• Altermondialistes, zadistes, environnementalistes, anarcho-primitivistes... Anarchie et écologie semblent partager de nombreux points communs. Une même aspiration à un monde meilleur, plus proche de la nature, respectant les espèces vivantes et les paysages, fait de communautés solidaires et tolérantes. Une même détestation d'un monde dominé par l'argent, les guerres et la soif du pouvoir.
    Pourtant, les choses sont loin d'être aussi simples qu'il n'y paraît. Elles sont parfois même antagoniques si l'on considère, comme Philippe Pelletier en fait l'hypothèse dans cet ouvrage, que la finalité de l'injonction au « tous écologistes » n'est autre que de faire évoluer le système actuel vers un capitalisme vert, bien éloigné de l'idéal anarchiste...

  • Les mots « terre d'Israël » renferment une part de mystère. Par quelle alchimie la Terre sainte de la Bible a-t-elle pu devenir le territoire d'une patrie moderne, dotée d'institutions politiques, de citoyens, de frontières et d'une armée pour les défendre ?
    Historien engagé et volontiers polémiste, Shlomo Sand a, à grand bruit, dénoncé le mythe de l'existence éternelle du peuple juif. Il poursuit ici son oeuvre de déconstruction des légendes qui étouffent l'État d'Israël et s'intéresse au territoire mystérieux et sacré que celui-ci prétend occuper : la « terre promise », sur laquelle le « peuple élu » aurait un droit de propriété inaliénable.
    Quel lien existe-t-il, depuis les origines du judaïsme, entre les juifs et la « terre d'Israël » ? Le concept de patrie se trouve-t-il déjà dans la Bible et le Talmud ? Les adeptes de la religion de Moïse ont-ils toujours aspiré à émigrer au Moyen-Orient ? Comment expliquer que leurs descendants, en majorité, ne souhaitent pas y vivre aujourd'hui ? Et qu'en est-il des habitants non juifs de cette terre : ont-ils - ou non - le droit d'y vivre ?

  • L'image de l'autorité préfectorale au XIXe siècle est celle d'une autorité martiale exercée par un haut fonctionnaire aux immenses pouvoirs. En réalité, construire une autorité considérée comme légitime par la population a nécessité un travail institutionnel et individuel permanent. Dans ce siècle de révolutions, préfets et sous-préfets se sont situés aux avant-postes de la conquête morale du territoire afin d'enraciner le régime et faire accepter l'État. Ce livre entend analyser ce travail de représentation et de séduction négligé par l'historiographie. Il restitue la construction de ce charisme de fonction à partir de terrains originaux, notamment le corps physique du préfet, vecteur d'une incarnation de l'État, ou encore le bal de la préfecture, véritable outil de gouvernement.

    Ancien élève de l'ENS-Ulm et membre honoraire de l'IUF, Pierre Karila-Cohen est professeur d'histoire contemporaine à l'université Rennes 2 et membre de Tempora (EA 7468). Ses travaux concernent l'histoire de l'État, de la police, des enquêtes et de la relation d'autorité en France et en Europe au XIXe siècle. Il a publié en 2008 L'État des esprits. L'invention de l'enquête politique en France (1814-1848). Il collabore régulièrement au Monde des livres.

  • La fédération des «Six Corps des marchands de Paris», composée des drapiers, épiciers-apothicaires, merciers, pelletiers, bonnetiers et orfèvres, constitue la première force économique du royaume durant l'Ancien Régime. Ce livre est centré sur le dialogue mais aussi sur le rapport de forces qui n'a cessé de s'instaurer entre ce corporatisme institutionnalisé et la construction de l'Etat absolu. Il s'attache à la période qui s'étend du règne de Henri IV jusqu'à la suppression des corporations par Turgot en 1776. Esssai totalement original, il repose sur l'étude des archives inédites, notamment celles du collège de phramacie et celles des orfèvres, mais aussi l'exploitation du fonds manuscrit des six corps ainsi que sur une foule de factums, suppliques, mémoires, remontrances et requêtes.

