Sciences humaines & sociales

  • Dans le sillage du mouvement #MeToo, un nouveau langage est apparu, porté par des chanteuses et des chanteurs libérés de toute contrainte.

    Que nous disent ces artistes se jouant des genres pour mener un combat néoféministe qui ne leur interdit pas de viser la tête des hit-parades?
    Christine and the Queens, Angèle, Clara Luciani, Jeanne Added, Sandor, Marie-Flore, Pomme, Aloïse Sauvage,Suzane, Hoshi, Eddy de Pretto, Hubert Lenoir, Pierre Lapointe...
    Tous, dans la francophonie, apportent une nouvelle voix, un nouveau discours, une nouvelle image, une nouvelle façon de considérer les relations sentimentales, tout en rénovant par leurs textes et leurs musiques la chanson française.

    Ils s'expriment ici en totale liberté, avec Juliette Gréco, Brigitte Fontaine, Véronique Sanson, Catherine Ringer, Mylène Farmer, Coeur de Pirate, Soko ou Vanessa Paradis, commentant leurs textes les plus forts, livrant au sujet des rapports amoureux un éclairage original. Se dresse ainsi de la femme - entre Amazone guerrière et grande romantique - un portrait contemporain, à la fois moderne et décomplexé.

    Préfacé par Adeline Dieudonné

  • La poésie serait-elle une guerre ? Le vers, le corps d'élite de la langue ? En retraçant l'histoire de notre prosodie, Jacques Réda dévoile les processus de transformation du français aussi inéluctables que ceux de la physique. Où les poètes sont les exécutants plus ou moins conscients d'un mouvement naturel.
    Du Roman d'Alexandre à Armen Lubin, en passant par Delille, Hugo, Rimbaud, Claudel, Apollinaire, Cendrars et Dadelsen, Jacques Réda promène son oeil expert sur des oeuvres emblématiques, et parfois méconnues, de notre littérature. Inspirée et alerte, sa plume sait malaxer comme nulle autre la glaise des poèmes pour y dénicher les filons les plus précieux. À la fois leçon de lecture et d'écriture, et essai aux résonances métaphysiques, Quel avenir pour la cavalerie ? constitue la « Lettre à un jeune poète » de Jacques Réda, et le sommet de sa réflexion poétique.
    Jacques Réda est poète, auteur de récits en prose et chroniqueur de jazz. Il a dirigé La Nouvelle Revue française de 1987 à 1996. Il a notamment obtenu le grand prix de poésie de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre, ainsi que le prix Goncourt de la poésie en 1999. Il a publié chez Buchet/Chastel La Fontaine (« Les Auteurs de ma vie », 2016) et Une civilisation du rythme (2017).

  • Le présent ouvrage, consacré à l'apparition du tableau, a pour objectif de rendre visible le processus par lequel le travail métapictural a fondé la condition moderne de l'art. Il interroge également le statut du tableau en tant qu'objet figuratif "moderne". Cette étude traite du statut de l'image peinte en Europe occidentale entre 1522, année de la révolte iconoclaste de Wittemberg, et 1675 lorsque Cornelius Norbertus Gijsbrechts - peintre originaire d'Anvers - créa une toile représentant le revers d'un tableau. Stoichita concentre ces analyses sur des exemples venant de l'Europe du Nord, région où se cristallise le discours métapictural, la crise du statut de l'image religieuse et enfin la crise du "tableau" lui-même.

