Métailié

  • Une affaire italienne

    Carlo Lucarelli

    Pendant le fascisme, le commissaire De Luca était le meilleur flic d'Italie. Avec la guerre froide et l'arrivée de la frivolité médiatique, les homicides deviennent de plus en plus étranges et on lui demande de devenir un nouveau type de policier. Dans une Bologne sous la neige, quelques jours avant Noël 1953, la très belle épouse d'un professeur universitaire est retrouvée noyée dans une baignoire. Pour découvrir ce qui s'est passé, la police a besoin d'un vrai limier et fait appel au commissaire De Luca, policier de renom pendant la période fasciste et qui avait été mis sur la touche depuis cinq ans. Mais malgré les pistes, les traces et les indices qui s'offrent à De Luca, rien n'est ce qu'il paraît. Épaulé par un jeune policier censé l'aider (ou l'espionner), séduit par une très jeune chanteuse de jazz avec un passé de partisane, le commissaire se retrouve au milieu d'une affaire ambiguë et dangereuse qui l'obligera à s'immiscer dans les coulisses des guerres politiques et du milieu musical et mondain de la ville.
    Avec son talent pour construire des intrigues convaincantes et ses solides connaissances historiques, Carlo Lucarelli écrit un récit au charme puissant dans l'Italie de l'après-guerre, entre frivolités du festival de San Remo et violences sourdes de la guerre froide. Le retour d'un personnage littéraire qui a fait le succès de Lucarelli, best-seller en Italie.

  • 13 jours, c'est le délai que sa dernière petite amie, banquière recherchée par la police, a donné à Einar pour la rejoindre à l'étranger.
    13 jours, c'est le temps qu'il va lui falloir pour décider s'il veut accepter la direction du grand journal dans lequel il a toujours travaillé.
    13 jours, c'est le temps qui sera nécessaire pour trouver qui a tué la lycéenne dont le corps profané a été retrouvé dans le parc. Quelque chose dans son visage rappelle à Einar sa propre fille, Gunnsa, quand elle était un peu plus jeune et encore innocente.
    Mais aujourd'hui Gunnsa est devenue photographe et travaille dans le même journal que son père elle s'intéresse de près à ces adolescents paumés et ultra connectés qui fuguent ou disparaissent, elle a plus de ressources et d'audace pour faire avancer l'enquête - et moins de désillusions.
    Arni Thorarinsson a écrit un thriller haletant situé dans l'Islande actuelle qui décrit avec sensibilité le monde troublant et troublé des adolescents, et la corruption qui affleure à la surface de cette société.

  • Surnom : Robocop
    État de service : sergent dans le corps d'élite du bataillon Aca-huapa.
    Démobilisé à la fin de la guerre civile en 1991 après les accords de paix au Salvador. Juan Alberto García, ancien d'un escadron de la mort, souffre de son retour à la vie civile. La guerre est terminée sur le papier, mais en fait elle se poursuit dans les ténèbres de cette société opaque, et Robocop, qui ne connaît d'autre métier que celui de tuer, devient l'homme de main de diverses factions rivales. Acide et haletante confession d'un homme sans âme pris dans l'engrenage d'un système corrompu.

    Avec L'homme en arme, Horacio Castellanos Moya dépeint sans pitié et avec un humour noir cruel les convulsions d'une société pourrie par la guerre et les injustices.

  • Tous les soirs au Tram 83 on voit débouler les étudiants en grève et les creuseurs en mal de sexe, les canetons aguicheurs, les touristes de première classe et les aides-serveuses, les biscottes et les demoiselles d'Avignon, la diva des chemins de fer et Mortel Combat, bref, toute la Ville-Pays prête à en découdre sur des musiques inouïes, réunie là dans l'espoir de voir le monde comme il va et comme il pourrait dégénérer.
    Lucien, tout juste débarqué de l'Arrière-Pays pour échapper aux diverses polices politiques, s'accroche à son stylo au milieu du tumulte et se retrouve sans s'en rendre compte coincé dans une mine de diamants, en garde à vue, ou dans le lit d'une fille aux seins-grosses-tomates. Il émeut ces dames ! Pendant ce temps, Requiem, magouilleur en diable, ex-pote du susnommé, et Malingeau, éditeur et amateur de chair fraîche, se disputent allègrement les foules.
    Car dans la Ville-Pays, n'en déplaise au ridicule Général dissident, il n'y a qu'une chose qui compte : régner sur le Tram 83 et s'attirer les bonnes grâces de ce peuple turbulent et menteur, toujours au bord de l'émeute.
    Premier roman éminemment poétique et nerveux, Tram 83 est une incroyable plongée dans la langue et l'énergie d'un pays réinventé, un raz-de-marée halluciné et drôle où dans chaque phrase cogne une féroce envie de vivre. Bienvenue ailleurs.