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    Mathieu Marraud, chargé de recherche CNRS, effectue des recherches sur les rapports entre structure sociale et structure politique dans la ville d'Ancien Régime. Il a notamment publié:
    - La noblesse de Paris au XVIIIe siècle, Paris, Seuil, coll. « Univers historique », 2000, 574 p.
    - De la Ville à l'État. La bourgeoisie parisienne XVIIe-XVIIIesiècle, Paris, Albin Michel, coll. « Bibliothèque histoire », 2009, 575 p.
    Il est membre du Comité de rédaction de la revue Histoire & Mesure.

  • Face aux défis planétaires de l'islam, que peut la France ? Face au retour du religieux, que peut la République ? Ce sont les mille ans de laïcité qui ont fait la France qu'exhume cet essai iconoclaste, éclairant et renversant. Une laïcité qui est synonyme de souveraineté et de liberté.
    De Philippe le Bel à De Gaulle, en passant par Louis XIV, Robespierre et Napoléon Ier, des Légistes médiévaux aux Constitutionnalistes contemporains en passant par les Politiques renaissants, de la destruction des templiers à l'expulsion des congrégations en passant par les dragonnades, et de la confrérie du Saint-Sacrement au Grand Orient en passant par Port-Royal, c'est l'histoire oubliée de la religion française qu'exhume cet essai iconoclaste.
    Pas plus que la France, la laïcité n'a commencé en 1905 ou débuté en 1789. Elle est l'autre nom de la singularité qui, depuis les débuts, a constitué un invariant de notre histoire, un constituant de notre pays, l'essence de notre politique. Elle a porté à son terme la relation exclusive, mimétique et critique, traversant monarchie et république, envers l'icône du pouvoir suprême, la Rome des Césars et des Pontifes. Elle est l'aboutissement, sur un millénaire, du rapport unique tissé entre religion et nation, hérité de l'Israël biblique, afin de lutter contre les féodalités et les empires. Au contraire des illusions sur la neutralité laïque ou le pacte laïc, l'État n'aura ainsi cessé d'imposer aux Églises la neutralisation de leurs ambitions et la domination de ses règles. Les Églises y auront gagné l'émancipation de leurs théologies.
    De guerre lasse, voulons-nous aujourd'hui enterrer notre culte commun, celui de l'indépendance et de la liberté ?

  • La Révolution française a refondé le système de propriété existant jusqu'en 1789, avec deux grands objectifs : chasser la puissance publique de la sphère de la propriété et sortir la propriété de celle de la souveraineté. En abolissant les formes privatives de pouvoir, comme la juridiction seigneuriale et l'office public vénal et en démantelant le domaine de la Couronne, les révolutionnaires ont fait de l'Etat une pure souveraineté. Cette grande démarcation opéra une distinction radicale entre la propriété et le pouvoir, d'où découla la distinction fondamentale entre le politique et le social, l'Etat et la société, la souveraineté et la propriété, le public et le privé. Cette transformation révolutionnaire de la propriété d'Ancien Régime contribua à inaugurer la modernité politique.
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    Rafe Blaufarb, né en 1967, est professeur d'histoire de la France à la Florida State UNivesity, où il dirige l'Institut sur Napoléon et la Révolution française. Il est l'auteur d'ouvrages dont les thèmes vont de l'idée méritocratique dans l'armée de la Révolution française à l'histoire de l'exemption nobiliaire de l'impôt dans la France d'Ancien Régime.

  • De la révolte fiscale... à la philosophie. La Boétie a dix-sept quand l'essoufflement d'un mouvement populaire avec lequel il sympathise l'amène à s'interroger sur les raisons de ce qui ressemble à un reniement de l'aspiration à la justice et à la liberté, pire, à une sorte de « servitude volontaire ». Armé d'encre et de philosophie, il tente d'éclairer le sens de cette attitude paradoxale, au cours d'une fulgurante enquête sur le comportement de la liberté humaine et le rapport complexe du peuple au pouvoir. Bernard Barsotti propose une relecture originale du Discours de la Servitude volontaire, en mettant l'accent sur la force interrogeante du texte, plutôt que sur les réponses que les interprétations les plus variées ont pu y trouver. Ce qui compte, dans le Contr'Un, en plus de l'appel à la révolte politique et économique que les lectures marxistes et libertaires ont reconnu en lui, c'est l'invitation à questionner nos relations avec l'État et avec toutes les instances de domination qui « prennent soin » de nous. Le Discours est un aiguillon pour la pensée : La Boétie nous pousse moins à identifier les raisons qui justifient la révolte des soumis et des opprimés, qu'à essayer de comprendre pourquoi, de manière récurrente, tant de révoltes avortent.