  • L´Âge de l´éloquence démontre l´utilité, pour l´historien de la culture, du paradigme rhétorique. La première partie apprécie la longue durée : Antiquité classique et tardive, Renaissance italienne et Réforme catholique. On y voit s´établir et se rétablir dans la culture européenne la fonction essentielle de médiation, de transmission et d´adaptation exercée par la rhétorique. Les débats relatifs au " meilleur style ", à la légitimité et à la nature de l´ornatus, à la définition de l´aptum, ne sont pas le privilège de professionnels de la chose littéraire : ils mettent en jeu, à chaque époque, l´ensemble du contenu de la culture et impliquent la stratégie de son expansion et de sa survie. Les parties suivantes examinent respectivement deux grandes institutions savantes de la France humaniste, le Collège jésuite de Clermont et le Parlement de Paris. A l´horizon apparaissent le public féminin et le public de cour, que la res literaria savante et chrétienne ne saurait ignorer sans se condamner à la stagnation ou à l´étouffement. Les débats rhétoriques entre jésuites ou entre magistrats gallicans oscillent donc entre la nécessité de ne rien sacrifier de l´essentiel, et l´autre nécessité, celle de doter cet " essentiel " d´une éloquence propre à le faire aimer, admirer, embrasser par les "ignorans ". Autant de débats qui se nourrissent de l´abondante jurisprudence accumulée par la tradition humaniste et chrétienne. Le classicisme surgit ainsi, dès le règne de Louis XIII, comme une solution vivante et efficace à un problème qui n´a rien perdu de son actualité : comment transmettre la culture en évitant le double péril de la sclérose élitiste et de la démagogie avilissante ?

  • Du boulevard au one-man show, en passant par la tragédie, la farce, le vaudeville et même le grand spectacle, voici toutes les ficelles pour qui veut se lancer dans l'écriture de théâtre.

    Michèle Ressi présente de manière inédite un panorama des genres d'hier et d'aujourd'hui, et une quarantaine d'auteurs, exemplaires par leur vie ou leur oeuvre. Se référant au répertoire classique ou contemporain et à travers un florilège de citations, elle vous initie de façon ludique aux coulisses du métier et aux secrets de fabrication d'une pièce. D'où une mine de conseils et d'exemples à suivre... Ou ne pas suivre. Après lecture, libre à vous d'oublier les règles de l'art, pour créer selon votre talent propre !

    L'auteur répond par ailleurs à toutes les questions que vous devez vous poser : où trouver l'idée de départ, comment construire la trame de l'histoire, créer les personnages, nourrir les dialogues, donner des indications scéniques, se relire à haute voix et peaufiner son manuscrit... Mais aussi adapter une oeuvre préexistante, protéger sa pièce, connaître le statut de l'auteur et ses droits en France... Jusqu'aux pistes pour rencontrer un metteur en scène ou un acteur, trouver un producteur, un éditeur... Enfin, tout ce qu'il faut pour être lu et joué.

    Ouvrage publié avec le concours du Centre national du livre.

  • Du roman d'enquête au polar à la française en passant par le policier historique, voici les recettes à connaître avant de se lancer dans l'écriture d'un roman policier.

    Longtemps dénigrée, la littérature policière s'impose aujourd'hui comme un genre noble, au succès mondial inégalé. Nombreux sont ainsi ceux qui rêvent de maintenir à leur tour en haleine un lectorat toujours plus avide. Mais quelle atmosphère donner à votre histoire ? Comment structurer l'intrigue ? Comment construire vos personnages pour qu'ils soient à la fois crédibles et consistants, pour qu'ils "portent" l'histoire d'un bout à l'autre sans lâcher le lecteur d'une semelle ?

    En s'appuyant sur de nombreux exemples commentés ainsi que sur la parole d'autres écrivains, Alain Bellet vous dévoile les dessous de l'écriture policière : des ficelles techniques indispensables aux petits "plus" qui vous aideront à accrocher le lecteur, vous découvrirez tout ce qu'il faut savoir pour affûter au plus fin votre plume et concocter un roman policier digne de ce nom.

    Ouvrage publié avec le concours du Centre national du livre.

  • Conçue pour des lecteurs de culture française, dans une perspective comparative, cet essai introductif place quelques repères sur le terrain faussement proche (« Dostoïevski et Tolstoï »), mais en réalité mal connu de la littérature russe. Ces repères, qui restent le plus souvent implicites dans les ouvrages disponibles, sont abordés ici dans une démarche progressive, à partir des stéréotypes les plus courants (la francophonie du « prince russe », « l'âme russe »), pour aboutir aux questions les plus pertinentes, comme celle de la relation singulière de la littérature russe avec « la vérité », qui lui donne une coloration prophétique, exotique. Les spécificités de la littérature russe, ses différences avec la littérature française, sont présentées de la manière la plus accessible possible, à l'aide de quelques outils parmi les plus largement utilisés dans les études littéraires, comme la théorie du « champ littéraire » de Bourdieu, ou la réflexion de Foucault sur la « fonction-auteur ».

