• « ...Un homme nommé Claude Gueux, pauvre ouvrier, vivait à Paris en 1831. Il avait avec lui une fille qui était sa maîtresse et un enfant de cette fille... Il était capable, habile, intelligent, fort mal traité par l'éducation, fort bien traité par la nature, ne sachant pas lire mais sachant penser. Un hiver, l'ouvrage manqua. L'homme, la fille et l'enfant eurent froid et faim. L'homme vola. Il en résulta trois jours de pain et de feu pour la femme et pour l'enfant et cinq ans de prison pour l'homme. Il fut envoyé faire son temps à la Maison Centrale de Clairvaux. On va voir ce que la Société en a fait. » Relation allégorique d'un drame individuel, cet ardent plaidoyer contre la peine de mort et contre la prison met à nu le mécanisme de la brutalité sociale qui ne sait répondre à la détresse que par la répression. Avec Claude Gueux, Victor Hugo n'est plus simplement romancier ou poète. Il conquiert une place éminente auprès des plus grands orateurs de la Liberté.

    Présentation et notes par Emmanuel Buron. 

  • Édition enrichie de Michel Delon. Les Tahitiennes sont fières de montrer leur gorge, d'exciter les désirs, de provoquer les hommes à l'amour. Elles s'offrent sans fausse pudeur aux marins européens qui débarquent d'un long périple. Dans les marges du récit que Bougainville a donné de son voyage, Diderot imagine une société en paix avec la nature, en accord avec elle-même. Mais l'arrivée des Européens avec leurs maladies physiques et surtout morales ne signifie-t-elle pas la fin de cette vie heureuse ? Entre l'information fournie par Bougainville et l'invention, Diderot fait dialoguer deux mondes, mais il fait surtout dialoguer l'Europe avec elle-même. Il nous force à nous interroger sur notre morale sexuelle, sur nos principes de vie, sur le colonialisme sous toutes ses formes. Il nous invite à rêver avec lui à un paradis d'amours impudiques et innocentes. La petite île polynésienne ne représente-t-elle pas la résistance à toutes les normalisations ?

  • Le discours du Nobel d'Olga Tokarczuk, dont la parole est à la fois lucide et porteuse d'espérance.
    La complexité grandissante du monde, l'interdépendance largement insoupçonnée de tous ses éléments, voilà qui exige, selon Olga Tokarczuk, « de nouvelles façons de raconter le monde ». Et si les deux premières décennies du siècle ont été le triomphe des séries télé, il est certain que la littérature n'a pas dit son dernier mot. Elle est la mieux à même de travailler à partir de fragments, de révéler un spectre plus large de la réalité, pour autant qu'elle se libère du vieux moi-narrateur.
    Le « tendre narrateur », c'est l'invention d'une quatrième personne du sujet, une voix à la fois impersonnelle et douée de tendresse, « la plus modeste forme de l'amour », celle qui permet de porter attention à tout ce qui n'est pas soi - les autres, les animaux, les éléments -, avec la conscience « un peu mélancolique » d'une communauté de destin.
    Suivi d'un texte intitulé Comment les traducteurs sauvent le monde, et d'un inédit sur la période du confinement, La Fenêtre, dans lequel l'auteure expose les craintes et les espoirs que lui inspire l'avenir.
    Prix Nobel de littérature, Olga Tokarczuk a reçu le Man Booker International Prize 2018 pour Les Pérégrins. Traduit en français en 2010 chez Noir sur Blanc, ce roman avait été couronné par le prix Niké (équivalent polonais du Goncourt), un prix que, chose rarissime, l'auteure a une nouvelle fois reçu pour son monumental roman : Les Livres de Jakób.
    Née en Pologne en 1962, Olga Tokarczuk a étudié la psychologie à l'Université de Varsovie. Romancière polonaise la plus traduite à travers le monde, elle est reconnue à la fois par la critique et par le public. Sept de ses livres ont déjà été publiés en France : Dieu, le temps, les hommes et les anges ; Maison de jour, maison de nuit (Robert Laffont, 1998 et 2001) ; Récits ultimes, Les Pérégrins et Sur les ossements des morts (Noir sur Blanc, 2007, 2010, 2012) ; Les Enfants verts (La Contre-allée, 2016) ; et enfin Les Livres de Jakób (Noir sur Blanc, 2018).

