• Publié en 1576, Le Discours de la servitude volontaire est l'oeuvre d'un jeune auteur de dix-huit ans. Ce texte (ô combien actuel !) analyse les rapports maître-esclave qui régissent le monde et reposent sur la peur, la complaisance, la flagornerie et l'humiliation de soi-même. Leçon politique mais aussi leçon éthique et morale, La Boétie nous invite à la révolte contre toute oppression, toute exploitation, toute corruption, bref contre l'armature même du pouvoir.Traduction en français moderne par Séverine Auffret

    4 Autres éditions :

  • Le 28 novembre 1888, Octave Mirbeau signe dans Le Figaro un article intitulé La Grève des électeurs. Un tel manifeste en faveur de l'abstention serait aujourd'hui impensable. Pour autant, il ne cherche point à inoculer le vice du désengagement mais à dénoncer la mystification du système électoral qui pare de la légitimité du vote les extorsions des puissants. Ce n'est pas l'idée de démocratie qu'il critique mais sa pratique au sein de la République ; les institutions abêtissent l'électeur tout en lui demandant son aval. L'anarchisme de Mirbeau fait de l'individu le centre à partir duquel la République doit être interrogée. Il prend à partie l'électeur, qu'il tutoie, sur l'absurdité de sa contribution au grotesque spectacle de sa quête aux suffrages. Par l'humour et la dérision, il attente à la respectabilité des institutions, dénonce "la protection aux grands, l'écrasement aux petits". Si Mirbeau n'érige pas d'utopie dans cette critique radicale, il nous lègue les armes capables de nous défaire du conditionnement qui annihile le plus faible ; vision suffisamment juste pour qu'elle nous dérange encore plus de cent ans plus tard !

    2 Autres éditions :

  • Cent-cinquante ans après sa mort, Alexis de Tocqueville reste un mystère. Trop libéral pour la droite, trop aristocrate pour la gauche, il est un démocrate de raison et non de coeur.

    Son génie est d'avoir pensé la démocratie dans toutes ses dimensions, notamment sa face sombre - la tyrannie de la majorité et sa passion pour l'égalité - qui peut la faire basculer dans le despotisme. Voilà pourquoi il est d'une actualité saisissante au moment où les nations libres traversent une crise sans précédent depuis les années 1930. Nul mieux que lui n'a montré que la démocratie peut s'effondrer de l'intérieur, sous l'effet de l'individualisme, des émotions collectives et de la fascination pour la violence. Nul mieux que lui n'a souligné qu'elle dispose de formidables ressources pour relever les défi s nés des transformations du capitalisme, des régimes ou des idéologies qui entendent la détruire. Car Tocqueville est aussi un combattant de la liberté, qui a lutté pour l'abolition de l'esclavage, la réforme du système pénitentiaire et l'enracinement de la République. Un combattant de la liberté qui nous rappelle qu'elle dépend de l'engagement de chacun à la défendre.

  • Démocratie

    Samuel Hayat

    À quoi sert le mot démocratie - ou plutôt à qui sert-il ? Dans cet essai incisif, il s'agit de redonner toute sa force au mot, en mettant en lumière les différents plans sur lesquels se joue le combat autour de la démocratie entre les puissants et le peuple, afin d'éclairer ce qui fait démocratie.
    À quoi sert le mot démocratie - ou plutôt à qui sert-il ? Dans cet essai incisif, il s'agit de redonner toute sa force au mot, en mettant en lumière les différents plans sur lesquels se joue le combat autour de la démocratie entre les puissants et le peuple, afin d'éclairer ce qui fait démocratie.
    " Le parti, le syndicat, le mouvement, l'organisation, le groupe affinitaire, l'association, aucune forme n'est prémunie de la captation oligarchique, mais aucune n'y est non plus condamnée. La démocratie est le pouvoir d'un peuple qui ne cesse de se reconstruire dans l'expérience collective d'un refus d'être gouverné. Ce refus préfigure un temps nouveau, celui du gouvernement du peuple et de la fin de la domination sociale. Adhérer à la démocratie au sens fort suppose de l'effectuer, c'est-à-dire de prendre parti, sans garantie de victoire. Là est le sujet collectif que cette compréhension de la démocratie construit : un nous partisan, fondé sur un commun attachement à la démocratie réelle, cette forme de gouvernement et de société qui repose sur la capacité de n'importe qui à prendre parti, pour mettre en échec collectivement les relations de pouvoir qui nous enserrent. Là est le pari de la démocratie, la condition pour que s'effectue, de manière toujours différente et inattendue, le pouvoir du peuple."

