• À Nove Mesto, une petite ville d'Europe centrale, quand Baba accouche d'Elena un premier avril, tout le monde croit à une farce. Baba est tellement grosse que personne n'avait vu qu'elle était enceinte de ce sixième enfant, arrivé vingt ans après les autres.
    La fillette grandit dans un monde de femmes, entourée par sa mère et ses soeurs. L'une d'elle, Magda, est partie vivre en France. Elle revient chaque mois d'août avec sa fille, Anna. Une amitié étrange, intense, unit les deux enfants ; Elena ne vit que pour ces étés de retrouvailles.
    Pendant que le pays se transforme avec Tchernobyl et la chute de l'URSS, insidieusement, une distance se creuse entre ces femmes.
    Il y a un présent d'éternité dans ce premier roman où les destins se dévoilent avec une vérité sèche, coupante comme une herbe en été.
    « Magnifique roman porté par un souffle évocateur admirable qui distille dans nos veines une nostalgie prenante. » Sylvain Trudel
    Ludmila Charles est née en 1967. Elle enseigne la littérature à l'université. Elle vit à Paris, dans le quartier de Barbes.
    La belle saison est son premier roman.

  • Le 23 août 1939, une délégation allemande, avec à sa tête le ministre des Affaires étrangères Joachim von Ribbentrop, se rend à Moscou. Sur place, un accord est signé avec le pouvoir soviétique. Il entrera dans l'histoire sous le nom de Pacte Ribbentrop-Molotov ou Pacte Germano-Soviétique, et sa signature sera le signal du coup d'envoi de la Seconde Guerre mondiale.
    Pendant près de deux ans, les deux régimes totalitaires vont cohabiter dans une association sanglante qui leur permettra d'étendre leur pouvoir, par la guerre et la tyrannie, sur la Pologne, les Pays Baltes, la Finlande et la Roumanie.
    À l'aube du 22 juin 1941, l'idylle prend fin avec l'invasion allemande de l'Union soviétique. Mais le Pacte aura bouleversé l'équilibre européen pour un demi-siècle jusqu'à la chute du Mur de Berlin en 1989.

    Roger Moorhouse est un historien britannique spécialisé dans l'histoire récente de l'Allemagne, de l'Holocauste et de la Seconde Guerre mondiale. Il a publié durant ces dernières années : First to fight : the Polish war 1939 (2019), The Third Reich in 100 objects (2017), Berlin at war (2010).

  • Roman autobiographique, Le Cheval rouge suit la destinée de jeunes italiens engagés dans l'armée de Mussolini, patriotes et hostiles au fascisme. Certains mourront sur le front russe ou au mont Cassin, d'autres témoigneront de la barbarie nazie et communiste, d'autres encore s'engageront dans la reconstruction politique de l'Italie d'après-guerre.

    Eugenio Corti est un écrivain et essayiste italien, né le 21 janvier 1921 à Besana et mort le 4 février 2014 dans la même ville.
    « On peut s'interroger sur les raisons de l'étonnant succès de librairie d'un livre qui ne s'accorde aucune facilité et qui a su créer, entre son auteur et ses lecteurs, un formidable courant de sympathie. Cela tient d'abord au caractère de témoignage que revêt ce roman : non seulement les personnages historiques qui le traversent, mais tous les événements historiques sont absolument et rigoureusement vrais. Mais Eugenio Corti a écrit aussi un très grand roman. Son souffle épique, la variété des registres stylistiques, la vérité et la puissance des passions emportent le lecteur dès les premières pages. Sans doute destiné à résister à l'épreuve du temps, Le Cheval rouge fait songer à Manzoni, ainsi qu'aux grands romanciers russes, à Tolstoï en particulier. » (François Livi)