  • La maison de terre

    Woody Guthrie

    Dans le Texas des années 30, Tike et Ella May, jeune couple d'agriculteurs, ont bien du mal à planter de quoi vivre sur cette terre aride. Ella May est enceinte et ne veut pas continuer à habiter leur cabane en bois envahie par les insectes. Problème, ils n'ont pas le sou pour s'offrir le lopin de terre censé accueillir la maison de leurs rêves. Mais l'État et les banques ont tout prévu. Il suffit de leur faire confi ance...
    La Maison de terre est un portrait brûlant de la misère et de l'espoir butant contre un paysage ravagé. Combinant le sens moral de John Steinbeck avec l'érotisme cru de D. H. Lawrence, voici un puissant récit de l'Amérique de la Grande Dépression, brossé par l'un de ses plus grands artistes.

  • D'Henri IV à Michel Rocard en passant par Marguerite de Navarre ou Théophraste Renaudot, cette galerie de portraits dresse en fait une histoire haute en couleurs du protestantisme français et de sa contribution au récit national. Une livre d'histoire aux résonances contemporaines.
    De la Réforme à nos jours, quelles personnalités protestantes ont participé à la construction de la France ? Quel a été le sens de leur action, et à quels moments se sont-ils signalés ?
    Pour répondre à ces questions, Frédérick Casadesus dessine ici douze portraits de protestants sans qui notre pays ne serait pas devenu ce qu'il est : le brillant théologien, Jean Calvin ; la protectrice des arts et des humanités, Marguerite de Navarre ; le roi converti au catholicisme, Henri IV ; le fondateur de La Gazette, premier journal français sous le règne de Louis XIII, Théophraste Renaudot ; la courageuse prisonnière de la tour de Constance, Marie Durand ; l'infatigable défenderesse des Lumières, Mme de Staël ; le célèbre architecte de Napoléon III, le baron Haussmann ; le plus grand ministre de Louis-Philippe, François Guizot ; un des pères fondateurs de la laïcité, Ferdinand Buisson ; l'illustre résistant assassiné par la Milice, Jean Zay ; l'implacable homme d'État et opposant de François Mitterrand, Michel Rocard ; sans oublier le génial cinéaste de la Nouvelle vague, Jean-Luc Godard.
    Humanistes, artistes ou républicanistes, tous ont servi la plus grande gloire de notre roman national. Une fresque passionnante !

  • Par un éminent professeur de droit et diplomate émérite, connaisseur des grandes écoles de géopolitique et rompu à l'histoire du monde, le grand traité attendu sur le nouvel ordre planétaire appelé à devenir un classique.
    Pourquoi a-t-on cru que l'effondrement du communisme allait marquer la fin de l'histoire ? Pourquoi à l'affrontement entre l'Est et l'Ouest a succédé l'opposition entre le Nord et le Sud ? Pourquoi est survenu le nouvel affrontement Djihad contre Mc World ? Pourquoi le choc des civilisations a-t-il semblé inéluctable ? Pourquoi assistons-nous au retour des religions, au réarmement des empires, au réveil des populismes sur fond de reconstructions identitaires, de vagues migratoires et de crises environnementales ? Pourquoi, depuis l'Antiquité, le Moyen Âge, les Grandes découvertes, l'âge des colonialismes, l'ère des décolonisations, le temps des idéologies, le monde, l'histoire et l'homme ne nous sont jamais parus aussi chaotiques et aussi illisibles ?
    C'est en historien, juriste et diplomate que Jacques Huntzinger répond ici à ces questions et instruit le traité magistral de relations internationales et de géopolitique fondamentale qui manquait au lecteur de langue française. Relisant les leçons cruciales des cinq derniers millénaires, déchiffrant les peuples, les cultures et leurs rapports depuis les origines, éclairant à la lumière du passé les ombres d'aujourd'hui, il montre en quoi la mondialisation inédite que nous connaissons promeut l'appropriation du monde par chacun et par tous. Car notre monde n'est pas chaotique mais se complexifie.
    Un antidote aux simplismes et aux complotismes.
    Un éloge de l'intelligence humaine et de la complexité démocratique.
    Une somme indispensable.