  • Invités à s'exprimer au travers d'entretiens littéraires, les écrivains ont tendance à se réinventer une identité et un parcours. Déformation professionnelle ? Pas seulement : vu de plus près, on découvre qu'ils tendent tous à se rapprocher d'une image préexistante et légendaire de l'écrivain, et qui les légitimera. En étudiant les parcours respectifs des trois immenses romanciers américains que sont John Steinbeck, Ernest Hemingway et William Faulkner, l'auteure soulève le voile de la légende pour donner une description concrète de ces trois vies d'écrivains professionnels : les débuts, l'entrée dans la carrière, les succès, les échecs, les récompenses, les livres écrits les uns après les autres, l'organisation d'une vie privée qui facilite ou non cette vocation passionnée. Julia Kerninon met au jour la vie de labeur, de stratégie, de solitude et d'orgueil qui est la réalité de l'écrivain professionnel. Au-delà de la légende fascinante de l'écrivain en artiste incontrôlable et chaotique se cache la vérité d'un travail acharné et réfléchi, accompli dans le plus grand sérieux, envers et contre tous.

  • Veuf, Hugues Viane s'est exilé à Bruges et parcourt tous les jours, inconsolé, les venelles de la ville aux mille canaux. Ses marches mélancoliques conduiront l'esseulé à rencontrer, un soir de brume, une femme ressemblant étrangement à celle qu'il a perdue.

    Pièce d'orfèvrerie stylistique, Bruges-la-Morte (1892) est un roman-phare, somptueux et méconnu, de la littérature "fin de siècle".

  • Dans le sillage du mouvement #MeToo, un nouveau langage est apparu, porté par des chanteuses et des chanteurs libérés de toute contrainte.

    Que nous disent ces artistes se jouant des genres pour mener un combat néoféministe qui ne leur interdit pas de viser la tête des hit-parades?
    Christine and the Queens, Angèle, Clara Luciani, Jeanne Added, Sandor, Marie-Flore, Pomme, Aloïse Sauvage,Suzane, Hoshi, Eddy de Pretto, Hubert Lenoir, Pierre Lapointe...
    Tous, dans la francophonie, apportent une nouvelle voix, un nouveau discours, une nouvelle image, une nouvelle façon de considérer les relations sentimentales, tout en rénovant par leurs textes et leurs musiques la chanson française.

    Ils s'expriment ici en totale liberté, avec Juliette Gréco, Brigitte Fontaine, Véronique Sanson, Catherine Ringer, Mylène Farmer, Coeur de Pirate, Soko ou Vanessa Paradis, commentant leurs textes les plus forts, livrant au sujet des rapports amoureux un éclairage original. Se dresse ainsi de la femme - entre Amazone guerrière et grande romantique - un portrait contemporain, à la fois moderne et décomplexé.

    Préfacé par Adeline Dieudonné

  • Collection dirigée par Michel Zink et Michel JarretyZolaLe jour de Noël 1860, devant la cathédrale de Beaumont enneigée, Angélique, une enfant trouvée et martyrisée, cheveux blonds et regard couleur de violette, est recueillie par Hubertine et son mari Hubert. Ils élèvent la sauvageonne qui apprend la broderie et se met à lire avec passion La Légende dorée de Jacques de Voragine. Une vie de travail et de piété, illuminée bientôt par l'idylle qui se noue entre Angélique et Félicien.
    La publication de La Terre, le précédent roman des Rougon-Macquart, a valu à Zola des critiques acerbes. On dénonce la grossièreté de son art : « Il est des âmes pures et des curs héroïques, écrit ainsi Anatole France. M. Zola ne le sait pas. » Pour prendre le contre-pied de ces attaques, le romancier se décide à évoquer des personnages irréprochables et des sentiments purs. Et, en 1888, ce changement de registre correspond à l'attente de son public : quelques critiques ont beau ironiser, le romancier gagne son pari et Le Rêve est un succès.

    édition de Roger Ripoll.

  • Salomé

    Oscar Wilde

    HÉRODE
    Salomé, Salomé, dansez pour moi. Je vous supplie de danser pour moi. Ce soir je suis triste. Oui, je suis très triste ce soir. Quand je suis entré ici, j'ai glissé dans le sang, ce qui est d'un mauvais présage, et j'ai entendu, je suis sûr que j'ai entendu un battement d'ailes dans l'air, un battement d'ailes gigantesques. Je ne sais pas ce que cela veut dire... Je suis triste ce soir. Ainsi
    dansez pour moi. Dansez pour moi, Salomé, je vous supplie. Si vous dansez pour moi, vous pourrez me demander tout ce que vous voudrez et je vous le donnerai. Oui, dansez pour moi, Salomé, je vous donnerai tout ce que vous me demanderez, fût-ce la moitié de mon royaume.
    SALOMÉ, se levant.
    Vous me donnerez tout ce que je vous demanderai, tétrarque ?