  • Dostoïevski

    Julia Kristeva

    Dans la vie d'un lecteur, certains auteurs occupent une place à part : lectures inaugurales, compagnons de tous les jours, sources auxquelles on revient. La collection « Les auteurs de ma vie » invite de grands écrivains d'aujourd'hui à partager leur admiration pour un classique, dont la lecture a particulièrement compté pour eux.
    « Les yeux rivés sur L'Idiot, mon père m'en déconseillait sévèrement la lecture : ''Destructeur, démoniaque et collant, trop c'est trop, tu n'aimeras pas du tout, laisse tomber !'' Il rêvait de me voir quitter ''l'intestin de l'enfer'', désignant ainsi notre Bulgarie natale. Pour réaliser ce projet désespéré, je n'avais rien de mieux à faire que de développer mon goût inné pour la clarté et la liberté, en français, cela va sans dire, puisqu'il m'avait fait découvrir la langue de La Fontaine et de Voltaire. Évidemment, comme d'habitude, j'ai désobéi aux consignes paternelles et j'ai plongé dans Dostoïevski. Éblouie, débordée, engloutie. »
    Julia Kristeva


  • C'est en septembre 1936 que le reporter polonais Ksawery Pruszy´nski arrive dans une Espagne en proie à la guerre civile. Il y est envoyé pour couvrir les événements qui secouent la péninsule Ibérique depuis le coup d'État nationaliste du 17 juillet.

    Sur place, d'abord à Barcelone secouée par l'anarchie et la terreur, Pruszy´nski aborde le conflit sous l'angle de l'observateur politique de la révolution rouge, menée par le camp républicain. Puis en suivant le siège de Madrid, il se plonge - en véritable anthropologue - dans le passé et la culture de l'Espagne profonde afin de parvenir au plus près de l'âme d'un peuple qui s'entre-déchire. Dans la réalité saisissante du chaos de la guerre, la description de la cité assiégée fait rejaillir l'intense désarroi des victimes et l'immense héroïsme des combattants.

    Portrait poignant d'un pays en révolution et en guerre, Espagne rouge fait la part belle à l'humain broyé par les rouages sanglants de l'histoire et les mécanismes de la domination politique.
    Né en 1907, Ksawery Pruszy´nski devient un reporter reconnu en Pologne en chroniquant de façon pertinente la montée des périls au cours des années 1930. Durant la Seconde Guerre mondiale, il combat au sein des forces polonaises sur le front ouest. Après la guerre, il entame une carrière de diplomate et meurt en 1950 dans un accident de la route aux circonstances troubles.


  • Une histoire-monde illustrée, des communismes de la fondation de la IIIe Internationale à la chute du mur de Berlin. " Le grand livre rouge ".

    Né avec la révolution d'Octobre, mort avec la fin de l'URSS, le communisme a connu la durée de vie classique d'un être humain, soit trois quarts de siècle (1919-1991) ; mais trois quarts de siècle qui ont bouleversé la planète, débordant largement la matrice politique pour " révolutionner " les sphères économiques, sociales et culturelles. Touchant tous les continents et presque tous les pays, son idéologie, son action, les artistes et grands écrivains mobilisés en sa faveur durant trois générations, ses nombreuses guerres (civiles et extérieures) comme ses leaders charismatiques (Lénine, Mao, Staline, Castro...), ses victoires, son déclin puis sa chute n'ont jamais été explorés dans leur globalité au moyen d'un grand récit chronologique à la fois accessible, documenté aux meilleures sources et richement illustré.
    Tel est le pari relevé de main de maître par Jean-Christophe Buisson, dans la lignée de son magistral 1917, l'année qui a changé le monde. Les entrées sélectives, très écrites et toujours contextualisées, s'appuient sur de nombreuses cartes et illustrations souvent spectaculaires. Elles reflètent les espoirs, les combats, les divisions et les drames de millions d'êtres portés par leur croyance dans une idéologie dont ils furent les militants avant, pour la plupart, d'en devenir les victimes.
    Une union idéale entre la clarté du texte et la puissance des images, indispensable pour comprendre et connaître le XXe siècle.