  • Jean Viard pose comme point de départ que la démocratie telle que nous l'avons connue n'existera plus. En effet, elle était structurée par l'existence de groupes humains liés aux conditions de production et aux territoires des nations. Or, si classes et nations s'entremêlaient, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Écart de richesse, révolution numérique, communautarisme, tourisme... Tous ces éléments (et bien d'autres) ont contribué à faire disparaître l'objectif d'une révolution mondiale. L'humanité, physiquement réunifiée au XXe siècle, se trouve liée désormais pour sa survie face au dérèglement climatique, liée par le numérique. Dans ce nouvel essai, le sociologue dresse le constat d'un monde dont les codes ont définitivement changé, et nous exhorte à le comprendre pour éviter le drame.

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    Jean Viard est sociologue, directeur de recherche associé au CNRS. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Nouveau portrait de la France (2012) et Une société si vivante (2018).

  • Hier encore, le discours officiel opposait les vertus de la démocratie à l'horreur totalitaire, tandis que les révolutionnaires récusaient ses apparences au nom d'une démocratie réelle à venir.
    Ces temps sont révolus. Alors même que certains gouvernements s'emploient à exporter la démocratie par la force des armes, notre intelligentsia n'en finit pas de déceler, dans tous les aspects de la vie publique et privée, les symptômes funestes de l' "individualisme démocratique" et les ravages de l' "égalitarisme" détruisant les valeurs collectives, forgeant un nouveau totalitarisme et conduisant l'humanité au suicide.

    Pour comprendre cette mutation idéologique, il ne suffit pas de l'inscrire dans le présent du gouvernement mondial de la richesse. Il faut remonter au scandale premier que représente le "gouvernement du peuple" et saisir les liens complexes entre démocratie, politique, république et représentation. À ce prix, il est possible de retrouver, derrière les tièdes amours d'hier et les déchaînements haineux d'aujourd'hui, la puissance subversive toujours neuve et toujours menacée de l'idée démocratique.

  • Le nouveau tsunami causé par le Covid-19 ne nous laisse plus le choix. Il n'est plus possible d'aménager à la marge un système économique aux défaillances de plus en plus criantes (crise écologique, croissance des inégalités). C'est le moment (ou jamais ?) de le réorienter vers la construction d'un monde plus juste et plus durable.Fort de son expérience au plus haut niveau des instances financières internationales, Bertrand Badré, avec passion et pédagogie, propose dans cet ouvrage une véritable feuille de route pour le xxie siècle. À rebours d'un fatalisme trop souvent répandu, il nous incite à tous nous engager pour sa concrétisation.Car, qui que nous soyons, nous avons le pouvoir d'influer sur le cours des choses. En tant que consommateur, investisseur, comme citoyen ou dans notre travail. Non pas « les pauvres » contre « les riches », non pas « le peuple » contre « les élites » - mais tous ensemble, pour le bien de tous, et celui de notre planète.

  • Hier célébré pour son combat démocratique, l'homme de Wikileaks est aujourd'hui abandonné à l'arbitraire juridique. Dans cette plaidoirie qui est aussi le récit philosophique d'un engagement, son avocat, Juan Branco, pourfend nos lâches renoncements à une démocratie authentique. Un brûlot à lire et à relire.
    Juan Branco, proche conseiller de Julian Assange, prend la plume afin de raconter l'odyssée du fondateur de Wikileaks, menacé de 175 ans de prison pour avoir dit la vérité.
    En 2010, alors qu'il révèle sur Internet faits de corruption, crimes de guerre et crimes contre l'humanité, Assange est courtisé par les médias, invité par des universités, honoré par des ONG, nommé pour le prix Nobel de la Paix. Il reçoit une dizaine de prix de journalisme.
    En 2019, après 2 487 jours à Londres, et surveillé 24h/24 par la CIA, Julian Assange est exfiltré de l'ambassade de l'Équateur où il avait cru pouvoir se réfugier. Des hommes en noir le mènent à la prison antiterroriste de Belmarsh. Depuis, selon l'ONU, il est soumis à une torture incessante.
    Que s'est-il passé en dix ans, pour qu'un hérault de la liberté devienne l'ennemi public numéro un ? Qu'a commis Assange de si terrible pour qu'on accepte ainsi le renversement de son destin ? En quoi se différencie-t-il d'Edward Snowden, que les révélations sur la NSA et la CIA ont propulsé sur tous les écrans, se voyant même récompensé par deux films hagiographiques.
    En s'appuyant sur ses expériences au Quai d'Orsay comme à la Cour pénale internationale, et tour à tour généreux, remonté, agacé, Juan Branco revient sur le parcours incroyable du plus grand lanceur d'alerte de notre époque, qui s'est peut-être brûlé les ailes, mais que nous pouvons encore sauver.