  • Un traité géographique qui est aussi une méditation poétique et morale, par l'anarchiste Reclus.

  • À la fin de l'automne 1908, Proust rentre de Cabourg épuisé. Depuis longtemps, il a renoncé à son oeuvre. Profitant d'un répit que lui laisse sa maladie, il commence un article pour Le Figaro : "Contre Sainte-Beuve". Six mois plus tard, l'article est devenu un essai de trois cents pages. Conversant librement avec sa mère, l'auteur entrelace, autour d'une réflexion sur Sainte-Beuve les souvenirs personnels, les portraits d'amis, les impressions de lecture. Voici le château de Guermantes : voici M. de Quercy et Mme de Cardaillac, grands lecteurs de Balzac, mais qui ressemblent à s'y méprendre à Charlus et à Gilberte. Sans le savoir, Proust venait de libérer son génie. Proust ne voulait pas qu'on mît des idées dans un roman. Toutes les analyses qu'il a écartées d'À la recherche du temps perdu, on les trouvera ici. Elles confirment que Proust, le plus grand romancier de son siècle, pourrait en être aussi le plus grand critique.

  • De la Nature des Choses (De rerum natura) apparaît comme l'un des textes importants de la philosophie épicurienne. Lucrèce joua en effet un rôle essentiel quant à la diffusion de cette doctrine dans la mesure où son ouvrage, qui possède une ambition pédagogique, vise ici à traduire et à rendre accessible une philosophie qu'il était alors difficile de lire en raison de sa complexité. Constitué de six livres, on y retrouve ainsi développés des thèmes tels que la mort, le sentiment amoureux, la vie psychique ou l'histoire de l'humanité.

  • M. Utterson, l'avocat, était un homme de rude apparence ; son visage ne s'éclairait jamais d'un sourire ; il était froid, sobre et embarrassé dans ses discours, très réservé, maigre, long, poussiéreux, morne, et ayant malgré cela un certain fonds d'amabilité. Dans une réunion d'amis, et quand le vin était à son goût, quelque chose d'éminemment humain éclairait ses yeux, quelque chose qui ne ressortait jamais dans sa conversation, mais qui se faisait sentir non seulement dans la face pleine de béatitude d'un homme qui vient de bien dîner, mais, le plus souvent et le plus fortement, dans les actions de sa vie.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Auprès de la question théorique ou historique traditionnelle : « Qu'est-ce que la littérature ? », se pose avec plus d´urgence aujourd´hui une question critique et politique : « Que peut la littérature ? » Quelle valeur la société et la culture contemporaines attribuent-elles à la littérature ? Quelle utilité ? Quel rôle ? « Ma confiance en l´avenir de la littérature, déclarait Calvino, repose sur la certitude qu´il y a des choses que seule la littérature peut nous donner. » Ce credo serait-il encore le nôtre ?

  • Quatre-vingt-treize textes, glanés par Francis Lacassin dans les correspondances de Jack London ou dans de petites revues enfouies dans des bibliothèques américaines, composent Profession : écrivain. Ils révèlent (après le chercheur d'or, le vagabond du rail ou des mers, le militant socialiste, le prophète du retour à la vie rurale) un nouvel aspect de la personnalité de Jack London : le « travailleur de la plume ». C'est une véritable plongée dans les coulisses de l'oeuvre de London, grâce aux commentaires que lui inspirent ses écrits et les auteurs qui l'ont influencé : Kipling, Stevenson, Conrad, Spencer. Les textes dans lesquels il livre sa conception de l'écriture et du métier, sa tactique d'approche des rédacteurs en chef et éditeurs font de l'écrivain un véritable personnage... de roman.

  • Jeune homme éperdu de plaisirs, Julien aime plus que tout la chasse. La traque, la mise à mort lui plaisent. Rien ne suscite sa pitié. Mais le jour où un cerf lui annonce qu'il tuera ses parents, il prend peur et choisit l'exil, tel un nouvel OEdipe. Pourtant, remarqué par sa bravoure au combat, il épouse bientôt la fille de l'empereur. Le début d'une nouvelle vie ? Ce serait méconnaître le poids de la fatalité. La rédemption, dès lors, peut-elle être au bout du chemin ?