  • Après dix-huit ans d'exil au Canada, Edgardo Vega revient au Salvador pour l'enterrement de sa mère. Ici, tout le révulse, la bière, les moustiques, la politique, la corruption, sa famille...
    Face à son vieil ami Moya, il s'en prend avec fureur à son pays gangrené par la cupidité et l'étroitesse d'esprit.

    Un livre culte.

  • Une source d'eau douce, ou une fuite intarissable, s'est ouverte au premier étage d'un vieil immeuble du centre de Luanda. Les habitants s'y retrouvent pour un moment de conversation et de repos.
    Ce sont des gens simples qui partagent leurs vies et leurs souvenirs, ce sont des personnages surprenants et complexes qui ont des désirs, des rêves, des peines.
    Ils racontent leurs histoires, la guerre, et pensent à l'avenir.
    Il y a Odonato qui a la nostalgie de la Luanda d'autrefois, il a cessé de manger pour laisser la nourriture à ses enfants et est en train de devenir transparent.
    Il y a Amarelinha sa fille, la brodeuse de perles, qu'aimerait approcher le jeune MarchandDeCoquillages, toujours accompagné du bruit de son sac de marchandise et de l'Aveugle qui le suit.
    Il y a MariaComForça, qui vend du poisson grillé, et son mari le débrouillard qui monte une salle de cinéma sur le toit de l'immeuble.
    Le Facteur qui distribue ses lettres de protestation et réclame une mobylette à tous les représentants d'une autorité quelconque. Et Paizinho, le jeune garçon qui cherche à la télévision sa mère dont il a été séparé par la guerre.
    L'immeuble abrite aussi des journalistes, des chercheurs, des contrôleurs, tous intéressés par les richesses naturelles du pays et le développement de la grande ville africaine : pétrole ou eau potable, corruption ou bien public.
    Toutes ces histoires tissent la toile de fond d'une Angola en cours de transition brutale entre sa culture traditionnelle et la modernité. L'écriture d'Ondjaki, entre ironie tranquille et critique intelligente, imagination poétique et habileté narrative, emporte le lecteur séduit dans cette aventure.

  • Carlo Bonini et Giancarlo De Cataldo poursuivent le bouillonnant feuilleton sur les dessous de Rome : Samouraï, le chef des mafias de la capitale, est en prison, peut-être pour toujours.
    Sebastiano, son représentant, tente de maintenir son emprise sur les différentes bandes, Siciliens, Calabrais, Napolitains et Gitans, qui mettent la ville en coupe réglée.
    L'annonce par le pape François d'un nouveau Jubilé qui va attirer des millions de pèlerins et relancer des travaux publics aiguise les appétits et Fabio, l'étoile montante du trafic de drogue, commence à remettre en cause la suprématie des chefs du moment.
    Martin Giardino, le nouveau maire de Rome, veut quant à lui nettoyer les écuries d'Augias.
    Les coups bas et les violences des truands sont peu de choses à côté des manigances à l'oeuvre dans les coulisses du Capitole, où sévissent les vieux ripoux représentant les intérêts des constructeurs.
    Coincé entre des politiciens honnêtes et des mafieux turbulents, Sebastiano déclenche une opération d'obstruction apocalyptique, et bientôt Rome brûle !
    Un récit qui opère aujourd'hui quasiment en temps réel (quiconque suit l'actualité de la capitale italienne reconnaîtra sans mal la plupart des protagonistes), et que les auteurs réussissent par leur talent à transformer en oeuvre d'art.