  • Jo Spiegel garde en mémoire ce jour où il a pris conscience, avec effroi, qu'il faisait de la politique « à l'ancienne » : celle qui se réclame de la démocratie mais la réduit au seul droit de vote, celle où toutes les décisions sont prises dans un entre-soi des élus.
    Maire de Kingersheim en Alsace depuis 1989, achevant son dernier mandat, il raconte comment, avec ses équipes successives, il s'est alors mis à construire, lentement et patiemment, un autre paradigme pour redonner un vrai pouvoir d'élaboration et de décision aux habitants.
    Kingersheim, lieu d'une fascinante expérimentation, véritable « fabrique de démocratie », est aujourd'hui un modèle dont nombre de municipalités s'inspirent. Récit de cette aventure passionnante, cet ouvrage est une réponse à l'urgence démocratique.


    « Kingersheim est devenue une sorte d'Athènes française, dans laquelle des gens viennent des quatre coins du pays observer, comme je le fis, l'expérience "spiegelienne" et assister aux conseils participatifs ou aux rencontres en quartier. Dans le but de comprendre pour pouvoir dupliquer ou généraliser. Car il y a dans cette expérience locale une leçon qui pourrait être nationale ou européenne. Tout est question de volonté politique. »

    Raphaël Glucksmann

  • Le bio, la viande, les régimes « sans »... Comment démêler le vrai du faux ? Entre les produits bio emballés dans du plastique, les régimes végétariens et véganes qui prennent de plus en plus d'ampleur, et les grandes industries agro-alimentaires qui usent d'un marketing bien ficelé pour revaloriser leurs produits, nous ne savons plus qui croire ni quoi manger. Frédéric Denhez, écologue de formation, nous propose sans manichéisme de redécouvrir les coulisses de notre système alimentaire et nous incite à ouvrir les yeux sur les choix que nous faisons, souvent de façon inconsciente ou parce que nous sommes mal informés.Comprendre d'où vient ce que nous mangeons, saisir la réalité de la précarité alimentaire, savoir où et comment faire nos courses, réapprendre à apprécier les repas quotidiens... Cet ouvrage nous donne toutes les réponses aux questions que nous devons tous nous poser, afin de prendre des décisions éclairées, cohérentes et assumées sur ce qui se trouve dans notre assiette, sans culpabiliser ! Un manifeste du bien s'informer pour bien manger !

  • Après la candidature de la liste « Urgence écologie » aux élections au Parlement européen de mai 2019, Dominique Bourg propose un état des lieux de notre démocratie, des dangers qui la menacent et des solutions à mettre en oeuvre au plus vite, afin de rompre avec l'inertie du système. Il analyse le quadruple échec de notre système politique : face aux marchés, aux enjeux écologiques, aux évolutions techniques et au principe de la représentation. Ces échecs ont engendré de lourdes menaces pour nos sociétés. La révolution numérique permet désormais à la technologie de se substituer à l'humain. Dans un contexte de globalisation économique et de développement de groupes transnationaux surpuissants, le marché est devenu souverain, empêchant les États d'exercer leur rôle social. Enfin, la menace écologique est désormais omniprésente. Dans un tel contexte, le défi posé aux démocraties est immense. Leur incapacité à faire front pourrait favoriser l'avènement de régimes autoritaires. Une voie escarpée reste à gravir : celle de l'écologisation de la démocratie, afin de passer du paradigme mécanique de la modernité à l'unité du vivant.