  • Les politiques publiques constituent une facette centrale de l'activité des gouvernements, que ce soit pour distribuer des revenus, collecter des impôts, conduire une politique extérieure, assurer la sécurité des citoyens, communiquer sur l'action gouvernementale, inciter les acteurs privés ou réguler l'action administrative. Analyser les politiques publiques, c'est donc étudier les gouvernements en action. En s'appuyant sur de nombreux exemples empiriques, l'objectif principal de l'ouvrage est d'apporter des éléments d'analyse de l'action gouvernementale sur les plans local, national, européen et international. L'ouvrage commence par dresser un bilan des différentes entrées (mise sur agenda des problèmes, décision, mise en oeuvre) permettant d'analyser l'action publique. Puis les auteurs discutent les principaux cadres théoriques mobilisés (intérêts, institutions, idées). Cette nouvelle édition, entièrement actualisée, intègre un nouveau chapitre abordant l'action publique comme le produit d'interactions entre institutions, acteurs individuels et collectifs, idées et savoirs au sein de configurations d'action publique.

  • Les mouvements sociaux occupent aujourd'hui une place décisive dans la vie politique française. Ce livre en dresse un panorama, des grves de décembre 1995 aux manifestations contre la réforme des retraites de 2010, en passant par l'altermondialisme, le Réseau éducation sans frontire ou Jeudi noir.
    Comment saisir leur rôle et leur poids dans la vie démocratique ? Quelles relations entretiennent-ils avec les partis politiques et les gouvernements ? Qu'est-ce qui fonde leur légitimité ? La protestation publique contre les politiques menées en leur nom est, de fait, le moyen pour les citoyens de se réapproprier la voix qu'ils ont déléguée leurs gouvernants. Les mouvements sociaux ne sont ds lors ni une composante marginale du paysage politique, ni une menace pour la démocratie : ils en ravivent les principes fondateurs.

  • Jürgen Habermas, représentant majeur de l'École de Francfort, est devenu un auteur classique mais son oeuvre complexe et multiforme, composée d'une cinquantaine d'ouvrages et d'un millier d'articles, continue d'être mal identifiée. Comment saisir la diversité de ses intérêts, des théories de l'action et du langage à la morale et au droit ?

    Jürgen Habermas, représentant majeur de l'École de Francfort, est devenu un auteur classique mais son oeuvre complexe et multiforme, composée d'une cinquantaine d'ouvrages et d'un millier d'articles, continue d'être mal identifiée. Comment saisir la diversité de ses intérêts, des théories de l'action et du langage à la morale et au droit ? C'est aussi un acteur, qui intervient régulièrement dans la presse et les débats publics. Comment articuler ces prises de position avec ses travaux proprement théoriques ?

    Dialogues avec Jürgen Habermas, issu d'un colloque international, offre un panorama complet du parcours intellectuel de Habermas, depuis ses premiers écrits jusqu'aux plus récents. L'espace public, l'agir communicationnel, la modernité, la démocratie, l'autonomie, les intérêts de connaissance, etc. sont ici discutés. Plus largement, c'est l'actualité même de sa pensée qui est soulignée et interrogée à propos de thèmes qui font débat : les effets du droit sur la société, la compréhension que l'on peut avoir des crises du capitalisme, ou encore le rapport complexe de la modernité aux religions.

    Cet ouvrage comprend deux textes inédits du philosophe, un texte d'ouverture sur l'Europe et un texte de clôture où il répond aux intervenants.

