• « Une grande partie des activités humaines se déroule aujourd'hui sur l'Internet. On y fait des affaires, de la politique, on y bavarde, on travaille, on s'y distrait, on drague... L'Internet n'est donc pas un outil qu'on utilise, c'est un espace où se déroulent nos activités. »

    Les outils de communication ont d'emblée une dimension politique : ce sont les relations humaines, les idées, les échanges commerciaux ou les désirs qui s'y expriment. L'ouvrage de Stéphane Bortzmeyer montre les relations subtiles entre les décisions techniques concernant l'Internet et la réalisation - ou au contraire la mise en danger - des droits fondamentaux. Après une description précise du fonctionnement de l'Internet sous les aspects techniques, économiques et de la prise de décision, l'auteur évalue l'impact des choix informatiques sur l'espace politique du réseau.

  • La journée internationale de la femme est devenue une institution ! Chaque année, le 8 mars, les questions d'égalité et de mixité dans les domaines d'activité professionnelle ou domestique sont soulevées et les inégalités ou le manque de mixité dénoncés. Comme si, les 364 jours restants, la construction des hiérarchies et des divisions du travail ou des tâches selon le genre pouvait se perpétuer. Faut-il envisager des mesures contraignantes - comme l'imposition de la parité ou des sanctions en cas d'inégalités salariales - pour que les questions d'égalité dans la mixité soient sérieusement empoignées ? Depuis plus de trente ans, un passage de la parole aux actes est attendu en Suisse (mais pas seulement), afin que l'égalité des chances et des places devienne une réalité. Sans garantie de mixité déconstruit, les avancées - aux apparences parfois trompeuses - en matière de mixité, dans le travail socio-sanitaire en particulier et plus généralement dans la formation. Les contributrices à ce recueil mettent en avant les mécanismes de reproduction de la non mixité, apportent des éléments de compréhension des politiques et des pratiques institutionnelles de promotion de la mixité, et examinent de manière critique le rapport complexe entre égalité et mixité. Cet ouvrage, issu principalement de recherches et d'analyses de mesures prises sur le terrain veut contribuer au développement d'une réelle égalité des sexes dans le monde du travail.

  • « Mon nom est Brianna Jonnie. J'ai quatorze ans. Je suis autochtone. J'ai plus de chances de disparaître que mes pairs »

    En 2016, Brianna a écrit une lettre ouverte de dénonciation pour sensibiliser le public à la négligence des services de police dans la recherche des femmes autochtones disparues.

    Si je disparais est un roman graphique coup de poing, basé sur une histoire vraie, ou plutôt sur trop d'histoires vraies.

    La disparition et le meurtre de femmes et de filles autochtones ne sont PAS uniquement des problèmes autochtones canadiens. Ce sont des tragédies qui relèvent des droits humains partout dans le monde.

  • Pris entre transmission d'histoire et évocation commémorative, l'enseignement sur la destruction des Juifs d'Europe tient une place singulière dans les approches pédagogiques. En Suisse comme ailleurs, autorités politiques et scolaires ont eu à mettre en oeuvre les engagements pris sur le plan international quant à la transmission et à la place de cet événement historique majeur dans l'espace public. Mais que vivent les enseignants à qui incombe la charge principale de cette transmission lorsqu'ils l'abordent en classe ? À partir d'entretiens qualitatifs, Mémoire et pédagogie rend compte des représentations, des expériences, voire des appréhensions d'enseignants d'histoire, ainsi que de la façon dont leur histoire personnelle fait écho à leurs récits. Les postures qu'ils adoptent - centrées sur l'empathie envers les victimes, une entrée par les génocides comme thématique générale, ou encore axée sur des « leçons » à tirer du passé - mériteraient d'être abordées dans la formation des enseignants et autres « passeurs d'histoire » afin d'examiner leurs avantages et leurs écueils. Cet ouvrage, issu d'une des premières recherches sur ce sujet en Suisse, est une contribution à la réflexion collective sur la transmission actuelle et à venir de l'histoire et de la mémoire de la destruction des Juifs d'Europe.

