Collection Les Dynamiques Géographiques

  • L'Europe voit naître de multiples sociétés et des cultures variées. Des civilisations venues du monde méditerranéen leur apportent des éléments communs. Un commerce et des réseaux intellectuels plus actifs font prendre conscience de ce que partage le continent. Avec les Lumières l'espoir apparaît d'un avenir meilleur. La voie nationale de développement retenue au XIXe siècle aboutit malheureusement aux désastres des deux guerres mondiales.
    La volonté de surmonter ces divisions mortifères conduit six peuples de l'Europe occidentale à unir leurs destins. Le succès est considérable, mais il est plutôt dû à ce que la Communauté laisse faire qu'à ce qu'elle promeut : l'essor résulte largement de la deuxième révolution industrielle.
    Le contexte se modifie. La fin des changes fixes contraint la CEE à se doter d'une politique monétaire. Les chocs pétroliers ébranlent ses bases industrielles. La globalisation fait apparaître de nouveaux concurrents et pousse les entreprises à délocaliser une partie de leurs fabrications. La dérégulation conduit à la crise de 2007. Les nouvelles facilités de communication ébranlent les establishments intellectuels qui façonnaient les opinions publiques et menacent la démocratie représentative.
    L'Europe unie et ses États membres ne voient pas venir ces bouleversements. Les eurosceptiques se multiplient ; le Royaume-Uni choisit le Brexit. Face à ces crises, l'Europe a compris qu'elle devait se réformer. Il lui faudrait aller plus loin et refonder le pacte qui lie ses membres.
    Paul Claval, Géographe, a longtemps professé à l'Université de Paris-Sorbonne. Auteur prolifique sur des thèmes variés, il est un des premiers à s'interroger sur les fondements épistémologiques de la géographe. Par ses travaux, il contribue au renouvellement de plusieurs de ses branches. Il est notamment l'un des spécialistes et des théoriciens de la géographie culturelle. Il a d'ailleurs fondé, en 1992, la revue Géographie et cultures.
    Sept doctorats honoris causa lui ont été délivrés par des universités étrangères, dont le dernier par l'Université de Montréal : ils soulignent l'ampleur et la portée de son oeuvre, et son exceptionnelle stature intellectuelle.

  • Pour l'approche culturelle, les capacités de l'être humain reposent sur le bagage que lui donne sa formation et qui structure son comportement et pèse sur l'organisation de l'espace. Le transfert d'informations dont il résulte s'effectue par la parole et par l'observation. Il mobilise des codes, des signes et des symboles, et dépend des moyens de communication utilisables - oralité, écriture, médias. Les réseaux qui canalisent l'information et les forums où elle s'échange structurent l'espace social.Ce qui est transmis est emmagasiné sous forme de réflexes inscrits dans le corps et de connaissances mémorisées par l'esprit ; c'est de plus en plus enregistré sur des supports matériels.

    La culture dote les individus de savoirs qui leur donnent prise sur le réel et d'imaginaires qui combinent ce qu'apportent les sens et ce que crée l'imagination. Ces imaginaires orientent l'action ; en forgeant des ailleurs au-delà ou en-deçà du réel, ils font naître des mondes plus parfaits et plus désirables que celui où nous vivons : les hommes y lisent ce qui doit être. La culture superpose ainsi un ordre normatif à celui du réel.

    La culture rend les individus conscients de ce qu'ils sont et les dote d'une identité. Elle offre à chacun un champ où s'illustrer en répondant mieux que les autres aux attentes collectives - ou en rompant avec les normes proposées. Elle devient un des moteurs de la compétition sociale et y introduit des dynamiques de civilisation - ou d'éclatement et de déclin.

    L'approche culturelle éclaire les problèmes d'actualité : la critique de la civilisation occidentale, la mise en cause des élites intellectuelles, la prolifération des fake news, la montée des fondamentalismes, la crise de l'Etat-nation, la résurrection de la cité-Etat.


    Géographe, Paul Claval a longtemps professé à l'Université de Paris-Sorbonne. Auteur prolifique sur des thèmes variés, il est un des premiers à s'interroger sur les fondements épistémologiques de la géographe. Par ses travaux, il contribue au renouvellement de plusieurs de ses branches. Il est notamment l'un des spécialistes et des théoriciens de la géographie culturelle. Il a d'ailleurs fondé, en 1992, la revue Géographie et cultures.

    Sept doctorats honoris causa lui ont été délivrés par des universités étrangères, dont le dernier par l'Université de Montréal : ils soulignent l'ampleur et la portée de son oeuvre, et son exceptionnelle stature intellectuelle.

  • Simple décor des évènements historiques, la connaissance de l'espace des hommes est devenue, grâce aux naturalistes, le milieu d'où nous tirons l'air, l'eau et les aliments dont nous avons besoin. Les études de terrain ont appris à l'appréhender comme cadre de la vie quotidienne des peuples ; elles ont souligné la longue durée de ses évolutions. Hommes de lettres et artistes nous ont aidé à découvrir la beauté et le sublime de lieux où nous aimons nous ressourcer. Une analyse des imaginaires révèle la prégnance des autres mondes d'où nous viennent principes et valeurs.



    L'histoire de la géographie fait comprendre le métier de géographe, apprécier les chercheurs qui nous ont précédés mais découvrir aussi les présupposés qu'ils n'ont pas su expliciter et qui ont freiné le développement de la discipline. Elle nous fait comprendre d'où nous venons et nous aide à choisir plus librement les orientations à venir de nos travaux.



    Les textes ici rassemblés répondent à trois préoccupations :



    1- Comment s'est bâtie l'histoire de la géographie ?
    2- Comment s'est développée l'histoire de ses composantes culturelle, économique et historique ?
    3- Qu'apporte l'étude de ceux qui se sont attachés à penser l'espace - dans cet ouvrage, Pierre Denis, Marc Bloch, Eric Dardel, Edward Said, Henri Lefebvre et David Harvey ?

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