Société des écrivains

  • «?Elle avait fait un essai qui, comme Bernard Libidinus l'avait pressenti, s'était avéré concluant. Elle avait même estimé que l'exercice n'était ni spécialement difficile ni spécialement désagréable. Assise entre deux hommes dans une salle de cinéma où elle regardait un film pornographique pendant que ses voisins avaient glissé tous deux leurs deux mains sous sa robe, elle devait leur faire croire qu'elle jouissait jusqu'à l'extase, exercice qui lui fut d'autant moins difficile que son extase n'était pas feinte.?» Afin de mieux «?satisfaire la soif d'érotisme?» de son lecteur, Gérard Sénète invente une forme de roman originale, modulable selon les préférences de celui ou celle qui le lit. La trame narrative flexible permet ainsi au lecteur de se muer en écrivain en choisissant des variantes plus adaptées à son propre imaginaire. Participer activement à l'élaboration de ce scénario libertin est une manière ludique d'assouvir ses fantasmes sexuels les plus fous. Il est possible de modifier jusqu'aux moindres détails, des décors en passant par la garde-robe de Divine, irrésistible actrice de films pornographiques qui s'adonne sans retenue aux plaisirs de la chair avec de nombreux partenaires.

  • « Nous restons sans voix devant la toile Luxe, Calme et Volupté de Matisse : environ deux mètres vingt sur un mètre trente : trois femmes nues, se découpant sur un fond marin vert et brun, sans aucun arbre à l'horizon. Une femme debout, une femme agenouillée, une femme en arrière-plan tendant un bouquet de fleurs. Le trait est net et épais, cela ressemble à une esquisse, et on comprend la complexité du travail en s'approchant. Mon Charasson reste sans voix, comme tétanisé. Il tourne et retourne, s'éloigne et se rapproche jusqu'à presque toucher la toile du nez. Il la sent, il la respire, il s'en imprègne. » Amélia, étudiante en histoire de l'art, découvre le journal de son aïeule rédigé au début du siècle dernier. Entre drame familial, découverte du monde des artistes, émancipation féminine et journalisme, Amélia va aller de découvertes en découvertes jusqu'à forger son propre destin.

  • « Le mouton noir que je suis préfère rester au bord de la falaise, à profiter d'un monde qui offre encore pour quelque temps sans doute des merveilles pas totalement abîmées sous l'effet des délires de mes chers contemporains. » Jean-Louis Grenier, sympathique octogénaire qui n'a pas sa plume dans sa poche, s'est forgé en autodidacte une pensée critique qui vise à remettre en question les idées reçues et les préjugés dans les domaines de l'art, la musique et la religion. Avec une irrévérence jubilatoire, il défend avec bon sens sa liberté d'esprit face au point de vue souvent dogmatique, formaté ou réactionnaire de nombre de ses contemporains. En toute humilité, il formule le souhait de construire un monde meilleur pour les générations futures, basé sur des valeurs telles que la raison, la beauté ou encore la laïcité. Citant abondamment un large panel de penseurs pour étayer ses propos, l'ouvrage invite à une réflexion riche et stimulante.

  • Alejandro est devenu avocat à quarante ans, après avoir repris des études en cours du soir, poussé par le souvenir d'un amour manqué qui accompagne toujours ses pensées. Il se souvient de sa jeunesse dans l'Espagne des années 80, ses conditions de vie dans son petit village natal, puis différentes périodes passées en France pour des travaux saisonniers. Malgré son nouveau statut social et son revenu confortable, Alejandro ne parvient pas à connaître le bien-être. Continuant à essuyer des échecs amoureux, il vit perpétuellement dans la nostalgie et dresse un triste bilan de sa vie qu'il trouve vide. Avec son premier dossier d'avocat, Alejandro commence une nouvelle aventure, il fera une rencontre qui va bouleverser sa vie en le ramenant à nouveau à son passé. Ce roman, délicieusement absorbant, a pour base la quête existentielle d'un idéal. Clarisse Cano Pintor signe, avec dextérité, un livre plein de sagesse montrant que le courage permet de réaliser de grandes ambitions, même s'il faut prendre garde à notre recherche effrénée du bonheur qui n'est pas forcément synonyme de réussite professionnelle, et qui est peut-être déjà à nos côtés...

  • « La géopoétique suppose, par sa nature même, une analyse des rapports des humains avec la nature. Ces correspondances font fusionner le corps et l'esprit dans de lents cheminements évoquant les liens entre le ciel et la terre. Elle implique un exercice de la pensée, guidée par une perception détaillée, car la conception holistique humboldtienne force le regard à parcourir les traces vivantes des lieux. Comment envisager dans ces conditions un état poétique du concret des villes et traiter les marcheurs des rues et les simples passants comme des géopoéticiens ? » Dans cet ouvrage, Licia Soares de Souza s'est attachée à se centrer sur une géopoétique en privilégiant Montréal comme ville de la littérature québécoise contemporaine, car elle permet d'étudier les mouvements des individus et des groupes avec leurs formations culturelles à travers la configuration urbaine de la métropole québécoise. Dans la majorité des oeuvres analysées, la ville est plus qu'un décor puisqu'elle dévoile une mise en scène d'appareils poétiques concernant les relations des protagonistes avec les endroits où ils développent leurs expériences, individuelles ou collectives. Cet essai littéraire, riche de connaissances érudites et approfondies, offre au lecteur la découverte d'un mouvement regroupant des chercheurs et artistes en quête de rapports privilégiés avec le monde.

