolité" et l'ensemble du monde antillais au travers de l'étude des orpailleurs d'or de Guyane. Un témoignage sur un mode de vie disparu, conté avec amour et finesse."Cet ouvrage c'est tout d'abord de l'ethnographie de grand cru. Mais en même temps, l'étude de Baj Strobel - rigoureuse, personnelle et poétique - jette un regard inédit et convaincant sur la " créolité " et l'ensemble du monde antillais. Par le détour de la forêt guyanaise, elle nous met en situation d'aborder l'essentiel de ces sociétés insulaires, à la fois soumises et résistantes, repliées sur elles-mêmes et ouvertes - à leur façon - au " Tout-Monde ".
    C'est le témoignage d'un mode de vie disparu, relaté avec amour et finesse. On y découvre tout une société nouvelle, minuscule, étrange et en fin de compte pleine de charmes. A travers contes, chansons, musiques, et minutieuses restitutions des travaux et des jours, on comprend pourquoi ces hommes se sont mis en quête de l'or et on saisit aussi les merveilleuses implications métaphysiques de cette ultime quête.
    En centrant son propos sur les orpailleurs, l'auteur tisse une trame qui s'étend à l'ensemble de la Caraïbe. Au fil des cent ans d'histoire qu'elle nous raconte, nous pouvons voir les processus de créolisation qui se sont reproduits depuis les premières ébauches de communauté sur la plantation insulaire jusqu'aux réinventions de l'identité par les migrants caribéens que l'on retrouve aujourd'hui à Toronto, Miami ou Paris. C'est un témoignage sur le processus continu de la créolisation, sur la migration et la reconstitution."
    Richard Price

  • "La différence des temps fait que les choses ne se répètent jamais à l'identique. Aucun événement historique ne se reproduit sous la forme et dans les circonstances où il est advenu une première fois. Les défilés de chemises noires, brunes, vertes, en ordre martial alors que la rue constituait l'unique espace de mobilisation générale, n'est plus, du moins ainsi que nous le connaissions sous forme de défilés à bruits de bottes. Bien sûr il y a de drôles de voix qui nous parviennent aujourd'hui... des voix qui malgré tout - et c'est aussi là qu'est notre interrogation sur « demain » - prononcent encore le mot « démocratie » même si elles tendent à le remplacer par « peuple ». En avons-nous fini avec le fascisme, comme nous savons qu'il a existé ?"

    Pascal Dibie est professeur d'éthnologie à l'Université Paris Diderot-Paris 7, où il co-dirige le pôle des sciences de la ville. Il est notamment l'auteur de Éthnologie de la chambre à coucher (traduit en 15 langues et vendu à 30 000 exemplaires ; Grasset, reprise en Suite Métailié), La Tribu sacrée, ethnologie des prêtres (Grasset, reprise en Suite Métailié), et La Passion du regard, essai contre les sciences froides (Métailié).

  • En quelques dizaines d'années, le cheval de trait a disparu de nos villes et de nos campagnes. Cette éclipse brutale a fait perdre la mémoire d'un compagnonnage quotidien entre l'homme et l'animal.

    Jusqu'au début du XXe siècle, le cheval est partout au travail : il actionne la meule du moulin, le broyeur à ajonc, les rouages de la brasserie industrielle, le manège de la machine qui pompe l'eau au fond de l'ardoisière, ou celui de la batteuse de la ferme. Il tire la diligence comme la charrue et peuple par dizaines de milliers les grandes villes (14 000 pour la seule compagnie des omnibus à Paris en 1905).

