• Les Grecs, les Perses, les Romains, les Carthaginois... vivaient-ils dans un monde qui ne connaissait ni spéculation immobilière, ni pollution, ni extinction d'espèces animales, ni dénaturation de l'environnement, ni falsification des produits naturels ? Si le terme d' « écologie » est récent, la volonté de respecter la nature, l'inquiétude quant à son devenir, le souci de préserver la qualité de l'eau et de l'air, des forêts, du littoral et des sous-sols ne sont pas des préoccupations datant seulement de l'ère dite industrielle : un des premiers mythes, raconté par Virgile, relate la disparition des abeilles. En plus de 120 textes en traduction, ce livre ouvre une perspective inattendue sur l'Antiquité : Le royaume de Dame Nature, au nom du principe que l'homme ne peut se soumettre à son environnement naturel mais doit le dominer, a été mis à mal précocement par les Grecs et les Romains. Bien naturellement, des voix se sont élevées, dès les temps antiques, pour dénoncer cette attitude et ce discours, recommandant de préserver l'environnement plutôt que de le détruire. Le combat écologique, opposant pollueurs et écocitoyens a commencé dès la guerre de Troie ! Patrick Voisin, agrégé de grammaire, est professeur de chaire supérieure dans les classes préparatoires littéraires aux ENS; chercheur associé de plusieurs laboratoires universitaires, membre de comités scientifiques de collections ou de revues, il est en particulier l'auteur d'une traduction de La Germanie de Tacite (Paris, 2009) et d'un essai Il faut reconstruire Carthage, Méditerranée plurielle et langues anciennes (Paris, 2007).

  • Traduits pour la première fois en français et précédés d'un essai sur l'historiographie mésopotamienne, 52 documents. Échelonnés entre le XXIe siècle et le IIe siècle avant J.-C., ils retracent l'histoire de la Mésopotamie depuis ses plus lointaines origines, lorsque les dieux créaient la royauté, jusqu'à la fin de l'Empire séleucide et l'arrivée des Parthes.
    Ce sont autant de fragments d'une tumultueuse histoire, celle de royaumes belliqueux et conquérants, celle aussi de la fondation et de la chute de puissants royaumes.Une histoire ponctuée de batailles, de sièges de villes, d'usurpateurs, de soulèvements, de retournements d'alliances, de morts violentes.
    On y trouve aussi mention de faits de nature plus variée : la lente dérive mentale d'un souverain babylonien, des épidémies, des mouvements de panique, des indications météorologiques.

  • « Du pain et des jeux », mais aussi des spectacles, des promenades, de la lecture, du sport, des banquets ou des voyages:l'Antiquité a élevé le divertissement en art de vivre. L'Empire romain a fait davantage:il l'a étendu à tous, octroyant à chaque homme libre, en même temps que la citoyenneté, le plus grand des privilèges, le loisir.
    Rome à la légendaire vertu, Rome qui réunit sous sa coupe les peuples de l'Atlantique à l'Euphrate et du Rhin aux sables du Sahara, nous a laissé pour modèles des citoyens oisifs qui, chacun selon son éducation et sa fortune, s'adonnent aux plaisirs de l'otium, la liberté de jouir de son temps.
    À travers plus de cent textes traduits du grec et du latin, ce livre nous propose de poser nos pas dans ceux des Anciens à l'heure du repos afin de goûter à la volupté tranquille du Roman way of life.

  • Ceci n'est pas un livre sur les footballeurs. Mercato, mot italien pour le marché, est utilisé en français en référence au « marché » des joueurs de foot et il n'est pas question ici de rapprocher ces transactions modernes au commerce des personnes dans l'Antiquité. Pourtant, l'on trouve de tout sur les étals des Anciens : des esclaves bien sûr, mais aussi des fruits, des légumes, des chevaux, des professeurs, des poètes, des petites filles et parfois des hommes d'affaires véreux. Au coeur de la cité grecque et de la ville romaine, l'agora grecque ou le forum romain ont aussi inspiré une réflexion économique, sociologique et philosophique, souvent différente de la nôtre.
    Critiques, élogieux, ironiques voire sarcastiques, les plus de cent extraits de Mercato offrent un joyeux aperçu du marché antique sous toutes ses facettes, sociales, politiques, religieuses mais aussi pratiques et comiques. Évoquer l'économie antique, en percevoir l'altérité, c'est plonger dans la vie quotidienne des Anciens, mais également accroître notre esprit critique et acquérir un regard plus avisé sur le monde contemporain. Consommez intelligent et faites vos courses avec Aristophane, Cicéron et Platon !

  • La civilisation romaine est née avec la fondation de la ville de Rome. La postérité a surtout retenu l'extraordinaire extension d'une cité qui s'est imposée comme la maîtresse du monde antique. Et Rome fut, il est vrai, le phare de la Méditerranée. Le Forum symbolisait par excellence la scène de la politique mondiale. Mais c'est en coulisses qu'il faut aller chercher les racines de cette culture, jusque dans les bourgs obscurs de l'Italie. Avant d'être un citadin, le citoyen romain fut un paysan. Rome s'est fortifiée de la campagne, au physique comme au moral, et la plupart des grands noms qui ont tracé son destin ne sont souvent que des provinciaux montés pour réussir (ou échouer) dans la capitale.
    Mais que sait-on de ces hommes de la terre, des paysans libres comme des esclaves ruraux ? Que connaissons-nous de leur vie quotidienne au service de leurs champs ou de leurs troupeaux, de leurs soucis économiques, de leurs croyances religieuses ? L'auteur propose une plongée dans ce monde rural méconnu, à la rencontre de ceux qui ont oeuvré anonymement, et souvent douloureusement, pour que resplendisse la gloire de Rome. Il nous entraîne aussi à la découverte de ces domaines mythiques dans lesquels les grands du monde romain viennent se ressourcer et toucher un peu, en privé, à la magnificence des rois orientaux qu'ils ont réduits à merci.

  • « Ce qui fait notre vie? Les bains, le vin, les femmes », fut-il écrit sur le marbre d'un tombeau. Plaisirs et volupté! Nous sommes loin de l'image sévère dont pâtissent trop souvent les Romains, cantonnés dans un rôle de légionnaire endurci ou de politicien phraseur. Si les débuts furent austères et difficiles, avec la conquête du monde, ils ont rapidement affirmé leur détermination à profiter de la vie.
    Sénèque, en professeur de morale qui connaît bien l'âme de ses contemporains, ne s'y trompe pas quand il fustige leur appétit de jouissance: il leur prête une philosophie assez éloignée de ses préceptes rigoureux: « l'unique félicité, c'est de faire fête à la vie manger, boire, jouir de son bien, cela c'est vivre, c'est ne pas oublier que l'on est mortel. Les jours s'écoulent, la vie achève son cours irretrouvable. Et nous hésitons? Que sert d'être sage puisque notre âge ne sera pas toujours apte aux plaisirs... Tu n'as point de maîtresse, point de mignon pour rendre jalouse ta maîtresse tous les matins tu sors le gosier sec... Ce n'est pas là vivre, c'est regarder vivre l'autre. Quelle folie de se constituer l'intendant de son héritier! » (Lettres à Lucilius, 123, 10).
    N'en doutons pas, le Romain sut goûter les plaisirs.

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