Sciences humaines & sociales

  • Sacrifices humains, siège de Tenochtitlan, serpent à plumes: la civilisation aztèque a ses images d'Épinal, qui tendent à masquer des réussites plus subtiles. À la tête d'un grand empire politique et économique, mais aussi héritiers des cultures antérieures à la leur dont ils ont brillamment fait la synthèse et parfois même amélioré les apports, les Aztèques ont su développer une pensée et une vision du monde profondément originales, qui trouvent des échos jusque dans la culture du Mexique contemporain.

    Docteur ès Lettres et directeur de recherche au CNRS, Jacqueline de Durand-Forest est spécialiste des chroniqueurs indigènes et de l'artisanat aztèque et a enseigné la langue et la civilisation nahuatl à l'EHESS et à l'Université de Paris-VIII.

  • La vision aztèque du monde a favorisé le développement de techniques divinatoires censées conjurer un destin trop rigoureux, déterminé par le signe sous lequel chaque individu naissait. La tendance à interroger l'avenir persiste chez les Indiens du Mexique contemporain et témoigne de la permanence de ces conceptions. Confronter les témoignages des chroniqueurs et les observations des ethnologues est ainsi l'un des moyens de pénétrer la mentalité indigène : certains rites actuels éclairent en effet le symbolisme des manuscrits pictographiques précolombiens. Comme leur littérature en porte témoignage, les Aztèques ont développé un type de société en accord avec leurs conceptions religieuses et philosophiques, empreint d'un fatalisme et d'une peur eschatologique que seul le recours au sacrifice humain pouvait apaiser autrefois, et qui aujourd'hui semble trouver un écho dans la fête des morts.

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