    Aujourd'hui, alors que les signes d'un renouveau se font sentir dans les vignes, les espaces protégés, les forêts patrimoniales et certaines villes, la réédition de l'ouvrage classique de Bernadette Lizet paraît indispensable. S'appuyant sur une documentation unique, originale, et avec un style toujours clair, l'auteure invite ses lecteurs à s'écarter de l'image réductrice de l'équitation de sport et de loisir. Elle fait revivre l'histoire d'une relation intime et familière, en décrivant les gestes et les outils avec lesquels le cheval est conduit, ferré, harnaché, soigné, logé, accompagné depuis sa naissance jusqu'à sa mort. C'est tout un monde d'éleveurs, de guérisseurs, de maquignons, de charretiers, d'artisans et d'ouvriers qui renaît ainsi sous nos yeux. Un monde d'interactions subtiles, de savoir-faire, de plaisirs et de peines partagées entre les hommes et leurs chevaux.


  • Troisième volet du triptyque inauguré par La Voie des masques et La Potière jalouse, l'Histoire du lynx est un conte répandu en Amérique du Nord, et dont les thèmes principaux, fondés sur l'idée de gémellité, se retrouvent dans les plus anciens mythes du Brésil et du Pérou.

    La comparaison entre des mythes, les uns provenant de l'Amérique du Nord, les autres recueillis dès le XVIe siècle dans le sud du Brésil et au Pérou, fait apparaître à travers le temps et les lieux ce qu'on pourrait appeler une constante de la pensée amérindienne.
    Cette pensée procède en opposant les termes que les mythes conçoivent si proches qu'ils les incarnent dans une paire de frères, souvent jumeaux ou presque, entre lesquels toutefois une différence existe en germe. Mais contrairement à Castor et Pollux qui récusent cette différence et obtiennent de devenir parfaitement égaux, les jumeaux américains ne surmontent jamais leur écart. Ils s'appliquent même à le creuser, comme si une nécessité métaphysique contraignait des termes appariés à diverger. Car la nature, la société sont en perpétuel déséquilibre interne : le même engendre toujours l'autre, la bonne marche de l'univers en dépend. Ainsi, dans la pensée des Amérindiens leur existence impliquait celle de non-Indiens. Bien avant la découverte du Nouveau Monde, la place des Blancs était marquée en creux dans leur système. Ils étaient de ce fait prêts à les accueillir.
    Tel est le thème de ce livre. Un parcours plein d'imprévu débute par l'analyse approfondie de mythes qui s'organisent autour de la notion d'une impossible gémellité. Il poursuit en les comparant avec les contes populaires franco-canadiens que les Indiens connurent et qu'ils incorporèrent à leurs propres traditions. C'est l'occasion d'esquisser une théorie de l'emprunt.
    On est ainsi conduit à méditer sur la rencontre des deux mondes, son retentissement dans la pensée de Montaigne et celle de ses contemporains. On croit enfin possible de remonter aux sources philosophiques et éthiques du dualisme amérindien. Celui-ci tire son inspiration d'une ouverture à l'autre qui se manifesta lors des premiers contacts avec les Blancs, bien que ceux-ci fussent animés de dispositions très contraires.

  • L'ethnologie et l'anthropologie constituent deux formes d'une même démarche. L'ethnologie devient pleinement autonome au XXe siècle grâce à l'enquête de terrain, à l'observation participante et à des théories à visée comparatiste (culturalisme, fonctionnalisme, structuralisme).  L'anthropologie finit par en universaliser la portée en intégrant à son approche aussi bien le changement social que les cultures modernes et occidentales. Ces disciplines analysent l'ensemble des activités sociales et culturelles (dont les nôtres).

