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  • La légende du roi Arthur est surtout connue à travers les romans français de la Table ronde. On ignore souvent qu'il existe des récits latins du xiiie siècle qui racontent quelques épisodes inédits de cette grande saga bretonne, inconnus des oeuvres arthuriennes françaises ou étrangères. Le présent ouvrage en offre la première traduction intégrale en français accompagnée du texte original en latin. Dans l'un de ces récits (Arthur et Gorlagon), le roi Arthur rencontre un bien étrange loup garou. Dans un autre (La véritable histoire de la mort d'Arthur), il disparaît dans des circonstances mystérieuses à la fin de sa vie terrestre. L'histoire de son neveu (L'Enfance de Gauvain) est tout aussi surprenante : abandonné à sa naissance, il accomplit un singulier parcours héroïque avant de retrouver la cour d'Arthur, tout auréolé de gloire chevaleresque. Enfin, la tumultueuse Histoire de Mériadoc se développe en une véritable chronique légendaire aux rebondissements haletants. Le présent ouvrage vaudra au lecteur de multiples découvertes car ces récits ne sont pas des affabulations inventées au Moyen Âge. Ils remontent à une tradition orale bien plus ancienne : la vieille mythologie des Celtes insulaires (Irlande, Pays de Galles) qui offre de surprenantes analogies avec celle de l'ancienne Grèce ou avec les contes du folklore international.

  • Contrairement à bien des idées reçues, la littérature a toujours été attentive à l'évolution technologique. Il lui revient de mettre en forme notre imaginaire des techniques, que la première révolution industrielle rend plus sensible et complexe en faisant entrer la machine dans le quotidien. Mais l'adhésion des artistes à ce nouveau sujet fait débat, à plusieurs titres : l'intrusion de la machine dans la littérature dérange les codes esthétiques ; sa représentation s'avère difficile, faute du lexique, des images, du registre, des rythmes adéquats ; son utilisation transforme la relation de l'auteur, du lecteur et de l'oeuvre. « À écrire », la machine l'est donc comme nouveau médium qui bouleverse les pratiques d'écriture (et de lecture), mais aussi, et avant tout, parce qu'elle est un objet a priori étranger, qui jette un défi aux arts. Depuis les balbutiements d'une « littérature de la machine » au début du xixe siècle jusqu'aux questions soulevées aujourd'hui par l'usage de l'informatique, cette étude, première synthèse sur la question, s'adresse autant à un public curieux qu'à un lectorat plus spécialisé.

  • Sir Walter Besant, anobli par la Reine et enterré à Westminster Abbey, fut le romancier anglais le plus populaire de son temps. Son parcours aurait été différent sans son séjour, initiatique à tous égards, de presque sept ans dans l'océan Indien et son ascension du Piton des Neiges (île de La Réunion, anciennement île Bourbon) en août 1863. La découverte par ce jeune Anglais des contrées éloignées de l'Empire britannique, modela sa personnalité en le débarrassant de ses préjugés, en l'ouvrant aux autres ; ce fut un voyage déterminant pour sa carrière future et les relations sur lesquelles son action sociale, philanthropique, littéraire, s'appuya par la suite. L'ouvrage présente pour la première fois le tout premier texte publié par sir Walter Besant, le Journal de Bourbon, et des extraits de son Autobiographie ; ces deux textes sont devenus dans la langue originale des raretés pour bibliophiles avertis.

