Collection XIX

  • « Nous n'avons pas la prétention d'apprendre aux maraichers de profession leur métier, encore que les plus habiles praticiens puissent retirer quelque fruit d'une théorie basée sur les acquisitions récentes de la science. C'est surtout aux habitants de la campagne, qui abandonnent aux enfants et aux animaux de basse-cour des terrains qu'ils pourraient exploiter plus utilement pour l'augmentation de leur bien-être, que nous nous adressons, petits fermiers, ouvriers de la terre, citadins en villégiature, qui trouveront dans ce commerce quotidien avec la nature une agréable diversion à leurs préoccupations habituelles. Dioclétien se plaisait à cultiver des laitues, évidemment romaines, et, plus pres de nous, Bernardin de Saint-Pierre voyait tout un monde dans un plant de fraisier. Après un empereur et l'auteur de Paul et Virginie, ce n'est pas déroger que de chercher à pénétrer les arcanes de la culture maraîchère.
    D'ailleurs le maraîcher parisien est le premier du monde : il se tient au courant des belles leçons de M. Georges Ville et de M. Maxime Cornu, et son marais est lui-même une école. La proximité lui rend les études faciles, lui permet d'expérimenter les nouveautés et les découvertes récentes.
    Il n'en est pas. de même du maraîcher de province, du petit cultivateur, des instituteurs, de tous ceux en un mot pour qui la culture maraîchère est, non seulement un commerce, mais encore un adjuvant à leurs modestes ressources.
    C'est pour ceux-ci que nous avons résumé en un petit nombre de pages les principes et les instructions qui les mettront à même d'obtenir des légumes de première qualité et sans interruption du commencement à la fin de l'année. »
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • « Le vanillier est une plante grimpante, qui se plaît dans les régions chaudes et humides. Il y en a deux espèces dans le pays, que l'on distingue facilement : la petite vanille, la plus généralement répandue, est originaire du Mexique et fournit les meilleurs produits, et la grosse vanille, à grandes feuilles larges et épaisses dont les gousses tombent avant d'être parvenues à maturité et sont de qualité inférieure.
    Le vanillier se plante de bouture aux pieds des arbres, qui lui servent de tuteurs, ou autour de murs ou palissades abritées.
    La bouture doit avoir au moins trois noeuds, elle peut être aussi de quatre à cinq noeuds et même plus longue, selon la disposition des tuteurs ou l'abri qu'ils peuvent donner.
    "Une plantation de 2,400 boutures, faite chez moi l'année dernière, au mois de mai, avec des lianes de dix à douze pieds, a donné des fruits dans la même année et se trouve en plein rapport en ce moment. Mais je dois dire que ces lianes avaient leurs coeurs qui ont continué immédiatement leur pousse."
    Tous les arbres sont bons comme tuteurs, à l'exception de ceux qui changent d'écorce ; les meilleurs sont : le manguier2, le bois-noir3, le sang-dragon ou dragonnier4, le jacquier5, le ouatier6, le pignon-d'Inde7, etc., etc... Mais le pignon-d' Inde, par exception, ne peut être planté seul, à cause de la chute de ses feuilles, qui arrive justement à l'époque où le vanillier est en rapport : le soleil, frappant alors sur les vanilliers et ses gousses, nuit considérablement aux uns et aux autres. Il est donc convenable de planter le pignon-d'Inde entre le sang-dragon, le ouatier ou d'autres arbres, dont les feuilles peuvent servir à l'ombrager ainsi que le vanillier, auquel il ne sert de protecteur que pendant un certain temps de l'année. »
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • « Pareillement au calme qui suit toujours la tempête, au beau temps qui succède à la pluie, à la paix venant après l'ouragan dévastateur de la guerre, la France, démâtée, paraît renaître de son naufrage désastreux dans la mer de l'invasion étrangère. Malgré la mutilation de nos plus riches provinces, la saignée considérable de nos finances, la perte de milliers d'hommes, la France revit de son épuisement, de son anémie.
    Semblables aux marins qui espèrent toujours, de même, pleins de confiance dans l'illustre, le vaillant capitaine qui dirige et maintient si fermement le gouvernail de la nation, nous devons tous chercher à imiter son exemple et seconder ses efforts en réparant nos avaries.
    Il est donc du devoir de chacun de travailler dans la mesure de son possible à refaire les agrès du noble vaisseau de la France !
    Sur cette mer agitée, je m'estimerai heureux pilote, si je puis contribuer, même faiblement, à ramener au port notre belle patrie, encore en deuil et si éprouvée.
    La régénération agricole, ai-je dit quelque part, doit précéder la régénération sociale. C'est cet axiome, que dis-je ? cette grande vérité, cette nécessité sociale que je vais essayer de démontrer, comptant beaucoup sur l'indulgence de ceux qui liront ces quelques lignes, et espérant un accueil, sinon favorable, du moins bienveillant, ainsi qu'il en a été de mes travaux antérieurs. »
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

empty