    « Une fable noire sans pitié dont on voudrait se réveiller comme d'un cauchemar. Mais, souvent, la réalité dépasse la fiction. » M. Serri, La Stampa

  • La vie est difficile quand on est alcoolique "en pause" et journaliste exilé, pour mauvais esprit, dans le nord de l'Islande.
    Pourtant, il se passe des choses dans ce grand nulle part bouleversé par la mondialisation et l'arrivée des émigrés. Un petit chien disparaît, une vieille dame téléphone pour dire que la mort accidentelle de sa fille arrange bien les affaires de son gendre. Des adolescents se suicident. Un reportage sur la troupe de théâtre du lycée est publié, et le jeune et talentueux acteur qui tient avec tant de conviction le rôle principal disparaît...
    Pour échapper aux chiens écrasés et aux radios-trottoirs, mais surtout pour contredire l'ambitieux rédacteur en chef qui le téléguide depuis la capitale, Einar enquête sur cette microsociété gangrénée par la corruption, la drogue et la "politique des cousins". Il étudie le théâtre classique et découvre un présent inquiétant peuplé lui aussi, si on y regarde bien, de sorcières.

    Un roman noir plein d'humour, de vivacité et de suspense.

    Arni Thorarinsson est né en 1950 à Reykjavik, où il vit actuellement. Après un diplôme de littérature comparée à l'université de Norwich en Angleterre, il travaille pour différents grands journaux islandais. Il participe à des jurys de festivals internationaux de cinéma et a été organisateur du Festival de cinéma de Reykjavik de 1989 à 1991. Ses romans sont traduits en Allemagne et au Danemark.
    Il est l'auteur du Temps de la sorcière, Le dresseur d'insectes et Le Septième fils, tous publiés aux Editions Métailié.

  • On pourrait penser que la postière, sourde et sans le sou, tuée à Akureyri, et le capitaliste, nouveau Viking de Reykjavik, à la tête d'un portefeuille de millions en créances, n'ont aucun rapport l'une avec l'autre. Et pourtant le destin fait se croiser leurs chemins lorsque, malgré l'opposition de la police, Einar enquête pour son journal sur la disparition d'une petite fille.
    Einar, ironique et tendre, a rarement été confronté à un crime aussi complexe. Rien ne s'est passé comme on pourrait s'y attendre. Portrait caustique et désabusé de l'Islande contemporaine, ce roman décrit l'évolution rapide des mours et la corruption des âmes. Le surprenant retournement final est dérangeant dans sa description de l'innocence perdue et de l'irréversibilité des évolutions de société.
    L'intrigue resserrée et bien menée entraîne le lecteur fasciné aux côtés de cet enquêteur à la fois nonchalant et lucide.
    Un roman passionnant, éclairant et terrifiant.
    Arni Thorarinsson est né en 1950 à Reykjavik, où il vit actuellement. Après un diplôme de littérature comparée à l'université de Norwich en Angleterre, il travaille pour différents grands journaux islandais. Il participe à des jurys de festivals internationaux de cinéma et a été organisateur du Festival de cinéma de Reykjavik de 1989 à 1991. Ses romans sont traduits en Allemagne et au Danemark.
    Il est l'auteur du Temps de la sorcière, Le dresseur d'insectes et Le Septième fils, tous publiés aux Editions Métailié.

  • Comment Christophe Leibowitz, avocat revenu de tout, loin des belles affaires d'Assises dont tout le monde parle, éternel commis d'office à la défense de délits minables, est-il enfin parvenu à être satisfait de son sort ?
    Est-ce parce qu'il occupe ses journées à convertir avec une patience extrême un proxénète albanais à la lecture de L'Éducation sentimentale derrière les barreaux de la prison de Fresnes ? Ou parce que son nom s'étale en première page aux côtés de celui de l'ennemi public numéro un ? Le premier roman d'Hannelore Cayre, auteur de La Daronne : sans pitié, drôle et méchant.
    « Hannelore Cayre a le don rare d'évoluer dans un univers glauque et calamiteux avec la même pêche que son personnage... » - L'Humanité
    « Un remède à l'air du temps. » - Télérama
    « C'est drôle. C'est méchant. C'est aussi bien écrit que La daronne et Christophe Leibowitz pourrait bien être l'égal du personnage de Prudence.» - Site Addict Culture
    Hannelore Cayre est avocate pénaliste, elle est née en 1963 et vit à Paris. Elle est l'auteur, entre autres, de Toiles de maître et La Daronne. Elle a réalisé des courts métrages et l'adaptation au cinéma de son roman Commis d'office.