  • "Le monde est dangereux. Aujourd´hui, à l´heure du terrorisme, des effets conjugués de la pauvreté, de la maladie et des guerres civiles, les États doivent faire face à de nouveaux défis : une menace pour l´un d´entre eux est une menace pour tous. Si les dangers ont existé de tout temps en tous lieux, les attentats du 11 Septembre en ont sans doute changé la perception. Si bien que les responsables politiques se trouvent libérés, symboliquement et juridiquement, de l´obligation de respecter les limites propres à l´état de droit. Dès lors, l´enchevêtrement des espaces normatifs (nationaux, européens et mondiaux) induit des mouvements d´autant moins contrôlables qu´ils échappent de plus en plus aux États.
    Ce livre explore cette nouvelle donne et l´incertitude des réponses face aux dangers bien réels que courent les personnes, les États, voire la planète tout entière. Au-delà, il s´interroge sur les voies qui s´ouvrent à nous : sociétés de la peur ou communauté de destin ?"

  • La biométrie est présentée aujourd'hui comme la solution technologique la plus appropriée pour faire face aux menaces inédites auxquelles l'Occident est (ou serait) confronté. Dans ce contexte, ce livre vient rappeler l'effort constant de l'État pour mieux identifier les personnes à des fins policières, administratives et politiques.
    De l'Ancien Régime à la France contemporaine, en passant par la Troisième République et le régime de Vichy, l'ouvrage retrace le cheminement mouvementé et les enjeux des processus d'identification. Il montre que depuis la période absolutiste, l'État s'est efforcé de fixer sur papier sa propre population, des marginaux jusqu'aux citoyens les mieux intégrés.
    Les auteurs font également la lumire sur les pratiques d'encartement de certaines catégories d'individus, dans l'URSS stalinienne ou la France des Trente Glorieuses. On retiendra le cas des étrangers, dont la mise à l'écart administrative contribue à délimiter l'espace national tout autant qu'à prévenir de supposés périls.
    Des initiatives régionalistes au refus britannique d'une mise en carte des citoyens, les résistances ont été constantes. Ainsi, la défiance envers l'encartement paraît-elle plus que jamais d'actualité, à l'heure où la traçabilité des personnes sur Internet et la biométrie s'imposent comme des exigences sécuritaires.

  • Pourquoi le capitalisme japonais a-t-il disparu de nos débats alors qu'il a été élevé au rang de modèle dans les années 1980 ? Et comment une entreprise symbole de ce modèle comme Toyota est-elle devenue la première du monde dans son secteur malgré la stagnation que subit l'économie japonaise depuis les années 1990 ?
    Existe-t-il un modèle optimal d'organisation des entreprises et comment peuvent-elles maintenir leur avance technologique, voire la renforcer, dans un environnement de plus en plus concurrentiel et incertain ? Les pays développés peuvent-ils conserver un avantage comparatif dans l'industrie face à la puissance manufacturière chinoise et quel rôle envisager pour le système éducatif dans la société dite de la "connaissance" ? Enfin, le cycle de dérégulation généralisée touchant peut-être à sa fin, comment penser les relations entre État et marché et redéfinir le contrat social dans un contexte de montée des inégalités ?
    Cette analyse de la transformation profonde du capitalisme japonais dans une perspective d'économie politique, associée à une réflexion sur la diversité des capitalismes et sur le changement institutionnel, montre que le Japon constitue toujours un laboratoire susceptible d'éclairer les grands enjeux de l''économie mondiale.
    Le livre comprend également une préface de Robert Boyer (Cepremap), une postface de Ronald Dore (London School of Economics) ainsi que les contributions d''Arnaud Nanta (CNRS) et d'Yves Tiberghien (University of British Columbia).

  • Le sultan des mois " : c'est ainsi que les habitants d'Istanbul avaient coutume d'appeler le mois de ramadan. Rite religieux marqué par le jeûne collectif de la communauté musulmane et conclu par l'une des deux grandes fêtes de l'islam, le ramadan est devenu au fil des siècles le temps fort de la vie sociale et culturelle de la capitale ottomane.

    Le sultan des mois " : c'est ainsi que les habitants d'Istanbul avaient coutume d'appeler le mois de ramadan. Rite religieux marqué par le jeûne collectif de la communauté musulmane et conclu par l'une des deux grandes fêtes de l'islam, le ramadan est devenu au fil des siècles le temps fort de la vie sociale et culturelle de la capitale ottomane.