  • Septembre 1919.
    L'Europe respire à nouveau l'air pur de la paix. Alors que les armes se taisent et que ses frontières sont redessinées par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, en Italie on crie à l'injustice. Un Dandy Poète Soldat, Gabriele D'Annunzio dénonce la « Victoire mutilée » de son pays qui espérait obtenir bien plus de l'effondrement de l'Autriche-Hongrie.
    Engagé volontaire, le héraut du nationalisme italien est également un héros de guerre par ses actions d'éclat. Il met sa verve, son charisme et sa gloire au service de la cause de Fiume. Ce port de la côte Dalmate, peuplé d'Italiens et entouré de Slaves, devient la pierre d'achoppement entre l'Italie et le futur royaume de Yougoslavie.
    Les grandes puissances refusent de prendre partie et veulent en faire une « ville libre », Gabriele D'Annunzio va la libérer. À la tête d'une poignée de conjurés, de vétérans et de troupes de choc il s'empare de Fiume le 12 septembre 1919. Pas un coup de feu n'a été tiré ni une goutte de sang n'a été versée.
    C'est le début d'une épopée politique et artistique qui va durer quinze mois. La liste de ceux qui accourent pour y participer ne cesse de s'allonger : futuristes, anarchistes, syndicalistes révolutionnaires, artistes, aventuriers en tout genre. On y parle libération des peuples opprimés et on y vit la libération sexuelle, on pratique le végétarisme et le naturisme en consommant des narcotiques... Le laboratoire du XXe siècle avec ses passions et ses utopies.
    Sexe, Drogues et Fox Trot.
    Les années folles commencent à Fiume.
    Olivier Tosseri est journaliste à Rome. Il est correspondant du quotidien Les Échos, du Journal des Arts et collabore avec Radio France. Il est l'auteur - avec Arnaud Gonzague - d'un roman noir Le Bal des hommes (Robert Laffont, 2014).

  • Marx

    Léon Trotsky

    Dans la vie d'un lecteur, certains auteurs occupent une place à part : lectures inaugurales, compagnons de tous les jours ou sources auxquelles on revient. La collection « Les Auteurs de ma vie » invite de grands écrivains d'aujourd'hui à partager leur admiration pour un auteur classique. Elle reprend le principe des « Pages immortelles », publiées dans les années trente et quarante chez Corrêa/Buchet Chastel : chaque volume se compose d'une présentation de l'auteur choisi ainsi que d'une anthologie personnelle. Ces rencontres extraordinaires, ici partagées, sont pour le lecteur de belles occasions de relectures ou de découvertes.
    1939. Leon Trotsky vient de fonder la Quatrième Internationale, mais le fascisme triomphe et il sera bientôt minuit dans le siècle. Réfugié au Mexique où il sera assassiné par les agents de Staline l'année suivante, Trotsky livre avec cet essai sur l'actualité de la pensée de Marx l'un de ses derniers textes.

  • Trotski

    Robert Service


    La biographie de référence de Léon Trotski (1879-1940), élu " meilleur livre d'histoire 2011 " par le magazine Lire.

    Révolutionnaire, chef de guerre, mais aussi écrivain brillant, amoureux des femmes, juif en conflit avec ses racines, icône puis bouc émissaire et victime traquée, Léon Trotski a vécu l'une des vies les plus extraordinaires qui soient. Fondateur de l'Armée rouge, opposant à son rival Staline qui le pourchasse, à partir de 1929, en Turquie, en France puis au Mexique, sa vie s'achève dans un apogée de violence, à l'image de son existence tourmentée. Théoricien " pur " d'apparence, célébré de son vivant et jusqu'aux années 2000 comme un archange de la " bonne " révolution, cet homme aussi monstrueux que génial fut habité par l'obsession du pouvoir, sans jamais parvenir à le conserver.

  • Dans le numéro de mars 1973 de Rosso, le journal du groupe Gramsci de Milan, les ouvriers des ateliers Mirafiori (Fiat) à Turin racontent que "tout commence le jour où ils font une assemblée sans les bonzes du syndicat". Les défilés dans les usines vont bientôt se faire avec de jeunes ouvriers à leur tête, le visage masqué par un foulard rouge, qui punissent les chefs, les gardiens, les jaunes et les indics, cassent les machines, sabotent les produits finis. C'est le début d'une période où le langage, les comportements politiques, les formes de vie même sont bouleversés par le mouvement autonome, du nord au sud de l'Italie. L'Autonomie, écrit Tari, n'est pas le nom d'une organisation : il désigne un communisme "impur, qui réunit Marx et l'antipsychiatrie, la Commune de Paris et la contre-culture américaine, le dadaïsme et l'insurrectionnalisme, l'opéraïsme et le féminisme". Et il faudrait toujours se référer aux autonomies, celles des ouvriers, des étudiants, des femmes, des homosexuels, des prisonniers, des enfants, "de quiconque aurait choisi la voie de la lutte contre le travail et contre l'Etat, de la sécession avec le fantasme de la société civile et de la subversion de la vie ensemble avec d'autres". Si le mouvement finit par succomber sous les forces conjuguées de la machine étatique et du Parti communiste, son histoire est celle d'une aventure révolutionnaire dont l'incandescence est plus que jamais actuelle. Marcello Tari est chercheur indépendant, spécialisé dans l'histoire de l'Italie des années 1970. Il a récemment publié Movimenti dell'Ingorvernabile. Dai controvertici alle lotte metropolitane (2007) et a contribué à Gli autonomi. Le teorie, le lotte, la storia (2007).