  • Arrivederci amore

    Massimo Carlotto

    Giorgio, ex-militant d'extrême gauche, a trahi tous ses anciens camarades pour échapper à la prison et profite de son charme pour séduire les femmes et les voler.
    Il découvre le goût du crime en essayant de se refaire une virginité politique qui lui permette de rentrer dans la bonne société nantie.
    « Excitant, fortissime, cet amore se boit comme une grappa, goût amer mais diablement bon. [...] Ce sale type, on adore le détester. » - Brigitte Hernandez, Le Point


  • Un autre roman de Carlotto dont on ne sort pas indemne.

    À une semaine de son mariage avec Francesco, la belle et brillante Giovana est assassinée par son amant et le crime maquillé en suicide.
    Peu à peu nous découvrons avec les enquêteurs le fonctionnement d'une caste d'industriels, fer de lance du développement d'une des régions les plus riches et les plus dynamiques de l'Italie, le Nord-Est : la Padanie.
    À travers les personnages de l'avocat incorruptible, père du futur époux, de l'impitoyable femme d'affaires d'origine populaire, de la bigote, des notables qui n'hésitent pas à détruire et saccager le territoire sur lequel ils vivent pour gagner toujours plus, les auteurs nous révèlent l'illégalité diffuse qui a permis l'accumulation de tant de richesses et l'installation d'un système économique implacable sur un territoire riche et complexe, en proie à une crise qui le pousse à délocaliser son industrie vers la Chine et la Roumanie.

    Comme toujours chez Carlotto l'intrigue se fonde sur des faits avérés.

    Nous suivons des enquêteurs très différents : le carabinier sans illusions, la meilleure amie de la morte, têtue et idéaliste et Francesco, le fiancé, rejeton d'une grande famille, avocat promis à un brillant avenir qui devra affronter son milieu et évoluer entre vérité et normalité.
    Massimo Carlotto est né à Padoue en 1956 et vit à Cagliari. Il collabore à divers journaux et est l'auteur de nombreux romans, dont six sont déjà traduits en France : La Vérité de l'Alligator, En fuite, Arrivederci amore, Le Maître des noeuds, Rien, plus rien au monde et L'Immense Obscurité de la mort. Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma.
    Marco Videtta est né à Naples en 1956, il vit actuellement à Rome. Il est l'auteur d'essais sur la littérature et le cinéma. Il travaille comme scénariste de cinéma et producteur et auteur de fictions pour la télévision. Padana City est son premier roman.

  • L'inspecteur Dolores Morales, ancien guérillero, n'a pas fait fortune comme beaucoup de ses camarades au moment où la révolution s'est convertie au capitalisme triomphant. Il est devenu détective privé, spécialisé bien malgré lui dans les affaires conjugales.
    Avec l'aide de Sofia, ex-femme de ménage dotée d'une morale révolutionnaire intraitable, renforcée par l'Église évangélique, et du fantôme de Lord Dixon, un ami tombé sous les balles, il est chargé de retrouver une très jeune fille à la demande de son beau-père, un homme d'affaires tout-puissant.
    Mais celui-ci n'a aucune envie de le voir réussir et ne cesse de lui mettre des bâtons dans les roues. Et la jeune fille terrifiée se cache.
    Insensible à la corruption morale et financière, l'inspecteur devra plonger dans les bas-fonds de Managua, il y rencontrera des personnages hauts en couleur, d'anciens camarades de lutte devenus clochards, une religieuse laïque et combattive, et même un charognard de compagnie.

    Cette aventure nous révèle ce qu'Ortega a fait du Nicaragua. Sergio Ramírez utilise avec brio un humour sans pitié et un désespoir compréhensible.