  • La nécessité d'éduquer contre le racisme est généralement reconnue, et pourtant l'éducation antiraciste rencontre de nombreuses difficultés et résistances. Certaines personnes se sentent d'emblée mises en cause par un discours antiraciste parfois moralisant et stigmatisant, d'autres pensent détenir la clé de la vérité à travers une construction idéologique simplificatrice. Cet ouvrage présente des concepts théoriques et des outils pratiques pour éduquer autrement contre le racisme, à travers une approche compréhensive, certes, mais surtout impliquante. La première partie - basée sur deux recherches menées respectivement en Suisse romande et en Suisse alémanique - développe les aspects théoriques d'un approche construite sur l'écoute de la parole des victimes, le maintien du dialogue et la prise en compte des processus de groupe dans la rencontre avec l'Autre. Cette approche repose sur l'apprentissage par l'expérience et par l'élaboration des conflits, sur les situations présentes et sur l'histoire et à la mémoire. Il s'agit d'une pédagogie qui prend en compte les expériences concrètes de tous les acteurs : discriminations subies par les victimes, malaise ressenti par les auteurs, sentiments d'impuissance des témoins... Une pédagogie dont l'objectif est de favoriser un changement d'attitude et une responsabilisation face au racisme. La deuxième partie fournit une série de suggestions et recommandations pédagogiques. Elle propose seize modules concrets pouvant facilement être réalisés dans des contextes sociaux et scolaires et dont on peut attendre une certaine portée. De ces propositions pourront s'inspirer non seulement les enseignants et les travailleurs sociaux, mais également les responsables associatifs et les animateurs de paroisses, d'associations, de foyers, de syndicats, de centres de loisirs et maisons de quartier, pour un public de jeunes ou d'adultes.

  • Le génocide des Tutsi du Rwanda en 1994 a été qualifié très justement de génocide de proximité. Dans un tel contexte, une politique de réconciliation volontaire impulsée d'en haut, travail de longue haleine, ne peut porter ses fruits qu'en allant à la rencontre d'un mouvement ascendant émergeant des communautés de base. C'est là que se conjuguent, étroitement imbriqués dans le quotidien, les enjeux de la reconstruction : la lutte contre la pauvreté, la restauration de la confiance, le partage des récits qui joue un rôle décisif tant au niveau national que dans les relations intrafamiliales et entre voisins. Comment, en s'associant au sein de communautés, affronte-t-on l'ensemble de ces enjeux ? C'est ce que des chercheurs du Centre de gestion de conflits de Butare et de la Haute école de travail social de Genève ont voulu éclairer à travers la coopération qu'ils ont instaurée avec trois associations de la société civile, impliquant différents groupes divisés par le génocide. En développant une recherche-action, les chercheurs ont mis en place au sein de trois projets pilotes, un dispositif de formation des acteurs et de renforcement de leurs capacités pour qu'au-delà de la réconciliation, ceux-ci tracent le chemin d'une véritable citoyenneté démocratique.

  • Rescapé d'une traversée de la Méditerranée, réfugié en Italie dans l'espoir d'aider sa famille restée au Burkina-Faso, Issa attend la réponse à sa demande de droit d'asile dans le centre d'accueil où il est hébergé. Pour lui comme pour ses congénères, l'échec n'est pas une option. Se voyant sombrer dans le désoeuvrement, il part tenter sa chance à Naples : les rumeurs prétendent qu'on y trouve facilement du travail. Rapidement, il noue des relations, enchaîne les
    besognes et se retrouve confronté à la réalité de l'agriculture intensive et des conditions des travailleurs agricoles d'aujourd'hui - illégalité, précarité, exploitation et soumission aux mafias.

  • The aut dedere aut judicare, or "extradite or prosecute" clause is shorthand for a range of clauses that are almost compulsory in international treaties criminalizing conduct, obliging a State to either extradite or prosecute one accused of the crime the subject of the treaty. The obligation has become increasingly central in the emerging legal regime against impunity and has a role in States' armoury of international criminal enforcement mechanisms. Yet there has been little academic consideration of the sources of the principle, including whether it exists at customary international law, and the scope and operation of the obligation. While the topic is currently being considered by the International Law Commission, this paper seeks to provide some of the empirical research that has to date been missing and to identify the sources and scope of the obligation to extradite or prosecute. The views reflected in this paper are personal and do not necessarily reflect those of the United Nations.

  • Una de las discusiones que perdura desde el fin de la última dictadura militar en la Argentina es la que se refiere a la naturaleza criminal de los actos perpetrados desde el Estado en aquel período. Motivado por responder a ese interrogante, Martín Lozada ofrece un recorrido analítico que va desde el derecho penal internacional a la especificidad del debate local. En la primera parte de este libro, el autor evalúa las características del complejo de los crímenes contra la humanidad y, particularmente, de los crímenes de lesa humanidad y genocidio. Para ello, no solo indaga en la conformación técnico-jurídica de estas figuras, sino que busca explicitar, más allá de la propia letra de la ley, qué tragedias humanas exigieron su construcción teórica. En la segunda parte se aboca al caso argentino: «se suele invocar el carácter genocida de los actos perpetrados por los entonces detentadores del poder del Estado, usurpado mediante las maniobras pergeñadas y concretadas por el poder militar -y sus colaboradores civiles- a partir del día 24 de marzo de 1976. Evaluar el alcance de esa afirmación y verificar si, en efecto, el desarrollo experimentado por ciertas ramas del derecho le brinda razón, responde también al objetivo trazado" en este trabajo, explica el autor. «La obra de Martín Lozada es equilibrada, permite percibir profundidades de conocimiento no desarrolladas previamente, a partir de una exposición ágil, clara, con hilo conductor siempre presente y admirablemente enlazada». Zlata Drnas de Clément