  • Enfant du premier vingtième siècle, leader politique du second, François Mitterrand (1916-1996) fut un homme de culture. La littérature fut pour lui une passion, et il fera de l'écriture une activité de chaque instant. Arme politique tout autant que reflet d'une plume au style singulier, les textes mitterrandiens témoignent d'un homme et d'une époque. Il fallait les contextualiser pour offrir au lecteur d'aujourd'hui une analyse historique, ce à quoi cette édition des oeuvres, fruit d'un travail de plusieurs années mené par une large équipe de spécialistes, s'attache. Dans ce premier volume, se trouvent réunis : Les Prisonniers de guerre devant la politique (1945) François Mitterrand, 29 ans à peine, retrace, au sortir de la guerre, l'histoire des prisonniers dans la captivité puis dans la Résistance. Dans cette histoire, il raconte la sienne, son expérience de la captivité, son rôle dans la genèse et le développement de la résistance « P.G. » jusqu'à la Libération. C'est aussi un livre programmatique. La guerre terminée, se pose le problème du retour et de la réinsertion professionnelle et sociale des prisonniers rapatriés. L'enjeu est grand, cette force de près de deux millions d'hommes est en passe de devenir l'une des plus importantes du pays. Mitterrand veut avec ses amis en rester à la tête. Il doit alors séduire et convaincre pour rassembler. C'est, entre les lignes, l'ambition de son livre. Un livre politique donc. Le premier. Aux frontières de l'Union française (1953) La guerre d'Indochine dure depuis sept ans, le différend tunisien depuis deux ans, le Maroc réclame une réforme du statut de Protectorat. La France se doit de concilier la reconnaissance d'une évolution inévitable et le maintien de sa présence. Partout où s'élabore un monde nouveau, notre pays doit agir en sorte de garder sa place. À ces vastes problèmes, Mitterrand apporte des solutions. Celles qu'il préconise pour la Tunisie et l'Indochine ne manqueront pas de provoquer des réactions, bien que l'auteur se soit gardé de toute polémique. Comme Clemenceau, qu'il cite en épigraphe, il s'est proposé de servir à la fois son pays et la vérité. Présence française et abandon (1957) Hanoï, Saigon, Rabat, Tunis, capitales d'États indépendants, symbolisent le terme de la tragique aventure vécue par la France en ces années cinquante. Les gouvernements successifs, pour avoir voulu tout ignorer afin de tout maintenir, ont d'abord tout compromis pour tout perdre enfin. Mitterrand fut intimement lié au déroulement des événements dont il fait l'analyse. La Chine au défi (1961) Reprise de cinq articles publiés dans L'Express entre février et avril 1961, La Chine au défi est l'unique récit de voyage du corpus mitterrandien et l'une des pièces les plus méconnues : un tableau de la Chine Populaire en pleine mutation révolutionnaire.

  • Poursuivant le travail d'édition des manuscrits inédits de Louis Althusser, entamé avec succès par Initiation à la philosophie pour les non-philosophes et Être marxiste en philosophie, tous deux traduits dans plus de dix langues, les Presses universitaires de France publient Les Vaches noires, une auto-interview polémique rédigée en 1976, dans laquelle le philosophe revient sur sa relation chahutée avec le Parti communiste français, dont il fut longtemps un pilier intellectuel, quoique contesté. Mêlant considérations théoriques, polémiques politiques, observations de coulisses et confessions personnelles, cette réflexion sur les suites à donner au 22e congrès du Parti communiste français est l'un des textes les plus singuliers d'Althusser - et aussi, à de très nombreux égards, un de ceux dans lesquels il se met le plus à nu. À la fois critique sévère du Parti et défense inconditionnelle des idéaux qui y président, c'est surtout un texte qui dresse un programme d'une actualité surprenante quant à l'organisation de la lutte révolutionnaire au moment de son reflux. Tout ensemble document historique, politique, philosophique et biographique, Les Vaches noires mettent en pièces l'image, encore tenace, d'un Althusser dogmatique, pour restituer toute la souplesse, la complexité et l'inquiétude de sa pensée - celle d'un marxiste pour temps de crise, à l'instar du nôtre.