    "Une dénonciation explicite de la corruption comme soutien du régime." - El País
    "Un style agile et puissant, où brillent l'ironie et une extraordinaire maîtrise du dialogue, et où Sergio Ramírez démontre tout ce que peut le roman noir." - El Imparcial


  • La ville de Cuernavaca est une poudrière dont tous les niveaux ont été infiltrés par les narcotrafiquants.

    La vie quotidienne est ponctuée par les échanges de coups de feu, la découverte de cadavres décapités, les cartels se disputent la place. Comment un homme disposé à défendre ses convictions jusqu'au bout, à mettre en pratique ses idéaux de légalité et de justice, peut-il se battre sur ce terrain miné ?
    Jesús a su, malgré la corruption ambiante, se tenir à l'écart des factions qui utilisent le pouvoir à des fins personnelles. Et il pense qu'il peut accéder à la mairie.
    Il va se retrouver dos au mur, pris entre les pouvoirs institutionnels et le crime organisé : menaces de mort, tentatives de corruption, scandales médiatiques, enlèvements, vengeances sanglantes...
    Mais dans le même temps il découvre l'amour de sa vie, un amour interdit et scandaleux, fatal pour la réputation d'un homme politique.
    Avec un humour ravageur, cruel comme la réalité qu'il décrit avec un incroyable sens du suspense, Enrique Serna écrit un roman d'amour fou où la morale des apparences s'effondre devant l'ouragan de la passion.


  • Heredia, le détective privé des quartiers populaires de Santiago, vient de se décider à mettre fin à sa solitude de célibataire : il va enfin se marier - à reculons.

    C'est alors qu'Alfredo, son ami avocat, est retrouvé mort. Depuis peu, il avait été engagé par les habitants d'un village du nord du Chili, aux prises avec une exploitation minière polluante bien décidée à exproprier tout le monde.
    Entouré de ses complices de toujours, Simenon, son chat et confident, Anselmo, le kiosquier turfiste, et la commissaire Doris qui aimerait tant trouver une place auprès de lui, Heredia découvre l'ampleur des problèmes environnementaux au Chili, et leurs dénouements souvent tragiques : soif de lucre des entreprises, contamination des sols, indulgence coupable des autorités, spoliation des paysans.
    Heredia, c'est l'âme nostalgique d'un Santiago qui n'existe plus, les rêves brisés d'une génération sacrifiée, mais c'est aussi l'histoire chilienne revue et corrigée par un justicier mélancolique et intègre. Et toujours aussi allergique aux ordinateurs...


  • La vie est un match de boxe, tendance lucha libre.
    À Caracas aujourd'hui il faut aussi survivre aux balles perdues et aux pénuries chroniques.

    Donizetti, fonctionnaire ordinaire, bonhomme et maladroit, chargé de convoyer de mystérieuses valises à travers le monde, veut juste gagner de quoi faire vivre ses deux familles, dont un fils taiseux et une ex-femme qui fait des fleurs en porcelaine.
    Mais à force de prendre des coups sans trop savoir d'où ils viennent, on finit par s'énerver.
    Avec Manuel, ami d'enfance, fan de boxe, qui survit en travaillant dans le magasin de chaussures de ses parents, ils vont tenter de prendre une revanche éclatante et définitive sur tous les profiteurs corrompus, les espions cubains et les mafias russes, la seule façon, peut-être, de survivre au marasme.
    Oscillant sans cesse entre le roman noir et l'épopée kafkaïenne, Méndez Guédez nous plonge avec ses deux losers magnifiques dans un monde où la réalité est toujours plus délirante que n'importe quelle fiction. C'est drôle, tragique, et terriblement littéraire.


  • Une femme tombe du ciel et s'écrase sur la route devant Bartolomeu au moment où éclate une tempête tropicale et où sa maîtresse lui annonce qu'elle le quitte.