  • L´Effet Pygmalion procède d´une incursion dans l´immense fortune littéraire, visuelle, audiovisuelle enfin, du mythe fondateur de la première histoire de simulacres consignée par la culture occidentale. La légende raconte qu´un sculpteur chypriote tombe amoureux de l´oeuvre qu´il façonne; dans un élan de magnanimité, les dieux décident de l´animer. Devenue, par la volonté divine, femme et épouse de son créateur, cette dernière reste néanmoins un artefact qui, s´il est doué d´âme et de corps, n´en demeure pas moins un fantasme. Un simulacre, précisément. Artifice privé de modèle, le simulacre ne copie pas un objet réel, il s´y projette plutôt et l´escamote, il existe en soi. Ne procédant pas de la copie d´un modèle, n´étant nullement fondé sur la ressemblance, le simulacre transgresse la mimésis qui domine la pensée artistique.
    Ambitieux, l´ouvrage ne se satisfait pas d´une approche interdisciplinaire. Ainsi définit-il son objet critique non par une succession de témoignages artistiques ou littéraires, mais par la conception même de la représentation, le statut du modèle et de la copie. En ce sens, si un texte d´Ovide ou de Vasari, une miniature médiévale, une statue vivante de la Renaissance, une peinture romantique, une photographie, un film et jusqu´à la poupée Barbie sont convoqués par Victor Stoichita, c´est pour être examinés avec les mêmes principes critiques et contribuer à un discours herméneutique sur la conception occidentale de l´image.
    Le mythe de Pygmalion, parabole de l´infraction même de la représentation, de l´éviction de la mimésis et de la déviation du désir, fonde une anthropologie de l´objet esthétique et donne à voir la feinte originelle dans toute société captivée par les simulacres et ses leurres, telle que la nôtre.

  • La fin du xixe siécle, marquée par une vie politique chaotique et rythmée par les scandales, voit fleurir des "fictions autoritaires", qui entendent renouer avec un objectif éthique, tout en d'épassant et en renouvelant le genre du roman à thèse : elles ambitionnent, par la voie de la fiction, de fonder les prémices de communautés nouvelles et de supplanter les visions déceptives du monde.
    Des écrivains engagés, souscrivant à des idéologies diverses (Zola, Barrès, Bourget) proposent audacieusement des formes romanesques inédites et construisent des contre-mondes, instituant ainsi l'oeuvre littéraire comme un rempart contre la dégradation morale, spirituelle et politique de la nation.
    Le romanesque débridé, la fantaisie, l'écriture de l'émotion, la réflexion sur les pouvoirs de la langue, l'ethos de ces écrivains, éclairent d'un jour nouveau un genre dont on a trop longtemps méconnu l'intérêt et les enjeux véritables.
    Envisager à nouveau frais ces oeuvres, qui furent des événements marquants de la vie intellectuelle de la fin du siècle, permet de repréciser le paysage littéraire du temps, mais aussi d'interroger la fabrique des discours politiques (nationaliste, socialiste, humaniste) que le roman, laboratoire des expériences possibles, permet de reconfigurer et dont les échos, les images, les structures organisent, peut-être à notre insu, la pensée politique d'aujourd'hui.

  • Cet ouvrage rassemble plus de 80 textes courts aux thèmes variés.
    Toutes ces expressions de plume - du Portefeuille frétillant pendant les soldes, au Bain de nuages, en passant par Le voile de la mariée - sont accompagnées de propositions d'écriture et d'indications concrètes qui aident " l'apprenti-écrivant " ou l'écrivain confirmé à accéder à une écriture vraie et libérée. Avec douceur et humour, Josette Carpentier convie chacun à laisser émerger ses ressources.
    Par le biais de l'écriture et de diverses techniques (relaxation, visualisation, respiration, PNL...), elle invite à faire couler sur la page blanche l'encre de ce qui veut se dire.