  • Culture ou civilisation, quelle différence ? L'indistinction entre les deux notions est aujourd'hui totale ou presque dans la plupart des usages. L'opinion populaire est d'ailleurs invitée à les confondre par les savants et les intellectuels qui ont fini par en effacer théoriquement les frontières, ...

  • « J'écris parce qu'il le faut, En hommage à mon rituel des voyages, En l'honneur de mon bonheur un instant retrouvé, En défense de l'absence de l'être aimé, Dans l'abstinence de coïts inassouvis, Dans l'espoir de revoir ma patrie occultée, Dans la confiance de chérir cette liberté rejaillie, Dans le vide du jamais, Dans la plénitude du toujours, Dans le foisonnement de pensées en fusion, Dans l'impatience de créer, encore et toujours, Dans la certitude d'aimer un jour ou un autre, Dans la conviction d'enfanter cet autre de moi, Dans l'amour de la vie, Dans la mort de la mort, Dans l'intemporalité de nos deux corps soudés. » D'une plume intimiste et libre, Régine Temam livre ses ressentis et questionnements sur les vicissitudes de la vie. Bien plus qu'une introspection et quête personnelle, cet ouvrage, abordant aussi des sujets de société, fera écho chez beaucoup de lecteurs. Ils se reconnaîtront dans la belle âme de cette artiste, aux textes déroutants, qui décrit avec authenticité et talent des émotions universelles.

  • « La première chose que vous ayez à vous mettre dans le crâne, à mon sujet, c´est que je suis un type méchant. Pas un sale type, entendons-nous bien ! J´espère que vous voyez la différence. Par exemple, Mimoun le minable a balancé spontanément les deux élèves qui ont cassé votre pare-brise pour piquer vos lunettes solaires - des lunettes un peu flashy, non ? Et même, ce vicieux a donné des faux noms, je veux dire ceux d´une paire de cloches qui n´y étaient pour rien. Mimoun est un double salaud. Qu´est-ce que j´ai de commun avec cette engeance ? »

  • « Piaillements de vie, cris de victoire étouffés par le temps et devenus murmures, voix plaintives des erreurs commises, constituant imperceptiblement, presque insidieusement, le bruit de fond de l'humanité, voix lustrales et cristallines des existences créatives et généreuses. D'innombrables voix, anonymes ou augustes, n'en faisant qu'une, fleuve puissant au bourdonnement grave et incessant coulant en chacun de nous. Un choeur, une forêt de voix, arbres vibrant d'une énergie puisée dans une terre chaude et humide d'âmes compostées... »

  • « Hé oui, on prête parfois aux anciens avec raison des paroles amusantes : "La nature, prétendait Zénon selon le papier d' une papillote des fêtes de fin d' année, nous a donné une langue et deux oreilles, afin que nous écoutions deux fois plus que ce que nous disons". » Prolifique auteur à l'imagination débordante, Jean-Louis Cayla porte un regard critique et très personnel sur notre monde contemporain. Dans ce nouvel opus, il en révèle les failles et les rouages, s'amusant devant ce spectacle qui ne manque pas de surprendre. Avec une ironie mordante, il croque les moeurs souvent grotesques de ses concitoyens et trouve toujours le moyen d'en rire - jaune. Politique, culture, science, médias : autant de sujets qui s'entremêlent pour constituer le tableau d'une époque en pleine mutation.

  • « À la sortie d'un village, j'aperçois des troupeaux de cochons qu'on emmène le long des champs de riz ou de paddy. Un vieux monsieur portant un sac sur la tête s'arrête. Il me regarde de ses yeux écarquillés, sans un mot. Un arrêt restaurant dans une salle propre décorée de tentures roses, ressemblant à la Turquie ou à l'Asie centrale. Un couple de Kanpur m'invite à visiter la ville ce soir. Les voyages sont faits de rencontres imprévues. » Dans ce carnet de voyage illustré de photographies, Jean-Pierre Jouveau raconte l'étonnant périple qu'il a accompli à vélo (affectueusement nommé «?sa vagabonde?») à l'autre bout du monde. Son goût immodéré de l'aventure en bandoulière, il part à la découverte d'autres cultures et de personnes aux modes de vie radicalement différents du sien. Il y observe le triste spectacle de la pauvreté, mais aussi la richesse des traditions propres à ces lointains pays et leur vitalité. De l'Inde au Népal, de l'hindouisme au bouddhisme, du Gange à ses sources sacrées, l'auteur poursuit son rêve et partage avec le lecteur sa quête des sommets himalayens et d'Everest perdus dans les nuages...

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