  • Au XIX e siècle, le saint-simonisme invente la société libérale et individualiste du bonheur régie par l'élite. Depuis 2017, Emmanuel Macron en a fait son programme. Du coup, tout s'éclaire de ses intentions, de ses actions et de ses échecs. Un pamphlet où la pensée le dispute à la formule.
    Quasi inconnu des Français deux ans avant d'être élu à la présidence de la République, Emmanuel Macron ne vient pourtant pas de nulle part. Il se rattache clairement à un courant progressiste remontant au xixe siècle, le saint-simonisme, qui, à l'époque, promouvait la résorption du politique dans l'économie, l'attribution du pouvoir aux experts et aux scientifiques, le dépassement des cadres traditionnels et la fusion des identités par l'abolition des frontières, l'intégration européenne et la globalisation financière.
    Ce lien étroit avec le saint-simonisme éclaire les choix politiques de l'actuel Président de la République. Plongeant dans le passé pour mieux décrire notre avenir, Frédéric Rouvillois dévoile ainsi le sens caché du macronisme : sa volonté de liquider les réalités anciennes afin de leur substituer, sur tous les plans, un " nouveau monde " fluide, ouvert, sans identités ni barrières, afin que rien ne vienne gêner le mouvement perpétuel des individus et des biens qu'exige la mondialisation.
    Voici, amplifié par la gestion erratique de la pandémie qui a frappé la planète et dérouté la France, un dernier inventaire avant liquidation.

  • Grand entretien : Élisabeth de Fontenay. « Il faut repenser les Lumières avec les mots d'aujourd'hui »
    À l'occasion de son dernier ouvrage, En terrain miné (Stock, 2017), la philosophe Élisabeth de Fontenay évoque son amitié conflictuelle avec Alain Finkielkraut, son attachement au judaïsme, sa vision de la laïcité et de l'islam et son engagement pour la cause animale.
    Dossier : Qu'est-ce que le macronisme ?
    -> Rencontre de Ricoeur et de Macron par Olivier Mongin
    En 1999, Emmanuel Macron accepte de travailler comme assistant éditorial de Paul Ricoeur. Olivier Mongin explique l'influence intellectuelle du philosophe sur l'étudiant et son rôle d'éducateur politique auprès du futur président.
    -> La place de Paul Ricoeur dans la philosophie contemporaine par Olivier Abel
    /> Olivier Abel définit la pensée de Paul Ricoeur, son style et ses grands thèmes de prédilection (la question du mal, le langage, le temps).
    -> Le prince et la République par Philippe Raynaud
    Emmanuel Macron a rédigé un mémoire de maîtrise sur Machiavel. Philippe Raynaud se demande en quoi les concepts machiavéliens peuvent ou non illustrer l'action du président.
    -> L'enfant caché de Giono par Franz-Olivier Giesbert
    Giono figure au panthéon littéraire d'Emmanuel Macron, aux côtés notamment de Gide et Camus.
    -> Mitterrand, l'avenir de Macron ? par Laure Adler
    Mettre en parallèle François Mitterrand et Emmanuel Macron permet de dégager d'intéressantes similitudes et dissemblances.
    -> Le macronisme est-il schumpétérien ? par Annick Steta
    Maladroitement assimilée aux théories de Joseph Schumpeter, la philosophie économique d'Emmanuel Macron puise à d'autres sources, comme l'analyse Annick Steta.
    Littérature -> Inédit. Julie Wolkenstein « Regarde ! Regarde comme je suis fait pour toi ! »
    Julie Wolkenstein raconte comment elle trouva un long-métrage disparu d'Éric Rohmer, sujet de son dernier roman, Vacances (POL, 2017).

    2 Autres éditions :

  • La nouvelle série de Thierry Lenain !Chaque semaine, dans la classe , il y a le moment du Pourquoi. Ce matin, Tovi demande à la maitresse : "Maitresse, pourquoi tu es noire?" Tovi pense qu'il est blanc parce qu'il est français. Mais Miradie est noire et elle est française ! On peut aussi avoir les yeux bridés comme Chizuka et être français, s'appeler Brahim et être français, ou avoir des tâches de rousseur comme Tovi et être français... Est-ce que la France elle-même ne viendrait pas d'ailleurs ?

  • La nouvelle série de Thierry Lenain !Aujourd'hui la maitresse propose à la classe de pique-niquer tous ensemble. Tom veut apporter du saucisson, mais Tovi n'a pas le droit de manger du cochon. Le saucisson de cheval fait pleurer Alima qui a peur que l'on mange son poney. De toute façon, Malwen doit manger du poisson parce que demain c'est vendredi. Quel casse-tête !