  • Le témoignage saisissant, recueilli par Roland Vilella, du bagnard Albert Abolaza, " mémoire vivante " du bagne de Nosy Lava à Madagascar (définitivement fermé en 2010). A partir de son récit exceptionnel couvrant les trente dernières années du bagne et de celui des autres bagnards, Roland Vilella restitue la mémoire de ces hommes perdus, criminels, devenus victimes de leurs gardes.
    L'île de Nosy Lava, au nord-ouest de Madagascar, a abrité le dernier bagne du pays définitivement fermé en 2010. En 2004, malgré la sinistre réputation des lieux, Roland Vilella, un marin familier de ces eaux, débarque dans l'île que surplombe, inquiétante sentinelle de fer, un phare rouillé et sans âge. Il y fait la connaissance d'Albert Abolaza, un prisonnier hors du commun, condamné aux travaux forcés à perpétuité. Une forte amitié va lier les deux hommes. Mémoire vivante du bagne, Albert se fait le porte-parole de ses compagnons de misère, torturés et tués en toute impunité durant des années. A partir de ce témoignage exceptionnel couvrant les trente dernières années du bagne et de celui des autres bagnards, Roland Vilella restitue la mémoire de ces hommes perdus, criminels, devenus victimes de leurs gardes. Au fil des pages, de violences sanglantes en anecdotes poignantes, la parole des détenus que domine celle d'Albert se mêle à l'histoire de l'île et porte jusqu'à nous la voix bâillonnée du bagne de Nosy Lava. Une aventure et un témoignage uniques qui s'inscrivent dans la grande tradition de la collection Terre Humaine. " Un livre magnifique ! " Florence Aubenas.

  • Jean-Marie Blas de Roblès nous invite à parcourir la Libye antique dans le sillage de Jean-Raimond Pacho, explorateur et homme de lettres du 19e siècle qui a redécouvert les ruines des civilisations antiques abandonnées. Un voyage qui nous conduit vers des sites archéologiques parmi les plus importants au monde tels Apollonia ou Leptis Magna.À observer les troubles qui agitent les tribus libyennes de 2016 et persistent, hélas, à maintenir dans le pays une anarchie politique et religieuse extrêmement nocive, on ne peut s'empêcher d'y reconnaître comme en miroir la Libye du tout début du XIXe siècle, celle que les premiers voyageurs occidentaux redécouvrirent, souvent au péril de leur vie, après plusieurs siècles d'effacement. Le niçois Jean-Raimond Pacho qui visita la Cyrénaïque de 1824 à 1825 est assurément le plus audacieux et le plus fiable d'entre eux.
    C'est dans son sillage que Jean-Marie Blas de Roblès nous invite à parcourir la Libye antique. Pacho, à la fois explorateur, archéologue et homme de lettres a parcouru seul le désert libyen et y a découvert les ruines des civilisations antiques abandonnées. Il a ainsi localisé des sites archéologiques tels Leptis Magna ou Apollonia qui comptent parmi les plus importants au monde. Son voyage lui aussi permis d'observer les moeurs et les langues des populations locales.
    Construit autour de larges extraits du
    Récit de voyage de Jean-Raimond Pacho (publié en 1827), que Jean-Marie Blas de Roblès commente et met en perspective, cet ouvrage nous conduit au coeur des racines grecques et carthaginoises de la Libye.
    Un texte littéraire à double voix, fidèle aux témoignages publiés dans la collection Terre Humaine.

  • Marcel Mauss, neveu et héritier spirituel de Durkheim, initiateur de l'ethnologie scientifique française, est universellement connu comme un des grands noms de la tradition anthropologique. Aucune discussion sur le don, qu'il s'agisse du don pratiqué dans les sociétés archaïques ou du don des modernes, ne peut ignorer son célèbre Essai sur le don. Mais, pour Alain Caillé et les auteurs regroupés autour de la Revue du MAUSS, si l'Essai est le texte le plus important de toute l'histoire des sciences sociales, c'est parce qu'il contient bien plus encore. Même si Mauss, épris de concret, se méfiait des grandes théories, il y a dans son oeuvre, et plus spécifiquement dans l'Essaisur le don, les fondements d'une approche généraliste en sciences sociales qui concerne aussi bien la sociologie que l'économie, l'histoire ou la philosophie. Encore faut-il les rendre clairement visibles. C'est à ce travail d'explicitation et de systématisation que s'attaque ce livre, qui s'attache notamment à montrer comment Mauss nous offre une pensée du rapport social irréductible aux paradigmes dominants et rivaux de l'individualisme et du holisme méthodologiques, un " tiers paradigme ", le paradigme du don. Les bases d'une sociologie vraiment générale.