  • René Ghil fut autour de 1890 le plus soudainement célèbre, le plus admiré, le plus contesté, le plus violemment haï, puis le plus injustement oublié des auteurs de la génération symboliste : précisément parce qu'il s'avéra l'adversaire le plus irréductible du Symbolisme. Il rompit très tôt avec Mallarmé sur la question de l'Idéalisme, auquel il opposait une vaste métaphysique de la Matière en évolution vers un « Mieux », inspirée des cosmogonies orientales autant que de la science occidentale contemporaine (Darwin). Sa théorie de l'« Instrumentation verbale », basée sur un sensualisme linguistique inspiré des théories sur le langage de Rousseau et des recherches récentes en acoustique et en phonétique expérimentales (Helmholtz), eut un impact considérable : des futuristes russes et italiens à Breton ou Aragon, voire aux lettristes dissidents Jean-Louis Brau et François Dufrêne, pionniers de la Poésie sonore. Si les versions successives de son précoce et effervescent Traité du Verbe, devenu En Méthode à l'OEuvre, ont fait l'objet d'innombrables commentaires, certes point toujours amènes, ses traités plus tardifs, consacrés à la « Poésie scientifique », ont fait beaucoup moins de bruit et sont restés largement ignorés ; ils représentent pourtant les états les plus aboutis, et les plus personnels, d'une pensée aussi intransigeante que singulière, parvenue à une ferme maturité. Pour toutes ces raisons, ils méritent aujourd'hui d'être lus, et, en dehors des clichés tenaces, de contribuer aux débats actuels sur la poésie, dans ses rapports avec la connaissance et la chose publique...

  • L'Histoire d'Arthur et de Merlin est la première traduction-adaptation en moyen-anglais de certains pans du cycle du Lancelot-Graal français, à une époque - le xive siècle - où la vogue des romans arthuriens s'estompe sur le Continent et commence à prendre son essor en Angleterre. Basé sur le Roman de Merlin et les Premiers faits du roi Arthur, ce texte réorganise les données initiales de la légende arthurienne de façon originale : de la succession difficile du roi Constant aux fiançailles d'Arthur, en passant par l'usurpation de Fortiger, la naissance de Merlin puis celle d'Arthur lui-même, et les multiples guerres que mène le jeune roi contre les envahisseurs saxons, le géant roi Rion d'Irlande ou ses propres vassaux révoltés. Toutes les grandes figures du monde arthurien sont présentes dans un texte qui est un moment important de l'histoire littéraire médiévale. L'introduction replace l'oeuvre dans son contexte à la fois littéraire et culturel, avant d'attirer l'attention sur les variantes qu'elle introduit dans la Vulgate arthurienne.

  • L'ouvrage porte sur les représentations de l'Orient - de l'Europe orientale à l'Inde et à la Chine en passant par le Proche-Orient - dans de grandes revues généralistes françaises et francophones des années 1830 aux années 1960. Il adopte une perspective chronologique mettant en valeur les reconfigurations des imaginaires et l'orientation générale d'une évolution, non sans retours nostalgiques, qui mène du paradigme orientaliste à une perception plus étatique et nationale de l'Orient en situation coloniale. L'enquête porte sur des revues emblématiques (Revue des deux mondes, Mercure de France, Europe, Cahiers du Sud, Esprit, Nouvelle Revue française) comme sur de moins étudiées (Revue indépendante, Magasin pittoresque, Tour du monde, Un Effort) et permet d'appréhender une collectivité polyphonique, véritable creuset intellectuel et littéraire sur la longue durée, au sein duquel les lettrés orientaux prennent la parole à partir des années 1920.

  • Depuis l'étude magistrale de Mickael Edwards, De l'émerveillement, qui promouvait l'irréductible capacité de découverte, d'étonnement et d'enthousiasme qui fonde notre culture depuis la philosophie platonicienne, il importait de révéler la persistance de cette humeur et de ce moteur, souvent passés sous silence par la modernité. À côté du désenchantement, de la crise des valeurs et de la nostalgie du sacré qui irriguent largement la littérature d'après la Révolution, du romantisme à la fin du xixe siècle, à côté de la mélancolie et du soupçon qui ont caractérisé le xxe siècle, certaines oeuvres expriment pourtant le sens profane du miracle, le don de la surprise ou la révélation de l'épiphanie, et l'émerveillement, processus affectif et cognitif complexe, nourrit dans la modernité aussi bien le récit que la poésie. L'expérience de l'émerveillement, son expression et sa thématisation dans des oeuvres poétiques et narratives variées des xixe et xxe siècles font ainsi l'objet de ce livre, qui examine aussi bien les formes textuelles suscitées par le paradoxal mélange d'effroi et d'enthousiasme, de stupéfaction et d'adhésion, que la force littéraire par laquelle se communique au lecteur cette émotion existentielle.

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