  • Irréductible à une définition simple, la poésie incite à réunir autour d'elle une constellation de mots qui l'éclairent par facettes.
    En poète, Jean-Michel Maulpoix convoque donc des verbes qui disent les gestes d'un travail (couper, lier), d'autres qui désignent des mouvements du corps et de la pensée (se retourner, s'en aller) ; des substantifs qui marquent l'étendue d'un champ d'expérience (chair, terre, mémoire, désir), d'un espace préféré (paysage, jardin), ou d'objet (fenêtre, fontaine), ou d'états (fureur, mélancolie) et de formes (alexandrin, ode, fragment)... Une place est même réservée aux pronoms (je et tu).
    C'est ainsi l'expérience humaine qui défile sous nos yeux et déborde du cadre de la page. Peut-être est-ce cela même qu'il faut retenir de cet abécédaire sensible : la poésie est moins faite pour aboutir à un beau livre que pour nous rendre à la vie même.

  • De la surproduction de livres creux à la pénurie de « vrais » écrivains, de la concurrence des grands magasins à la disparition des lecteurs, Henri Baillière, fils d'une des plus grandes dynasties de l'édition française, dresse un portrait sans concession du monde du livre dans cet ouvrage culte de 1904 qui n'a rien perdu de son mordant et de son actualité. Face à cette crise, voici quelques remèdes et conseils. Un livre essentiel pour tous les libraires et éditeurs, confirmés ou en devenir !

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Léon Bloy. L'"Exégèse des Lieux Communs", livre terrible sous son apparente cocasserie, se présente sous la forme de quelque trois cents textes en deux séries où sont analysées, interprétées et commentées une à une les expressions toutes faites par quoi se traduit la "sottise bourgeoise". Comme Flaubert avec son "Dictionnaire des idées reçues", Bloy s'attaque férocement à l'homme "qui ne fait aucun usage de la faculté de penser" et se contente d'un répertoire limité à quelques formules toutes faites. L'énumération des lieux comuns fait ressortir la prédominance des préoccupations d'argent: "Les affaires sont les affaires, Qui paie ses dettes s'enrichit, Les bons comptes font les bons amis, etc." D'autres expriment avant tout la bonne conscience et l'assurance qu'il n'est besoin d'être ni un héros ni un saint pour mériter considération: "On ne se refait pas, Je m'en lave les mains, Être à cheval sur les principes, etc." Bloy s'empare à chaque fois d'une expression, et la poussant au terme de sa logique secrète, en déduit magistralement l'imbécillité ou la perversité cachée du petit bourgeois qui l'emploie. Mais ce n'est là qu'un artifice de méthode pour laisser entendre que sous chacune de ces paroles mortes subsiste la vertu inchangée de la Parole sacrée. Bloy interprète avant tout les lieux communs à la lumière de l'Écriture et le mot "Exégèse" doit être entendu ici dans son sens précis. Ce qu'il tente, c'est de tirer de l'absurdité même, ou de la pesanteur humaine, ce qui peut s'y dissimuler qui appartient à la révélation de Dieu aux hommes. Toute parole, selon lui, est "réellement dérobée à la Toute-Puissance créatrice", si bien que "les plus inanes bourgeois sont, à leur insu, d'effrayants prophètes". Dès lors, le sens le plus mystérieux réapparaît sous les pires platitudes, et le génie contemplatif et verbal de Bloy parvient sans cesse à tirer du plus pauvre langage la solennelle attestation du mystère de notre humaine nature.




  • Le 4 décembre 1846, mon bâtiment étant à l'ancre depuis la veille dans la baie de Tunis, je me réveillai vers cinq heures du matin avec une de ces impressions de profonde mélancolie qui font, pour tout un jour, l'oeil humide et la poitrine gonflée.Cette impression venait d'un rêve.Je sautai en bas de mon cadre, je passai un pantalon à pieds, je montai sur le pont et je regardai en face et autour de moi.J'espérais que le merveilleux paysage qui se déroulait sous mes yeux allait distraire mon esprit de cette préoccupation, d'autant plus obstinée, qu'elle avait une cause moins réelle.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • La poésie serait-elle une guerre ? Le vers, le corps d'élite de la langue ? En retraçant l'histoire de notre prosodie, Jacques Réda dévoile les processus de transformation du français aussi inéluctables que ceux de la physique. Où les poètes sont les exécutants plus ou moins conscients d'un mouvement naturel.
    Du Roman d'Alexandre à Armen Lubin, en passant par Delille, Hugo, Rimbaud, Claudel, Apollinaire, Cendrars et Dadelsen, Jacques Réda promène son oeil expert sur des oeuvres emblématiques, et parfois méconnues, de notre littérature. Inspirée et alerte, sa plume sait malaxer comme nulle autre la glaise des poèmes pour y dénicher les filons les plus précieux. À la fois leçon de lecture et d'écriture, et essai aux résonances métaphysiques, Quel avenir pour la cavalerie ? constitue la « Lettre à un jeune poète » de Jacques Réda, et le sommet de sa réflexion poétique.
    Jacques Réda est poète, auteur de récits en prose et chroniqueur de jazz. Il a dirigé La Nouvelle Revue française de 1987 à 1996. Il a notamment obtenu le grand prix de poésie de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre, ainsi que le prix Goncourt de la poésie en 1999. Il a publié chez Buchet/Chastel La Fontaine (« Les Auteurs de ma vie », 2016) et Une civilisation du rythme (2017).