    Prenant pour point de départ les réformes politiques et les transformations urbaines du XIXe siècle, le présent ouvrage analyse l'évolution du ramadan dans un environnement pluriel, à une époque de sécularisation et de laïcisation de l'État et de la société. Le mois le plus long entraîne le lecteur au cœur de la métropole ottomane et turque et pose un regard renouvelé sur le " moment ramadan " : sociabilités, loisirs, distractions, spectacles, vie nocturne, rituels politiques, respect du jeûne, transgression, place des femmes dans l'espace public, rôle des non musulmans, etc.

    Après avoir connu un âge d'or vers 1900, le ramadan n'a cessé de régresser dans la vie des Istanbouliotes. Qu'en est-il dans l'Istanbul d'aujourd'hui ? Dans l'épilogue, François Georgeon laisse la parole à Jean-François Pérouse, fin connaisseur de l'Istanbul actuelle, qui décrit les nouveaux aspects du ramadan au sein d'une ville devenue une grande métropole du XIXe siècle.

  • Cette première synthèse intégrale de la pensée politique d'Émile Chartier (1868-1951, plus connu sous le pseudonyme d'Alain) se propose, à nouveaux frais et de manière soigneusement contextualisée, de redonner à Alain la place majeure et singulière qui lui revient dans l'histoire récente des idées : celle d'un penseur citoyen, d'un libéral de gauche compagnon de route du radicalisme, dont l'anti-étatisme, l'individualisme démocratique et le rationalisme laïque entrent en résonance profonde avec les préoccupations contemporaines.
    Jérôme Perrier entend ainsi rendre justice à cet insatiable chroniqueur, dont l'oeuvre a pâti d'avoir été disséminée en plusieurs milliers de « Propos » dans la presse de son époque. Contre le cliché de « philosophe pour classes terminales » qu'on a parfois cru devoir lui accoler en raison de son style sans jargon, il campe un Alain à la fois clair et profond, soucieux d'être compréhensible par tous, qui s'inscrit aussi dans la tradition des moralistes français allant de Montaigne à Camus.
    Jérôme Perrier, agrégé et docteur en histoire, a enseigné à Sciences Po Paris et à l'université de Versailles-Saint-Quentin- en-Yvelines.

  • Les finances publiques sont au cur des débats et du fonctionnement des sociétés démocratiques. Pourtant, elles sont peu analysées en termes de pouvoir, de conflits d'acteurs, de choix politiques, de contraintes ou de ressources pour l'action publique, de relations entre gouvernants et citoyens.
    A travers douze contributions couvrant des domaines variés (défense, justice, santé, recherche, immigration, pouvoirs locaux, logement, etc.), cet ouvrage renouvelle l'analyse des finances publiques. Il éclaire les transformations actuelles de l'État et de l'action publique, marquées par les déficits, les réformes fiscales, les politiques de rigueur et les questions de redistribution.
    Quelles stratégies politiques se cachent derrière les enjeux de financement ? Quels affrontements président aux réformes fiscales ? Comment les politiques publiques sont-elles influencées par leurs financements ? Quelles sont les stratégies d''adaptation à la contrainte budgétaire ?
    Ce livre novateur s''adresse à tous ceux qui veulent découvrir combien les finances publiques sont vivantes et incarnées, et combien l''art de les gouverner est pétri d''enjeux économiques, politiques et sociaux.

  • PRESSIONS, COLLUSIONS, MENSONGES... Tous les ingrédients d'un bon thriller réunis dans une enquête inédite sur la qualité de notre air.
    À en croire l'État, depuis quelques années, la qualité de notre air s'améliore... Un discours en parfait décalage avec la perception globale des Français. Mais aussi des plus éminents scientifiques qui considèrent que la pollution atmosphérique ne diminue pas mais qu'elle se transforme... pour être encore plus nuisible. Alors, qui dit vrai ?
    De quoi est véritablement composé l'air que nous respirons dans l'Hexagone ? Pourquoi la France est-elle dans le collimateur de la Commission européenne ? Nos dirigeants auraient-ils délibérément laissé les lobbies industriels et agricoles prendre les commandes ? Ce livre répond à toutes ces questions. Oui, quelque chose cloche dans le ciel français, et, non, l'air de la campagne n'est pas plus sain que celui des villes. Mais cet ouvrage redonne également espoir en mettant en lumière le sursaut citoyen qui naît progressivement un peu partout, et fait bouger les lignes. Car savoir, c'est le début du pouvoir.