  • Enjeux de mots, livre collectif rédigé par une trentaine d'auteurs issus de la société civile et venus de quatre continents, propose un décryptage des grandes notions de la « société de l'information ».
    Sociétés de l'information et sociétés de la connaissance, Gouvernance en réseau et gouvernance électronique, Gouvernance de l'internet, Diversité culturelle, Infrastructure et accès universel, Fracture numérique, Accès public à l'internet, Femmes, Accessibilité, Intelligence coopérative, Expression citoyenne, Innovation par l'usage, Communautés virtuelles, Bibliothèques numériques, Gestion des savoirs, Education, Droits humains, Cybercriminalité, Droits de la communication, Médias, Piraterie, Logiciel libre, Droits de propriété intellectuelle, Économie de l'information 24 thèmes pour mieux comprendre les enjeux des Sociétés de l'information
    Avec Carlos Afonso, Alan Alegre, Subbiah Arunachalam, Michel Briand, Sally Burch, Mavic Cabrera, Kemly Camacho, Dominique Cardon, Sasha Costanza-Chock, Marcelo d'Elia Branco, Luis Angel Fernandez Hermana, Rikke Frank Joergensen, Alain Kiyindou, Hervé Le Crosnier, Mouhamadou Lo, Raphael Ntambue, Sean o'Siochru, Stephanie Perrin, Marc Raboy, Pascal Renaud, Catherine Roy, Partha Pratim Sarker, Christine Schweidler, Marcelo Solevicens, Felix Stalder, Rosa Maria Torres, Roberto Verzola et la coordination de Valérie Peugeot, Alain Ambrosi et Daniel Pimienta

  • Propos racistes entre adolescents, élèves arborant des enseignes d'extrême droite, jeunes faisant état de discriminations subies ; ces incidents touchent et indignent les travailleurs sociaux et les enseignants, à la recherche d'outils pour réagir de façon professionnelle, une fois le choc émotionnel passé. Plus encore, ces incidents de racisme(s) déconcertent ces derniers : Comment réagir lorsqu'ils sont eux-mêmes taxés de racistes ? Existe-t-il également un racisme de la part des minorités visées ? L'Incident raciste au quotidien rend compte d'une recherche dont le but était de recueillir des incidents critiques de racisme ou d'autres formes d'hostilité entre groupes, et de les analyser collectivement avec les professionnels concernés, sous forme de module de recherche-intervision. Cette méthodologie interactive a permis de dégager des incidents-types et de générer des échanges nourris, débouchant sur des pistes d'actions. Treize incidents sont présentés de manière détaillée dans la première partie de l'ouvrage ; ils sont complétés dans la deuxième partie par quatre analyses thématiques portant sur l'extrémisme de droite, la question interculturelle, le processus d'intervention ainsi que sur les représentations du, ou plutôt des racismes, par les professionnels. Au cours de cette étude, travailleurs sociaux et enseignants ont trouvé l'occasion d'exprimer leurs inquiétudes, d'appréhender la complexité des situations et de formuler des pistes d'intervention améliorant le « vivre ensemble ». Gérer ces incidents exige des compétences de la part des professionnels, mais requiert également un engagement au niveau institutionnel.

  • Et si la liberté n'était qu'une illusion ? Ou comment le vécu extrême des anciens - organisé par la violence de l'Histoire - détermine le devenir des générations suivantes. A travers l'expérience de la Résistance et de la déportation lors de la Deuxième Guerre mondiale, ce livre a pour objectif de montrer les effets de la transmission du traumatisme et de sa représentation sur les descendants. Les enfants des Résistants déportés ont subi une double influence, marquée par le sentiment de fragilité et de souffrance parentale, associé à celui de force, de courage et d'engagement (paradoxe : héros/victime). Leur parcours de vie est imprégné par cette mémoire et la volonté testimoniale de leur parent. Après une description des séquelles traumatiques des ascendants et la présentation des concepts sur la transmission transgénérationnelle, l'auteur laisse une large place à l'expression des descendants. Psychologue clinicienne et elle-même fille et petite-fille de résistantes déportées, elle a souhaité partager son vécu et son analyse avec d'autres témoins de sa génération.