  • Amun

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    Non, les Amérindien·ne·s du Canada ne montent pas toutes et tous à cheval, ni ne vivent dans un tipi ou un un wigwam. Et, oui, beaucoup ont le français en partage, tel·le·s les dix auteur·e·s de ce recueil, d'origine indue, huronne-wendat, métisse et crie.
    Au-delà de leur appartenance communautaire et quel que soit le chemin fictionnel emprunté, elles et ils poursuivent le même objectif : se réunir -amun, en langue innue, signifie « rassemblement » - pour qu'on accède, le temps d'une nouvelle, à des mondes inconnus de la plupart d'entre nous.
    « Ce n'étaient pas des mondes parfaits. Mais c'étaient nos mondes », écrit Michel Jean qui a dirigé et contribué à ce florilège. Le ton paraît nostalgique ? Ne nous y méprenons pas : ces nouvelles sont la preuve que les cultures autochtones d'Amérique du Nord sont bel et bien vivantes, malgré les offenses qu'elles ont subies - et subissent encore. Sur la plage de sable clair se distingue toujours nettement la poignée de terre rouge.

  • De tous les genres littéraires, le roman règne sans partage. Mais comment se repérer dans l'abondante production actuelle ? Quelles différences entre roman policier, roman psychologique et roman de science-fiction ?
    En s'appuyant sur des exemples tirés de la littérature française et étrangère, Yves Stalloni nous donne des clés pour appréhender un genre protéiforme s'il en est. Au gré de cet abécédaire, il s'adresse tantôt au lecteur soucieux de comprendre les ficelles des romans qui le captivent, tantôt au romancier en herbe désireux de maîtriser les procédés et les techniques de la fiction.
    Quelles sont les recettes du best-seller ? Comment remporter un prix littéraire ? Entrez dans la fabrique du roman. Vous lirez d'un autre oeil !

  • Des machines gigantesques mues par la vapeur, des héros en hauts-de-forme et monocles, des héroïnes en crinolines et ombrelles... Limagerie du steampunk ne cesse de fasciner depuis la création du genre dans les années 1980. Mais, quelles en sont les origines ? Et quelles sont les uvres majeures en littérature, au cinéma ou en bande dessinée ?
    Rédigé par Étienne Barillier, spécialiste incontournable du genre, et Arthur Morgan, cofondateur de la communauté French Steampunk, ce guide dresse un état des lieux du steampunk aujourdhui autour, notamment, de rencontres avec Tim Powers, K. W. Jeter, James Blaylock, Greg Broadmore ou Mathieu Gaborit.

  • La 'Pataphysique est la science des exceptions : le présent ouvrage l'aborde en 101 mots, et non 100. Car la 'Pataphysique est aussi surérogation, art d'excéder le monde. C'est la « science des solutions imaginaires », une science, dit le Père Ubu, « que nous avons inventée et dont le besoin se faisait généralement sentir ». Bref, « la Science ». Après Alfred Jarry (1873-1907), c'est le Collège de 'Pataphysique qui la cultive. Ces 101 notices éclairent son organisation (Vice-Curateur, Satrape, Ordre de la Grande Gidouille...), ses notions clés (Clinamen, Béatitude, Zimzoum...), ses relations avec le Sérieux, l'Humour ou la Désertion. Elles révèlent la 'Pataphysique rayonnant d'entités telles que Faustroll, Queneau ou Arrabal. La 'Pataphysique est illimitation. On aurait pu la décrire en 1 001 notices, « et plus ». Que « les » 101 mots ici réunis initient le lecteur à la Science !

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