  • L'auteur de ce Journal, sans doute « le seul à avoir été tenu en Russie durant ces années mémorables (1920-1922) », n'est ni un réactionnaire, ni un conservateur, ni un libéral, mais un révolutionnaire communiste anarchiste, un enthousiaste de la Révolution. Comme il l'écrit, Octobre 1917 a été pour lui le plus grand événement de sa vie, le moment inouï où toutes ses aspirations à l'émancipation humaine étaient soudain susceptibles de s'accomplir, d'être enfin satisfaites. D'où la question : comment, par quelles voies un enthousiaste de la révolution de 1917 a-t-il pu écrire un livre qui a pour titre : Le Mythe bolchevik, et pour visée une démystification informée et impitoyable de cet événement qui a constitué jusqu'en 1989 un des piliers de notre monde, de notre horizon historique ? C'est qu'en dépit de son enthousiasme pour Octobre, Alexandre Berkman n'accepta pas davantage une soumission sans réserve au bolchevisme. Il choisit le rôle de collaborateur et d'observateur critique qui, au fil des mois et des événements, se transforma peu à peu en une position plus en retrait, celle d'un guetteur averti, inquiet, soucieux de percevoir le ou les moments où l'événement révolutionnaire s'exposait à basculer soudain en son contraire, quand une forme d'opposition à la révolution naît de l'intérieur de la Révolution (Karl Korsch). Historiquement, la particularité du bolchevisme est d'être contemporain de la forme institutionnelle inédite qui le nie, à savoir les Soviets contre l'État qui prétend à tort s'identifier à la Révolution. Le Journal de Berkman fait apparaître le sans-précédent du bolchevisme : comment la contrerévolution s'exerce contre une inventivité révolutionnaire nouvelle, les conseils d'ouvriers et de paysans, et à Cronstadt, en 1921, le Comité révolutionnaire de marins et de soldats, écrasé au moment même où l'on célébrait l'anniversaire de la Commune de Paris. Voilà pourquoi le livre que vous tenez entre les mains est exceptionnel. Il porte, au-delà d'Octobre, une autre vision de l'histoire du vingtième siècle et, du même coup, une autre appréhension du présent.

  • Dans les années 1930, les membres de la famille Machover quittent la Pologne pour une France plus accueillante. Pendant l'Occupation, pour un bon nombre d'eux, leur destin sera la rafle, la déportation et la mort dans les camps d'extermination allemands. Parmi eux, l'étudiant en médecine David, l'oncle maternel de l'auteur. Alors qu'il se cachait dans la Creuse, il est arrêté par les gendarmes français avant d'être envoyé à Drancy puis déporté à Majdanek.
    Son destin hantera la mémoire d'une famille qui choisira un nouvel exil dans l'île de Cuba. Mais le sort s'acharne, et la folie de la révolution castriste pousse les Machover à fuir une fois encore.
    C'est dans la France des années de Gaulle, de Mai 68 et de ses agitations politico-sociétales que l'auteur devra faire face à son destin de perpétuel exilé, d'enfant de la Shoah et de la révolution, dans une recherche de soi qui le conduira à vivre en marge, entre désir de liberté et errance érotique, dans l'Espagne postfranquiste et, fatalement, de nouveau à Cuba.
    Jacobo Machover est né à La Havane en 1954. Exilé en France depuis 1963, écrivain, universitaire, journaliste, traducteur, il est notamment l'auteur de Cuba, totalitarisme tropical, de La Face cachée du Che et de Cuba de Batista à Castro. Une contre-histoire. Il agit en faveur du rétablissement de la liberté et de la démocratie à Cuba.