  • Dans un village de Haute Bourgogne, où l'auteur réside depuis son enfance, nous découvrons le peuple souverain qui vit une des plus grandes mutations de son histoire millénaire.
    "Nous somme montés dans le train à grande vitesse de la modernité sans trop nous en apercevoir et, lorsque nous regardons par la fenêtre, le paysage défile si vite que nous n'arrivons plus ni à le lire ni à le retenir. J'ai l'impression que nous sommes devenus des spécialistes de l'oubli..."
    Vingt-sept ans après la publication de Village Retrouvé (1979), l'ethnologue Pascal Dibie publie le Village métamorphosé. C'est de nouveau de Clichery, en Bourgogne, où il réside depuis son enfance, qu'il tire des observations ayant valeur universelle. Un voyage hallucinant, profond, au coeur de notre rurbanité naissante. Il nous invite à revisiter notre société qui vit une des plus grandes mutations de son histoire millénaire. S'intéressant à nos actes les plus modestes, à cette banalité qui inscrit les jours de nos vies dans le long calendrier de l'histoire, l'auteur décrit un quotidien où le monde des signes et des aménageurs de paysages est roi, où la voiture, la cybernétique et la consommation sont maîtresse de nos têtes, de nos temps et de notre économie, où la religion s'abstrait jusqu'à accepter le changement des rites funéraires et à nous laisser exclure nos morts, où l'agriculture se "scientifise" à outrance et nos paysages se patrimonialisent...
    Une antique société se meurt, l'égoïsme de chacun s'affirme et ce qui fut le paysan, l'homme en pays, devenu hautement technicien et déculturé, réussit à s'insérer dans la brume de la mondialisation qui le gagne et le dévore.
    Cette ethnologie déguisée en récit, où se croisent pensées brutes et carnets de terrain, portraits de maîtres et réflexions profondes, inscrit Le Village métamorphosé parmi les plus grands ouvrages de Terre Humaine.


  • L'ouvrage fondateur de la pensée de Lévi-Strauss

    L'ouvrage fondateur de la pensée de Lévi-Strauss

    La science des mythes, tel eût pu être le titre de ce livre, si l'auteur n'avait été ramené à des prétentions plus modestes par le sentiment que, sur la voie qu'il a essayé d'ouvrir, tout ou presque tout reste à faire avant qu'on ait le droit de parier de science véritable. Car si, comme on l'espère, la connaissance de l'homme marque ici quelques progrès, ceux-ci ne tiennent à rien d'autre qu'une attitude résolue d'humilité devant l'objet, qui, pour la première fois peut-être, a permis de prendre complètement les mythes " au sérieux ". De l'analyse scrupuleuse d'un mythe, s'amplifiant jusqu'à englober la majeure partie des mythes de l'Amérique tropicale, il résulte en effet que, même là où l'esprit humain semble le plus libre de s'abandonner à sa spontanéité créatrice, il n'existe, dans le choix qu'il fait des images, dans la manière dont il les associe, les oppose ou les enchaîne, nul désordre et nulle fantaisie. Pas plus, donc, que les sciences physiques ne peuvent ménager une place à l'arbitraire dans les oeuvres de la nature, pas plus, si l'homme doit devenir un jour objet de connaissance scientifique, il ne saurait y avoir de l'arbitraire dans les oeuvres de l'esprit. On ne se dispose pas, pour autant, à réduire la pensée au déroulement mécanique de quelques opérations abstraites, dans le produit desquelles l'homme ne se reconnaîtrait plus. Par son titre d'inspiration culinaire, ce livre se réfère aux exigences du corps, et aux rapports élémentaires que l'homme entretient avec le monde. Par sa construction musicale, qui lui donne l'allure d'un vaste oratorio dont les parties évoquent tour à tour le thème et les variations, la sonate, la fugue, la cantate et la symphonie, il rapproche les démarches de la pensée mythique de celles de la musique qui, de tous les beaux-arts, est celui qui ressemble le plus à une science, tout en étant la source d'émotions incomparables. Il ne s'agit donc pas d'appauvrir, d'exclure ou de morceler, mais, au contraire, d'intégrer tous les aspects de la connaissance de l'homme dans un effort d'élucidation qui serait condamné d'avance s'il ne procédait du respect. En sorte qu'à partir de l'opposition, triviale en apparence, du cru et du cuit, on verra d'abord se déployer la puissance logique d'une mythologie de la cuisine, conçue par des tribus sud-américaines où l'auteur a pris ses exemples parce qu'il a vécu dans leur intimité ; puis émerger certaines propriétés générales de la pensée mythique, où se trouve en germe une philosophie de la société et de l'esprit.