    Il décide de percer ce mystère alors que tout change autour de lui, il découvre que la morte, mannequin et ex-miss, avait fréquenté le lit d'hommes politiques et d'entrepreneurs, devenant ainsi gênante pour certains, et il comprend qu'il sera la prochaine victime.
    Il croise les chemins d'une chanteuse à succès, d'un trafiquant d'armes ambassadeur auprès du Vatican, d'un guérisseur ambitieux, d'un ex-démineur aveugle, d'un dandy nain, d'une prêtresse du candomblé adepte du mariage, d'un jeune peintre autiste, d'un ange noir ou de son ombre.
    Il explore la ville de Luanda en 2020, métaphore de la société angolaise où les traditions ancestrales cohabitent difficilement avec une modernité mal assimilée. Il s'enfonce dans la Termitière, gratte-ciel inachevé mais déjà en ruine où les riches vivent dans les étages tandis que les pauvres et les truands occupent les sous-sols.
    Il nous montre une ville en convulsion où l'insolite est toujours présent et intimement mêlé au prosaïque et au quotidien, où la réalité tend à être beaucoup plus invraisemblable que la fiction.
    Dans une prose magnifique cet amoureux des mots définit son pays comme une culture de l'excès, que ce soit dans la façon de s'amuser ou dans la façon de manifester ses sentiments ou sa souffrance.

  • Le noyau blanc

    Christoph Hein

    Rüdiger Stolzenburg a presque la soixantaine. Chargé de cours à l'université de Leipzig, il n'a aucune chance de voir sa carrière universitaire progresser - son champ de recherches, le librettiste et topographe Weiskern, n'intéresse personne, et de toute façon c'est le département tout entier qui est menacé.
    Sa vie privée n'est guère plus enthousiasmante, bien qu'il collectionne les femmes, jeunes, voire même très jeunes, et piétine allègrement l'amour de la seule femme qui tienne vraiment à lui. De plus le fisc vient de lui notifier un redressement d'impôts qu'il ne peut absolument pas payer.
    Rüdiger croit voir sa chance tourner quand une proposition lui parvient via Internet : un collectionneur cherche un acquéreur pour des manuscrits inédits et inconnus de Weiskern. Pris d'une passion furieuse pour ces textes, il remue ciel et terre pour trouver l'argent, et envisage même de se laisser acheter en échange d'un diplôme.

    Christoph Hein analyse à sa manière sobre et incisive la façon dont la chute du Mur et la réunification ont profondément modifié le cours de la vie des Allemands de l'Est.


    Son héros, naïf, mal à l'aise avec les règles d'une société dans laquelle chacun est en concurrence avec tous pour conquérir sa place au soleil, est l'éternel perdant de ce nouvel ordre du monde.

  • En 1971, à Medellín, un riche homme d'affaires est enlevé. Grand admirateur de la culture allemande, il avait fait construire au centre d'un vaste parc tropical un pastiche de château fort. Il y vivait à l'abri du monde en écoutant Wagner entouré de sa femme et de sa fille, Isolda. Fuyant l'atmosphère oppressante de la demeure, l'adolescente trompe sa solitude dans le parc. Elle y évolue dans un monde de fées, de lucioles et d'esprits des bois, mais aussi sous l'oeil fasciné de Mono et des gamins des quartiers pauvres.
    La police quadrille la ville sans succès, les négociations de la rançon piétinent. Mono est l'un des ravisseurs, et des menaces invisibles venues du monde extérieur se glissent silencieusement entre les arbres du parc.
    S'inspirant de faits et de personnages réels (l'un des complices de Mono se nommait Pablo Escobar), dans une Medellín qui ne va pas tarder à basculer dans la spirale de la violence et du trafic de drogue, Jorge Franco construit, avec un remarquable sens de la tension, un conte de fées ténébreux, chronique d'un crime et histoire d'une obsession amoureuse, celle du kidnappeur pour la fille de son otage.

    Un roman fantastique à mi-chemin entre les frères Grimm et les frères Cohen.


    PRIX ALFAGUARA 2014




    "Un roman d'une rare perfection, où il n'y a pas un seul trait malvenu ni une phrase en trop ou qui manque." Ernesto Ayala-Dip, El País

    "Voici l'un des auteurs colombiens auxquels j'aimerais passer le flambeau." Gabriel García Márquez

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