  • À l'occasion du XXe anniversaire de la chute du mur de Berlin et de l'effondrement de l'Union soviétique, qui ont marqué la fin du XXe siècle, la Fondation pour l'innovation politique publie l'ouvrage Sortir du communisme, changer d'époque. Ce livre a pour objectif de rendre hommage à un moment historique d'une importance considérable, très peu salué comme tel en France, et de mieux connaître les conditions qui ont accompagné la fin du communisme. Sous la direction de Stéphane Courtois, une équipe d'une vingtaine d'auteurs d'horizons et de nationalités multiples dressent par leurs expertises un bilan provisoire de la décommunisation dans les ex-pays soviétiques. Ils reviennent sur la nature du communisme, phénomène qui s'est imposé dans le monde entier à partir de 1917 et qui a marqué toute une époque, ainsi que sur les raisons de son brusque effondrement et son impact sur la société civile. Ce livre décrypte la difficile mutation du totalitarisme à la démocratie, la persistance du communisme dans l'Europe réunifiée et son évolution. L'échec du modèle soviétique a eu notamment pour conséquences le déclin du parti communiste en France et la montée du nationalisme en Russie. L'échec du communisme laisse à ce jour l'humanité incapable de proposer un modèle alternatif de production et de redistribution des richesses.

  • Le Vatican face aux trois grands totalitarismes du XXe siècle. " Le pape, combien de divisions ? " Cette repartie ironique de Staline à Pierre Laval, qui lui demandait un geste envers le Vatican, témoigne du sentiment de supériorité que le maître de l'URSS éprouvait à l'encontre de la papauté et qu'il partageait avec Hitler et Mussolini. En effet, de quelles troupes les papes disposent-ils pour combattre les Etats totalitaires et leur volonté de contrôle absolu des sociétés et des individus ? En réalité, le Vatican eut d'autres moyens pour survivre aux sanguinaires ambitions du fascisme, du nazisme et du communisme. Face aux dictateurs du XXe siècle, les papes ont emprunté des chemins parfois sinueux, alterné condamnations et discussions, signé des accords avec des régimes dont ils pourfendaient l'idéologie non seulement pour préserver l'Eglise et ses fidèles, mais aussi au nom d'une certaine conception de l'homme. C'est l'histoire de cette étrange mais réelle confrontation que raconte ce livre. S'appuyant sur les avancées historiographiques les plus récentes, l'auteur couvre pour la première fois toute la période des totalitarismes de 1917 à 1989, décrypte les évolutions de la diplomatie vaticane et apporte une réponse claire, précise et documentée à la méprisante question de Staline.

  • Le 20 juin 2010, un nouveau visage prend la tête du PCF. Mais qui est Pierre Laurent ? Quel est son projet ? L'accession du directeur de la rédaction deL'Humanitéà ce poste est-elle le signal d'un nouveau départ pour le PCF ? Pour la première fois, le Secrétaire national du PCF s'explique.

    Il détaille ce qu'il nomme « le nouveau pari communiste » pour le 21e siècle et pourquoi, selon lui, dans un monde capitaliste en pleine crise, c'est une autre histoire qui commence. Pierre Laurent dévoile le sens de son engagement et de sa vie. Il s'explique sur le projet totalement renouvelé que le PCF veut proposer au pays pour redevenir la force populaire et le grand parti national qui manque à la gauche. Il dit comment le PCF aborde la présidentielle avec le Front de gauche, comment il conçoit ses relations avec Jean-Luc Mélenchon, ses rapports avec le PS et les Verts. Il parle des transformations profondes qu'il engage dans son parti.

    Un livre qui fera date pour comprendre la rénovation en cours du communisme français.