  • En se plaçant au-dessus des partis, le président Macron abuse d'une recette éprouvée depuis 1793. Le pouvoir exécutif, en la personne d'un sauveur, supplante le pouvoir législatif au risque de fragiliser la démocratie représentative. La modération du centre est censée constituer une réponse aux postures de droite et de gauche, repoussées aux extrêmes. La saison des tourne-veste prétendant inventer une nouvelle morale politique pour légitimer leur renoncement répète les crises françaises de la politique depuis 200 ans. La vie politique n'est pas bloquée par une lutte handicapante entre droite et gauche mais par un poison sournois ; celui d'un extrême centre qui vide de sa substance démocratique la République en la faisant irrémédiablement basculer dans l'autoritarisme.

    Pierre Serna est professeur d'histoire de la Révolution française à l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

  • "Qu'est-ce qu'un démocrate, je vous prie ? C'est là un mot vague, banal, sans acception précise, un mot en caoutchouc." Cette question, ce jugement sans appel d'Auguste Blanqui datent d'un siècle et demi mais gardent une actualité dont ce livre est un signe. Il ne faut pas s'attendre à y trouver une définition de la démocratie, ni un mode d'emploi et encore moins un verdict pour ou contre. Les huit philosophes qui ont accepté d'y participer n'ont sur le sujet qu'un seul point commun : ils et elles rejettent l'idée que la démocratie consisterait à glisser de temps à autre une enveloppe dans une boîte de plastique transparent. Leurs opinions sont précises dans leurs divergences, voire contradictoires - ce qui était prévu et même souhaité. Il en ressort, pour finir, que tout usé que soit le mot "démocratie", il n'est pas à abandonner à l'ennemi car il continue à servir de pivot autour duquel tournent, depuis Platon, les plus essentielles des controverses sur la politique.

  • Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De ­Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations ­inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française.
    Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les ­enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité.
    Elle nous propose une analyse critique du ­républicanisme français dont l'universalisme, ­inscrit en lettres d'or dans les textes ­constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées.
    Les victimes du racisme sont massivement les ­immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité.
    Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.

  • Le grand écart

    Pascal Perrineau

    • Plon
    • 21 Novembre 2019


    La France vit-elle un changement profond de son paradigme démocratique ?

    Au cours des trois dernières années, les vieux partis politiques ont presque disparu, le clivage entre la gauche et la droite s'est étiolé, de nouvelles forces et organisations ont émergé.
    L'année 2019 a vu trois registres de la démocratie opérer et tenter de dialoguer : la démocratie directe des Gilets jaunes, la démocratie participative du grand débat national et la démocratie représentative issue des urnes lors des élections européennes. Or tout laisse penser que leur complémentarité se fait de façon plus conflictuelle et fragmentée qu'auparavant.
    Fort de son expérience de garant du grand débat national - qui lui a permis d'entendre directement la parole de nombreux Français, leurs préoccupations comme leurs
    revendications, mais aussi d'être au coeur de l'expérience du pouvoir politique et d'en approcher les intentions et les doutes -, Pascal Perrineau prend ici la mesure de l'état de santé démocratique du pays.
    Et c'est le portrait d'une France politique changée, troublée, en certains points fracturée, dans un contexte de défiance politique majeure entre gouvernants et gouvernés, qui s'impose.



  • « Le rationaliste est l'ennemi de l'autorité, des préjugés, de ce qui est traditionnel. Il est porté par la croyance en une "raison" commune à toute l'humanité, en un pouvoir commun d'examen rationnel, qui serait le fondement et la force vive de l'argumentation. Au-dessus de sa porte se trouve inscrit le précepte de Parménide : "Juge par argumentation rationnelle." J'avoue moi aussi garder espoir en la raison. Certes, elle est fragile, nourrie par nos passions et sentiments, et sa flamme prométhéenne doit toujours être entretenue de peur qu'elle ne vacille et s'amenuise. Mais cet espoir est justifié. »
    On entend souvent aujourd'hui qu'au fond, la vérité, les faits objectifs n'existent pas, qu'il n'y a pas de points de vue qui soient réellement plus rationnels que d'autres. La raison passe également pour autoritaire et antidémocratique : elle conduirait à l'intolérance, au dogmatisme, au non-respect de la multiplicité des points de vue. Professeur de philosophie à l'université du Connecticut, Michael Lynch répond aux différents arguments avancés contre la raison - de ceux du scepticisme ancien à ceux du relativisme postmoderne - et soutient qu'elle est précisément ce dont les démocraties ont besoin pour être véritablement démocratiques.