  • Invention jaillie au coeur de ce qu´on appelle aujourd´hui l' " âge baroque ", le procédé du Théâtre dans le théâtre a contribué à donner leur relief aux chefs-d´oeuvre de Shakespeare (Hamlet, La Tempête), de Caldérón (Le Grand théâtre du monde), de Corneille (L´Illusion comique) et de Molière (L´Impromptu de Versailles, Le Malade imaginaire). Si la définition en est simple - enchâsser une pièce ou des fragments de pièce dans une autre -, la technique mise en oeuvre est autrement plus complexe que celle de l´ancien jeu romanesque du récit dans le récit. Le Théâtre dans le théâtre est tout à la fois un exercice de virtuosité littéraire jouant sur les effets de miroir, une entreprise subtile de démontage des rouages de l´art dramatique, et une mise à distance réflexive de la condition humaine. La matière de l´examen est fournie par une quarantaine de pièces de Rotrou, Corneille, Molière, Scudéry et quelques contemporains.

  • Au XVIIe siècle, Paris est le plus grand centre d´édition de l´Europe. Interprétation globale d´un phénomène touchant à la fois à l´économie, à la politique et à la vie intellectuelle et religieuse, ce livre se veut une explication du mouvement du siècle et de l´esprit classique. Il fait revivre dans ce but le petit monde du livre, mais aussi celui des auteurs et de leurs lecteurs. L´auteur montre comment la Contre-Réforme triomphante ouvre d´abord au livre un immense marché. Une crise de surproduction y succède. L´Etat réagit en contrôlant de plus en plus étroitement la presse. Tel est le climat dans lequel se développe la littérature classique qui, à l´image du système monarchique, prétend à la recherche idéale d´une forme de stabilité et de perfection. Mais il est impossible d´entraver la liberté de la presse, l´opposition au système monarchique se réfugie alors hors de France, en Hollande notamment. Et c´est là que se prépare l´avenir.

  • Les vignettistes du XVIIIe siècle ont pour héritiers les illustrateurs qui se multiplient à partir de 1830, alors que se renouvellent le monde de l'édition et les arts de la gravure. Au XIXe siècle, presque tous les artistes ont travaillé pour la librairie. L'illustration, véritable journalisme du crayon selon Théophile Gautier, devient pour beaucoup un lieu de passage, un tremplin pour la notoriété et le plus souvent un lieu de relégation. Car l'illustration, jugée populaire, industrielle et mercantile, a mauvaise presse. L'illustrateur, quant à lui, se voit souvent accusé de trahir la pensée de l'écrivain, tandis qu'il souffre à son tour d'être trahi par les graveurs de reproduction.
    Rodolphe Topffer (1799-1846), peintre frustré, professeur, romancier et critique d'art, doit sa renommée à la fortune inattendue de ses histoires en estampes, rebaptisées "bandes dessinées". C'est l'exemple typique de l'écrivain tenant la plume et le crayon, le modèle de cette double vocation si fréquente à l'âge de la fraternité des arts. L'illustration de ses oeuvres par lui-même pose en des termes exemplaires la question centrale de l'autographie par rapport à la gravure de reproduction. J.-J. Grandville (1803-1847), tout au long de sa carrière, a réfléchi à la condition de son métier, défendu sa position de "professionnel" de l'illustration et lutté pour revaloriser le statut de l'illustrateur. Ses relations complices ou conflictuelles avec éditeurs, écrivains et graveurs révèlent les tensions qui caractérisent la librairie illustrée sous la Monarchie de Juillet. Gustave Doré (1832-1883) est certainement le plus célèbre des illustrateurs. Il est devenu l'incarnation de son métier jusque dans les moindres détails de son style de vie, de son comportement, de son corps même. Sa soumission tragique et paradoxale à l'étiquette de l'illustrateur, alors même qu'il se destinait au grand art, jette un éclairage sur le fonctionnement de la critique, sur la domination symbolique exercée par la hiérarchie des genres et des techniques. P hilippe Kaenel écrit l´histoire sociale des illustrateurs au XIXe siècle. Sur la base de documents souvent inédits, il montre que le métier d'illustrateur agit comme révélateur des catégories esthétiques et professionnelles sur lesquelles reposent alors les beaux-arts.

