UGA Éditions

  • Cet ouvrage collectif examine les liens qui unissent Stendhal, malgré ses dénégations, à Winckelmann. Il s'efforce de dégager les principaux aspects de la réception du savant allemand par l'écrivain français, et de mettre en évidence les termes du dialogue que ce dernier instaure avec l'historien de l'art.

  • Le propre du secret est qu'il donne à imaginer. Il est le point de départ d'une recherche, qui peut prendre la forme de la quête, ou même de l'enquête. Il déclenche surtout une rêverie dont bénéficient la littérature et l'art. Partant d'un exemple apparemment très simple, « Le secret de maître Cornille », dans les Lettres de mon moulin, Pierre Brunei a choisi, sans aucun souci d'être exhaustif, un libre parcours. Il convoque, au gré de sa fantaisie, mais aussi d'une nécessité interne du sujet, antiques et modernes, écrivains, peintres et musiciens. Nul esprit de système, dans tout cela, nulle grammaire de l'imaginaire, mais un libre déploiement à partir de visages d'hommes, de figures mythiques et même de simples lettres de l'alphabet, immobiles ou dansantes, d'apparents cryptogrammes qui peuvent aussi constituer des clefs.

  • L'ouvrage comporte articles et dessins de presse, pour la plupart inédits, qui constituent la réception des nus dits "modernes" exposés par les peintres et sculpteurs entre 1799 et 1853. L'homogénéité thématique privilégiée et la période considérée permettent une approche renouvelée des a priori concernant l'histoire de l'art du XIXe siècle. Les documents d'époque proposent ainsi une saisie au plus près des enjeux et débats critiques. On peut mesurer l'ampleur des scandales qui ont précédé celui d'Olympia, la progressive constitution d'un champ artistique où les expositions privées et payantes se développent, le déplacement des catégories liées au nu. L'anthologie est organisée de façon chronologique de 1799 à 1853 et privilégie les "salons des artistes vivants" successifs. Un discours d'escorte permet de mettre en situation les documents : par une présentation de chaque salon traité, par des encadrés bio-bibliographiques concernant les signataires des articles et dessins. La présence d'index (auteurs, artistes, oeuvres) et d'une bibliographie raisonnée permettent également une lecture transversale des critiques d'art ainsi mises à disposition.

  • Surréaliste de la première heure, ami de Bataille, Leiris, Masson et Dubuffet, conteur original et critique d'art prolifique, Georges Limbour, malgré l'admiration de ses pairs, reste méconnu. Son oeuvre littéraire, pourtant, d'un style à la fois précieux et familier, déploie un imaginaire singulier dont la cohérence frappe au-delà de la dispersion des textes, due en partie à la négligence d'un homme qui a promené son dilettantisme de son port natal, Le Havre, à l'Égypte et la Pologne. Après la Seconde Guerre mondiale, ce promeneur impénitent met son goût de la marche au service de son amour de l'art, et devient le visiteur assidu des galeries parisiennes : Limbour chroniqueur est un témoin précieux des querelles qui agitent les avant-gardes artistiques après-guerre. Témoin, mais témoin engagé, Limbour défend dans sa critique d'art l'idéal surréaliste d'un art exprimant la réalité profonde de l'homme et de la nature, et son discours accompagne avec autant d'humour que de sensibilité l'oeuvre de ses amis peintres. Souvent plus proche d'un Baudelaire ou d'un Nerval que d'un Breton, Limbour nous laisse ainsi une oeuvre élégante et gouailleuse, parfois nostalgique, qui porte jusqu'à l'orée des années soixante-dix les derniers feux du romantisme.

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