  • Dans cet essai, le Professeur Salin invite chacun à quitter la « route de la servitude » pour se libérer enfin. Il faut oser penser autrement, remettre en question la doxa étatiste et prendre le risque de changer radicalement la politique économique de ces dernières décennies. La sortie de la crise actuelle ne peut passer que par le retour de la liberté d'entreprendre et de contracter. Osez prendre vos responsabilités et empruntez la route de la liberté, qui est aussi la route de la prospérité.

  • Le présupposé éthique et politique de la modernité veut que la « nature » soit extérieure aux humains. Les hommes la considèrent comme leur « environnement », comme si les choses de la nature étaient conçues aux seules fins de les servir. Telle est l'origine de la crise écologique de notre temps : le projet politique et technique d'asservissement d'une nature fantasmatique vouée à satisfaire nos besoins.

    L'État moderne résulte donc d'un prétendu droit selon lequel nous devons nous organiser en vue de leur lutte contre la nature et non d'une vie en harmonie avec elle. Ainsi pensée, la nature n'est plus qu'un vaste magasin où nous puisons notre nourriture. Quant à sa « valorisation », elle se réduit à la marchandisation capitaliste de ses ressources.

    Pour faire face à la crise, nous devons disqualifier les fondements politiques et moraux de nos façons de penser et d'agir, et substituer au droit naturel un droit biotique permettant une réforme radicale de la relation qu'entretiennent la cité des hommes et la nature. Car en réalité, la crise n'est pas écologique mais politique : c'est celle des fondements essentiels de la cité. Plutôt qu'une politique des hommes sur les choses de la nature, il nous faut concevoir une cosmopolitique de la nature.

  • L'inclusion des femmes dans la République s'inscrit dans un long processus, encore inachevé. Après les promesses de 1945, l'avènement de la Cinquième République en 1958 a signé leur mise hors jeu politique : divers traits institutionnels de ce régime hybride ont assuré aux hommes un quasimonopole de la politique. Écartées du Parlement et des assemblées élues, les femmes n'ont longtemps dû leur existence en politique qu''à la volonté présidentielle. Paradoxalement, il leur a été plus facile de gouverner que de représenter.
    La rupture introduite par les lois dites de "parité", votées entre 1999 et 2007, n'a pas mis fin à l''hégémonie masculine au Parlement où les hommes siègent à plus de 80 % à l''Assemblée nationale et à plus de 75 % au Sénat. Mais, ministres ou secrétaires d''État, les femmes se sont en revanche taillé une place grandissante au gouvernement, prenant également le départ dans la course présidentielle.
    Alors que les Françaises et les Français se disent prêts à élire une femme à la tête de l'État, Mariette Sineau montre que le genre est plus que jamais une catégorie d''analyse utile et nous invite à re-penser les rapports de pouvoir entre femmes et hommes dans la France du 21e siècle.

  • La Chine fait face à plusieurs défis : une grave crise écologique, des tensions sociales liées notamment à la répartition de la terre et des richesses, et une stratégie internationale qui s'apparente à un exercice d''équilibriste. L''État-parti, mis en question par une société civile émergente, n''est plus le moteur mais le frein du développement. Enfin, habitée par un malaise identitaire récurrent, la Chine cherche sa juste place dans la communauté mondiale.
    De par son poids économique et stratégique, les défis que doit relever la Chine sont aussi des enjeux planétaires. Est-il encore possible d'encourager la Chine à devenir un acteur pacifié d''une gouvernance mondiale en mutation ?
    Une plongée au cur des dilemmes qu''affrontent aujourdhui' la société et le pouvoir chinois.

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