  • Après vingt années de chavisme, le Venezuela, qui possède pourtant les premières réserves mondiales d'hydrocarbures, se trouve à un stade structurel post-apocalyptique : pénurie alimentaire, hyperinflation galopante, insécurité maximale, corruption généralisée, désastre écologique, crise énergétique, délabrement sanitaire, émigration massive, répression politique.
    Le projet du « socialisme du XXIe siècle » mené par Hugo Chavez, puis par son successeur Nicolas Maduro, agonise dans une impasse idéologique.
    À l'heure où l'espoir d'une transition démocratique renaît à nouveau, Paula Vasquez Lezama nous propose, sous la forme d'une enquête sociologique et anthropologique, une analyse de la situation actuelle.
    Paula Vasquez Lezama est sociologue et anthropologue. Chercheuse au CNRS, ses domaines de recherche sont l'anthropologie des catastrophes et de la santé, les situations de violence et l'économie du pétrole.


  • Christian Ruby propose, sous la forme originale de l'abécédaire, un ouvrage questionnant les notions d'art et de culture dans une approche historique, ouverte et dynamique.
    Loin de se contenter d'apposer des définitions figées aux concepts qui jalonnent les arts et la culture, il entreprend un voyage au long cours à travers l'histoire des idées (la philosophie grecque, les Lumières, l'ethnologie, la sociologie contemporaine...) et aborde le sujet dans toutes ses dimensions : philosophique, sociologique, anthropologique, politique.
    Les références bibliographiques qui complètent chaque définition permettent au lecteur de se constituer une « bibliothèque idéale » sur la culture qui peut s'avérer très utile à quiconque entreprend des recherches sur le sujet.
    Au final, à l'inverse de l'approche cultivée et eurocentrée entretenue par un monde professionnel parfois replié sur lui-même, Christian Ruby invite les lecteurs à penser les arts et la culture en termes dynamiques d'exercice pour qu'ils nourrissent leur trajectoire personnelle de citoyen, pour qu'ils s'interrogent sur la question de l'émancipation.

  • À quoi sert le journalisme en démocratie ? Que veut dire voir et faire voir le monde au présent ? Quel est le sens politique d'une telle activité ? Existe-t-il un journalisme « idéal », à l'aune duquel juger le journalisme « réel » ? Sur quelle base le critiquer, et pour lui indiquer quels chemins aujourd'hui ? Dans cet essai stimulant, le premier à soumettre le journalisme à un questionnement philosophique, Géraldine Muhlmann montre qu'une double tâche est assignée au journalisme : faire vivre du conflit et tisser du commun au sein de la communauté politique. C'est finalement l'énigme de la démocratie qu'elle explore : la coexistence de deux scènes, celle des actions et celle des représentations, la seconde offrant une issue symbolique aux conflits qui agitent la première. Une préface inédite met cet essai à l'épreuve des problèmes les plus aigus auxquels le journalisme est confronté aujourd'hui : le complotisme et les fake news ; la vitesse de l'information et son « séquençage » ; ou encore, le phénomène des « lanceurs d'alerte », dans ce qu'il a d'ancien et de nouveau.

  • Refaire société

    Collectif

    • Ser
    • 6 Novembre 2019

    Le livre : Les manifestations des « gilets jaunes », commencées en novembre 2018, mettent en question certains fonctionnements de la société. Elles révèlent de profondes fractures sociales, géographiques, économiques, culturelles. En dépit des débordements de violence, des citoyens de différentes catégories sociales ont exprimé une exigence de plus grande justice fiscale, un désir de se retrouver ensemble et d'être associés à la vie politique. Des expériences menées au sein de collectivités locales montrent que de nouvelles procédures démocratiques sont possibles.
    Les auteurs :
    Christophe Guilluy. Géographe, consultant indépendant pour les collectivités territoriales.
    Hervé Le Bras. Démographe, historien, directeur de recherches émérite à l'Institut national d'études démographiques (INED) et directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS).
    /> Martine Legris. Sociologue au Centre d'études et de recherches administratives, politiques et sociales, Université de Lille.
    Dominique Quinio. Journaliste, directrice de La Croix (2005 à 2015), présidente des Semaines sociales de France depuis 2016 et membre du Comité consultatif national d'éthique depuis 2016.
    Nathalie Sarthou-Lajus. Philosophe, rédactrice en chef adjointe d'Études depuis 2007.

    Jo Spiegel. Maire de Kingersheim (Haut-Rhin) depuis 1989, et cofondateur de Place publique (2018).

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