  • Faire la biographie de Václav Havel est chose complexe, car il s´agit de tracer le portrait tout à la fois de l´iconoclaste, de l´intellectuel, de l´artiste auteur dramatique, du leader politique, du dernier président de Tchécoslovaquie, du premier président de la République tchèque. Il y a l´enfance heureuse de Havel à Prague, ses origines familiales bourgeoises, ses premières pièces. Puis il y a Havel le dissident qui participe activement au printemps de Prague, celui de la Charte 77, qui passe cinq ans de sa vie dans les geôles communistes au début des années 1980, celui qui conduit dans la paix la Révolution de velours en 1989. Enfin il y a le président, quatorze années durant.
    Václav Havel est l´un des hommes politiques les plus fascinants du dernier siècle. Il a joué un rôle décisif dans l´enterrement d´une des utopies les plus séduisantes, et les plus meurtrières, de tous les temps, et a mis en oeuvre l´une des métamorphoses majeures de l´époque récente.
    Michael Zantovský, ancien porte-parole de Havel et ami de dissidence depuis la fin des années 1970, fut un témoin privilégié de toutes ces années. L´ouvrage qu´il nous livre ici est tout autant le portrait d´un homme qu´un document historique majeur pour la compréhension d´une époque pas si lointaine qu´il y paraît.

    Homme de lettres, spécialiste de psychologie sociale, Michael Zantovský (né en 1949) est ambassadeur de la République tchèque au Royaume-Uni. Il a contribué, dès les années 1970, à la presse d´opposition au régime communiste de Tchécoslovaquie. Au côté de Václav Havel, il a pris des responsabilités politiques puis diplomatiques. De 1992 à 1997, il a été l´ambassadeur de la République tchèque aux États-Unis, puis de 2003 à 2009 en Israël. Il a également traduit de nombreux auteurs anglais et américains vers le tchèque (Norman Mailer, Nadine Gordimer ou Toni Morrison).


  • Du syndicalisme étudiant au conseil général, de la présidence d'un hôpital psychiatrique à celle d'un centre de formation permanente, du comité central du Parti communiste au mouvement mutualiste, Marc Zamichiei livre le récit d'une vie qui l'aura entraîné sur mille chemins.
    Une vie militante faite d'espoirs, de luttes, de succès. Mais aussi de désenchantements, parfois d'échecs. Pourtant une constante traverse cet itinéraire : le désir d'engagement ne s'est jamais estompé et aura toujours su investir des causes foisonnantes, syndicales, politiques, associatives, mutualistes.
    En retraçant avec pudeur son parcours, qui débute dans le Pays-Haut lorrain et nous conduit jusque dans l'arrière-pays héraultais, Marc Zamichiei dévoile quelques-une des arcanes de la vie politique et du mouvement social, ébauchant le portrait de plusieurs de leurs acteurs dans un récit aussi lucide que revigorant.


    « J'ai plutôt tendance à croire que l'histoire se fait par le bas. [...] À ceux qui doutent qu'un autre monde se fabrique déjà dans ces utopies concrètes, réelles, il faut rappeler que l'homme ne se réalise pas dans le futur mais dans le présent. »

  • La face totalitaire inhérente au système communiste est elle liée à son origine, à la nature de ses crimes ? Quelle exacte mémoire peut on conserver de ce système, selon que l'on en a été victime ou adepte ? Vingt ans après la chute du mur de Berlin, douze ans après les controverses et le succès - un million d'exemplaires, vingt-cinq traductions - du Livre noir du communisme, Stéphane Courtois propose un recueil aux idées tout aussi décapantes. Prenant le contrepied des thèses traditionnelles sur les origines du totalitarisme, illustrées par Hannah Arendt et George Mosse, il montre le rôle fondamental de Lénine et du bolchevisme dans l'invention, entre 1902 et 1922, de ce phénomène politique inédit. Grâce à l'exploitation des archives de Moscou, il redéfinit le rôle de Staline et la nature des crimes de masse commis par les régimes communistes, ce qu'il appelle le " génocide de classe ", seul concept susceptible d'éclairer la famine ukrainienne ou les assassinats au Cambodge. Enfin, Stéphane Courtois revient sur la mémoire tragique du communisme en Europe centrale et orientale, la mémoire glorieuse du communisme en Europe occidentale " en particulier en France " et la mémoire paradoxale de l'URSS dans la Russie de Vladimir Poutine qui réhabilite Staline. Stéphane Courtois est directeur de recherche au CNRS, directeur de la revue universitaire Communisme (L'Age d'homme) et de la collection " Démocratie ou totalitarisme ". Il a notamment publié Les logiques totalitaires en Europe et le Dictionnaire du communisme. Presse : " Stimulant et polémique " L'Expansion, 24 Septembre 09