  • La collection est l´une des grandes passions du XIXe siècle. Elle prend les formes les plus diverses : accumulations sérielles souvent qualifiées de manies (des porcelaines aux timbres-poste) ; collections de livres, d´autographes, d´estampes, à visée plus érudite ; collections sélectives d´objets d´art ; compositions décoratives fondées sur le seul goût personnel. L´essor et la démultiplication des pratiques de la collection manifestent l´évolution du rapport que l´individu entretient avec les objets (la prolifération des artefacts est contrebalancée par la valorisation symbolique d´un petit nombre d´entre eux), et témoignent aussi d´une inscription repensée dans l´histoire, à travers la reconfiguration de ses traces. Des compilations documentaires établies par les historiens romantiques au symbolisme fin de siècle, l´histoire des genres littéraires permet d´esquisser une véritable poétique de la collection au XIXe siècle. En relation avec les pratiques connexes de la bibliophilie et de l´archéologie, l´évolution de l´histoire se fonde sur l´élargissement de la notion de « document », jusqu´au « document humain » des écrivains naturalistes. L´étude d´un vaste corpus de romans (Balzac, Champfleury, Flaubert, les Goncourt, Zola, Husysmans) permet par ailleurs de voir comment s´opère la gestion de larges systèmes d´objets : atrophie de l´intrigue au profit de structures sérielles, stylistique descriptive de la liste, dont on esquisse ici une typologie. Enfin, à partir de la révolution du poème en prose, la poésie moderne reflète une esthétique du décoratif où l´attention se déporte du sujet lyrique vers l´espace ornemental qu´il habite : précieuse grotte de l´intimité où rayonne finalement le mot bibelotisé (Baudelaire, Mallarmé, Montesquiou, Rodenbach).

  • La Louisiane, colonisée par la France, est le seul état d'Amérique où le français est organique : non seulement un quart de million de cajuns se réclament de cette appartenance linguistique, mais encore certaines tribus indiennes, comme les Houmas. À ceux-ci s'ajoutent moins de dix mille personnes qui parlent créole, Kréyol La Lwizyàn. Mais les points communs vont au-delà de la langue : le climat, l'agriculture, la géographie, la cuisine, et surtout l'histoire et la culture sont en partage entre Louisiane et Antilles. La Louisiane, comme tout le Sud, est l'une des pointes du triangle de la Traite. Le présent recueil explore quelques-uns de ces fascinants partages dans un esprit pluridisciplinaire.

  • Ces dernières années, à travers romans et sériés télévisées (Vikings, Millennium, Borgen ou Occupied), la culture nordique a gagné en visibilité internationale. Simultanément, les chercheurs s'interrogent sur ce qu'est le Nord, sa conceptualisation, ses implications culturelles, ses caractéristiques géographiques, ses enjeux sociaux et politiques. Ce volume s'insère dans le débat actuel sur l'imaginaire nordique à partir d'une notion - la nordicité - qui interagit tout particulièrement avec le boréalisme.
    Pluriel et mouvant, moteur constant de redéfinitions, le Nord inspire une fabrication tant scripturale que figurale fondée sur le désir, le rêve, la fascination ou le fantasme. Le Nord réel, tangible contingent, n'est que la surface apparente d'un Nord fabriqué et inventé. Comment dire aujourd'hui la nordicité ? Une théorie du Nord est-elle possible ? Ce volume s'attache à répondre à ces différentes questions en réunissant les contributions de chercheurs en études nordiques, littérature, linguistique ou sciences humaines : chacun dispose ici d'une carte blanche pour définir sa conception de la nordicité.

  • La légende du roi Arthur est surtout connue à travers les romans français de la Table ronde. On ignore souvent qu'il existe des récits latins du xiiie siècle qui racontent quelques épisodes inédits de cette grande saga bretonne, inconnus des oeuvres arthuriennes françaises ou étrangères. Le présent ouvrage en offre la première traduction intégrale en français accompagnée du texte original en latin. Dans l'un de ces récits (Arthur et Gorlagon), le roi Arthur rencontre un bien étrange loup garou. Dans un autre (La véritable histoire de la mort d'Arthur), il disparaît dans des circonstances mystérieuses à la fin de sa vie terrestre. L'histoire de son neveu (L'Enfance de Gauvain) est tout aussi surprenante : abandonné à sa naissance, il accomplit un singulier parcours héroïque avant de retrouver la cour d'Arthur, tout auréolé de gloire chevaleresque. Enfin, la tumultueuse Histoire de Mériadoc se développe en une véritable chronique légendaire aux rebondissements haletants. Le présent ouvrage vaudra au lecteur de multiples découvertes car ces récits ne sont pas des affabulations inventées au Moyen Âge. Ils remontent à une tradition orale bien plus ancienne : la vieille mythologie des Celtes insulaires (Irlande, Pays de Galles) qui offre de surprenantes analogies avec celle de l'ancienne Grèce ou avec les contes du folklore international.