  • Les rapports sociaux se conjuguent au présent, mais se nourrissent du passé (réel, construit ou imaginé). La mémoire individuelle et collective tisse des liens avec l'histoire et joue un rôle prépondérant dans la construction d'une identité de groupe. Comment dès lors, des groupes en conflit peuvent-ils apprendre à se reconnaître mutuellement avec leurs droits et leur légitimité ? Le sujet est traité avec rigueur, sérieux, honnêteté. Monique Eckmann ne nous cache rien des difficultés qui attendent à chaque pas le théoricien et le praticien. À travers trois expériences : séminaires interculturels en Irlande et à la frontière austro-hongroise avec des étudiant-e-s en travail social, rencontres entre groupes en conflit en Israël et en Palestine, projet pédagogique pour une éducation «après Auschwitz», ou plutôt «contre Auschwitz» dans le contexte particulier que représente l'Allemagne, elle tente de répondre à cette question dans son aspect théorique, mais aussi en tant qu'observatrice impliquée. On n'est pas ici dans l'illusion de la rencontre « qui suffirait à tout ». L'auteure sait bien que le dialogue demande une pédagogie du conflit et que les conflits sont inévitables - et indispensables - entre majoritaires et minoritaires, entre cultures dominantes et cultures dominées, à l'intérieur même des groupes d'appartenance, à l'intérieur même des individus. Monique Eckmann sait de quoi elle parle : formatrice, femme, juive, blanche, suisse, de l'intérieur, elle connaît l'existence et l'importance du conflit. Le décor est planté : un immense besoin de dignité et de reconnaissance habite ces Européens et ces immigrés, ces adultes et ces jeunes de toutes origines, ces peuples en conflit, et en même temps, ce n'est pas simple. Le présent ouvrage se veut une contribution sociopédagogique au projet d'une Europe ouverte, démocratique et respectueuse des droits humains.

  • Quelles sont les attentes des étudiants des Hautes écoles spécialisées quant à leur formation ? Quelles sont les difficultés qu'ils rencontrent ? Leur origine, leur représentation du monde, leur rapport au savoir sont-ils déterminants dans leur apprentissage ? Le présent ouvrage, issu d'une recherche qualitative menée dans quatre Hautes écoles de santé et de travail social se penche sur les défis particuliers que doivent relever les étudiants d'Afrique subsaharienne qui entreprennent une formation supérieure. Dans une volonté de mieux cerner les difficultés d'apprentissage de ces étudiants - relevées par eux-mêmes et par leurs formateurs - cette étude tente de mieux comprendre les problématiques en jeu et de formuler la complexité de la relation pédagogique d'une population migrante avec son milieu d'accueil. La recherche a été menée au moyen d'entretiens semi-directifs avec des enseignants et des praticiens formateurs et à l'aide d'entretiens de groupe, fondés sur des situations emblématiques, auprès d'étudiants d'origine d'Afrique subsaharienne. Cette approche a permis de mettre en évidence comment les représentations divergentes que les acteurs impliqués ont de l'insertion sociale, du rapport au monde, de l'autre, du temps et du savoir peuvent entraver le processus d'apprentissage. Une série de recommandations et de propositions stimulantes quant à l'interculturalisation de la formation permet d'envisager un prolongement de la lecture dans l'action, tant au niveau individuel qu'institutionnel.

  • À l'heure de la globalisation, la mobilité internationale des étudiants est considérée comme un atout fondamental par les établissements d'éducation supérieure et les gouvernements européens. Effectuer tout ou partie de ses études à l'étranger est perçu comme une opportunité d'accroître le capital humain des étudiants et leur employabilité sur un marché du travail qui s'internationalise. Les États et les établissements cherchent donc à attirer les « cerveaux » d'où qu'ils viennent. Toutefois, en observant la situation d'une majorité d'étudiants en provenance de pays africains et latino-américains en Europe, on constate une précarisation de leurs conditions de vie au cours de leur formation, tant sur le plan juridique que socio-économique, celle-ci pouvant péjorer leurs performances académiques. En outre, ces diplômés voient leur employabilité limitée par les législations en cours dans le pays de formation et peinent à trouver un travail en lien avec leur curriculum dans leur pays d'origine. Ibrahima Guissé et Claudio Bolzman analysent les paradoxes et les limites des politiques migratoires en lien avec l'internationalisation de la formation des Hautes écoles en Europe et en Suisse en particulier, et mettent en lumière le glissement d'un brain gain vers un processus de brain waste.

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