Sciences humaines & sociales

  • Sacrifices humains, siège de Tenochtitlan, serpent à plumes: la civilisation aztèque a ses images d'Épinal, qui tendent à masquer des réussites plus subtiles. À la tête d'un grand empire politique et économique, mais aussi héritiers des cultures antérieures à la leur dont ils ont brillamment fait la synthèse et parfois même amélioré les apports, les Aztèques ont su développer une pensée et une vision du monde profondément originales, qui trouvent des échos jusque dans la culture du Mexique contemporain.

    Docteur ès Lettres et directeur de recherche au CNRS, Jacqueline de Durand-Forest est spécialiste des chroniqueurs indigènes et de l'artisanat aztèque et a enseigné la langue et la civilisation nahuatl à l'EHESS et à l'Université de Paris-VIII.

  • Ce livre constitue une synthèse très intéressante des connaissances géographiques, historiques et archéologiques du Mexique, ainsi que de ses différentes cultures. Il permet de pressentir l'existence, à travers les âges, d'une filière initiatique, qui relie diverses civilisations antiques. Les doctrines sacrées de Quetzalcoatl, le Serpent à Plumes, principale divinité des peuples de Méso-Amérique, sont présentées dans les civilisations toltèque, aztèque, maya, pour ne citer que les principales. Bien que ces civilisations n'aient pas encore révélé tous leurs mystères, tant sur le plan mystique que culturel, Susana Caron, dans une approche à la fois scientifique et intuitive, lève le voile sur certains d'entre eux. Nous faisant visiter les temples et pyramides de Monte Alban, Teotihuacan, Palenque, Uxmal, Chichen-Itza, Tula, l'auteur établit des analogies étonnantes entre ces lieux et ceux que l'on peut visiter en Egypte, l'analogie étant perceptible au niveau pictural et architectural, mais aussi dans les cérémonies initiatiques et les doctrines sacrées.

  • « Cannibale » est le premier mot à avoir traversé l'Atlantique d'ouest en est : cet ultime volume explore une Amérique qui représente pour l'anthropologie sociale un continent « à part », aux continuités et aux récurrences surprenantes. Des ethnologues ont subodoré une « idéologie panamérindienne » dans laquelle la conception de l'Autre entoure sa consommation de minutieuses structures rituelles. Du Brésil des Tupis aux Grands Lacs des Iroquois, du royaume aztèque aux civilisations andines, le thème confirme son rôle de révélateur des choix politiques primordiaux, ainsi que celui de porteur d'histoire.
    Concluant ce tour du monde sur un sujet déstabilisant la rationalité occidentale, une discussion synthétique analyse les facteurs d'émergence ou de persistance d'une anthropophagie collectivement assumée. En ressortent les motifs inavouables de son incompatibilité avec une société qui s'efforce d'exercer un contrôle massif sur les hommes : le cannibale conserve l'individualité du vaincu, non le « civilisé ».

  • Dans la seconde moitié du xixe siècle, Ernest Hamy joua en France un rôle clef dans l'émergence de disciplines nouvelles aussi diverses que l'anthropologie, l'archéologie, l'histoire et la muséologie. Ses découvertes de terrain comme ses travaux scientifiques marquèrent leur temps et leur réputation dépassa les frontières nationales. Les auteurs analysent les circonstances qui accompagnent la trajectoire exceptionnelle du savant, de sa ville natale, Boulogne-sur-Mer, carrefour culturel secondaire mais dynamique de l'époque, à Paris, où il fonda le musée d'ethnographie du Trocadéro. Homme de réseau, il contribua activement à la circulation des biens matériels et immatériels, entre France et Amérique notamment, et participa activement à la création de sociétés savantes et de revues. L'actualité de ses ouvrages codicologiques et historiques est abordée, car Hamy a inspiré des générations de chercheurs, dont les publications reposent sur des matériaux qu'il a édités ou sur des thématiques qu'il a contribué à « défricher ».

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