  • Ford Madox Ford occupa une place majeure mais paradoxale au sein du modernisme. Les résistances à inscrire Ford dans le canon moderniste peuvent s'expliquer par la difficulté à réconcilier les contradictions de son oeuvre et à en dégager un système esthétique stable. L'ambivalence se retrouve au coeur de sa tétralogie Parade's End. La dialectique est irréconciliable entre la chimère d'un passé venant habiter le présent et la rupture dont cette chimère est le symptôme. Ce travail explore la tension entre hommage et dérision qui caractérise Parade's End. La nostalgie d'une idéologie stable, d'un récit satisfaisant les attentes du lecteur et d'un sujet unifié est simultanément sublimée et tournée en dérision. Le texte témoigne d'une réticence à dénouer les apories qu'il génère. Cette mise en crise ne débouche donc pas sur l'élaboration d'un système alternatif ; elle ne débouche pourtant pas sur du vide, mais sur un système dont nous devinons les contours. Le texte est en perpétuel mouvement vers une esthétique qu'il suggère en creux. La dimension fondamentale de négativité imprime au texte un paradoxal dynamisme.

  • Maurice Blanchot et Emmanuel Lévinas ont marqué toute une génération d´intellectuels comme Gilles Deleuze, Michel Foucault ou Jacques Derrida. À travers la question du corps, de l´éthique, de l´amitié, du judaïsme, et du langage philosophique et littéraire, cet ouvrage tente de mieux faire comprendre la complexité de leurs questionnements et l´influence qu´ils ont pu exercer sur la pensée française du XXe siècle. Au-delà de l´hommage lié aux centenaires des naissances de Lévinas (1906) et de Blanchot (1907), c´est toute la question des points de convergences et de dissemblances entre ces deux penseurs qui est abordée ici. Cet ouvrage a été particulièrement soutenu par l´Association pour la Célébration du Centenaire Emmanuel Lévinas (ACCEL), le Ministère de la Culture et par l´UNESCO dans le cadre de la Journée mondiale de la Philosophie organisée en novembre 2006.

  • De 1739 à 2002, la BNF s'est enrichie d'une collection de plus de deux mille volumes manuscrits en persan, dont beaucoup sont enluminés, anciens ou contiennent des copies uniques de textes rares. La longue histoire de la constitution du fonds persan de la BNF met en scène savants, voyageurs, interprètes et collectionneurs les plus divers, militaires ou médecins, qui déposent ou vendent les collections accumulées durant leurs voyages et missions diplomatiques en Inde et en Perse. Dans ce tableau des études françaises sur la civilisation persane classique, émergent les noms prestigieux de L. M. Langlès, S. de Sacy, A. L. de Chézy, Otter, Simon de Vierville, ou encore Anquetil-Duperron. La transmission des textes persans pose le problème de la filiation des manuscrits, discipline érudite de l'histoire des textes où les arguments philologiques et stylistiques corroborent ou infirment les données de l'analyse codicologique. Francis Richard se livre à une véritable traque des variantes, marques de relecture ou corrections et fait revivre des grands ateliers comme ceux de la ville de Chîrâz entre le XIIIe et le XVIIe siècle ; il apporte des éclairages sur le rôle du mécénat princier. À la frontière entre transmission orale et transmission écrite, l'étude du mode de survie des textes poétiques peut être illustrée, juste avant que la Perse n'adopte le chiisme comme religion officielle au début du XVIe siècle, par la vogue extraordinaire de l'oeuvre de Djâmî, figure emblématique du Hérât timouride et poète adulé des Ottomans. Quelques exemples montrent de quelle manière s'est manifesté le succès de son oeuvre, recopiée et illustrée à l'envi. Enfin, Francis Richard attire l'attention sur un type de décor à la fois omniprésent dans les manuscrits persans et éclipsé par la miniature qui a beaucoup plus attiré l'attention des amateurs et des spécialistes d'histoire de l'art, les frontispices initiaux ou sarlowh que l'on trouve en tête de nombre de manuscrits. Or il s'agit d'un des décors les plus classiques dans les manuscrits persans. Une certaine évolution des styles s'accompagne d'une extrême fidélité à des modèles et à un répertoire d'éléments auxquels on puise. Leur étude systématique pose de redoutables problèmes du fait de leur abondance et de leur caractère non figuratif. Rassembler systématiquement un corpus d'images est la condition préalable à une histoire véritable de ces chefs-d'oeuvre qui, avec la calligraphie, sont presque emblématiques de l'art du livre persan.