  • Ouverture à l'inattendu, attachement au milieu naturel, qualité des relations interpersonnelles, partage, humour, voilà quelques clés pour mieux comprendre les propos que tiennent les Inuit sur leur histoire, leur société, leur place dans le monde, l'avenir, le changement climatique et le développement industriel. Les voix qui nous parviennent depuis l'Alaska, l'Arctique canadien et le Groenland nous dévoilent une civilisation contemporaine dont nous ne soupçonnons pas la richesse.


  • Quels points communs existent-ils entre un tableau de Poussin, un opéra de Rameau et les textes de Diderot sur l'art ? Le souci du détail, comme si chaque créateur assemblait des cubes pour donner une forme à l'oeuvre d'art. L'auteur s'attache à nous faire comprendre comment naît le plaisir esthétique, en même temps qu'il nous dévoile son propre goût pour l'oeuvre d'art.

    Quels points communs existent-ils entre un tableau de Poussin, un opéra de Rameau et les textes de Diderot sur l'art ? Le souci du détail, comme si chaque créateur assemblait des cubes pour donner une forme à l'oeuvre d'art. L'auteur s'attache à nous faire comprendre comment naît le plaisir esthétique, en même temps qu'il nous dévoile son propre goût pour l'oeuvre d'art.
    Au cours d'une longue existence, l'auteur a regardé beaucoup de tableaux, écouté beaucoup de musique, lu beaucoup de livres, parmi lesquels il lui est apparu que certaines oeuvres se singularisaient. Ce ne sont pas les seules qu'il admire : entre elles pourtant, dans son esprit, un réseau de correspondances se tisse.
    Il cherche ce que ces oeuvres peuvent avoir de commun. Elles ne se ressemblent pas, mais, pour les comprendre, sa pensée se sent contrainte à suivre le même cheminement. A propos d'oeuvres d'art exemplaires, c'est donc sa façon de penser l'art que l'auteur entreprend d'explorer.
    Ecrit sur le ton de la conversation, ce livre ouvre dans la peinture, la musique, la littérature des perspectives qui se croisent et se recroisent. Des réflexions sur Poussin et sur Ingres s'entrelacent à d'autres sur l'écoute musicale telle qu'elle a évolué depuis Rameau. Les idées de Diderot et de Rousseau sur les beaux-arts sont comparées à celles d'un musicologue presque oublié, leur contemporain, dont les thèses anticipent la linguistique structurale. Plus près de nous, l'analyse et l'interprétation d'un célèbre sonnet de Rimbaud précèdent deux notes inédites sur les mêmes thèmes, échangés il y a un demi-siècle avec André Breton.

  • Les anthropologues, bien souvent malgré eux, ont usé et abusé de la notion d'ethnie, sans toujours préciser ce qu'ils entendaient par ce terme. Parallèlement, les médias se sont hâtivement emparés de cette appellation si peu contrôlée pour tenter d'" expliquer " tel ou tel événement de la politique africaine. Encore aujourd'hui, ce terme est utilisé dans les analyses souvent réductrices de certains conflits (ex-Yougoslavie,Rwanda, etc.).L'ensemble des textes réunis dans ce livre - devenu un classique depuis sa première édition en 1985 - s'efforce, en conjuguant analyses de portée générale et études de cas, de s'interroger sur cette notion controversée à partir de la situation africaine. En effet, il est important de repenser les notions d'ethnie et de tribu, de plus en plus souvent associées à d'autres notions comme celles d'État et de nation. Et il est impératif de revenir sur certaines formes de classifications par trop schématiques et réductionnistes.