  • Qu´a pu signifier être un intellectuel communiste ? Quel rapport ces intellectuels ont-ils entretenu à l´autorité politique du Parti ? Quelles furent les modalités de leur soumission et leurs stratégies pour s´en émanciper ? C´est à ces questions que s´efforce de répondre dans ce livre Frédérique Matonti à travers l´histoire de La Nouvelle Critique. Cette revue intellectuelle communiste, née orthodoxe pendant la guerre froide, rénovée en 1967 dans la continuité du Comité central d´Argenteuil, a été supprimée en 1980, parce qu´elle était devenue critique. Entre-temps, la revue s´était confrontée à la pensée de Michel Foucault, de Claude Lévi-Strauss, de Jacques Lacan ou de Louis Althusser, avait été l´alliée de la fraction dominante du groupe dirigeant du PCF en Mai 68, avant de basculer dans la contestation au moment du programme commun. L´histoire de La Nouvelle Critique est révélatrice à plus d´un titre. Elle est le témoin et l´acteur de l´aggiornamento du PCF, mouvement complexe où révision théorique, alliance électorale avec le Parti socialiste, renouvellement du personnel dirigeant et nouveau statut concédé aux intellectuels s´appellent les uns les autres. Les « conseillers du prince » que sont les intellectuels communistes produisent alors les soubassements théoriques de ces inflexions stratégiques. En cela, le passage à la critique politique puis la disparition de la revue permettent aussi d´éclairer la rénovation manquée du Parti communiste. L´auteur procède plus généralement à une analyse passionnante de l´obéissance des intellectuels communistes français - obéissance profonde et singulière au regard de leurs homologues étrangers. Elle restitue la gamme de leurs rapports à l´autorité qui, en cette période et à la différence de la guerre froide où ils ne pouvaient guère que se soumettre ou se révolter, passent par la ruse, le double langage, l´avancée timide, ou la critique ouverte.

  • Comment se déprendre de l'Union soviétique ? Pour l'Ukraine, c'est, depuis 1990 et les premiers mouvements populaires pour l'indépendance, et jusqu'à la révolution de 2013-2014, la même question qui se pose.
    Écartelée entre la Russie poutinienne, qui refuse de laisser le pays prendre son envol, et l'attrait pour l'Europe, l'Ukraine ne cesse, depuis 20 ans, de réclamer la liberté, l'indépendance et un État de droit.
    Si l'Ukraine a fait figure de pionnière en matière de subversion - révolution démocratique, révolution civile, « révolution orange » et Maïdan -, elle n'en est pas moins confrontée à toutes les difficultés propres aux pays issus de l'Union soviétique : bataille avec les structures de l'ancien régime, lutte contre la corruption, mutation dans les mentalités.
    Tout l'enjeu de cet ouvrage est de comprendre ce parcours complexe de l'Ukraine depuis la chute de l'Union soviétique et d'essayer de voir, au-delà de la révolution de 2013-2014, ce qui peut advenir.

  • Ils sont passés de la Résistance à l'espionnage au profit des pays de l'Est : une enquête historique exceptionnelle.

    Après-guerre, un certain nombre de résistants communistes participent activement à l'instauration de dictatures en Europe de l'Est. Les uns s'investissent dans des services de sécurité, d'autres optent pour l'espionnage des pays " capitalistes ". Pour tous, la lutte continue.
    À partir d'archives inédites - issues de la justice militaire ou de la DST, conservées en France ou en Pologne -, Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, auteurs de livres qui ont déjà durement secoué les mythes et légendes de la Résistance communiste, ont mis au jour la première et la plus extraordinaire des affaires d'espionnage au profit des pays de l'Est. Ils ont mené pendant trois ans une enquête rigoureuse qui les a conduits de la Pologne à l'Espagne, de la Palestine au Japon, sur les traces de personnages aux destins complexes et fascinants.
    Longtemps considérés en France comme des objets mineurs, encombrés de fantasmes, tout juste bons pour les journalistes et les amateurs de John Le Carré ou de Ian Fleming, l'espionnage et le renseignement n'ont fait leur entrée dans le champ des recherches historiques académiques que depuis peu. Ce livre passionnant démontre qu'il y a là un domaine dont l'exploration n'a pas fini d'apporter son lot de surprises et de révélations...

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