  • Au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1945, Eugénie Droz fondait les Textes Littéraires Français, une collection dévolue à l'édition critique des textes significatifs du patrimoine littéraire de langue française du moyen âge au XXe siècle. Accessibles, dans un petit format maniable, chaque édition est accompagnée d'une introduction, de notes, d'un glossaire, si nécessaire, et d'index. Cet appareil critique exigeant accueille l'érudition des meilleurs spécialistes pour éclairer la genèse des oeuvres et, quelle que soit leur époque, livrer au lecteur contemporain les explications les plus minutieuses sur le contexte historique, culturel et linguistique qui les a vues naître. Depuis soixante-dix ans, la collection a accueilli, outre quelques édicules, plus de 600 monuments littéraires français.

  • : bigarré, irisé, mosaïqué et surtout à l'image de l'esprit d'Ulysse, tel a été conçu cet ouvrage collectif consacré, avec les méthodes et les points de vue les plus contemporains, aux épithètes homériques où la Renaissance sut projeter sa création et sa réflexion. Dans la multitude des genres ici étudiés (lexiques, commentaires, traductions, réécritures), chaque épithète, avec sa spécificité morphologique, grammaticale, étymologique, sémantique et symbolique, constitue un fil lumineux qui, réapparaissant à la surface de la trame de la poésie et de la poétique du XVIe siècle, en révèle le fonctionnement en profondeur. Dans l'inlassable voyage de retour vers le modèle que constitue toute forme d'exégèse de Ravisius Textor à Scaliger, des traductions latines aux traductions dans les langues vernaculaires, des poètes mineurs au grand Ronsard la complexité des interprétations tissées en toile de Pénélope représente la forme la plus sûre d'intelligence fidèle au texte homérique.

  • Propiciadas por el desarrollo de la imprenta, las continuaciones literarias conocen en la España de la Edad Clásica un verdadero auge que afecta a todos los ámbitos de la ficción. Sin embargo, este fenómeno no es totalmente nuevo puesto que durante la Edad Media cualquier elaboración literaria se centraba en la reutilización y continuación de textos ajenos. Sin hacer caso omiso de esta herencia medieval, este libro trata de especificar la noción de continuación para la época moderna considerándola como una modalidad peculiar del préstamo. Situándose por encima de las fronteras genéricas, ofrece un estudio de conjunto de esta práctica proponiendo una arqueología de la misma y tomando en cuenta la dimensión creativa que conllevan las obras correspondientes.

  • Les humanistes ont joué un rôle essentiel dans l'élaboration de la critique littéraire et la constitution de la poétique comme discipline distincte de la grammaire et de la rhétorique. Ils ont conditionné la réception des traités antiques, en particulier la Poétique d'Aristote et l'Art poétique d'Horace, et ont problématisé des concepts appelés à une grande fortune, comme la mimèsis, la catharsis, le decorum ou l'ut pictura poesis. Ils ont apporté des éléments théoriques originaux, élaboré des taxinomies génériques complexes et repensé les systèmes de classification des arts. Cette Anthologie offre une vision synthétique des textes théoriques latins en Europe, du Trecento à la fin du XVIe siècle. Elle présente les principaux penseurs et leur art poétique, analyse les notions clefs et propose un choix de textes emblématiques, édités, traduits et contextualisés. Un bel outil de travail pour penser l'utilité de la poésie, la création, l'histoire littéraire et les normes esthétiques.

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