  • Pour la première fois réunies en un volume, les dix nouvelles de ce recueil ont paru de 1889 à 1891 dans la Revue des deux mondes. Prenant pour décor l'empire austro-hongrois, Sacher-Masoch ouvre son carnet de portraits de femmes vengeresses, de paysannes humiliées par les nobles, entre exotisme, cruauté et drôlerie. Dominatrices, indépendantes, ces femmes slaves aux nerfs d'acier ne sont pas faites pour l'ornement d'un harem : pareilles à des amazones, elles sont prêtes à monter sur les barricades lors des insurrections, à mourir pour des idées, ou à punir sans hésitations les hommes qui se jouent d'elles.Un romancier galicien : M. Sacher-Masoch de sa traductrice attitrée Thérèse Bentzon suit et éclaire ces nouvelles. Parue en 1875 cette étude critique démontre que sa " tâche est celle d'un peintre de la nature sauvage et de l'homme primitif, celle d'un pionnier ".

  • Traduit en cinq langues, devenu un classique de l'anthropologie moderne depuis sa première parution en 1992, ce livre clair et stimulant nous fait pénétrer les mystères du " don ".
    Pourquoi donne-t-on ? Et d'abord donne-t-on encore ? Oui, répondent les auteurs de ce livre. Et infiniment plus que veulent nous le faire croire les idéologies modernes, pour lesquelles les rapports entre les gens ne sont plus régis que par l'intérêt égoïste ou la contrainte publique, par le marché ou par l'État. Le don s'observe au contraire partout : dans la famille, dans les organisations et les entreprises, dans le marché de l'art, etc. Mais qu'y a-t-il de commun entre le père Noël, les Alcooliques anonymes, les dons de sang et d'organes, les cadeaux de tous types et les services rendus, le don de l'artiste et même le don rituel des sociétés archaïques ? C'est la question à laquelle ce livre tente de répondre en montrant que toute la société vit du don, et que nous aurons toujours besoin de faire circuler les choses autrement, de faire " passer " les choses par le don. Traduit en cinq langues, devenu un classique de l'anthropologie moderne depuis sa première parution en 1992, ce livre parle un langage clair et évite le jargon des spécialistes. Nourri d'enquêtes de terrain originales et d'une analyse critique approfondie de la littérature existante, il passionnera aussi bien le grand public qui souhaite mieux connaître les mystères du don que les chercheurs en sciences sociales qui y découvriront de stimulantes perspectives.

  • Sur les pas des Maîtres de la nuit en pays Douala (Cameroun). Un jésuite pionnier explore méthodiquement et oecuméniquement la pensée africaine.
    "Din, le maître que je me suis particulièrement choisi et qui m'a ouvert les yeux, est un guérisseur d'un quartier populaire de Douala. Il ne savait ni lire ni écrire et ne parlait pas français. Tout mon livre témoigne, au nom d'une ascèse commune, de la puissance d'introspection et de connaissance de ces nganga africains qu'on appelle improprement des sorciers alors que, étant des guérisseurs, ils en sont les ennemis jurés."
    Ainsi s'exprime Eric de Rosny, jésuite français qui a vécu cinq ans dans ce quartier de Douala. Les "Maîtres de la nuit" l'ont adopté. Au terme de son initiation, une chèvre lui est présentée. Elle doit mourir de sa propre main, se substituant à lui pour prendre sur elle les malheurs et les sorts. Elle donne au prêtre ses deux yeux afin qu'il voie l'invisible.
    Ce document rare raconte avec précision l'itinéraire de l'auteur qui se trouve, au Cameroun, confronté à des problèmes très actuels que les nganga s'efforcent de résoudre : tension et haines familiales, chômage, maladies, folie et mort. Son expérience personnelle a été poussée à la limite du permis et du possible.

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